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    December 29

    Petit bilan perso - Deuxième

    Fin d'année oblige, voici venu le temps non pas des rires et des chants quoi que tout est possible le 31 mais bien du petit bilan. Bilan bien évidemment en chiffre parce que les chiffres, c'est fun et n'écoutez pas Pierre quand il vous le dira le contraire, tout le monde sait bien que les profs de maths ça n'aime pas les chiffres. Les profs de maths sont des gens sinistres. Donc, sans plus attendre et parce que je ne vais pas non plus passer tous mes billets à délayer mes intros sous prétexte que j'aime voir mes doigts courir sur le clavier, roulement de tambour (je ne peux plus faire la blague "Olivier, bac + 8 en bruitage, disponible pour vos bar-mitsva", ce qui est dommage parce qu'elle me faisait rire) :

    - J'ai eu 2 petits-copains (c'est marrant, comme l'année dernière) : le dernier de l'année 2005 qui n'a duré que les deux premiers jours de l'année 2006 et mon mien à moi que j'ai maintenant depuis 1 mois et 12 jours. Ce qui laisse quand même un grand vide entre les deux. Mais c'est mon crédo ! Je suis un spécialiste du vide ! Et un spécialiste aussi des petits-copains trouvés par blogs... de là à dire que j'aspire à me faire toute la blogosphère, ce serait quand même très mal venu !
    - J'ai eu 1 boulot mais 4 contrats et 5 avenants pour une durée totale de 13 mois... merci l'administration !
    - J'ai vu 69 films, ce qui fait 1 film de moins par rapport à l'an dernier et ça, c'est un échec personnel (mais j'ai encore 3 jours)
    - J'ai vu 54 séries et j'en ai abandonné 9 en cours de route, ce qui est assez rare. Mais qui va me blâmer d'avoir lâché RIS au bout de 2 épisodes.
    - J'ai diminué mes séances de thérapie au nombre d'une toutes les deux semaines, ce qui prouve que les choses vont beaucoup mieux (mais aussi que les bourses commencent à être vides, mais c'est tellement mesquin comme raison qu'il est préférable qu'elle n'apparaisse qu'entre parenthèses pour que personne ne la lise)
    - J'ai été 0 fois dans une salle de sports. Et mon mec a une manière très fourbe de me le faire ressentir.
    - Je me suis fait 2 nouvelles copines (dont l'une s'appelle Cécile, c'est un complot !) et j'ai survécu à 2 cataclysmes : l'ouragan Blondie Sabrina et l'infection virulente Despote Girl.
    - J'ai éconduit 2 prétendants. C'est une année faste ! Faites péter le jus d'orange !
    - J'ai gagné 7 lecteurs (RR le mystérieux, Coyotus la sentimentale, Nataka l'inflexible, Ben le borgne, Bridget l'insoumise, Brunette  la romantique, Pépé l'odorant), j'en ai conservé 10 (Pierre le sex-symbol, Cécile la marmotte, Misstouffa la baroudeuse, Nyx la survoltée, Hexemorgane la suffragette, Lilkumo l'impératrice, Coralie la rêveuse, Luluninette la cinéphile, Jérémy le polémique et Amélie la passionnée) et perdu 5 (Lapin le bienheureux, Yom l'indolent, Fafounny le militant, Cookie l'introspectif , Hystéro l'hystérique). Oui, je vous comptabilise, je suis un être ignoble.
    - Je me suis attaqué à 1 nouvelle saga. A la fois en écrivant et en lisant. Et tant pis si c'est de la littérature dite pour enfants.
    - J'ai pris 1 kilo (bon techniquement, je fluctue toujours de 2,3 kilos donc je prends, je perds, je reprends mais globalement je suis resté stable ce qui est quand même YOUPI ! pardon, désolé, j'ai peut-être crié un peu fort)
    - On a accueilli 1 nouveau membre dans la famille et je ne parle pas de la fifille à ma maman, cette crétine de chienne qui pisse partout sur le carrelage et envoie ma grand-mère à l'hosto, non je parle d'une vraie personne non recouverte de poils mais tout aussi bruyante : un bébé. (Non, Cécile ne pas hurler !) Mon petit cousin Mathieu qui a fêté son premier anniversaire il y a 6 jours.
    - Je me suis envoyé en l'air ! Non, il n'y a pas de chiffre. Et oui, c'est tout à fait inapproprié. M'en fiche !
    - Je suis parti 4 jours à Londres avec The Wonderful, The Marvellous Granouille, reine de la cascade, encore un vautrage cette année à son actif !
    - J'ai encore eu 26 ans mais ça fait déjà 3 fois, ça commence à devenir lassant...

    Voilà pour la mienne et la vôtre ?
    December 27

    Paramnésie

    Déjà vu

    Réalisé par Tony Scott / Scénario de Terry Rosso et Bill Marsili
    Avec : Denzel Washington, Paula Patton, Val Kilmer, Jim Caviezel, Adam Goldberg, Bruce Greenwood, Matt Craven

    Point de sensation étrange de déjà vu dans ce film, le titre est à prendre au sens littéral. Lorsque suite à l'explosion meurtrière d'un ferry, l'agent Doug Carlin intègre une unité spécialisée dans l'observation temporelle, il découvre qu'il peut regarder ce qui s'est déjà produit. Ces images déjà vues ou tout du moins déjà vécues par d'autres pourront elles lui permettre d'élucider l'attentat et surtout comprendre en quoi la mort d'une jolie jeune femme y est liée... et pourquoi pas l'éviter ?
    La possibilité des fenêtres temporelles, qu'elles soient ouvertes vers le passé ou l'avenir, n'est pas en soi une nouveauté mais le film décide de ne pas trop s'appesantir sur l'incroyable prouesse technologique pour ne se concentrer que sur l'intrigue. Denzel, au meilleur de sa forme, se retrouve embarqué dans une course poursuite avec le temps, jouant à la fois sur le présent et le passé, pour les beaux yeux de la lumineuse Laura Patton. La réalisation est rythmée, voire nerveuse, le scénario plutôt bien ficelé et le tout s'enchaîne avec une fluidité bienvenue. Un bon shoot d'adrénaline pour un divertissement qui ne manque pas d'audace.

    Eragon

    Réalisé par Stefen Fangmeier / Scénario de Peter Buchman d'après le roman de Christopher Paolini
    Avec : Edward Speelers, Sienna Guillory, Jeremy Irons, Robert Carlyle, John Malkovich, Djimon Hounsou, Garrett Hedlund

    Il était une fois dans un royaume magique des dragons qui veillaient à la paix du monde. Mais lorsqu'un des dragonniers, grisés par le pouvoir, décida de régner seul, il abattit les autres dragonniers et rrrrrrrpffffffffffff...
    Pas la peine de vous faire un résumé d'Eragon, prenez tous les clichés du genre : la princesse rebelle, le jeune paysan courageux qui doit sauver le monde, le mentor bourru, l'ennemi cruel et invincible, rajoutez une armée, des steppes, des montagnes, de la brume sans oublier les armures étincellantes, les orbes scintillantes, les épées magiques et le clou du spectacle un dragon et vous voilà partis pour 1h45 de spectacle vu et archi revu. Visuellement on est désormais habitué au sens du spectacle de l'heroic fantasy mais niveau scénario c'est le vide intégral. reste une jolie petite dragonne, très attendrissante lorsqu'elle éclot de son oeuf avec ses grands yeux et ses mouvements maladroits mais si c'est pour regarder un petit animal perdu, autant aller à l'animalerie du quartier. Deux minutes devant la vitrine et le tour est joué.
    December 26

    Le traîneau de Noël

    Maintenant que j'ai pu apposer un petit "check" à côté du mot "réveillon de Noël" sur ma liste de choses à faire avant la fin de l'année, réveillon qui s'est beaucoup mieux déroulé que ce que je pouvais craindre au point que j'arrive à dire que j'ai passé une bonne soirée, je vais enfin pouvoir revenir à des sujets plus intéressants : moi !
    Ah, le narcissisme primaire des auteurs de blogs...

    Petite mésaventure au pays magique des traîneaux de Noël.

