Nicolas's profileXanderlandBlogLists Tools Help

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    January 30

    Mon beau mec du mardi n°60

    Pour ce dernier beau mec avant la nouvelle élection (eh oui, déjà !), j'ai décidé de changer un peu. Exit les petits ricains bruns de tout juste 25 ans, mon beau mec de la semaine a passé les 35 ans, il est anglais et blond. Et en plus il a un nom composé. C'est sexy un nom composé, surtout quand c'est prononcé avec l'accent qui convient. Et dieu sait que j'aime l'accent anglais même si j'ai plus de mal à le comprendre que l'accent américain. Bref, mon beau mec du mardi s'appelle Rupert Penry-Jones.
    Rupert, c'est Adam Carter, nouveau chef d'équipe depuis la saison 3 de la branche des services secrets britanniques spécialisée dans la sécurité nationale : le MI-5 dans la série du même nom, l'une des meilleures séries anglaises de ces dernières années, si ce n'est la meilleure. Bien sûr c'est une série qui ne prête pas vraiment à sourire, elle est même le plus souvent si sombre qu'elle peut vous plomber une soirée mais le travail d'écriture et d'interprétation est tout simplement remarquable. Mais ce serait réducteur de ne cantonner Rupert qu'à ce seul rôle, qu'il abandonnera malheureusement d'ici la fin de la saison en cours. A son actif, quelques apparitions dans des séries comme L'Etalon Noir, Ab Fab, Kavannagh (diffusée sur TMC), des téléfilms aux titres alléchants comme L'anneau de Cassandra d'après Danielle Steel ou Le Prince des Coeurs et quelques longs métrages comme Virtual Sexuality où il est blond platine, Charlotte Gray avec Cate Blanchett, Frères du désert avec Heath Ledger et Match Point de Woody Allen. Pour 2007 il est attendu dans une nouvelle adaptation télé de Persuasion de Jane Austen avec Tony Head, le Giles de Buffy et il apparaîtra dans un docu-fiction sur l'éruption du Krakatoa prochainement diffusé sur France 2. Tout ça en prenant le temps de larguer Kylie Minogue, de se fiancer à l'actrice anglaise Dervla Kirwan et de lui faire deux petits qui finiront probablement acteurs comme leurs parents, leur oncle et leurs grands-parents.
    Et voilà, c'en est fini de mon nouveau beau mec, rendez-vous lundi prochain pour la 4ème élection du BMDL
    January 28

    La télé selon St Pierre

    D'ordinaire, je ne suis pas un grand consommateur de télévision. Ne vous trompez pas, j'avale de la série au kilomètre, même si je suis un peu moins boulimique qu'avant, mais hormis la liste inscrite sur le côté de ce blog, je ne regarde quasiment rien d'autre. Je surfe juste suffisamment sur le net pour donner le change et me tenir informé des dernières tendances télévisuelles et, à l'occasion, je jette un coup d'oeil sur un morceau d'émission. J'ai une réputation d'autiste à entretenir.
    Mais lorsque je suis avec Pierre, j'ai l'opportunité de découvrir des tas de programmes que je n'aurais probablement jamais vus sans lui. Là aussi, ne vous trompez pas, nous savons occuper notre temps autrement qu'en regardant la télé. Pierre a une grosse collection de bande-dessinées. Mais grace à lui, j'ai ainsi pu découvrir que Christophe Dechavanne était en passe de prendre la place d'Arthur dans la catégorie "animateur qui fait des blagues qu'elles sont encore moins drôles que celles de Flanby" (d'ailleurs à ce propos où trouve-t-on le plus de poisson ?). J'ai aussi eu la grande joie de découvrir que George Chétochine était bien plus qu'un amateur de gestuelles de célébrités, il aime aussi les jolies filles et est prêt à acheter n'importe quelle invention si elle lui est présentée par un décolleté avantageux. Son sexisme manifeste compense évidemment son absence de conscience écologique, rachetée in extremis par son enthousiasme pour la pilule à faire des pets parfumés à la lavande, invention civique aux vertus sociales sous-estimées.
    Sortir avec Pierre, c'est aussi avoir la chance de découvrir l'incroyable jeu avec le jeune Brad Pitt du pauvre, le divertissement de la 8 avec des invités prestigieux comme Gaël Leforestier qui a préféré investir dans un jogging à bandes jaunes plutôt que dans de nouvelles dents et Vincent Desagnat, reconverti en acteur mais cette fois sans cagoule mais toujours sans humour, venus tous deux assurer la promotion du film de Gaël, parce que, oui, Gaël est réalisateur puisque personne ne veut de lui comme animateur, un film sur un sujet extraordinaire, l'histoire d'un homme ivre, écrit par un Sulitzer, parce que oui, Sulitzer est scénariste puisque personne ne veut de lui comme écrivain.
    Grace à Pierre, j'ai aussi pu confirmer mon aversion pour Henri Salvador, et pas seulement parce que ses exigences salariales ont dénaturé La Petite Sirène, mais surtout j'ai pu constater que confier la présentation d'une émission à Daniela Lumbroso, c'était s'assurer de passer un moment d'ennui incomparable, merci à Laurent Voulzy pour son interprétation osée de Santiano qui ravira les pensionnaires des maisons de retraite qui pourront compléter leur formation vocale par une leçon de danse donnée par Olivia Ruiz, qui a quitté la Star Ac' juste avant les cours sur les mouvements du bassin.
    On finit avec le festival des grosses blondes sympathiques qui font peur, Laurence B., cette fois face à un troupeau de tatoués et Valérie D., qui a pris des leçons de bon goût auprès du fournisseur de lunettes de Mac Lesggy. (entre la tête et la queue)
    Bon, je vais devoir vous laisser, parce que D&CO vient de reprendre. C'est le risque de sortir avec un autiste social, on se retrouve à regarder n'importer quoi à la télévision !
    January 26

    On est en train de perdre le patient

    Parfois lorsque je m'ennuie et que je suis d'humeur bougonne, je fais des trucs idiots, des choses inutiles et futiles qui servent juste à occuper le temps et à aiguiser ma mémoire. Parce que j'aime bien faire travailler ma mémoire. Certains feraient du sport ou se contenteraient juste de muscler leur(s) poignet(s) mais je ne suis pas un 'physique', je suis un 'cérébral', plus communément connu sous l'appellation geek, nerd ou otaku. Quoi que geek me correspond le mieux puisque les sciences et l'informatique ne sont pas de grandes passions et même si j'en lis, les mangas ne sont pas ma lecture de prédilection. Donc, lorsque je m'ennuie, je m'arrange pour que ça s'arrête. Et comme "Ennui, mache" est une formule qui ne fonctionne jamais (pour l'explication du mache, adressez-vous à Cécile), j'ai développé une technique très personnelle : je me lance des défis stupides. Comme lister dans l'ordre l'intégralité des 144 épisodes de Buffy ou faire un abécédaire des personnages ou inventorier tous les personnages inscrits au générique d'Urgences depuis la première saison ou les équipages des vaisseaux de Star Trek. Parfois, je peux faire ça pendant des heures, dans ma tête ou devant mon écran, dans un joli tableur où je mets des couleurs. Du coup, je ne m'ennuie jamais. En revanche, et c'est le point négatif, je fais peur, c'est du moins ce que je peux comprendre lorsqu'on me regarde d'un oeil inquiet en me disant "tu fais peur, quand même !" (vous remarquerez au passage la finesse de mon analyse) et je dois reconnaître que parfois, je me fais peur aussi. Alors, pour ne pas me laisser seul face à moi-même, je vais vous demander de me rendre un service : dites moi les trucs étranges que vous faites quand vous sentez poindre l'ennui. Juste histoire que je me sente moins seul. 
    January 24

    Il n'y a pas que les Miss France qui voient la mort de près

    Avant-hier, j'ai failli mourir.
    C'est une façon un peu alarmiste de commencer un billet, j'en conviens, mais comme le premier mot est "avant-hier" et qu'on est aujourd'hui, c'est que je suis toujours vivant, ce que vous aurez compris tout seul avec le mot "failli". Ce n'est pas pour autant qu'il faut minimiser l'incident.
    Parce que c'est bien beau d'être en vacances et de jouer les bourgeois bohèmes dans le 4ème arrondissement en laissant mes amis branchés me traiter comme un prince mais le danger guette à chaque instant.
    Au sortir du métro par exemple où je sers de protection à une pauvre jeune fille qui n'apprécie guère, allez comprendre, les compliments pourtant fort charmants d'un groupe de gentlemen qui aiment la douceur du miel et la fermeté des courbes. Au sortir d'une boulangerie où, pris d'une fringale soudaine, je me bâfre de sucreries au point d'exploser mon taux de glucémie. Devant les portes du théâtre du Temple où l'on me piétine pour s'arroger les meilleures places, celles où vous pourrez profiter, naseaux grand ouverts, de l'odeur parfumée des aisselles d'acteurs suintant. Sur la piste de danse (ou dancefloor pour les pédés chics qui trouvent l'anglais aphrodisiaque) où un charmant jeune homme prétenduement hétéro m'écrase les pieds pour la troisième fois et auquel je me contente de répondre en souriant un très niais "ce n'est rien" en espérant qu'il me remarchera dessus plus tard (marcher n'est pas tromper, je précise pour ceux qui s'imagineraient que je suis du genre volage) ou bien encore dans les rues de St Germain, que je viens d'arpenter pour la 3ème fois parce que mon sens de l'orientation et celui de la charmante jeune fille qui m'accompagne est inversement proportionnel à la force du vent glacial qui manque de congeler le peu de neurones qui me reste... Ca aurait pu. Mais non.
    Parce que j'ai trouvé une manière plus originale de tenter de me supprimer.
    Avec un escalier.
    Je vous vois hocher la tête en vous disant que chuter dans les escaliers ce n'est guère original et que surtout, c'est davantage dans l'esprit de la granouille que du mien, et vous aurez raison. Je ne suis pas tombé. Trop simple. Comme mes amis habitent un duplex, leur escalier est apparent et un peu au milieu du passage. Si bien que les marches sont à portée de main. Très drôle pour faire un croche-patte.
    Mais je ne suis pas un garçon marrant. Je suis un garçon rangé qui veut que ses affaires soient toutes regroupées au même endroit. Dans son sac. Sous l'escalier.
    Et sûr de moi, je m'élance, je me baisse vivement, envoyant d'un geste confiant ma veste sur mon bagage et là, c'est le drame ! Ma tempe ne trouve rien de mieux à faire que de se jeter sur le coin de la marche à côté d'elle.
    Etourdi, je vérifie que je ne me suis pas perforé le crâne, ce serait dommage d'abîmer le parquet ciré de la veille mais je n'ai qu'une grosse marque rouge, une bosse et un étrange mal de tête naissant.
    Quand je vous dis que j'ai failli mourir.
    January 22