    Alors que le froid glace mes pauvres doigts qui souffrent déjà d'une mauvaise circulation sanguine, au point que mon copain frémisse à chaque fois que je pose les mains sur lui et non, malheureusement, ce n'est pas ce genre de frémissements, je quitte ma mère et mon grand-père sur le quai de la gare. Il fait -8°. J'ai toujours rêvé de me transformer en stalagmite. Le petit train, composé de deux wagons de type mexicain, on entendrait presque les cris des poules dans leur cage, s'élance, brinquebalant, durant une bonne heure. Par deux fois, ma tête heurte celle de ma voisine tant les mouvements sont brusques. Et comme elle n'a pas d'humour, elle ne répond pas à mon sourire gêné. Elle aurait pu. Après tout, sa tête est dure, je me suis fait mal. Du coup, j'ai moins de pitié pour elle lorsque je l'entends dire au téléphone qu'elle a passé un Noël pourri. Lorsque le train arrive en gare et que tout le monde échange la gracieuse couleur verte de son teint avec un bleu aux lèvres qui est magnifiquement raccord avec la couleur de mes yeux, je me dis que je n'ai plus qu'une heure à patienter avant d'embarquer dans ma limousine ferroviaire. Mais une heure c'est long. Et la gare est froide. Je m'engouffre dans le train, déjà à quai, en espérant me réchauffer mais c'est Noël et parce qu'il faut bien dissuader les sans domicile fixe d'installer leurs quartiers dans les wagons inoccupés, il n'ont qu'à rester sous leur tente les ingrats, il n'est pas chauffé. Mes membres s'engourdissent, mes paupières deviennent lourdes, je sens que ma fin est proche, je vais mourir de froid dans un wagon vide et je n'aurai même pas eu l'occasion d'entamer mes chocolats de Noël qui dorment dans mon sac. Au moment même où je vais céder, le train démarre. Pas le chauffage. A croire que la SNCF est de mêche avec un laboratoire pharmaceutique et que nous sommes un wagon de cobayes. Fort heureusement, les choses rentrent dans l'ordre et je peux me détendre. Plus que 7 heures et je pourrai retrouver la chaleur de mon lit. Que nenni ! (spécial cacedédi pour Pierre).
    Arrivée en garde de Marseille, ma limousine qui a le mauvais goût d'être également celle de beaucoup d'autres voyageurs, beaucoup plus bruyants que moi, fait une halte de 10 minutes. C'est justement le moment où ma vessie se réveille. Mais le règlement est strict. Train à l'arrêt, pas de pipi aux cabinets. Il ne manquerait plus que tout le monde pisse sur les rails ! Alors j'attends. Je suis un garçon, ma vessie peut donc supporter 10 minutes d'attente. Même 15. Voire 20. Là, quand même, je retiens une grimace de douleur. C'est que ça fait mal ! Jamais il redémarre ! Ils sont vraiment lents ces marseillais ! Si j'ai échappé à la mort par le froid ce n'est pas pour succomber à un éclatement de vessie ! Ca manque de classe. Mais pourquoi me tracasser sur ma mort éventuelle, la SNCF vient officiellement de nous rayer de la carte. Nous sommes supprimés. Comme ça, sans excuse, sans "Joyeux Noël". Les passagers s'insurgent et à raison. Non, nous ne sommes pas morts, nous sommes bel et bien vivants ! Bon, moi pour plus très longtemps, mais les autres si. Nous voilà donc, bandes de mulets frigorifiés, qui descendons sur le quai pour rejoindre le prochain convoi qui ne partira qu'une heure plus tard. Les toilettes sont à l'autre bout de la gare. Le temps que j'y aille, le train sera arrivé. Autant patienter. Mieux vaut périr sur un quai de gare que devant des toilettes publiques qu'on aura pas réussi à atteindre. Mais la SNCF qui trouve que la nuit est suffisamment belle pour qu'on reste plus longtemps à l'admirer, annonce à travers ses haut-parleurs que notre convoi est en retard. C'en est trop, il faut que je tente ma chance. Quitte à ne plus jamais revoir la lumière du jour. Je marche aussi vite que je peux mais pas trop non plus pour éviter que mes organes internes ne viennent à éclater et j'arrive devant Maria, devenue dame-pipi après avoir été recalée au casting de Nouvelle Star ce que je ne comprends pas vu son talent indéniable pour les chansons de Claude François. Maria a beau être d'humeur festive, elle n'en est pas charitable pour autant. Peu importe si je suis au bord de l'agonie, il faut payer. J'enlève mon sac, je cherche mon porte-feuille, puis je cherche l'appoint, que je n'ai pas, je refouille, je trouve enfin, elle me sourit en me voyant me débattre avec mes affaires, la sadique, je passe le tourniquet et là, ça y est ! Le Paradis m'ouvre enfin ses portes. Cette odeur nauséabonde, cette crasse sur les sols et les murs, ces lavabos ébréchés, ça ne peut être que ça. L'inscription JH cherche JH au 06... me le confirme. 15 minutes plus tard, à croire que mon corps a converti mes trois pauvres gorgées d'eau prises durant les heures précédentes en trois tonneaux de bière, je peux enfin retrouver mon train.
    Pour me venger, je m'installe en première classe. Et là, enfin, je peux terminer mon périple. Il est 23h30. Je suis parti depuis plus de 10h... La prochaine fois, ce serait sympa de dire à cet abruti de renne Rudolph d'attendre d'être à bon port avant de crever.
    December 23

    Puisqu'il faut y passer

    Ah Noël ! Période heureuse et bénie où le monde est enfin en paix et où les hommes s'unissent dans un même élan d'amour et de... eh, mais qu'est-ce que je dis là ? Ca va pas !! Non, non, non ! Point de bonheur à l'horizon ! Le traquenard est de retour. Noël a encore frappé.
    Pourtant cette année, absence de vacances oblige, je m'étais dit que je pourrais y couper. C'est vrai, enchaîner 6 heures de route à l'aller et 9 heures de train au retour pour un séjour de moins de 48 heures et reprendre le travail dès le pied posé au sol, c'est quand même un peu exagéré. C'est en tout cas ce que je croyais qu'on me répondrait. Que nenni ! Ma mère, toujours au fait de la politique du "culpabilisons mes enfants, ces ingrats qui refusent de céder à toutes mes exigences", s'est empressée de jouer sur la corde sensible en prétextant l'âge avancé de mes grands-parents et leur inéluctable disparition. C'est fourbe. Mais parce que j'aime mes grands-parents et même s'ils sont en forme pour leurs 80 ans, il n'en demeure pas moins que ma mère n'a pas tout à fait tort. Ca reste du chantage affectif mesquin et déloyal mais c'est vrai. Et la culpabilité est un sentiment que j'entretiens depuis si longtemps qu'il m'est difficile de résister sans me retrouver tiraillé par ma conscience. Alors, afin de m'éviter tout déchirement interne qui me laisserait nauséeux et épuisé, j'ai finalement décidé d'y aller. Je serai nauséeux et épuisé mais cette fois, ce sera à cause du train. Et en avant les joies du réveillon ! La comédie du bonheur se jouera à guichets fermés pour une représentation unique et fort enjouée, alcool oblige, patience et diplomatie sont de rigueur... Malgré tout, je ne peux m'empêcher de me sentir un peu honteux. Parce que c'est vrai, ma famille ou plutôt devrais-je dire ma mère, a beau être difficile à supporter il n'en reste pas moins qu'elle est généreuse. Mais les cadeaux qu'on m'offre et ceux que je fais ne remplacent guère le sentiment d'appartenance familiale qui me fait défaut.
    Qu'à cela ne tienne, ne dit-on pas qu'il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur, merci à l'illustre inconnu qui a un jour sorti un proverbe aussi stupide, mais je vais m'employer à l'appliquer. C'est Nowel ! C'est Noyel ! C'est Noël !
    Donc, pour tous ceux qui aiment cette période, qui aiment se retrouver en famille, qui aiment offrir et recevoir, pour tous ceux qui sont portés par l'esprit de la fête et pourquoi pas par celui plus spirituel de la nativité, je souhaite un :

    JOYEUX NOEL

    Pour tous les autres, ceux qui, comme moi, serrent les dents en attendant que ça passe et en espérant un repas de famille sans dégâts ou ceux qui, plus tristement, sont seuls, d'ailleurs à ce propos, merci de ne pas nous le dire, c'est trop déprimant et ce ne serait pas très sympa à vous de pourrir le Noël de ceux qui ne le sont pas (ah, le cynisme de Noël, merci Ebenezer !), je dis courage, tenez bon, c'est bientôt fini.
    December 21

    Les Gniards - Episode 4

    Episode 4 : Les 4 Fantastiques Gniards

    Dans la nuit noire, dans la nuit noire et obscure, obscure et sombre, Isabelle s'est cognée contre les murs, les murs. C'est très douloureux, j'en conviens, mais il n'y a pas d'Isabelle dans cette histoire. Une histoire avec une Isabelle serait pourtant beaucoup plus simple à raconter, un mur, un cri et voilà mais puisqu'il n'y en a pas, vous devrez vous contenter des cinq Gniards, personnages clés de cette saga. Tellement clés qu'ils ne sont que trois jusqu'à présent : Soda Pêche le lyrique, Matiche le sinistre et Gikou qui se prend des voitures. Mais si vous êtes de fidèles lecteurs, ce que je ne doute pas que vous soyez, vous savez forcément que cet épisode verra l'arrivée d'un quatrième Gniard. Parce que jusqu'ici, on ne peut pas dire que les évènements se soient précipités. La preuve avec le résumé qui suit : Soda Pêche et Matiche ont couché ensemble (et encore il paraît que ce n'était pas terrible). Attendez, on m'annonce que j'ai un mouvement de grève des autres personnages qui revendiquent le droit à un résumé décent. Toutes mes excuses, ça ne se reproduira plus. La preuve avec le résumé qui suit : Soda Pêche et Matiche ont couché ensemble. Pardon, j'ai recommencé, je suis faible. Mais si vous vouliez vraiment savoir ce qui s'est passé dans les épisodes précédents, vous les auriez relus au lieu d'attendre bien sagement que je vous mâche le travail. Je suis vexé que vous ne l'ayez pas fait. Pour la peine, je commence directement mon récit.

    Au quartier général de la Messagère, planqué sous la maison de retraite "Le Bel Incontinent", Rocco, qui s'est bavé dessus depuis l'épisode dernier, est toujours en train de chercher la circonférence du paquet de Délichocs. Matiche, ragaillardi par une partie de jambes en l'air, lui file un grand coup sur la tête.
    - Elle est où La Duce ?
    Rocco cligne frénétiquement des yeux. C'est encore mieux que les spotlights des boîtes de nuit.
    - C'est la troisième porte à droite. Mais tu feras attention, la pression de l'eau est mauvaise ?
    - Je n'ai pas entendu cette réponse affligeante. Ce qui sort de ta bouche n'est qu'une hallucination auditive due à une pratique masturbatoire intensive.
    - Je ne comprends pas ce que tu dis. Mais puisque tu as l'air si intelligent, tu pourrais me dire quelle est la circonférence d'un paquet de Délichocs ?
    - Il y avait des Délichocs et on ne me l'a même pas dit ?! Vous êtes vraiment des rats ici ! Quand je pense que j'ai du me taper des barquettes trois chatons à l'abricot.
    Rocco est saisie par la lumière divine. C'est son moment de grâce, le choeur des vierges chantent des Hallelujah, les chérubins agitent leurs petites fesses rebondies et les trompettes se mettent à blueser. Elle vient de comprendre pourquoi il lui était impossible de trouver la circonférence d'une boîte rectangulaire de Délichocs.
    - C'était des barquettes !! J'ai failli me faire avoir, elle est vraiment trop forte cette Steakarella !
    Matiche la fixe intensément. Le vide l'a toujours fasciné. Peut-être que s'il souffle dans son oreille droite, sa natte gauche se soulèvera.
    - Justement, en parlant d'elle, elle est où la Commandante ?
    - C'est exactement la question que j'allais poser.
    Rocco et Matiche se sont retournés. Ce qui est stupide puisque seul Matiche est dos à la porte. Devant eux, Terminator vient de faire son apparition. Un Terminator avec des seins. Deux. Et des bottes en cuir blanc. Deux aussi. Et un petit nombril grave sexy qu'elle exhibe fièrement. Un seul parce que ce n'est pas un monstre de foire. Sans oublier une superbe cape noire fourrée double épaisseur garantie 100% laine de lama du Larzac à ne pas mettre en machine surtout si vous ne séparez pas le blanc des couleurs.
    - Ouah, j'adore votre casque ! Il est fait avec les poils de Demis Roussos ? demande Rocco, ébahie.
    - Ce sont mes cheveux ! Est-ce que je te demande combien de tampons tu as essorés dans les tiens pour qu'ils soient aussi rouges ?!
    - Ce n'est pas que je n'aime pas parler de poils et de menstruations, les interrompt Matiche, mais vous êtes qui ?
    Rocco et la Marianne James de la gonflette ont ouvert la bouche comme si ce que venait de demander Matiche était la pire des hérésies, pire encore que d'avouer aimer Anne Roumanoff.
    - Je suis la Prophète Clarabelle.
    - Comme la vache dans Mickey ? s'enquiert Matiche en fronçant un sourcil parce qu'un seul, c'est plus sex.
    - Comme Clarisse Sterling la plus belle, sombre crétin.
    - C'est la grosse poule lesbienne dans La Bande à Picsou, souffle Rocco à l'oreille de Matiche.
    - Ca c'est Mamie Baba ! Clarisse Sterling, c'est la frigide du Silence des Agneaux. Je vais devoir encore supporter longtemps ces âneries ?
    Cette voix chaude et blasée n'est pas celle de la Prophète. Ni celle de Rocco. Et encore moins celle de Matiche qui, elle, est beaucoup plus aiguë. Cette voix, c'est celle du quatrième Gniard, planqué jusqu'à présent derrière l'imposante cape de la Prophète. Les cheveux longs rebelles négligemment attachés en queue de cheval, les mains enfoncées dans les poches de son jean, les écouteurs encore vissés sur les oreilles, le petit nouveau a beau ne pas être bien grand, il en jette quand même un max.
    - Ohhhhhh, comme il est trop beau ! Je suis amoureuse ! murmure Rocco, les larmes aux yeux.
    - Je vous présente Noodle, le Gniard de la Terre.
    - Je suis pas un Gniard et est-ce que je t'ai autorisée à me présenter, face de Milka ?
    Pour toute réponse, la Prophète envoie son poing dans le visage de Noodle qui se met à beugler, le nez en sang.
    - Mais ça va pas, je suis une fille ! On frappe pas les filles !
    Matiche, l'air dégoûté, a reculé d'un pas.
    - Comment ça, t'es une fille ? Tous les Gniards ne sont pas des garçons ? je vous préviens, je ne dors pas dans la même chambre qu'elle, les filles c'est sale.
    - Erreur karmique, poulette, t'aurais du être un gars. Clarabelle lui jette un mouchoir à la figure. Quoi que, quand je te regarde, t'es pas super formée.
    - Tout le monde n'a pas les seins de Samantha Fox !
    - C'est la petit soeur lesbienne de Mulder dans X-Files souffle Rocco à Matiche.
    - Mais arrête de voir des lesbiennes partout, c'est sale toutes ces filles entre elles !
    Rocco s'est alors penchée ver la pauvre Noodle qui se tient le nez, les doigts plein de sang.
    - Tu peux dormir avec moi dans mon lit, si tu veux.
    - C'est une fille, Rantanplan !!! lui lance Matiche
    - C'est pas grave, elle est super mignonne comme garçon.