    Mon beau mec du lundi n°59

    A quoi sait-on que Nico est en vacances ? Lorsqu'il choisit son beau mec du lundi en fonction du film qu'il a vu avant de partir. Et oui, Nico est une faignasse, mais vous le saviez déjà. Cela dit, ce n'est pas entièrement vrai. Ce beau mec a une résonance un peu particulière pour la simple et bonne raison qu'il me rappelle un peu Chicken Little. Pas le petit poulet à lunettes qui doit sauver le monde. Non, mon Chicken Little (enfin pour moi il n'est pas Chicken Little, c'est Cécile qui , pour une raison que j'ignore, a décidé de lui coller ce surnom et c'est elle également qui s'est écrié alors que le film venait juste de commencer : "oh ! on dirait Chicken Little !"). Donc, mon beau mec du lundi ressemble à mon homme. C'est la raison pour laquelle il est là. Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, merci d'accueillir : Sean Biggerstaff.
    Hein ? Qui ça ? Sean Biggerstaff ! Forcément si vous n'avez pas vu Cashback (chroniqué ici, pour ceux qui auraient la flemme de tourner la molette), ce nom ne vous dira peut-être rien. A moins que vous ne soyez un fan de Harry Potter (ce qui est mon cas, je le revendique) auquel cas vous aurez peut-être reconnu le capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, Oliver Wood (Olivier Dubois en french version). Oui, Sean est un petit jeune (d'où l'impression de ressemblance avec mon homme) puisqu'il est né en 1983 en Ecosse.  Amoureux des planches sur lesquelles il joue depuis ses 7 ans (soit les 2 tiers de sa vie, tout est si facile à compter à cet âge là), Sean est repéré par le grand Alan Rickman qui le fait tourner dans L'invitée de l'hiver avec Emma Thompson. Après cela, facile de décrocher le rôle d'Oliver dans Harry Potter à l'Ecole des Sorciers et Harry Potter et la Chambre des Secrets (ses scènes dans le 3ème sont coupées au montage, faute de temps, c'est ballot !) Mais le petit bonhomme (1m75) aime trop le théâtre pour s'en tenir éloigné trop longtemps d'où une actualité cinématographique assez peu chargée. Pour le reste, Ben est encore trop jeune pour avoir une vie amoureuse, mais ça tombe sous le sens...
    Bien évidemment, comme j'ai dit que Sean ressemblait à mon homme, interdiction formelle de dire quoi que ce soit de désobligeant mais vous avez du savoir vivre, vous ne vous permettriez pas une telle familiarité, n'est-ce pas ?
    January 21

    Femmes nues rayons fruits et légumes

    Cashback
     
    Ecrit et réalisé par Sean Ellis
    Avec Sean Biggerstaff, Emilia Fox, Jodi Michelle Ryan, Michael Dixon, Michael Lambourne, Stuart Goodwin, Shaun Evans
     
    Miné par une rupture douloureuse, Ben, étudiant aux beaux arts, a perdu le sommeil. Afin d'éviter de se morfondre davantage, il décide de prendre un job dans un supermarché. Là, au milieu de ses nouveaux collègues légèrement étranges, Ben découvre qu'il a le pouvoir d'arrêter le temps. Et quand d'autres se seraient empressés d'aller cambrioler une banque, Ben qui a toujours été fasciné par le corps féminin prend son carnet à dessins pour saisir sur papier la beauté des clientes qui l'entourent et surtout celle du visage de Sharon, sa collègue.
    Comédie décalée, à l'anglaise pourrait-on dire si ce n'était pas un cliché, Cashback est un film étrange sur lequel flotte un parfum de poésie érotique, entre courbes féminines et récits des premiers émois. Ellis, ancien photographe, porte sur le corps de la femme un regard sensuel, empli de fascination et de désir charnel qui, à l'image de son héros, ne franchit jamais la limite du vulgaire. Ben déshabille les femmes pour mieux rendre grace de leur beauté mais jamais il ne les touche. Héros attachant, il traîne son onirisme solitaire dans les rayons du supermarché, épaulé par d'amusant seconds rôles, du patron loser qui s'ignore à l'agent d'entretien judoka en passant par la jolie caissière qui lutte contre le temps qui passe. Le film baigne dans une atmosphère mélancolique, souvenirs d'écolier à l'appui, et se perd parfois un peu sous le poids de sa propre narration, trop contemplative mais malgré la légèreté de son scénario et certains effets trop appuyés, le résultat final est d'une rafraîchissante douceur, imaginatif et séduisant.
    January 19

    Les Gniards - Episode 6

    Episode 6 : Vol au dessus d'un nid de Gniards

    Des quatre coins de l'univers quand triomphe le mal, sans hésiter ils partent en guerre pour un monde idéal. Mais le monde des Gniards n'a rien d'idéal et contrairement à leurs homologues astrologiques, ils ne gardent pas au fond de leur coeur le courage des vainqueurs. Et tant pis si la prophétie annonce qu'ils doivent sauver le monde, ces cinq là ont autre chose en tête. Comme penser à acheter des Choco BN pour le goûter ou se faire tatouer une flèche sur le front pour avoir l'air plus cool. C'est important. Alors, forcément en comparaison, la lutte ancestrale du bien contre le mal, c'est un peu de la gnognotte. Surtout qu'ici, on ne peut pas vraiment parler de forces lumineuses et de puissances des ténèbres. Tout au plus avons-nous d'un côté les sexuellement dépravés et de l'autre les moralement dépravés, ce qui parfois est la même chose mais pas toujours. Mais qu'en est-il de ces deux camps qui se battent, mais pas trop quand même parce qu'à écrire ce n'est pas très drôle, pour le contrôle des Gniards ? A ma gauche, passive, elle est pensive, en négligé de soie, la Prophète Clarabelle, chef de l'équipe rose malabar qui totalise un score honorable de 3 Gniards : Matiche l'obsédé, Gikou le prude et Noodle, la fille blasée qui se fout complètement que tout le monde la prenne pour un garçon. A mon autre gauche, elle est spéciale, un peu célibataire, le visage pâle, les cheveux en arrière, Katana, chef de l'équipe marron moka qui est un peu à la traîne avec 2 Gniards : Soda Pêche le barde et son mystérieux jumeau dont on ne sait rien si ce n'est que c'est son jumeau parce que j'ai gaffé à la fin de l'épisode précédent et que j'ai balancé l'info, des fois, je vous jure, je suis vraiment trop blond. Le score sera-t-il toujours le même à la fin de l'épisode d'aujourd'hui ? Matiche va-t-il réussir à garder popol dans son pantalon ? Soda Pêche va-t-il poser pour la prochaine campagne de SOS Enfance Battue ? Et est-ce que quelqu'un va se rendre compte que Lulu n'est pas une chatte mais une naine à la pilosité développée ? Non, je déconne, c'est vraiment une chatte mais c'est une idée à creuser...

    Allongée sur son lit, les bras croisés derrière sa tête, Noodle contemple pensive les volutes de fumée de sa cigarette qui dansent au plafond. Il faudrait qu'elle demande à ce garçon qui couche avec tout le monde et qui a un nom de peintre portugais quelle genre de relation il entretient avec l'Ombre. Parce que l'Ombre lui avait juré qu'elle était la seule. Le sommier grince et Noodle sent son bassin se soulever. C'est fou ce que cette gamine est bruyante et empressée. Mais pour ce que Noodle en a à faire, autant laisser la petite faire ce qu'elle veut. Décidément, sa vie est pourrie mais ça a peu d'importance. Un jour, elle renversera le monde et instaurera un régime semi-totalitariste basé sur l'amour des arbres. Ou des gorilles. Et tout le monde portera des pantoufles bleues en poils de sourcils d'Emmanuel Chain. Son bassin se soulève de nouveau. Un cri. Steakarella fait alors irruption dans la chambre et Noodle tourne négligemment la tête. La Messagère, en position d'attaque, une jambe raide plantée dans le sol à la Nolwenn, pointe un doigt accusateur sur elle. Ou plus précisément sur la boule informe qui gigote sur le ventre de Noodle.
    - Noodle, ne bouge pas ! Une créature essaye de te dévorer les entrailles, j'ai entendu ses hurlements. Les garçons vont arriver. Rocco ! Va me chercher les deux tarlou... les deux autres Gniards !
    - Vous m'avez appelé, madame ?
    La voix de Rocco est étrangement étouffée.
    - Rocco, je t'entends mal, t'es où ?
    La tête de Rocco surgit alors de sous les draps, les cheveux ébouriffés, les joues rosies.
    - Ce n'est pas le moment de faire l'andouille, Rocco, ta camarade est en train de...
    Mais la grosse boule qui semblait vouloir dépecer Noodle a disparu. Serait-ce possible que...
    - Oh mon Dieu, les filles, je suis désolée, vraiment, je ne pensais pas, pardon, s'excuse Steakarella
    - Te bile pas, ma caille, faut bien que la petite s'amuse, ça l'occupe, lui répond Noodle en recrachant la fumée.
    - C'est quoi cette agitation ?
    La Prophète est entrée. Steakarella sursaute et s'écarte immédiatement.
    - Mais c'est quoi ce foutoir ? Il y a des gens qui s'envoient en l'air ici ? Et ce n'est pas moi ! Rocco, tu es bonne pour le conseil disciplinaire ! Steakarella, dans mon bureau, sans vêtement, tout de suite !
    - Mais, madame, vous venez de dire que c'est Rocco qui est bonne pour le...
    - T'es sa supérieure, c'est toi qui prend. Et puis ça t'apprendra à ne pas m'appeler quand il y a des filles nues dans les environs. Et surtout, tu m'excites dans ton pyjama en pilou.
    L'espace d'un instant, Steakarella songe à déserter son poste. Elle pourrait fuir quelque part dans le Larzac où elle élèverait des chèvres. Mais l'odeur de biquette l'indispose. Il y a bien les retraites du silence avec des moinesses qui ne s'épilent pas sous les bras mais elle ne sait pas se taire, elle a bien essayé une fois mais c'est trop fatigant de lutter contre cet afflux constant de mots qui veulent franchir sa bouche. Steakarella lève les yeux au ciel en signe d'impuissance. Evidemment, elle pourrait toujours faire semblant de se vautrer mais avec la chance qu'elle a, elle se casserait vraiment quelque chose, elle resterait alitée et Clarabelle se chargerait personnellement de veiller à son rétablissement. C'est nul de ne pas être le chef des chefs, on se fait toujours exploiter par quelqu'un.
    Restée seule avec Rocco, qui en bonne petite ouvrière a repris ses activités comme si rien ne s'était passé, Noddle se demande si elle ne serait pas mieux ailleurs. La décadence sexuelle, c'est tellement ennuyeux.
    - Je me casse, dit-elle soudain en se levant, mettant un coup de genou dans la tête de cette pauvre Rocco au passage.
    - Pour aller où ? Tu ne peux pas partir comme ça, mon beau Noodle, tu es un Gniard.
    - Arrête de me coller cette étiquette. Je suis plus que ça. Je suis un être unique, d'autant plus qu'il a conscience de l'uniformité avilissante de la masse.
    - Pourquoi je ne comprends jamais rien quand les gens me parlent ? Après j'ai l'air d'un flan ! Peu importe, si tu pars, je pars avec toi, même dans ton truc de difformités vieillissantes de crasse. Je prendrai des douches !
    Noodle ne relève pas. L'Ombre lui a dit que la liberté suprême dépendait du sacrifice qu'elle était prête à fournir. Un des Gniards doit mourir. C'est ce que l'Ombre lui a dit. Mais maintenant qu'elle l'a vue discuter avec le grand tout maigre, elle se demande si elle ne joue pas double jeu. Et quitte à sacrifier un de ces flans sans aucune personnalité, autant qu'elle les rencontre tous.
    - Conduis moi dans l'autre camp demande-t-elle à Rocco en lui tendant la main. J'ai envie d'un flamby.