    * * * * *
    Pendant ce temps, sur une portion de route déserte parce que sinon le bruit des autres voitures gêne la conversation, Katana et Coquille essayent de ramener Gikou, le troisième Gniard, avec elles.
    - Ecoute Coq', je veux pas te faire de peine mais visiblement ce type n'a aucune envie de t'embrasser. Je crois qu'il n'aime pas trop les filles.
    - Ou alors, il est super timide. C'est trop chou.
    - Coq', faut être lucide, ce garçon est homo.
    - Ou alors il a été traumatisé par une méchante morue qui lui a brisé le coeur. C'est trop touchant.
    - Putain, Coq', t'es lourde ! Ce mec est pédé comme un sac à dos !!!
    Coquille regarde alors plus attentivement Gikou qui ondule son corps en fredonnant "immortelle, immortelle, j'ai le sentiment d'être celle qui survivra à tout ce mal, je meurs de toi", les yeux fermés et les poings serrés sur sa poitrine.
    - Oh mon dieu ! Mais j'ai un goût atroce en matière d'hommes !
    - Des années que je te le dis ! Allez, aide-moi, on embarque la Castafiore.
    Mais Gikou, qui faisait semblant d'être occupé par sa chorégraphie parce qu'aucun garçon ne peut être gay à ce point, a déjà tourné les talons... enfin, les baskets parce que Gikou est un type viril même s'il connaît du Lara Fabian.
    - Grouille, Coq', passe-moi le lasso dans le coffre.
    - Euh... c'est qu'il y est plus... je m'en suis servi pour attacher mon dernier copain aux barreaux du lit.
    Un vrombissement énorme vient couvrir le hurlement de rage de Katana.
    - C'est ça que vous cherchez, mesdames ?
    Les deux soeurs n'en croient pas leurs yeux. Attaché comme un saucisson SM lors d'une orgie charcutière, Gikou essaye vainement de descendre de la moto sur laquelle il a été jeté comme un baluchon. Une main de fer plaquée sur sa bouche l'empêche de parler. C'est Steakarella, la bikeuse de la mort.
    - Tartarella !
    - Nunchaku, Capsule. Toujours à la traîne, à ce que je vois les filles.
    - C'est pas juste, j'en ai ras moi-même, on l'avait vu les premières commence à chouiner Coquille.
    - Qu'est-ce que tu veux, ma caille, je suis une bête dans ce que je fais, lance fièrement Steakarella.
    - Le sexe ? Moi aussi !
    Gikou, complètement paniqué à l'idée de finir dans le lit de ces sauvageonnes, s'agite désespérément.
    - Coq', écrase ! vocifère Katana, encore plus hargneuse depuis l'arrivée de sa rivale.
    - Toujours aussi frigide, Catogan ?
    - Toujours aussi boudinée dans ton jean, Mortadella ?
    - J'ai perdu du poids alors je m'en moque. De toute façon, je suis belle.
    - Moi aussi je m'en moque, j'ai couché avec des tas de garçons... Coq', arrête de rire !
    Coquille, les larmes aux yeux, se tient les côtes tellement elle rit. Sur la moto, ligoté comme un cochon d'inde qui va griller au micro-ondes, Gikou rigole aussi mais c'est la nervosité parce qu'il ne sait pas comment échapper à cette bande de femelles hystériques et givrées. Katana a levé son poing en l'air.
    - Katano-poing-poing dans ta face, hurle-t-elle en lançant une attaque censée déstabiliser son adversaire
    - K-way de protection contre les postillons, s'est empressé de répondre Steakarella, le bras en avant.
    Katana fulmine de rage, d'autant plus que Coquille continue toujours de rigoler.
    - Bon, les filles, c'est pas que je m'ennuie mais j'ai l'asticot qui gigote à l'arrière, je voudrais pas qu'il fasse sur mon siège en cuir après c'est super dur de chasser l'odeur. C'est toujours un plaisir de vous revoir, Tatami, Capuchon. A la prochaine.
    Steakarella fait gronder sa moto et démarre en trombe, la tête de Gikou manquant de rencontrer le bitume à chaque nouvelle accélération.
    - Bon sang, Coq', tu veux bien arrêter de rire ! On vient de se faire piquer notre Gniard.
    Coquille, qui à force de rire a fini par se rouler par terre, se relève à grand peine.
    - Il voulait pas coucher, alors je vois pas trop l'intérêt de le garder. Mais t'en fais pas le prochain sera mieux, j'en suis sûre.

    * * * * *
    Justement en parlant de prochain, que devient Soda Pêche, le premier Gniard. Oui, je sais que mon enchaînement est très mauvais mais n'est pas Brian Joubert qui veut. Rejeté par Matiche après leur première fois, Soda Pêche, qui s'est enfui du QG, erre comme un Jean-Claude Bourret dans les couloirs de feue La 5. Mais le petit bonhomme ne pleure plus parce qu'ensuite ça lui fait les yeux bouffis et un nez aussi gros que celui de Monsieur Patate. Soda Pêche refuse d'être la victime larmoyante de cette immonde crapule de Matiche qui est pourtant si mignon avec ses yeux verts et qui sait faire des choses si étonnantes avec sa langue... non, surtout ne pas y penser. De rage, Soda Pêche jette un petit caillou au loin. Parce que même s'il est très en colère, il ne peut quand même pas soulever une caillasse.
    - Miaou ! se met à hurler une pauvre petite chatte aux pattes bandées de tulle rose.
    - Je suis désolé, je ne l'ai pas fait exprès s'excuse Soda Pêche en se penchant vers le pauvre animal.
    La petite chatte se laisse caresser et d'un coup Soda Pêche se sent moins seul. C'est agréable d'avoir une présence amicale à ses côtés. s'il s'écoutait, il lui raconterait bien ses malheurs. En chantant. Mais la chatte a du sentir venir le danger parce qu'il lève sa petite tête implorante vers son compagnon d'infortune.
    - Toi aussi tu es triste, compatit Soda Pêche se mèprenant sur l'air suppliant du petit animal. Mais comme dirait une copine rousse à moi, qui n'est pas vraiment une copine, mais quand même de temps en temps, je la chante : seing the good même si tout va si...
    Immédiatement la pauvre bête se met à miauler.
    - Non, tu ne peux pas faire ça, ce n'est pas correct. Tu ne peux pas m'interrompre quand je chante, c'est très mal élevé. Surtout du Mylène parce qu'ensuite j'arrive jamais à récupérer la note aigrelette perchée.
    La petite chatte aux bandes de tulle rose fait alors un bon en avant et s'enfuit.
    - Non ! Ne me laisse pas tout seul, j'ai peur. Et quand j'ai peur, je chante n'importe quoi et c'est la honte ! J'veux que tout le monde bouge ses fesses, qu'les femmes oublient leurs complexes, façon sexe, oh ouais... Reviens le chat, tu ne te rends pas compte ! ... Oui maintenant faut que ça bouge, que tout le monde soit sans le move, façon sexe, oh ouais...
    Quelques passants se sont écartés du chemin de Soda Pêche en hochant la tête, l'air navré. C'est terrible une telle déchéance, si jeune. Soda Pêche court après la petite chatte dans une ruelle obscure. Il se met à genoux pour regarder derrière une benne à ordures.
    - Viens là, le chat, bouge ton boul' ma babe... oh, non, la honte, faut que ça s'arrête !
    - Je suis bien d'accord, mon petit gars. Si tu veux chanter de la daube, choisis en de la vraie, de la pure, de la ringarde. Daniel Guichard par exemple.
    Soda Pêche s'est relevé. Une femme au visage patibulaire, comme dans Mickey mais sans H, version terroriste d'Albator, lui fait face, les poings sur les hanches.
    - T'es un Gniard, c'est ça ?
    Soda Pêche, qui n'aime déjà pas être seul la nuit dehors, se met à trembler.
    - Si t'as froid, tu devrais te couvrir.
    - Wesh, fous ta cagoule, fous ta cagoule, fous ta cagoule ou t'auras froid, t'auras les glandes, t'auras les...
    Une gifle monumentale vient heureusement mettre un terme à l'embarras grandissant dans lequel sombrait ce pauvre Soda Pêche.
    - Pard... Pardon, madame. J'ai tendance à chanter quand je suis nerveux. Je m'appelle Soda Pêche, je suis le Gniard du Feu. Me faites pas de mal, s'il vous plaît, je suis encore vierge... Ah ben non, ça marche plus... faut que je trouve une autre excuse pour qu'on m'épargne !
    - Cognac Blette, retiens ta couche, on te fera rien.
    La petite chatte sort alors rapidement de sous la benne où elle était cachée et se jette dans les bras d'une deuxième jeune femme, légèrement en retrait, qui l'accueille en sautillant.
    - Oh, ma Lulu, comme tu es toute belle en rose. Tu nous a ramené un Gniard ? Comme t'es trop forte. T'es contente que maman soit revenue ? Oh oui, qu'elle est contente.
    - Fais pas attention à elle, elle est pas finie, je m'appelle Katana. On est les Soeurs Sourire et on va prendre bien soin de toi.

    * * * * *
    Vous laisser sur une telle fin n'est pas chose aisée pour moi, Alexandre George Maestro dit Gikou, surtout lorsqu'on sait toutes les infamies que ce pauvre Soda Pêche va subir. Mais fort heureusement vous avez deux semaines pour vous y préparer. Oui, je sais, deux semaines c'est long et ça me touche beaucoup que vous soyiez si impatients ou si desesépérement inoccupés au point de n'avoir rien d'autre à faire que de lire mes inepties. Mais je suis psychorigide et une fois toutes les deux semaines, c'est une fois toutes les deux semaines. Cela dit, vous pouvez vous arrêter ici, vous n'êtes pas obligés de me lire. Je ne suis qu'un Gniard après tout et comme chacun le sait, les Gniards quoi que vous fassiez, ça chouine.
    December 19

    My tiny little man

    C'est la période de Noël, je ne vous apprends rien. Et ici, à Xanderland, comme il est de coutume (dit-il alors que ce blog n'a connu qu'un seul Noël jusqu'à présent), les programmes habituels sont quelque peu modifié. Un peu comme nos chaînes de télé qui nous proposent en exclusivité la saga inédite d'une jeune princesse autrichienne. Donc, jusqu'à la rentrée, le beau mec est en congé.
    Ce qui va me permettre de vous parler d'un autre beau mec, le mien. Oui, je vous vois hocher la tête en signe de désespoir. Mais vous ai-je dit à quel point mon homme était grand ? et beau ? et fort ? Et je suis sûr aussi qu'il est intelligent, même si, soyons honnête, ce n'est pas la première chose que je lui demande. Comment ça je laisse à désirer comme petit-ami ? Peu importe, mon homme est un garçon particulier et de toute façon, il ne lit pas mon blog. Et aujourd'hui est une date importante, parce qu'aujourd'hui c'est son anniversaire !! Mon petit homme a 26 ans ! Oui, je sors avec un minot et alors ? Allez, pour la peine, je vous offre une photo... ICI
    ...
    ...
    Ben quoi ?
    ...
    ...
    Vous avez vraiment aucun sens de l'humour
    ...
    ...
    Allez, je retourne fantasmer tout seul puisque c'est ça
    December 17

    Le retour de la revanche des animés

    Happy Feet

    Ecrit et Réalisé par George Miller, Judy Morris et Warren Coleman

    Avec les voix originales de : Elijah Wood, Robin Williams, Brittany Murphy, Hugh Jackman, Nicole Kidman, Miriam Margolyes, Hugo Weaving, Anthony LaPaglia
    Et les voix françaises de : Clovis Cornillac, Kad Merad, Marion Cotillard, Anthony Kavanagh, Sophie Marceau, Marianne James

    Dans le royaume des Empereurs Manchots où le chant est un don naturel et obligatoire, il est difficile de découvrir qu'on n'a aucune aptitude pour pousser la chansonnette. C'est le cas de Mumble, attendrissant petit bout, qui, s'il ne sait pas faire de vocalises, sait en revanche parfaitement bouger ses petits petons en cadence. Mais pour le Conseil des Anciens, bigots qui cherchent une raison diabolique pour expliquer le manque cruel de nourriture, Mumble est le bouc émissaire parfait.
    Happy Feet est un réjouissant film d'animation servi par de somptueuses images, des ballets remarquablement orchestrés et des tableaux tour à tour tendres, drôles, sombres et inquiétants et qui offre une galerie de personnages haut en couleurs. Mumble, le manchot cool par accident, Ramon et ses 4 acolytes pengouins mariachis, Lovelace, le gourou usurpateur... Comme c'est souvent le cas dans les animés, l'histoire tend à être à la fois drôle et touchante et elle y parvient aisément. Qui plus est, alors que d'ordinaire les chansons qui rythment les films d'animation plombent l'ambiance, surtout lorsqu'elles sont (mal) doublées, les morceaux de Happy Feet sont non seulement conservés en version originale mais sont surtout interprétés avec un réel talent qui rend l'ensemble encore plus plaisant.
    Alors certes, le message final peut paraître un poil utopiste mais les enfants, moins cyniques que leurs parents, sauront y être sensibles... avant d'oublier en grandissant tous les beaux principes auxquels ils ont crus. C'est beau d'être un enfant.

    Souris City / Flushed away

    Réalisé par David Bowers et Sam Fell / Scénario de D. Clement, I. LaFrenais, W. Davies, C. Lloyd et J. Keenan

    Avec les voix originales de : Hugh Jackman, Kate Winslet, Ian McKellen, Jean Reno, Andy Serkis
    Et les voix françaises de : Lambert Wilson, Emma De Caunes, Philippe Catoire, Jean Reno

    Roddy St James, une souris apprivoisée, est chassé de chez lui pour atterrir dans les égouts londoniens. Fini le luxe et la sécurité, place à l'aventure avec l'intrépide Rita, en lutte contre l'infâme Crapaud qui rêve d'éradiquer tous les rongeurs des égouts.
    Rien de bien original dans cette énième version du héros froussard et solitaire qui apprend à se découvrir et trouve au passage l'amour et l'amitié. Côté animation, même si l'ensemble est plutôt correct, le style pâte à modeler déroute un peu et ne convainc pas totalement. En revanche, on salue le rythme constant et effréné de ce petit film d'animation, qui, s'il ne révolutionne pas le genre, permet grâce à des gags sympathiques et des petites limaces chantantes, de passer un agréable moment.

    Arthur et les Minimoys / Arthur and the Invisibles

    Ecrit et Réalisé par Luc Besson d'après son roman
    Avec : Freddie Highmore, Mia Farrow
    Les voix françaises de : Mylène Farmer, Alain Bashung, Rhoff, Cartman, Jacques Frantz, Michel Duchaussoy, Marc Lavoine, Dick Rivers, Stomy Bugsy, Valérie Lemercier, Jean-Paul Rouve, José Garcia
    Les voix américaines de : Madonna, David Bowie, Snoop Dog, Robert De Niro, Emilio Estevez, Harvey Keitel, Jason Bateman

    En allant voir Arthur, je m'attendais à ne pas aimer. Parce que, même si j'accroche souvent visuellement à l'univers de Besson, je déteste ses histoires qui manquent cruellement de profondeur. Et Arthur, sur ce point là, confirme mes impressions.
    Arthur est un petit garçon qui se passionne pour les aventures de son grand-père, mystérieusement disparu. Aussi lorsque un méchant promoteur s'en prend à la maison de sa grand-mère, le petit bonhomme est bien décidé à mettre la main sur le trésor du papi, enfoui quelque part dans le jardin. Et pour l'atteindre, il doit accéder au monde magique des Minimoys.
    Tout ça a l'air très simpliste. Et ça l'est. Le scénario est un copier-coller de tout ce qui peut se trouver ailleurs dans les contes pour enfants et les dialogues sont souvent très plats. Les personnages manquent de consistance, se contentant de répondre aux clichés en vigueur et la partie filmée sonne faux. Pourtant, dès qu'on pénètre dans l'univers des Minimoys, on en oublierait presque tous ces désagréments tellement il est féérique. C'est là d'ailleurs toute la force du film, arriver à créer un univers fascinant pour combler le manque flagrant d'originalité du scénario. Côté doublage, les chanteurs assurent, Mylène en tête (bon sang ce que ça me fait mal d'écrire ça !) dans le rôle de l'excellente princesse Sélénia, farouche, rebelle, intrépide, véritable star du film. En ce sens, elle est une héroïne bessonienne et s'inscrit dans la lignée des Leeloo, Nikita et autre Jeanne, à croire que Besson ne connaît qu'une seule manière d'écrire les femmes. A contrario, la voix française d'Arthur est catastrophique pour la simple et bonne raison que c'est une voix de fille et que même si a 10 ans on a encore une voix fluette, on en reste pas moins un garçon. Et ce choix nuit beaucoup à la crédibilité du personnage. Alors, même si mes mirettes sont extatiques et que décidément j'aime beaucoup Freddie Highmore, il n'en demeure pas point que tout ça sonne creux. En ce sens, Arthur et les Minimoys est bien un film de Besson.
    December 15

    Envie de moutarde ?

    Contrairement aux autres défauts, qui eux sont bien jolis, la jalousie en est un vilain. C'est du moins ce que dit sagement le dicton populaire. Et effectivement, c'est vrai. La jalousie déforme les traits du visage, accentue les rides autour des yeux et des lèvres et entraîne la chute des cheveux. Pour préserver son apparence naturelle, il est donc impératif de ne pas l'être.
    Mais voilà, certains inconscients, forts de leurs crèmes anti-rides, n'ont que faire d'essayer de réfréner leurs élans maladifs. Je serais psychologue, ce que heureusement je ne suis pas, je dirais que la jalousie est surtout la manifestation d'un sentiment d'insécurité. Par exemple si mon petit-ami prend du plaisir à parler avec un autre que moi, je vais être jaloux parce que quelque part, j'ai peur de le perdre, ce qui dénote un manque flagrant de confiance en soi. Et c'est mal. Même si par la suite vous vous dites que vous aviez raison de l'être puisque le petit-ami en question a fini dans le lit du dit copain qui ne devait en rester qu'un mais qui est finalement devenu plus même si ça ne veut rien dire, ça n'était qu'une seule fois, pardon, désolé, je t'aime, je ne recommencerai plus. Je vous rassure, cette histoire ne me concerne pas. Aucun garçon infidèle ne m'a assuré que ça n'avait été qu'une seule fois et qu'il ne recommencerait plus, ce qui aurait été mentir puisqu'ils l'ont fait. Mais je sens que je m'éloigne de mon sujet. La jalousie, disais-je, est souvent considérée comme la preuve de l'attachement qu'on porte à l'autre. Mes amis, plus souvent -ies que -is, savent comme personne me montrer qu'ils m'aiment à l'aide de grandes déclarations fort touchantes qui se finissent très souvent par un "tu me gonfles, t'as jamais de temps à m'accorder, je ne veux pas que tu ais d'autres amis que moi, je suis la seule" ou encore un "tu passes ton temps à excuser son comportement alors qu'elle n'a jamais été là pour toi contrairement à moi, je suis la meilleure, j'ai droit à la couronne".
    Savoir extérioriser sa jalousie, c'est sain. Avec les mains, les pieds, les dents, la hache, le tractopelle. Parce que la contenir trop longtemps, ça peut aboutir à un ulcère gangréneux, ce qui est assez regrettable, moins cependant que de se prendre une gifle parce qu'on a demandé une baguette bien cuite au boulanger et que non, mais alors non, ce n'est plus possible, la situation ne peut plus durer, je suis un monstre qui ne comprend rien et ne se rend pas compte de la souffrance qu'il inflige. On ne se méfie jamais assez des baguettes bien cuites.
    Cela dit, il faut savoir resté mesuré. On ne peut pas, sous prétexte qu'on voulait Barbie reine des neiges et qu'on a eu sa copine Kayla bikini, frapper la tête de sa petite soeur avec la maison victorienne Playmobil. Ca risque d'abîmer la jolie maison. La jalousie n'est finalement bénéfique que lorsqu'elle entraîne la stimulation, celle-là même qui vous pemettra de pousser dans les escaliers la grande blonde carriériste dont vous voulez le poste.
    D'ordinaire, je suis un garçon modéremment jaloux, puisque c'était là où je voulais en venir avec ce billet. Mon mec peut bien revoir ses ex ou baver devant le vendeur de Chevignon, j'ai suffisamment de recul pour ne pas en prendre ombrage. Et puis je n'ai pas de crèmes anti-rides, je suis un homme viril. Mais il arrive parfois que bêtement, pour quelques mots échangés avec un autre, au demeurant fort sympathique, je prenne la mouche. Et alors, je dois l'avouer, moi aussi je suis jaloux.
    December 13