    * * * * *
    Dans la maison aux murs turquoises des soeurs Sourire, désormais au nombre de trois, c'est jour de fête. Elles n'ont peut-être que deux Gniards, qui plus est deux Gniards identiques, mais elles ont le Gniard le plus puissant, au moins 8 sur l'échelle de Richter. C'est pour ça qu'il est apparu en dernier. Alors qu'elles gloussent comme trois potiches d'Arthur un soir de réveillon, le cinquième Gniard s'avance vers son jumeau, le pauvre Soda Pêche, tétanisé par la peur comme le jour où il a rêvé que son amie Lara essayait de l'étouffer entre ses seins. N'essayez pas de visualiser, c'est effrayant.
    - Tu sais que t'es mignon, t'aurais pas l'air si pitoyable sur ta chaise, j'aurais presque envie de toi.
    - Qui êtes-vous ? articule difficilement Soda Pêche.
    - Ca se voit pas ? A l'exception de cette cicatrice sur ta joue, nous sommes en tous points identiques.
    - Accident de bus, s'excuse Soda Pêche avant de se rendre compte qu'il n'a pas à se justifier.
    - C'est le lot des pauvres, j'imagine. Ne prends pas ces yeux de Bambi, je ne te ferai pas de mal. On va juste s'amuser un peu tous les deux. On a le droit, après tout, nous sommes des êtres hors du commun. Surtout moi.
    Il passe sa main sur le pantalon de Soda Pêche et défait d'un geste brusque sa ceinture. Soda Pêche émet un petit cri. Katana ricane.
    - Regardez le, le pauvre bout de chou... Petit, t'étais du genre à sursauter quand tu croisais ton reflet dans la glace ? Tu es un Gniard et tu es à nous. Mets toi ça dans le crâne, Schnaps Cerise. Plus vite tu l'auras compris et plus vite tu apprécieras la formidable opportunité qui est la tienne. Fais comme ton gentil petit camarade, il sait s'amuser lui.
    - Ce ne serait pas un peu incestueux sur les bords quand même ? s'interroge Coquille.
    - T'es vraiment prête à dire toutes les conneries qui te passent par la tête pour te rendre intéressante ! Bientôt tu vas nous dire que c'est sale parce qu'ils sont de la même famille ! postillonne Sarkopette.
    - Je crois que ça veut dire la même chose, se risque Soda Pêche qui devrait peut-être apprendre à la fermer. Mais je ne voudrais pas vous interrompre. Cela dit, c'est juste un hasard de la nature si on se ressemble parce que je suis fils unique, alors je ne sais pas qui vous êtes mais en tout cas, vous n'êtes pas mon frère, ce qui ne vous autorise en aucune façon à poser vos mains là où vous les mettez, surtout qu'elles sont très froides et... oh, mon Dieu, c'est trop bon, ne t'arrête pas !
    - J'ai encore rien fait ! Il est demeuré votre Gniard ou quoi ?
    - Lulu, arrête de jouer avec ses oreilles !
    Katana jette une chaussure à la tête de la petite chatte qui prend la fuite en grinçant des dents. Et dire qu'elle pensait qu'après huit ans au service des trois greluches Halliwell, elle serait tranquille. Mais il faut croire qu'elle échoue toujours au milieu d'un trio d'hystériques. Pourvu qu'elle ne soit pas le chat des Fatal Bazooka dans sa prochaine vie !
    - Dites, les filles, ça ne vous dirait pas de jouer à Tournez Manège plus loin, j'ai des trucs à dire à mon copain... entre hommes.
    Sarkopette a éclaté de rire. Un rire si gras que vous pourriez en recouvrir vos tartines pour le petit déj.
    - Allez, on y va. De toute façon, j'ai quelque chose d'important à dire à mes soeurs. Des trucs de sorcières et de magie noire.
    - Ah non ! Je veux pas y aller se met soudain à paniquer Coquille. Ca me fout trop la trouille ! Vous faites toujours cramer des trucs bizarres et après ça sent le poulet !
    - Tu crois que c'est facile de faire brûler de la graisse de porc avec un moignon ? Coquille, t'es qu'une sale égoïste ! hurle Katana. Tu devrais prendre un peu exemple sur tes soeurs aînées qui se cassent la tête tous les jours pour trouver de nouvelles façons d'entretenir la réputation de cette famille. Et toi qu'est-ce que tu fais ? T'es toujours en train de te plaindre, toujours en train de pleurnicher ! Et quand tu t'envoies pas en l'air avec le premier venu, tu te bourres la gueule avec le chat !
    - Au moins, il y en a une dans la fratrie qui s'envoie en l'air, lui répond Coquille qui essaye de refouler ses larmes, visiblement touchée par les reproches de sa soeur.
    - C'est quoi la prochaine étape ? Tu vas décapiter sa barbie pour te venger ? Brûler ses posters de Spike ? Les filles, j'essaye de faire connaissance avec mon double et il est déjà en train d'hyperventiler. S'il se fait dessus à cause de vos hurlements, je vous jure que ce n'est pas moi qui le change !
    Coquille, humiliée, s'enfuit dans sa chambre pour y pleurer. Katana hausse les épaules et Sarkopette lève sa main et son moignon au ciel en souriant.
    - T'as jamais pensé à un crochet ?
    - J'en avais un mais une nuit je suis tombée du lit. J'ai mis trois jours à le décrocher du parquet. Il a fallu que je ronge les lattes avec mes dents.

    * * * * *
    - On est seul maintenant. Alors écoute-moi bien. Ces filles n'ont rien compris. Elles n'ont pas conscience du pouvoir qui est le nôtre.
    - Vous n'allez pas me violer ? demande Soda Pêche.
    - N'aie pas l'air si déçu, on a tout le temps pour ça. Pour le moment, je te parle de ton avenir. Tu es le Gniard du Feu. Mais tu as tellement peur depuis qu'on te l'a annoncé que tu n'as même pas encore commencé à te servir de tes pouvoirs. Tu peux raser cette ville, si tu le désires. Tu en as la force. A nous deux, nous pourrions mettre le monde à nos genoux.
    - C'est une manière détournée de me demander de vous...
    - Mais arrête de ne penser qu'à ça ! Il est question d'une puissance si colossale qu'aucun homme sur terre ne pourra rivaliser.
    Soda Pêche regarde son jumeau dans les yeux. C'est un très beau garçon. Si beau qu'il pourrait rester là à le contempler pendant des heures même s'il a un peu mal aux fesses ligoté sur cette chaise.
    - Je m'appelle Gewurzttraminer Goyave mais tout le monde m'appelle Double G. Je suis ton frère jumeau, issu d'un embryon cryogénisé.
    - C'est de très mauvais goût de faire des blagues sur des bébés congelés. Et Double G, ça fait un peu chercheur d'orgasmes.
    - Tes parents m'ont légué à la science. J'ai fini dans un des tiroirs du légiste. J'y suis resté 3 jours avant que mes cris alertent quelqu'un.
    - Et donc, maintenant, tu as la haine, tu vas porter un affreux jogging jaune et tuer tous les gens qui t'ont fait du mal avec un sabre, c'est ça ?
    - Il y a de l'idée mais le jaune, ça me grossit. Mon plan, en tant que créature supérieure parce qu'exceptionnelle, c'est de faire profiter le monde de ma glorieuse lumière. Un dessein tout ce qu'il y a de plus altruiste, tu en conviendras et qui dépasse de loin toutes ces petites querelles intestines que se livrent les deux clans auxquels nous appartenons. Pour un peu, tu serais presque ma Cecilia Cara. Viens avec moi, Soda Pêche, aide-moi à créer un monde de beauté à notre image.
    - Je ne sais pas, c'est très tentant, j'ai besoin d'y réfléchir. Parce que tu vois, cinquante millions de gens imparfaits mais pas moi, pas moi, pas moi, j'y pense et puis j'oublie, c'est la vie, c'est la vie.
    - C'est quoi ça ? Un mantra du pauvre ?
    - C'est beaucoup moins inquiétant de penser asservir les gens en chantant et c'est tellement plus mignon d'être un putain de canon en chanson.
    - Et c'est moi qu'on a laissé dans le freezer !