    L'art du vide

    Je m'ennuie...
    Oui, c'est violent comme manière de commencer un billet, la petite Coyotus en sait quelque chose. Et l'ennui au boulot c'est encore plus ennuyeux que l'ennui chez soi. Déjà parce que chez soi, on est chez soi, donc entouré de ses affaires ce qui sous-entend que comme on est dans son univers, le risque de s'ennuyer est moindre ou alors il faut songer à changer d'univers. Je ne m'ennuie jamais quand je suis chez moi parce que ma compagnie est fort agréable même s'il m'arrive de me prendre moi-même la tête mais je me réconcilie rapidement. Au bureau, en revanche, l'ennui est plus difficile à combler. J'ai bien le net mais 7h d'internet par jour, c'est beaucoup et il y a des jours où je n'ai pas forcément envie de naviguer. Je pourrais faire la conversation mais mes collègues sont des bouseux dont le seul centre d'intérêt est la bouffe et parler de nourriture du matin au soir, ça me file la nausée. Alors je rédige un billet, j'envoie des mails, j'écris mon nouvel épisode des Gniards... mais quand même, ça ne me prend pas autant de temps que ça. J'ai bien le Soukoban comme jeu d'accompagnement mais je suis bloqué depuis 2 mois au même niveau. Bref, je m'ennuie, je m'ennuie, je m'ennuie. Travailler ? Mais je ne demande que ça ! Seul problème, je n'ai rien d'autre à faire que ranger des feuilles dans des dossiers, le reste ayant déjà été fait, fin de contrat oblige... Et comme je refuse de m'ennuyer seul, j'ai décidé de partager mon ennui avec vous. C'est pas gentil ? Il faudrait que j'arrête d'écrire n'importe quoi juste pour la sensation d'être occupé à faire quelque chose...
    Je m'ennuie...
    December 11

    Mon beau mec du lundi n°56

    Pour ce nouveau beau mec du lundi, j'aurai pu aisément mettre mon homme. Mais en plus d'être profondément guimauve comme démarche (et aussi dangereux puisqu'il n'hésiterait à me jeter si je publiais sa photo, oui c'est violent mais il y a certaines choses avec lesquelles on ne rit pas), c'est aussi contraire à la politique de la maison (ce qui répond à l'appel lancé par Bridget lors de la JFdS n°7) : sur Xanderland, il n'y a que du people parce que le people est inaccessible (comme Rhum Raisin), le people est mystérieux (comme Rhum Raisin) et surtout on peut se moquer du people (comme... ah, non, ça marche plus !). Donc, même si je sais que par le vaste monde de la blogosphère il existe des êtres d'une grande beauté, il n'auront malheureusement jamais les honneurs de ce blog, ce dont je pense ils se remettront puisque cet espace n'est pas à proprement parlé la plaque tournante incontournable du web. Ceci étant dit, voici la nouvelle belle gueule de la semaine : Miguel Angel Muñoz.
    Comment ça il est trop connu pour figurer sur ce blog ? Oui, c'est effectivement vrai. Mais MiAM (puisque MAM, qui ferait passer le Navarron du Pensionnat de Sarlat pour l'exemple même de la cool attitude, est déjà pris) présente l'avantage de n'être ni américain ni acteur. Ah si, pardon... Mais il chante !! Et ça, c'est rare chez mes beaux mecs. Et surtout il a le don de me transformer en version lobotimisée de moi-même, la bave aux lèvres, les yeux exorbités et le souffle court. Pour le récapitulatif de sa carrière, on retiendra essentiellement Un Dos Tres où il est Roberto le 'beau gosse macho tête à claques qui danse et qui chante parce que c'est le but de la série', le reste oscillant entre séries télé espagnoles, téléfilms espagnols et films espagnols (mais non almodovariens donc avec peu de chance d'atterir sur les écrans de nos multiplexes). Pour le côté vie personnelle, je ne soulignerai pas son âge, tout juste 23 ans, je les prends au berceau, c'est effrayant, je suis un satyre mais je peux préciser non sans me lécher les babines qu'il fait 1m83 pour 75kg et que son film préféré est Moulin Rouge, ce qui me laisse entrevoir une ouverture. Quand à sa carrière musicale, après sa participation au groupe UPA Dance avec ses petits camarades de jeu d'Un Dos Tres où il montre qu'il aime se frotter contre des punching-balls, puis contre des filles peu vêtues, puis des murs rouges mais aussi contre des filles peu vêtues, MiAM sort son premier album solo et impose son premier titre "Diras que estoy loco", un brin entêtant mais surtout très chaud au vu du clip où il a le bon gôut de retirer son t-shirt. Attention délicate qu'il réitère dans son deuxième clip "Esa Morena" cette fois sur la plage mais de loin donc plus frustrant. Non, je ne suis pas en manque, je vous rappelle que j'ai un mec et qu'il est un dieu mais j'ai le droit de fantasmer sur MiAM et de l'accueillir dans mon lit si le hasard venait à le mettre sur ma route. Je n'ai aucune retenue. Pardon.
    December 08

    Les Gniards - Episode 3

    Episode 3 : Rencontre du Troisième Gniard

    Alors que viennent les heures sombres où tout peut enfin s'allumer, où quand les nuits ne sont plus qu'ombres, restent nos rêves à inventer, nos cinq Gniards, qui ne sont que deux pour le moment, Soda Pêche le ménestrel et Matiche le taciturne, ignorent tout du destin périlleux, tragique et funeste qui les attend. Mais il serait sage de vous éclairer sur les événements qui ont précédé ceux que je vais vous narrer. La Prophète, gardienne du Temps, immeuble victorien situé 33 avenue Kléber à Villeneuve la Poisseuse, loge ouverte de 09h07 à 11h43, n'oubliez pas ses étrennes, merci, est la récipiendaire, comme une soupière mais en moins liquide, d'une prophétie sur le sort du monde. Cette prophétie annonce que cinq insupportables gosses à l'esprit pervers et limité devront unir leurs forces pour sauver le monde, bla bla bla... Le reste n'est qu'un fatras de clichés d'Heroic Fantasy sur les quêtes mystiques et les pouvoirs des éléments tout droit sorti d'une notice de jeu Warhammer. Bref, la Prophète qui tient à maintenir l'univers à flots, sinon après il coule et ça risque de boucher l'évier, a envoyé sa Messagère récupérer la marmaille. Et l'intransigeante Messagère en a déjà deux. Oui, on pourrait dire qu'elle en a une bonne paire mais ce serait vulgaire. Mais c'est sans compter sur les Soeurs Sourire qui ne rêvent que de chaos, de conquêtes et de rideaux de douche. Pour une raison encore inconnue, elles aussi ont décidé de mettre la main sur les nains et justement, il semblerait qu'elles soient sur le point d'en aborder un. C'est en tout cas comme ça que je vais commencer mon récit.

    Katana, au volant de la Smileymobile, fonce comme une dingue sur la route. Coquille, sa soeur cadette, observe sur la carte l'emplacement lumineux qui indique la position du troisième Gniard.
    - Franchement, je ne comprends pas pourquoi tu n'as pas voulu me laisser conduire.
    - La dernière fois, tu as pété le rétro en essayant d'écraser un pochtron ! Et je te rappelle qu'un alcoolo, ça ne rapporte que 3 points. C'est moins qu'un SDF ! Redis-moi combien tu as de points sur ton permis ?
    - 129...
    - Et j'en ai ?
    - 1312... mais j'ai jamais eu la chance d'écraser toute une classe de maternelle, moi !
    - Au lieu de pleurnicher, dis-moi si on arrive bientôt.
    A ce moment là, la Smileymobile heurte violemment quelque chose. Katana pile net. La tête de Coquille heurte l'habitacle.
    - Un SDF 6 points, une vieille en déambulateur 68, une mère et son bébé 347 récite Katana pour se convaincre que tout va bien.
    - Un élève de la Star Ac', -72.
    - T'as fini de me porter la poisse !
    Katana sort du véhicule. Le pare-brise laisse apparaître une large fissure, preuve d'un impact violent. A quelques mètres devant, un jeune garçon gît inconscient. Coquille, affolée et bossue du front, sort à son tour de la voiture.
    - Le point ne bouge plus sur la carte ! Je crois que tu as écrasé un Gniard !
    Alors sous leurs yeux ébahis, les deux soeurs voient le jeune homme se relever en flottant. Oui, en flottant.
    - P***** de B***** de M****, euh... pardon, mazette ! C'est le Gniard de l'Air !
    - Te tracasse pas pour les injures, elles sont floutées par le comité de censure au moment de la publication.
    Katana s'approche du garçon qui se masse douloureusement la tête.
    - Toi Gniard, nous Soeurs Sourire, toi venir avec nous.
    - Moi pas débile et moi pas vouloir venir avec filles. Filles, nul ! lui répond le Gniard en s'époussetant les genoux.
    - File lui une beigne, Kat' ! hurle Coquille qui s'approche à son tour. Oh non, non, j'ai rien dit. L'abîme pas, il est trop beau. T'as vu ses yeux ! On le garde ? Allez, dis oui !
    - Mais Coq', bon sang, jamais tu sors de ta période de rut ! C'est un Gniard, évidemment qu'on le garde. Et je m'en fous qu'il soit beau ou pas. D'ailleurs, il n'est pas si terrible que ça. Allez, attrape-le, on rentre.
    Coquille se tortille comme une petite fille à qui on vient d'acheter son premier Petit Poney Princesse Diamant.
    - Si t'as envie, t'as des toilettes publiques au coin de la rue, lui répond le Gniard qui la regarde comme si elle était folle.
    - Je m'appelle Coquille Sourire, j'aime les colliers de pierres, les tartines de Nutella et danser nue sur du Smashing Pumpkins.
    - Ta copine vient d'essayer de m'écraser et tu me dragues ?
    - C'est pas ma copine, c'est ma soeur. Et on voulait pas t'écraser, on voulait juste t'asservir. Tu veux bien ?
    - Devenir le sex toy des Soeurs Schumacher ? Non, ça va aller mais regarde dans les pages des 3 Suisses, rubrique 'masseurs de visage', tu trouveras ton bonheur.
    Alexandre George Maestro, puisque c'est lui, enfin moi mais je dis lui pour la fluidité du récit parce que 'je' c'est un peu égocentrique même si ce que je suis en train de faire l'est grandement, bref Gikou ramasse son sac à dos qui avait voltigé plus loin et se prépare à repartir.
    - Tu t'en vas ? Sans même m'avoir fougueusement embrassée sous la pluie sur Medellia of the Gray Skies ? Kaaaaaaaaat', se met à hurler Coquille de façon hystérique, il veut pas m'embrasser !!!
    Katana arrive comme une furie droit sur le Gniard.
    - Et pourquoi tu veux pas embrasser ma soeur ? Elle est pas bien ma soeur ? regarde-moi ça, c'est du vrai, pas du silicone ! Et t'as vu ses dents ? Alors, vas-y, mange lui la bouche plus vite que ça qu'on puisse rentrer !
    Katana a sorti son couteau à cran d'arrêt qu'elle place sous la gorge de Gikou. Coquille a poussé un petit gloussement ravi en tapant dans ses mains et en sautillant sur place.
    - Oh oui ! Le bisou, le bisou, le bisou !

    * * * * *
    Quelque part ailleurs, Steakarella fait son rapport à la Prophète, qui refuse qu'on dise la Prophétesse parce que ça fait trop Charmed et que Charmed ça craint.
    - J'en ai récupéré deux, madame. Et Rocco vient de me signaler qu'un troisième venait d'être localisé.
    - C'est très bien, ma choute, t'es belle. Soulève ton t.shirt.
    Steakarella s'exécute en soufflant. C'est toujours la même chose avec la Prophète, immanquablement à chaque rapport elle se retrouvait nue.
    - C'est tout ce que j'avais à dire. Je vais aller chercher le Gniard sur le champ.
    - Sans même avoir enlevé ton pantalon ? Mon p'tit Steak, c'est pas très gentil, ça.
    - C'est que, madame, sans vouloir vous manquer de respect, le temps joue contre nous, les Soeurs Sourire sont déjà sur place. Mais promis, dès que je l'ai ramené, je vous montre mes nouvelles culottes Snoopy.
    - J'ai mieux à te proposer. Demain, je viens te voir. J'ai une surprise pour toi.
    Le mot "surprise" glace d'effroi Steakarella qui se souvient encore des pinces à mamelons et des boules geisha qui brillent à l'intérieur. Elle avale difficilement sa salive.
    - Bien, madame, à demain alors. J'ai hâte.
    Steakarella raccroche. Ca ne va pas, mais alors pas du tout. Il faut qu'elle s'en prenne à quelqu'un. Et vite.
    - Roccooooooooo !!
    Rocco arrive toute guillerette. Elle a mis des noeuds orange pour se faire des couettes. Et oui, qui fait des rimes sans le savoir, vous connaissez la suite.
    - Où sont les deux andouilles ? C'est l'heure de l'entraînement !
    - Je crois qu'ils ont commencé sans vous, madame. Mais comme ils n'avaient pas encore leur tenue, ils font ça tout nu.
    Le découragement et une vague sensation de nausée s'empare de la Messagère.
    - Vous voulez que j'aille les chercher pour vous ? Quand je les ai vus tout à l'heure, Matiche apprenait à Soda Pêche la position de la Brouette Magique du Castor. Et ça avait l'air très difficile, Soda Pêche criait beaucoup. Vous voulez voir une photo ?
    - Rocco, rend-moi service, calcule moi la circonférence de la boîte de Délichoc que tu t'es enfilée en douce hier sans même m'en proposer.
    Steakarella sait qu'elle en a pour la journée avant que Rocco comprenne que c'est impossible parce que c'était une boîte de Barquettes 3 Chatons à l'abricot. Elle sourit en se disant que le sadisme a du bon puis, laissant la pauvre Rocco en pleine catatonie, les yeux révulsés par la panique, le front perlé de sueur, elle se saisit de son casque de moto noir zébré pour aller chercher ce foutu troisième Gniard. Quoi, vous ne pensiez pas qu'avec un nom pareil, Steakarella roulait en trotinette ?!

    * * * * *
    Soda Pêche, le corps encore moite, est assis dans un coin de la grande salle d'entraînement et regarde amoureusement Matiche se rhabiller en fredonnant un langoureux "je ne veux qu'il, han han, je ne veux qu'il".
    - Dis, Diabolo Fraise, t'aurais pas vu mes chaussettes noires ?
    - Oh Matichela, la vie n'est qu'un jeu pour toi / Oh Matichela, pourtant ne croit pas / Que tu peux, oh Matichela, jouer avec l'amour / Sans risque de te brûler un jour !
    - Heureusement qu'elles ne sont pas rouges et jaunes à petits pois, mes chaussettes, j'aurais eu droit aux 15 versions de La Valise ! Et non, je t'arrête tout de suite, ce n'est pas un appel pour que tu les chantes.
    - Tu es toujours aussi désobligeant après l'amour ?
    - Après quoi ? On s'est envoyé en l'air, c'est tout, pas la peine d'en faire une montagne.
    - Mais c'était important pour moi ! C'était mon premier baiser échangé sur une plage en été, premier amour un beau jour qui vient vous emporter.
    - Désolé, j'espère que ça t'a plu au moins. Tu m'excuses si j'ai pas trop le temps de faire le service après-vente. Mais c'était bien, t'as assuré. Un vrai pro.
    - Mais c'était ma toute première fois, toute toute première fois, toute toute première fois, toute toute première fois oauhh.
    - Bon écoute Scotch Framboise, là tu deviens lourd, non seulement tu chantes des chansons pourries mais en plus tu te traînes lamentablement à mes pieds. On a couché ensemble, c'était potable, fin de l'histoire.
    Matiche quitte la salle sans attendre la réponse de Soda Pêche qui reste nu, prostré et impuissant, sur le sol, les larmes aux yeux. Je sais ce que vous pensez, que Matiche est un odieux personnage mais, comme il le dira à Gikou dans l'épisode 5, il a de bonnes raisons de se comporter ainsi. Mais pour le moment vous avez le droit de lui en vouloir. Surtout lorsqu'on observe le pauvre Soda Pêche qui tente, tant bien que mal, de contenir ses larmes en chantant "nuit tu me fais peur, nuit tu n'en finis pas, comme un voleur, tu es parti sans moi, Matiche si tu pensais un peu à moi."