    * * * * *
    Accoudé à sa fenêtre, Gikou se demande s'il a fait le bon choix en se laissant capturer par la Messagère. Bien sûr, il a appris à développer ses capacités qui lui auraient été nettement plus utiles si la mode des jupes pour hommes s'était répandue au-delà du ranch de Mel Gibson mais il reste insatisfait. Les autres ne pensent qu'à une seule chose, comment coucher avec son voisin ou, dans le cas de Steakarella, comment y échapper. Alors que lui, tout ce qu'il cherche, c'est un peu d'attention, d'affection. Si seulement Matiche n'était pas un garçon si imbuvable. Et dire qu'il a failli se laisser avoir ! Ca le rend dingue rien que d'y penser !
    - Gikou, je peux te parler deux secondes ? demande Matiche en entrebâillant la porte
    - T'as mis au point un nouveau baratin pour m'attirer dans ton pieu ? Qu'est-ce que tu vas me dire ? Que tu es un porc en hommage à Babe ?
    - Je voulais m'excuser pour la dernière fois. Ce qui s'est passé avec Soda Pêche n'a rien à voir avec toi. Et Babe est un cochon.
    - Tu as manipulé un pauvre gamin innocent et aujourd'hui, Dieu seul sait où il est ! Il peut tout aussi bien être devenu call-boy à Ibiza et se faire appeler Rominou Fourre Tout !
    - Je ne suis pas le premier garçon à jeter le type qu'il vient de se faire ! Tu te sers de ça comme une excuse pour éviter d'affronter les sentiments que tu ressens pour moi.
    D'un geste brusque, Gikou a envoyé Matiche voltiger contre le mur.
    - Tu te donnes trop d'importance. Tu n'es rien et tu ne seras jamais rien.
    - Même si je te dis que tout ce que j'ai fait jusqu'à présent, je l'ai fait par amour ? lui répond Matiche, la lèvre ensanglantée
    - Tu me rappelleras de ne plus t'envoyer voler contre les murs. Tu es encore plus stupide après l'atterrissage.
    - C'est ce que l'Ombre m'a promis. Un coeur. Tout ce qu'elle me demande en échange, c'est de lui donner l'un des nôtres.
    - Je ne te suis pas. Et pout tout dire, je me moque de ce que tu as à me raconter. Je connais les types dans ton genre, c'est ma spécialité. Mais pas cette fois. Et peu importe ce que je peux ressentir à ton égard, il n'y aura jamais rien entre nous Matiche, quand bien même j'ai à déclencher un cyclone pour te tenir éloigné de moi.
    Joignant le geste à la parole, Gikou crée une violente bourrasque qui entraîne Matiche hors de la pièce. Au loin, la voix revêche de Steakarella se met à hurler.
    - Quel est le con qui a encore laissé la porte ouverte ?
    Devant la chambre fermée de Gikou, Matiche se laisse choir au sol. Il aurait du insister pour lui dire la vérité. Mais il ne fait que des erreurs avec les garçons qui croisent sa route : choisir volontairement d'en blesser un pour mieux le sauver, prendre le risque de trahir sa promesse à l'Ombre pour se faire aimer d'un autre, Matiche joue un jeu dangereux. Un frisson lui parcourt l'échine. Il est pourtant seul dans ce couloir.
    - Alors, Matiche, on a été un vilain petit garçon ?

    * * * * *
    Chez les soeurs Sourire, au même moment, Lulu surprend une étrange conversation téléphonique.
    - Ils sont au complet. Avec les trois que tu as et les deux miens, les Gniards sont tout à nous.
    - Tu n'as pas peur que tes soeurs découvrent la vérité ?
    - J'aime quand tu te fais du souci pour moi, mon amour. Bientôt, elles ne nous gêneront plus. Aucun problème de ton côté ?
    - Rien qui ne puisse se régler dans un bain de sang.
    Etrange n'est-il pas ? Quel dommage que Lulu ne soit pas une naine à la pilosité développée mais juste un chat.

    * * * * *
    Les choses s'arrêtent là. Le reste des manuscrits des aventures des Gniards s'est perdu lorsque ma maison, à moi, Alexandre George Maestro dit Gikou, a été cambriolée. J'en suis navré, vraiment. Surtout quand la suite annonçait de cruelles trahisons et de nouveaux coeurs meurtris. Pauvre Coquille. Et pauvre Matiche.. Il est regrettable que vous ne connaissiez jamais la suite de leurs tourments. Mais comme je n'ai cessé de vous le répéter, vous n'étiez pas obligé de me lire. Je ne suis qu'un Gniard après tout et comme chacun le sait, les Gniards, quoi que vous fassiez, ça chouine.

     
     
     
     
     
     


    Et ça dit surtout des tas de bêtises ! Vous pensiez vraiment que j'allais en rester là ?!
    January 17

    Plongeon omniscient

    L'incroyable destin de Harold Crick / Stranger than fiction

    Réalisé par Marc Forster / Scénario de Zach Helm
    Avec : Will Ferrell, Maggie Gyllenhaal, Emma Thompson, Dustin Hoffman, Queen Latifah

    Si un matin vous vous réveillez et vous entendez une voix qui, avec un vocabulaire exquis, se met à commenter la moindre de vos actions, vous êtes légitimement en droit de croire que vous êtes fou. C'est en tout cas la conclusion à laquelle pourrait facilement arriver Harold Crick, contrôleur du fisc, homme parfaitement ordinaire si ce n'est sa propension inconsciente à tout compter. Mais Harold refuse d'être catalogué comme un gentil schizophrène et se tourne vers un éminent professeur de littérature pour que ce dernier l'aide à découvrir qui est la mystérieuse narratrice qui hante ses jours. Une narratrice qui ne sait absolument pas que son héros existe quelque part et qu'elle s'apprête à le tuer.
    Je le reconnais, mon pitch est peut-être un peu long mais il est difficile de résumer cet incroyable destin tant les degrés de lecture sont nombreux : comédie romantique, fable idéaliste, délires absurdes, satyre littéraire... Porté par des acteurs tour à tour drôles, touchants et acerbes, le film joue sur tous les tableaux et brille surtout par un scénario remarquablement intelligent. Derrière la caméra, Forster s'amuse à illustrer les tocs de son héros et les lubies créatrices de sa romancière revêche, Emma Thompson, dans un rôle comme elle sait si bien les jouer. Will Ferrell, qu'on a connu moins inspiré sur Ma sorcière bien aimée, oscille entre maladresse attendrissante et sourde rébellion et forme avec la pétillante Maggie Gyllenhaal un couple furieusement romantique. Et si l'on regrette que le film n'ait pas exploré davantage les affres de la création et la relation pourtant si particulière qu'un auteur entretient avec son personnage, on s'interroge, on s'émeut, on sourit et on se prend à rêver que, parfois, sa vie puisse avoir autant de saveur qu'un cookie qui sort du four.
    January 15

    Mon beau mec du lundi n°58

    Lorsque la semaine dernière je vous ai demandé de me faire part de vos suggestions pour de futurs beaux mecs du lundi, je ne m'attendais pas à ce qu'on me propose des noms comme David Tennant ou Xaver Hutter. Notez que je n'ai rien contre les anglais maigrichons ou les allemands mal coiffés mais ce ne sera pas possible. Non, vraiment, n'insistez pas. Patrick Flueger, en revanche, si. Et puis, c'est bien de temps en temps de ne pas toujours faire plaisir aux mêmes. Ce qui ne veut pas dire que Josh Stewart, proposé par Cécile, ne fera pas une apparition au cours des lundi qui viennent. Mais pour l'heure, c'est au tour de Pat, suggéré par Miss Calimoyote.
    Patrick Flueger c'est avant tout un mioche puisqu'il n'a que 23 ans même s'il fait 1m83. Et si ce nom ne vous dit rien c'est au choix que vous n'écoutez pas son groupe Sleeper 7 ou que vous ne regardez pas Les 4400 dont la saison 3 vient de commencer sur M6 et où il incarne Shawn, le guérisseur qui se prend pour un gourou junior. Avant cela, il était Jeremiah dans une production Disney, Princesse malgré elle avec Julie Andrews et la reine des godiches Anne Hathaway, rôle tout spécialement écrit pour lui parce qu'il s'est présenté à l'audition avec les cheveux rouges et que les cheveux rouges ça mérite bien qu'on écrive rien que pour vous. Un premier rôle qui lui permet ensuite de jouer dans un tas de séries comme JAG, Amy, Boston Public, Les Experts Miami, Parents à tout prix, New York Unité Spéciale... et d'apparaître au ciné aux côtés de Sir Anthony Hopkins dans Burt Munro, gros flop de l'année 2005. Pour le reste, rien. Mais alors rien de rien. Comme Wentworth Miller. Et non, je ne dis pas ça parce qu'il y a de fortes spéculations sur la sexualité du jeune homme. Mais vous connaissez beaucoup d'hétéros qui font la moue de cette façon ?
    January 13

    Jour J

    Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon homme. 23 ans. Ce qui nous fait une différence d'âge de 5 ans, 7 mois et 9 jours. C'est facile à retenir c'est 5-7-9. Ce qui est un écart plus important, et dans l'autre sens, que lors de ma précédente relation qui était de 4 ans, 1 mois et 13 jours. Là aussi, facile à retenir puisque, mis à l'envers, c'est 13-1-4 soit 13 janvier 1984, date de naissance de mon homme même si se servir de la date de naissance de son actuel petit-copain pour trouver la différence d'âge avec le précédent n'est pas du meilleur effet. Surtout que ce n'est pas vraiment le précédent, vu qu'entre les deux il y a quand même eu quelqu'un avec qui la différence d'âge était de 1 an, 10 mois et 29 jours et là, aucun moyen mnémotechnique puisque je ne connais personne né le 29 octobre d'une année finissant par 1. Mais je crois que je m'égare. Je reprends.
    Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon homme même s'il n'aime pas célébrer l'évènement, puisqu'après tout qu'y a t'il de si joyeux à prendre un an de plus et donc se rapprocher de façon inéluctable du moment où on ne fêtera plus d'anniversaire si ce n'est celui de votre décès et encore, uniquement si vous avez accompli quelque chose de grandiose dans votre vie. Franchement le concept même d'anniversaire n'est qu'une vaste plaisanterie de mauvais goût mais je crois que je me suis encore égaré. Je reprends.
    Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon homme et si vous l'ignoriez, mon homme c'est ce garçon étrange qui voue un culte à une certaine chanteuse nasale, écoute une rousse dépressive qui dort dans les cimetières la tête en bas, lit les aventures d'un zoophile qui n'a toujours pas compris que le gel existait pour rabattre sa houpette ou celles d'un jeune couple d'aventuriers, eux aussi zoophiles, dont l'un des membres aime à se travestir en groom, s'émerveille devant une souris qui parle, écoute de jeunes lolita victimes de la mode qui font de la tchouk tchouk music et fantasme au choix sur un petit gros maladroit, un amateur de charcuterie, une version latino de Dumbo ou un type qui n'a visiblement pas compris qu'un t.shirt s'enlevait par le haut. Soit des goûts très particuliers qui sont quand même assez éloignés des miens et qui nous font nous demander comment les choses peuvent aussi bien marcher alors qu'on est si différents. J'ai bien l'exemple d'un couple d'amis dont l'un aime Tigrou-ou-ou-ou-ou et l'autre lit Pline l'ancien dans le texte et qui s'aiment toujours au bout de 7 ans mais je ne voudrais pas me perdre à nouveau. Trop tard, je crois que je me suis encore égaré. Je reprends.
    Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon homme mais peut-être est-ce que je vous l'ai déjà dit. Alors, comme le veut la coutume :

    JOYEUX ANNIVERSAIRE

    Oui, c'était tout. Il faudra que j'apprenne à être concis pour la prochaine fois.
    January 11

    Nurofen a parlé

    Est-ce qu'il vous est déjà arrivé d'avoir un mal de crâne si atroce que vous seriez prêt à vous décapiter vous-même au cutter pour qu'il cesse ? Non, ne levez pas la main, je vois déjà les Cécile crier en choeur. Certains me diront de moins boire, ce qui me fera doucement rire parce que je ne bois pas. Jamais. Oui, c'est une information choquante mais j'assume mon côté "menthe à l'eau en terrasse d'un café". D'autres pourront également me dire de passer moins de temps devant mon écran ordinateur ou mon poste de télévision ou au moins d'utiliser mes lunettes. A ceux-là, je pourrais dire que... oui, bon, ok, vous avez raison. Mais parfois quand votre boulot consiste à rester devant un écran toute la journée, il est difficile de faire autrement. Ce n'est pas mon cas, puisque je suis aujourd'hui sans emploi et ce jusqu'en avril, date à laquelle l'employé jetable que je suis sera réembauché. Mais il est vrai que depuis quelques jours, j'abuse allègrement du poste de télévision, jouant de façon compulsive à Kingdom Hearts et sa suite Kingdom Hearts II sur ma Play. Je n'ai donc qu'à m'en prendre à moi-même si Johnny Clegg est sorti de son exil pour jouer des percus dans ma tête. Mais quand même, ça fait mal !

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    Mais je ne fais pas un billet pour vous dire que "aïe, bobo dans ma caboche", ni même pour partager mon engouement pour l'univers fantastique de KH où, rendez-vous compte, je peux jouer avec Donald, Dingo, la petite sirène et Peter Pan mais pour vous demander : c'est quoi votre Disney préféré ?
    (Et, avant qu'on m'accuse de chercher à faire du commentaire à tout prix, je tiens à préciser que, contrairement aux apparences, ce billet n'est pas destiné à encourager un certain jeune garçon à en laisser 12. Mais libre à lui ou à quiconque en a envie de le faire, je ne veux pas vous brimer)
    January 09

    Mon beau mec du mardi n°57

    Hier, comme le savent tous les petits écoliers et leurs gentils professeurs et comme le savent également ceux qui étaient en congé, c'était la rentrée. Et la rentrée, ce n'est pas drôle ! Parce qu'il faut se lever tôt, parce qu'il faut revoir les collègues stupides, les camarades bruyants et les patrons despotiques, parce qu'il faut effectuer des tâches pas franchement amusantes voire carrément rébarbatives alors qu'on préfèrerait être chez soi. Mais sans rentrée, les vacances n'auraient plus de sens. Ce serait un peu comme être au chômage sans jamais trouver de travail si ce n'est des boulots si mal rémunérés que vous seriez idiot de les accepter. Ici, chez Xanderland, c'est la rentrée aussi même si le boss est un gros fainéant qui reste les fesses posées sur son canapé toute la journée à jouer à la play. Et qui dit rentrée un lundi, beau mec le mardi (cette maxime idiote ne sert qu'à justifier mon inexcusable retard), donc, pour ce premier beau mec de l'année 2007, je vous offre : Anson Mount
    Je sais, c'est un choix discutable mais il faut croire que je suis en manque d'inspiration. Si vous cherchez un fautif, adressez-vous à mon mec, c'est forcément à cause de lui, ça ne peut décemment pas être ma faute. Quoi qu'il en soit, le petit Anson, 1m85, 33 ans, célibataire est surtout connu pour avoir joué dans des séries qui ont toutes été annulées : Line of fire en 2003, The Mountain en 2004 et Conviction en 2006. Mais si vous êtes fan de Britney Spears au point d'avoir vu son film Crossroads, et dans ce cas là, vous êtes priés de ne pas le revendiquer, certaines perversions doivent rester secrètes, alors vous vous souvenez peut-être de lui comme du garçon sur lequel craquait Britney. Un grand rôle, s'il en est. Et c'est Robert de Niro, son partenaire sur Père et flic, qui l'a encouragé à l'accepter. Merci, Bob ! Mais Anson n'a pas besoin des conseils de Bob pour mal choisir ses films, la preuve avec Urban Legend 2. Depuis, il est apparu aux côtés de Cameron Diaz dans In her shoes et dans Hood in Horror, film d'horreur où Snoop Dog joue les gardiens de l'enfer (je sais que ça vous donne envie, c'est pour ça que je précise)...
    Voilà, c'était mon premier beau mec de l'année. Si vous avez des suggestions pour les semaines à venir, je vous en prie, faites m'en part, je prends tout ce qui est susceptible de me mâcher le travail... faut que je retrouve un job, c'est pas possible, je suis en train de me transformer en grosse limace...
    January 07

    La vérité est un multiple de 3

    The Fountain

    Réalisé par Darren Aronofsky / Scénario de Darren Aronofsky et Ari Handel

    Avec : Hugh Jackman, Rachel Weisz, Ellen Burstyn

    Darren Aronofsky est un réalisateur particulier. C'est tout du moins comme ça que je me le représente et ceux qui ont vu Pi et Requiem for a dream me l'ont vendu comme tel. Après The Fountain, je ne peux qu'être d'accord avec eux.
    Cette fable fantastique se penche sur le destin de trois hommes : Tomas le conquistador, Tommy le scientifique et Tom le voyageur de l'espace. Trois facettes d'un même personnage. Trois façons différentes d'atteindre le même but : l'immortalité. Pour sauver un empire, pour sauver une femme qui se meurt, pour sauver l'arbre de vie qui s'éteint... peu importe les raisons qui les poussent, ces trois hommes cherchent à atteindre l'inaccessible, jusqu'à se perdre, sans comprendre que leur quête est illusoire. Mais ce voyage initiatique, qui pose la mort comme unique et inévitable façon d'accéder à la vérité suprême, déroute tout autant qu'il fascine. Visuellement, le film étant servi par une photographie superbe, et scénaristiquement. Perdu entre délires bouddhistes et illuminations célestes, il se consume dans un scénario qui oscille entre le trop et le pas assez. Et malgré toute la poésie qui se dégage de ces images, malgré cette histoire d'amour qui transcende le temps, The Fountain ne me parle pas.
    The Grudge 2

    Réalisé par Takashi Shimizu / Scénario de Takashi Shimizu et Stephen Susco

    Avec : Amber Tamblyn, Arielle Kebbel, Edison Chen, Jennifer Beals, Sarah Roemer, Matthew Knight, Sarah Michelle Gellar

    Deux ans après le premier volet, qui avait vu cette pauvre Buffy se faire harceler par un petit garçon mort qui fait le crapaud et une fille chevelue qui se cache dans les placards, les esprits sont toujours autant en colère. Tout ça parce qu'ils sont morts violemment dans un état de rage intense. Faudrait voir à s'en remettre. Il y a des gens qui meurent tous les jours, ils viennent pas casser les pieds des vivants pour autant. Mais les japonais ont la rancune tenace, surtout contre ceux qui ne leur ont rien fait. Voici donc une nouvelle leçon d'acharnement, déclinée en trois histoires : celle d'Aubrey, la petite soeur de Buffy, qui vient voir pourquoi sa frangine est ligotée à son lit d'hôpital, celle d'Allison, élève américaine au lycée international de Tokyo, qui accepte d'entrer dans la terrible maison aux placards qui bougent, pour se faire bien voir des filles populaires et celle de Jake à Chicago, petit garçon qui aime pas la nouvelle copine de papa et qui aime bien espionner la voisine qui fait des bruits bizarres derrière le mur.
    Autant le premier m'avait foutu les chocottes (j'aime pas les enfants morts ! et j'aime pas les filles désarticulées qui ont des cheveux dans les yeux !), autant celui-ci m'a ennuyé. C'est long, c'est bavard et les raisons de frissonner sont au final assez peu nombreuses. Alors, bien sûr, le gamin qui coasse me met toujours très mal-à-l'aise mais la flamme qui animait le premier a disparu. On ne retient finalement que la jolie chute de Buffy, qui a oublié comment se réceptionner et la présence d'Edison Chen, très mignon en journaliste en quête de vérité.