    * * * * *
    Eh oui, c'est déjà la fin. Mais je serai de retour dans deux semaines, moi, Alexandre George Maestro dit Gikou, et vous saurez alors qui est le quatrième Gniard parce qu'on sera à l'épisode 4 puisque aujourd'hui vous avez rencontré le troisième Gniard parce qu'on est à l'épisode 3, ce qui veut aussi dire que le cinquième et dernier Gniard arrivera à l'épisode 5. Non, je ne suis pas monomaniaque. Et pour ceux d'entre vous qui attendent des meurtres, de la violence envers les animaux et des perversions sexuelles, sachez, malheureusement, que cette saga en regorgera bientôt et vous regretterez le temps où vous fredonniez "tutututlute, tutulute" en regardant Rocco se vautrer lamentablement dans la prairie avec ses petites nattes au vent. Mais vous pouvez tout aussi bien vous arrêter ici, vous n'êtes pas obligés de me lire. Je ne suis qu'un Gniard après tout et comme chacun le sait, les Gniards quoi que vous fassiez, ça chouine.
    December 06

    Mon nom est Co, Nico ! (Bonne fête moi)

    Si j'avais été une fille, ma mère m'aurait appelé Nathalie, ce qui en soit n'aurait pas changé mes initiales non pas que j'y tienne particulièrement. Cela dit, si j'avais été une fille, mes deuxième et troisième prénoms auraient été les prénoms de mes grand-mères qui sont aussi laids si ce n'est plus que ceux de mes grand-pères qui me servent aujourd'hui de deuxième et troisième prénom. Nathalie Léone Jacqueline, on ne peut pas dire que ce soit très glamour. Mais il n'y a pas que mes prénoms qui auraient changé. Je ne parle pas de tout l'aspect physique puisqu'il est bien évident que si j'avais été une fille je n'aurais pas été comme je suis aujourd'hui, à savoir un garçon, je le reprécise. Non, je parle des petits choses qui m'ont été refusées enfant sous prétexte justement que je n'en étais pas une.
    J'aurais pu faire de la danse comme j'en avais émis le désir, inconscient alors de l'image qu'une telle activité pouvait véhiculer lorsqu'on est un garçon. Mon père, lui, en avait conscience et dans le but de protéger son fils de la promiscuité avec le vice, il m'a opposé un refus catégorique. Bien lui en a pris puisque grace à lui je ne suis pas devenu homosexuel. Ah si, zut alors.
    Si j'avais été une fille, je n'aurais également pas eu à prétexter une surcharge hormonale de mon Action Man, lassé des pratiques onanistes à répétition, pour qu'on m'offre une Barbie et encore la Barbie la plus simple et la moins chère parce qu'après tout elle ne devait servir que de défouloir pour mon viril mais néanmoins émasculé Action Man, ce qui ne devait pas changer beaucoup Barbie, habituée à son ennuque de Ken.
    Si j'avais été une fille, je n'aurais pas eu à demander à ma prof d'EPS qui venait justement de proposer aux filles qui en avait envie de jouer dans une équipe de garçons, si je pouvais faire la démarche inverse, ce à quoi elle avait répondu oui avec un regard de dédain ce que j'avais trouvé assez mal venu compte tenu de son orientation sexuelle.
    Bien sûr si j'avais été une fille j'aurais alors eu beaucoup de plus de facilités à sortir avec Fabien, Eric, Sébastien, Cédric, Olivier, Bruno, Marc ou encore Alexandre mais rien n'est moins sûr puisqu'il y a fort à parier que les raisons pour lesquelles ils me plaisaient n'auraient pas été les même si j'avais été une fille. J'aurais peut-être eu un meilleur goût en matière d'hommes.   
    Bref, si j'avais été une fille j'aurais donc été le stéréotype même de la petite fille qui fait de la danse, joue avec des barbies et porte du rose. Mais je suis un garçon, même pas efféminé en plus alors que pourtant je présentais toutes les caractéristiques et j'aime bien être un garçon. Ca n'a pas toujours que des avantages, mais les filles peuvent dire exactement la même chose de leur sexe, mais comme ça fait 28 ans que je suis un garçon, je m'y suis habitué. Et comme je suis un garçon, et ce depuis même avant ma naissance, ma mère qui n'aimait pas le prénom Nathalie au point de vouloir m'en affubler peu importe mon sexe, m'a appelé Nicolas. Soit le deuxième prénom le plus en vogue cette année là, juste derrière Sébastien comme quoi ma mère sait être originale, la preuve 6 ans plus tard lorsqu'elle choisira pour mon frère le prénom n°1 de l'année à savoir Julien, puisque le n°2 était toujours Nicolas et qu'appeler ses deux enfants de la même façon c'est quand même exagérer.
     
    Tout ça pour dire que j'aime bien mon prénom.  
    December 04

    Problème de fuite

    Les Infiltrés / The Departed

    Réalisé par Martin Scorsese / Scénario de William Monahan d'après Internal Affairs d'A. Mak et A. Lau
    Avec : Leonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Mark Wahlberg, Martin Sheen, Alec Baldwin, Vera Farmiga, Ray Winstone, Kristen Dalton, James Badge Dale
     
    On prend le même et on recommence. Martin aime beaucoup son petit Leo, et on le comprend, et décide donc d'en faire une fois de plus le héros de son nouveau film, remake hollywoodien du coréen Internal Affairs, succès public et critique, qui plongeait dans les méandres des triades. Amérique oblige, cette fois c'est la pègre irlandaise qui sert de panier de crabes avec dans le rôle du parrain, Jack Nicholson, toujours aussi génialement givré et dans ceux des deux taupes qui s'affrontent par services interposés, Leo, le flic irrascible qui se fait passer pour un truand et Matt, le ripoux qui se fait passer pour un modèle d'intégrité. Le scénario, très habile, repose tout à la fois sur la tension de l'inévitable confrontation mais sur les rebondissements, souvent abrupts et surprenants. Et au final, il y a peu de choses à reprocher à ces Infiltrés. Les acteurs sont excellents, Di Caprio en tête et Scorsese prouve qu'il est toujours au top de sa forme. 
    Le seul hic et c'est un hic majeur ce sont les dialogues. C'est bien la première fois que je vois un film au scénario efficace desservi par des dialogues aussi minables. William Monahan cache la platitude de ses répliques derrière de grosses insultes bien salaces qui ne servent nullement son propos. Si on était encore au temps où les *bips* remplaçaient les injures alors le film serait muet. Et ce qu'on pouvait prendre au début pour du politiquement incorrect n'est en fait qu'une incapicité flagrante à écrire de façon intelligente. Et c'est franchement dommage tant le reste est à la hauteur.
    December 02

    Ma jolie fille du samedi n°7

    Il y avait longtemps et comme j'ai un peu la flemme de me creuser la tête aujourd'hui, temps pluvieux oblige, je cède à la facilité mais je suis certain que cette 'facilité' là saura trouver son public.
    Karina Lombard, 37 ans, 1m75, bla bla bla abandonnée par sa mère, bla bla bla parle 5 langues, bla bla bla joue dans plein de trucs... mais est surtout connue pour quelques rôles marquants, tout d'abord celui de la call-girl qui séduit Tom Cruise sur la plage dans La Firme (baiser auquel elle donnera la note de 6/10, prend toi ça dans tes dents tordues nabot), puis l'épouse indienne de Brad Pitt dans Légendes d'automne, la captive Félina sauvée par Bruce Willis dans Le Dernier Recours et pour la télévision elle est Marina Ferrer, lesbienne dépressive séductrice mystérieuse sexy mais creuse dans The L Word et aujourd'hui la non moins énigmatique et tout aussi sexy Alana Mareva dans les saisons 2 et 3 des 4400. Oui, je sais, ce billet fait vraiment grosse faignasse mais je ne peux pas être drôle, brillant et intéressant tous les jours. Là, bien sûr, vous vous devez de me répondre que si, je vous dirais en rougissant que "non, vous exagérez" et vous surenchérirez en me disant "mais si puisqu'on te le dit".  Vous êtes vraiment de gentils lecteurs, décidément je vous aime beaucoup...  hein ? comment ça je racole ?