    Hollywoodland

    Réalisé par Allen Coulter / Scénario de Paul Bernbaum

    Avec : Adrien Brody, Ben Affleck, Diane Lane, Bob Hoskins, Robin Tunney, Joe Spano, Molly Parker, Kathleen Robertson, Caroline Dhavernas

    Avant Brandon Routh, avant Tom Welling, avant Dean Cain et même avant Christopher Reeve, Superman a eu un autre nom : George Reeves. De ce premier homme en collant, on retient surtout sa mort, étrange suicide, qui a défrayé la chronique à la fin des années 50. Hollywoodland est l'histoire de cet homme. Un acteur catalogué vedette du petit écran, un amant qui étouffe sous la pression d'une femme amoureuse et un homme qui se meurt de voir ses rêves réduits à néant.
    Coulter prend le parti de l'enquête pour tenter de percer le mystère de cette étrange disparition. Meurtre crapuleux, drame passionnel, suicide pathétique ? C'est à Adrien Brody, en détective privé au bord du gouffre, de démêler le fantasme de la réalité, de trouver derrière le clinquant d'Hollywood, en plein âge d'or, une vérité qui dérange. Le film reprend toutes les règles du polar, des femmes vénéneuses qui utilisent le porte-cigarette, aux détectives à chapeau mou, de l'industrie quasi maffieuse du cinéma au parfum d'interdit des romances adultères. Au final, même s'il souffre de trop grandes longueurs et d'un manque de rythme, Hollywodland délivre une réflexion fort à propos sur le statut d'icône populaire et s'offre un magnifique trio d'acteurs. Et si ce n'est pas une première pour le toujours impeccable Brody et la très séduisante Diane Lane, c'est une agréable surprise de voir que Ben se souvient encore comment jouer.
    January 05

    Les Gniards - Episode 5

    Episode 5 : Les Gniards vont bien, ne t'en fais pas

    Comme jadis les cathédrales, le temps est venu et le monde est entré dans un nouveau millénaire. Mais les Gniards, contrairement aux hommes, n'ont pas voulu monter vers les étoiles, écrire leur histoire, dans le verre ou dans la pierre. Non, les Gniards ont autre chose à faire que de se préoccuper de savoir si, malgré ses grands yeux noirs qui vous ensorcèlent, telle demoiselle est encore pucelle ou qu'est devenue cette orange du marchand volée par un romanichel, les Gniards ont un monde à sauver. Telle est la prophétie. Ils sont cinq comme les Whatfor plus un ou les 2b3 plus deux : Soda Pêche le mélomane, Matiche le pourfendeur, Gikou le sac à dos et Noodle la fille qui aurait du être un garçon. Après quatre épisodes d’une intensité telle que seuls les meilleurs épisodes de Derrick sauraient égaler, ce nouvel opus va enfin dévoiler l’identité surprenante du cinquième et dernier Gniard. Clarabelle la prophète et sa fidèle messagère Steakarella, déjà propriétaires d’un joli cheptel de 3 Gniards, 5€ tête, les trois pour 8,50€ accueilleront-elles le dernier Gniard ou bien tombera t’il aux mains des redoutables sœurs Sourire qui viennent de récupérer un malheureux Gniard, traumatisé par une première expérience sexuelle catastrophique ? Ce suspens est insoutenable, je vois bien que vos doigts ne sont plus que moignons et que vous commencez à vous attaquer à vos orteils. Alors pour vous éviter de finir pied-bots, je vais vous donner la réponse : 12. Ah, zut, j’ai du me tromper de question.

    Steakarella gare sa moto, ôte son casque et agite voluptueusement sa crinière. Dans le quartier, les filles poussent un soupir orgasmique. C’est l’effet Airbag Essence. Elle jette négligemment Gikou à terre et arrache ses liens d’un coup de cutter.
    - Aïe, hurle Gikou.
    - Ca va, fais pas ta chochotte, c’est qu’une éraflure.
    - Ca saigne quand même beaucoup, fait remarquer Gikou, le poignet quasiment sectionné.
    - T’as qu’à mettre ça dessus lui répond la Messagère en lui jetant son chiffon anti-graisse à la figure.
    L’impitoyable guerrière et son empoté de baluchon arrivent dans le salon du quartier général, toujours situé depuis le dernier épisode sous la maison de retraite « Le bel incontinent ». Quatre têtes se tournent vers eux. Quatre têtes reliées à quatre corps, cela va de soit, ce ne sont pas des monstres de foire même si les cheveux de Clarabelle ont une pousse inquiétante.
    - C’est pas trop tôt ! s’exclame Matiche. Enfin un autre garçon ! Toutes ces femelles, ça a un effet dévastateur sur ma pilosité.
    - C’est qui la vieille avec le sac ? demande négligemment Noodle.
    - Qui a dit que j’étais vieille ? Qui ? se met aussitôt à brailler Steakarella en se mettant en position de combat.
    - Faut pas faire attention, c’est la ménopause souffle Rocco à l’oreille de Noodle, oreille qu’elle était justement en train de mordiller.
    La prophète toussote légèrement pour signaler sa présence.
    - Euh… pardon, grand prophète, je ne vous avais pas vue.
    Steakarella s’incline en tremblant. Si seulement il y avait un syndicat des messagères, elle pourrait se renseigner sur le harcèlement sexuel. Clarabelle s’est approchée et passe un grand coup de langue sur le nez de Steakarella.
    - Ierk !!!! se met à hurler Matiche. Mais c’est dégueulasse. Je quitte cette saga.
    Mais Matiche, qui vient juste de terminer sa croissance et a encore quelques problèmes de coordination avec ses membres, trébuche sur le pied de Noodle qu’elle n’avait pas jugé bon de déplacer parce qu’après tout c’est aux autres de faire attention où ils marchent et que lever le pied sans aucune raison valable est vraiment une perte de temps. Matiche s’écroule dans les bras de Gikou qui lui sourit maladroitement.
    - Salut, je m’appelle Gikou. Je suis le Gniard de l’Air.
    Joignant le geste à la parole, Gikou fait souffler une légère brise qui balaye les cheveux que Matiche avait dans les yeux.
    - Tu as des yeux verts magnifiques.
    Matiche se sent rougir et utilise son pouvoir pour s’asperger le visage d’un peu d’eau fraîche.
    - Je suis Matiche, le Gniard de l’Eau.
    - Putain que c’est niais ! crache Noodle, visiblement écoeurée par autant de guimauve. Est-ce que je balance des mottes de terre à la gueule des types que je veux me faire ? Vous êtes vraiment des gros nazes ici !
    - T’es trop beau, ma Noodle quand t’es énervée, s’enflamme Rocco, aux anges.
    - Ta gueule, la naine, tu me saoules. Contente toi de me mordiller l’oreille, c’est largement suffisant.
    Clarabelle a levé le poing en l’air, à l’image d’un Yannick Noah dans les arbres, mais en gardant ses bottes parce que le sol n’est pas très propre et que c’est quand même dégoûtant de se balader pieds nus tout le temps. Les Gniards ont immédiatement fait silence. C’est beau d’être une femme.
    - Gniards, maintenant que vous êtes quasiment tous réunis, il va falloir passer aux…
    - Mais où est Soda Pêche ? interrompt brusquement Steakarella en se dégageant de l’étreinte de la prophète.
    - Matiche l’a sauté puis l’a largué comme une sombre bouse et maintenant il s’est enfui, récite Rocco entre deux léchage de lobe.
    Gikou a retiré sa langue de la bouche de Matiche qui, surpris, se met à tousser.
    - Quoi ? Mais c’est abject de faire un truc pareil ! Comment t’as pu ! Et tu espérais quoi ? Faire la même chose avec moi ?
    - On vient juste de se rencontrer, tu ne penses pas que tu vas un peu vite en besogne ?
    - Soda Pêche aussi, tu venais juste de le rencontrer rajoute Rocco.
    - Taggle ! siffle Matiche entre ses dents.
    - Ca ne va pas du tout ! Il faut absolument retrouver ce Pinard Fraise. Steakarella, je ne te félicite pas. Pour la peine, tu seras punie.
    - Oh, non, madame, s’il vous plaît, pas le King Kong Size, supplie Steakarella, les yeux pleins de larmes. Dites-lui que c’est pas ma faute, demande t’elle aux Gniards.
    Mais les Gniards sont trop occupés. Gikou se demande quel traumatisme il a pu connaître enfant pour reproduire adulte un schéma aussi destructeur dans ses relations de couple, Matiche hésite à révéler la vérité à Gikou sur les raisons de son comportement, Noodle n’entend rien parce que Rocco a sa langue dans ses oreilles et Rocco s’en moque parce que la phrase était trop longue et les mots trop compliqués.
    - Ne pleure pas, petite chose sexy, tu as encore une chance de me prouver que tu es bonne. Et si cette fois, tu t’acquittes correctement de ta mission, tu auras droit à une superbe récompense.
    - Laquelle, demande Steakarella, visiblement soulagée.
    - Le King Kong Size.

    * * * * *
    Ailleurs, dans leur maison aux murs cassis, les sœurs Sourire se félicitent d’avoir enfin réussi à mettre la main sur un Gniard.
    - Il est quand même beau notre Gniard. Tu crois qu’il serait mieux sans vêtements ? demande Coquille, les yeux pétillants.
    - Je me souviens du jour où maman m’a annoncé que j’allais avoir une petite sœur. Si j’avais su que tu serais aussi stupide, j’aurai frappé plus fort dans son bidon informe.
    - C’est très méchant de faire ça, se risque Soda Pêche, assis la tête basse devant un bol de lait fraise. Ca peut laisser des marques très disgracieuses sur le ventre et c’est très moche ensuite quand on va à la plage.
    - Tu sais ce qui serait vraiment méchant ? demande Katana en posant ses doigts sur l’épaule de Soda Pêche, c’est que j’essaye de plier ton pouce jusqu’à ce qu’il touche ton poignet. Comme ça, par exemple.
    Katana a retourné le pouce de Soda Pêche dans un craquement horrible. Le pauvre garçon hurle de douleur.
    - Chut, petit bonhomme, c’est fini. Mais c’est de ta faute, regarde ce que je suis obligée de faire pour t’apprendre les bonnes manières. Tu es un vilain, vilain petit garçon.
    Soda Pêche s’est mis à pleurer en silence. Il aimerait bien rentrer chez lui.
    - Je veux voir ma maman, renifle t’il
    - Oh, comme il est trop chou, il veut voir sa maman. Allez, Kat’, sois cool, autorise le à l’appeler. J’adore les gosses qui pleurent au téléphone.
    - Ok, mais pas plus d’une minute. De toute façon, la prod’ coupe si tu dépasses. C’est que c’est une saga à petit budget.
    Soda Pêche a composé le numéro. Au bout de trois sonneries, sa mère décroche enfin. Katana se saisit de l’appareil.
    - Madame Soda Pêche, bonjour, c’est Jean-Pierre…
    - Maman, c’est moi dit Soda Pêche en reprenant le combiné
    - Toi qui ? C’est pour la question à 240 000 € ?
    - Non, maman, c’est ton fils, Soda Pêche. Je veux rentrer à la maison, viens me chercher, s’il te plaît, il y a des dames qui sont méchantes avec moi.
    - Ah non, tu es parti, tu es parti ! Qui va à la chasse, perd sa place. C’était sympa le temps que ça a duré, maintenant passe à autre chose. Je vais pas me coltiner un gosse larmoyant dans les pattes le restant de ma vie ! Ton père et moi on aimerait bien s’envoyer en l’air sans que tu nous gênes continuellement.
    - Mais tu es ma mère !
    - Arrête de dire ça, des gens vont finir par t’entendre ! Bon, allez, je raccroche, tu m’ennuies. Et ne rappelle pas où je demande une ordonnance du tribunal.
    Soda Pêche est anéanti. Les larmes roulent sur ses joues. Coquille et Katana se tapent dans les mains, satisfaites, jusqu’à ce que Coquille se mette en tête de jouer à Petit Pouce part en voyage avec les doigts de sa sœur.
    - Il ne faut pas être si triste. Ce n’est qu’une mère après tout et les mères ne servent à rien, c’est bien connu. D’ailleurs on s’est débarrassé de la nôtre dès qu’on a pu, n’est-ce pas Coquille ?
    - Oh oui, elle est dans une grande ferme avec toutes les mamans qui sont parties. Et tous les jours elles font des jeux dans les champs avec des fleurs.
    - Crétine, elle est emmurée dans la cave !
    - Ah oui, c’est vrai, je confonds toujours avec Monsieur Billy, mon doudou en peluche !
    Le pauvre Soda Pêche a pris la petite Lulu, seule source de réconfort, dans ses bras et il enfouit son joli visage dans les poils soyeux de la petite chatte.
    - Oh, comme j’ai mal, je ne verrai plus comme j’ai mal, je ne saurai plus comme j’ai mal, je serai l’eau des nuages.
    Lulu lui file un grand coup de griffes dans le visage. C’en est trop pour elle. Elle veut bien être gentille cinq minutes et se laisser peloter par un gosse qui chouine mais faudrait pas, sous prétexte qu’elle est un chat, qu’on se mette à lui couiner du Mylène dans les oreilles.
    - C’est pas bientôt fini ces gémissements. Je vous laisse deux secondes toutes seules et vous me traumatisez un Gniard.
    La voix rocailleuse qui vient de se faire entendre est aussitôt suivie des cris hystériques des deux sœurs Sourire. Dans l’encadrement de la porte, un laideron répugnant vient d’entrer. C’est Sarkopette, la sœur aînée de Katana et Coquille.
    - Oh, c’te face de rat, c’est immonde ! Tu m’as trop manqué ! s’exclame Katana en lui filant une grande bourrade dans le dos.
    - J’attendrai que t’aies nettoyé les croûtes sur tes joues pour t’embrasser mais je suis trop heureuse de te voir, se réjouit Coquille.
    - Et je suis pas venue la main vide ! annonce t’elle fièrement en levant son moignon en l’air. Je vous ai ramené un autre Gniard. Allez, te fais pas prier, ma raclure, viens dire bonjour à ton nouveau petit camarade.
    Sarkopette s’est écartée pour laisser passer le tant attendu cinquième Gniard. Katana et Coquille, en voyant son visage, ne peuvent retenir un juron d’exclamation, heureusement censuré par le comité des insultes de bon goût.
    - Mais… mais, c’est-y-pas possible, dites moi pas que c’est pas vrai !!
    Oui, c’est tout, c’est la fin de la scène. Et non, je ne prends pas les réclamations.

    * * * * *
    Alors que Steakarella a réenfourché son engin pour accomplir sa nouvelle mission, la chaleureuse petite maisonnée des Gniards reprend le cours de ses activités. Noodle tagge son nom sur tous les murs, Rocco compte ses doigts et la prophète s’est confortablement installée devant l’intégrale d’Anguun en se disant que parfois, ça doit être bien d’être un arbre, ou un mur, ou un pied de micro. Gikou est sorti sur le perron et regarde au loin des petits vieux faire la course en déambulateur. Matiche le rejoint.
    - Je suis désolé, murmure Matiche.
    - Il faut pas, le petit vieux en tête frappe les autres avec sa bouteille d’oxygène, c’est plutôt marrant à regarder.
    - Je parlais de ce que j’ai fait à Soda Pêche.
    - Il n’y a rien de pire qu’un porc qui ne s’assume pas.
    - A trois semaines près, j’aurais pu être un rat ! Mais pour les aztèques, je suis un cerf, ce qui a plus de classe que le peuplier des celtes.
    - Tiens, la perf d’un petit vieux vient de se prendre dans les roues du fauteuil de la grand-mère.
    - J’ai peur de m’engager.
    - Tu es un homme, ça n’a jamais constitué une excuse valable. Sinon tu penses bien que toutes les conneries seraient pardonnées.
    - J’ai connu une grande histoire mais j’ai pris peur. Pour me punir on m’a condamné à ne jamais pouvoir me lier avec un autre. Alors, dès que je commence à m’attacher à quelqu’un, une force m’oblige à me montrer odieux.
    - Oh, mon pauvre Matiche, ça doit être si douloureux.
    - Mais tu gobes vraiment n’importe quoi ! Je suis juste surdosé en testostérone, j’ai besoin de sauter tout ce qui bouge.
    Le bruit de la claque que Matiche vient de prendre est aussi fort que celui du petit vieux qui vient d’exploser avec sa bouteille. Gikou, furieux, est rentré. Matiche prend sa tête entre ses mains. Une ombre encapuchonnée vient se placer derrière lui.
    - Tu as bien fait, lui murmure t’elle, nul ne doit jamais connaître la nature de notre arrangement.
    - Mais je ne veux plus être seul. C’est trop difficile.
    - Bientôt, petit homme, bientôt.
    L’ombre s’est évanouie. Matiche a envie de pleurer mais comme le cahier des charges stipule qu’il ne doit y avoir qu’un seul Gniard qui chouine par épisode, il ne le fait pas. Tout juste déclenche t’il une petite pluie pour éteindre ce malheureux vieillard qui flambe avec sa bonbonne. A l’étage Noodle se demande pourquoi l’ombre n’est pas venue la saluer.

    * * * * *
    Il y a tant de questions et si peu de réponses. Et je sais bien que vous aimeriez savoir. Moi, je m’en fiche, je sais. Je suis le narrateur omniscient, Alexandre George Maestro dit Gikou, et contrairement aux scénaristes de Lost, je sais exactement ce que je vous raconte. Mais si je vous disais tout maintenant, vous ne reviendriez pas et ce serait dommage, vous louperiez la grande réunion des Gniards et le dilemme amoureux de ce pauvre Matiche. Ce que je peux vous révéler, en revanche, c’est que la Messagère s’est vautrée avec sa moto. Je vous le dis maintenant pour que vous puissiez en rire, on ne reviendra pas dessus. Si on devait se pencher sur toutes les fois où elle se vautre, cela nuierait considérablement au rythme de l’histoire. Et dire que vos devrez attendre le prochain épisode pour apprendre que Soda Pêche a un jumeau. Oh, mince, je me suis vendu ! Tant pis, vous pouvez vous arrêter ici, vous n'êtes pas obligés de me lire. Je ne suis qu'un Gniard après tout et comme chacun le sait, les Gniards quoi que vous fassiez, ça chouine.
    January 04

    Tout vide appelle à être rempli

    Pour mon premier billet de l'année, oui, mon premier billet puisque le précédent aussi brillant soit-il n'a pas été écrit par mes soins mais par un certain Mister P., plus communément appelé "le petit-ami" (vous remarquerez avec quelle rapidité j'ai réussi à caser ces mots si tôt dans le billet mais à ma décharge, comprenez que j'ai toujours un peu de mal à réaliser que j'en ai un, non pas que je ne sois pas coutumier de la pratique, mais il est un petit-ami particulier, vu qu'il est un gens comme vous... oui "autiste sociopathe mégalomane" mais ce n'était pas le mot que je voulais, "lecteur" est plus approprié. Pourquoi est-ce que je vous raconte ça au juste ?)... donc, disais-je, pour mon premier billet de l'année (qui ne sera pas un nouvel épisode des Gniards, désolé Coyotus, mais promis, il sera là demain), un constat s'impose : je n'ai rien à dire.
    C'est effrayant, j'entends bien. Comment un être aussi maladivement productif qui ne conçoit pas de s'éloigner plus de 3 jours de son blog sur lequel il déverse un flot ininterrompu d'âneries, peut-il comme ça se retrouver à sec... Le choc est énorme, je sais. Mais n'ayez crainte, vous qui tremblez pour cet espace, la fonction "délires pitoyables et masturbatoires" va bien finir par se ré-enclencher. Peut-être est-ce l'abus d'Oasis au réveillon ou les séquelles d'une activité musculaire trop intensive ou, plus sournois, les effets dévastateurs du manque suite au départ du Petit P., retourné traquer les souris dans sa province cyrillignacaise...
    Bref, je n'ai rien d'original à dire aujourd'hui mais je tenais tout de même à vous le faire savoir. Mais comme je suis un hôte généreux et qu'il est si tentant de céder à l'appel du chiffre, je vous propose un petit classement tout personnel de cette année 2006. Ceci n'est pas à confondre avec l'excellent bilan cinématographique de la Granouille ou la rétrospective par 3 du non moins excellent Rhum Raisin. Voici donc The Pire and the Meilleur of the année 2006 :

    Catégorie Télévision
    Meilleure nouvelle série : La concurrence n'a pas été dure et au risque de ne pas me montrer très original, je vais dire Grey's Anatomy (même si la 2ème saison a connu un gros passage à vide et même - surtout - si je déteste profondément son héroïne)
    Pire nouvelle série : Facile, et tant pis si on m'accuse de ne jamais défendre les productions françaises, mais RIS décroche la palme de la série la plus mal tournée, mal montée, mal écrite et mal jouée. A ce niveau là, c'est du grand art. A leur décharge, c'est dur de lire correctement un prompteur quand il n'y en a pas. J'aurais pu choisir Point Pleasant qui brillait aussi par son incroyable médiocrité mais au moins il y avait Samuel Page torse nu...
    Meilleure nouvelle saison : Sans aucune hésitation, la saison 4 de A la Maison Blanche. Aaron Sorkin est un génie.
    Pire nouvelle saison : C'était long, c'était chiant, c'était ridicule, merci aux esprits brumeux des pitoyables Abrams et Lindelof pour la deuxième saison de Lost. Et merci surtout pour cette extraordinaire entité de fumée noire. Un de mes plus gros fou-rires de l'année !
    Mon héros/héroïne : Il y a t'il quelqu'un d'autre pour détrôner Bree Van de Kamp de mon coeur ?
    Ma tête de turc : Même pas la peine de réfléchir, c'est presque comme si j'avais fait ce classement pour pouvoir le hurler : Meredith Grey et son balloches flasques de copain, le très mal nommé Dr. Mamour. Je hais cette fille. Je hais ce type. Mais pourquoi, pourquoi est-ce qu'elle n'a pas explosé quand elle avait la main dans la graisse ventrale du type qui mange des bombes ??

    Catégorie Cinéma

    Mon film culte de l'année : C'était lent mais c'était aussi incroyablement bon. Le secret de Brokeback Mountain arrive donc à la première place dans ma petite tête. Parfois, deux hommes en  même temps, c'est bien.
    Le Meredith Grey Movie de l'année : La compétition a été plus dure, forcément Sharon est revenue et la troupe du Splendid aussi mais le couple Vince Vaughn/Jennifer Aniston écrase tout avec sa comédie horripilante détestable, La Rupture.
    Mes acteurs fétiches : Même si MON Jake est THE man of the year, mes acteurs de l'année sont français tous les deux. Mélanie Laurent m'aura bouleversé dans Je vais bien ne t'en fais pas et Bernard Campan aura été l'homme de ma vie dans L'homme de sa  vie.  Ok, ce ne sont pas deux films particulièrement réjouissant mais les prestations sont remarquables.
    Mes boulets de l'année :  Parce qu'il est mon boulet à vie et qu'il ne saurait en être autrement, Jean Reno a droit à cet honneur avec son interprétation renoesque du Commissaire Fache dans Da Vinci Code. Une seule expression, aucun effort d'articulation, aucun talent. C'est Reno. Pour l'accompagner j'ai choisi l'insipide Kate Bosworth, qui, si elle n'est pas si mauvaise dans Superman Returns, ne dégage cependant rien, mais alors rien, faisant d'un personnage farouche et obstinée une dinde passive.

    Catégorie Littérature (c'est un bien grand mot)
    Mon héros/héroïne de BD : Il y en a eu peu et comme ma rebelle préférée, j'ai nommé Cixi, s'est assagie, ce sera donc Clarissa de Sargamore, très Cordéliasque, dans les réjouissants Naufragés d'Ythaque.
    Mon héros/héroïne de Comics : Là aussi, il y en a peu, surtout que les seuls comics que je lis sont les rééditions des classiques X-Men mais avec la mort de Jean Grey, la place était à prendre et c'est Malicia qui s'en charge. Pour ses tourments, ses doutes, sa force et son pouvoir d'absorber les souvenirs de l'autre.
    Mon héros/héroïne de Manga : Il est pénible, il chouine tout le temps, il a 3 ans d'âge mental mais il me fait mourir de rire : Shuichi Shindo de Gravitation (l'histoire d'un apprenti chanteur immature qui tombe amoureux d'un écrivain asocial et antipathique)
    Mon bouquin de l'année : Même si les Orphelins Baudelaire m'accompagnent depuis un certain temps, c'est La Proie des âmes de Matt Ruff qui m'aura le plus tenu en haleine. Mais il n'y a que moi pour trouver séduisant l'idée d'avoir des gens qui vivent dans une maison en bois dans votre tête.
    Le bouquin que je ne suis même pas arrivé à finir tellement il était gonflant : L'affaire Jane Eyre de Jasper Florde. Pas la peine que j'essaie de vous le résumer, c'est juste bizarre et ennuyeux.

    Catégorie Musique
    Ma bombe sexuelle de l'année : Oui, c'est sans rapport aucun avec le talent musical de l'artiste mais je suis chez moi, je cède à l'appel du muscle suintant quand je veux. Donc, sans surprise pour ceux qui me lisent, ce sera Miguel Angel Muñoz avec sa chanson Diras que estoy loco (ahhhhh, Miguel, enlève ton t-shirt!!!)
    La chanson qui donnerait presque envie d'être sourd : Serait-ce possible que l'insupportable Boulette de Diam's est été évincée à la dernière minute ? Et bien oui. Merci donc à Fatal Bazooka pour le daubesque Fous ta cagoule (et non, je ne m'excuserais pas auprès de mon homme qui sait pourtant si bien faire la caillera de la téci avec ses wesh, gros)
    Le tube dans mes oreilles : Merci à Grey's Anatomy et aux Frères Scott pour m'avoir fait découvrir ce morceau : Chasing Cars de Snow Patrol. Mais je me dois de citer La ceinture d'Elodie Frégé et Le temps qui court des Enfoirés qui m'auront accompagné un long moment dans mon petit balladeur MP3.
    La nouvelle star académicienne qui aurait du gagner : Non, n'en déplaise à Cécile, ça ne sera pas Dominique parce que préférer se goinfrer de pâtes alors qu'on a la chance de pouvoir renifler les poils d'un futur gypsy king, c'est une faute impardonnable. Je dirais Cynthia même si j'ai quand même très envie de lui coller une baffe. Et si quelqu'un pouvait empêcher Christophe Willem d'ouvrir à nouveau la bouche et surtout de danser, ce serait bien aimable, merci !

    Je pourrais continuer encore avec des catégories toutes plus débiles les unes que les autres mais je crois que mon billet est suffisamment long. Bien sûr, j'attends que vous me donniez vos coups de coeur et vos déceptions de l'année, dans les catégories que vous voudrez, avec autant de mots que vous souhaitez. Je relèverai les copies dans une heure. C'est parti !
    Je vous avais dit que c'était dangereux quand je trouvais rien à dire...
    January 01

    Live from 2007

    Nice, 1er janvier 2007, au matin (vers 16h27).

    Chez Monsieur Nicolas, tout n'est plus que désolation. Les deux guirlandes électriques illuminent assez l'appartement pour voir l'ampleur du désastre. Au sol gisent pêle-mêle papiers cadeaux usagés déchirés avec passion pour découvrir ce que renfermaient les précieux paquets, pommes de terre rissolées visiblement un peu trop cuites échappées de leurs assiettes, restes de bougies fondues un peu trop vite à même le carrelage, coquilles de pistaches et cacahuètes perdues, capotes usagées. Si l'on ose s'aventurer dans la cuisine, un amoncellement de casseroles encrassées attend le coup d'éponge salvateur, en compagnie d'une pile d'assiettes laissant sous-entendre que le repas fut fastueux. Les sacs poubelles trop remplis déversent leur contenu, lentement, mais sûrement, sur le tapis. Il est encore trop tôt pour que les survivants de cette soirée, visiblement finie fort tard, aient recouvré leurs esprits. Leurs corps gisent ça et là, elle sur le canapé, lui ronflant sur le lit, cet autre lui affalé sur le sol de la salle de bains, pour le cas où... Il serait bien délicat de savoir à qui appartiennent les vêtements qui jonchent le sol et gênent notre marche... L'odeur de l'air est pestilentielle, ouvrir la fenêtre aurait demandé bien trop d'efforts à ces sinistres individus, même si la soirée ne fut arrosée qu'au Fantä et à l'Oasis pour ceux qui n'aiment pas les bulles...

    Soudain, le silence de mort qui accompagne cette scène apocalyptique est rompu par un gémissement. Il semblerait que l'un des participants de ce réveillon ait décidé de profiter un peu de ce premier jour de cette nouvelle année. C'est le plus jeune, semble-t-il, même s'il serait complexe de dire si les autres convives sont vraiment plus âgés, le charmant jeune homme n'étant pas encore remis de sa longue soirée. Il s'étire, tourne sur le lit, puis fournit l'effort suprême de se lever. Il avance d'un pas incertain dans ce lieu de stupre, en se grattant le ventre, comme s'il avait trop mangé. Il titube. Sans prendre le temps de constater l'étendue des dégâts ni de réveiller ses comparses, il se dirige, les yeux embués, vers l'ordinateur, qu'il allume machinalement. Profitant du calme qui l'entoure, il se lance sans vergogne dans une visite approfondie de la machine. Peut-être rêve-t-il depuis des mois d'écrire sur Xanderland, il semble en tout cas faire montre d'une certaine excitation en découvrant l'envers du décor. Il y a bien là une ébauche de billet, pas un nouvel épisode des Gniards et cela semble le dépiter... Pas grand chose encore, quelques mots:

    "Lecteurs de mon coeur, vous m'aimez et moi aussi je vous aime, et parce que je vous aime, je vous souhaite à tous une bonne année 2007... Et la santé aussi, parce que c'est important la santé, ce serait bête de tomber et de se casser le pied"

    Monsieur Nicolas n'était visiblement pas encore inspiré pour broder tout un texte drôle amenant cette banalité qui fait pourtant toujours plaisir, mais déjà, notre jeune homme, par un bâillement mal réprimé, a provoqué un sursaut de lucidité dans ce lieu de débauche, et d'un geste rapide, il referme le clapet du portable. La maisonnée se remet doucement, la vie reprend calmement son cours. Laissons donc là nos hôtes involontaires, il leur reste encore 364 jours pour profiter de cette année 2007. Et à vous, qui auriez supporté ce récit absolument authentique des événements, je souhaite une très bonne année 2007 aussi.
    Et la santé aussi, car, comme dirait Monsieur Nicolas, c'est important la santé, ce serait bête de tomber, et de se casser le pied.

    Mister P., en direct de Nice