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January 15 Quand il y en a pour un... Il y avait bien longtemps qu'il n'y avait pas eu de critiques de ciné sur ce blog, alors, pour la peine et afin d'écrire un billet le plus indigeste possible, petite séance de rattrapage : Gone, baby gone Réalisé par Ben Affleck avec Casey Affleck, Michelle Monaghan, Ed Harris, Morgan Freeman, Amy Ryan, Titus Welliver Une fillette disparait, la famille fait appel à un privé lorsque la police se montre incapable d'obtenir des réponses du voisinnage. Pour un premier film, mon copain Ben fait du très bon boulot. Et engager son petit frère dans le rôle titre est certainement une de ses meilleures idées tant l'acteur imprime sa vulnérabilité sur un rôle loin d'être évident. La réalisation est énergique et certains seconds rôles,comme Amy Ryan, sortent leur épingle du jeu. Le choix de l'histoire, en revanche, est plus discutable. Le film baigne dans la même atmosphère glauque que Mystic River, auteur commun oblige, et se perd parfois dans des méandres inutiles. Sordide, habité d'une vision crepusculaire et sans espoir de l'être humain, Gone baby gone se fraye sans finesse un chemin hasardeux entre le Bien et le Mal. Efficace mais poisseux. Je suis une légende Réalisé par Francis Lawrence avec Will Smith, Salli Richardson, Alice Braga Une scientifique trouve un traitement contre le cancer et trois ans plus tard, la population mondiale est décimée. New York, complètement désertée, ne compte plus qu'un seul habitant, Robert Neville, dernier espoir d'un monde en ruines... Une excellente surprise de la part d'un acteur que je ne porte pas vraiment dans mon coeur, fatigué par des années de cabotinage intensif. Mais Will Smith excelle dans un film à l'atmosphère pesante, où se croise des lionnes véloces, des chiens tueurs et des créatures monstrueuses qui n'ont d'humain que la forme. Visuellement bluffant. A éviter si vous êtes cardiaque. Aliens vs. Predator - Requiem Réalisé par Colin et Greg Strause avec Steven Pasquale, Reiko Aylesworth, John Ortiz N'y allez pas, c'est une merde ! (pourquoi s'embarrasser d'une critique plus constructive quand c'est l'essentiel à retenir ?) 30 jours de nuit Réalisé par David Slade avec Josh Hartnett, Melissa George, Danny Huston, Ben Foster, Mark Rendall Une petite ville en Alaska coupée du monde durant 30 jours de nuit est attaquée par des vampires. Passé une séquence d'introduction péniblement longue et sans éclat, 30 jours de nuit plonge ses personnages dans l'enfer de la chasse. Ils sont les proies, les vampires sont bien sûr les chasseurs. Les minutes s'égrennent, les morts s'accumulent, on sursaute par habitude... Rien de remarquable ni sur la forme ni sur le fond, le récit manquant même cruellement d'épaisseur. Reste un massacre aérien impressionnant, un très joli couple vedette (Josh Hartnett/Melissa George) et des hurlements de vampires à vous faire frémir d'angoisse. Détention Secrète Réalisé par Gavin Hood avec Jake Gyllenhaal, Reese Whiterspoon, Peter Sarsgaard, Meryl Streep, Omar Metwally, Yigal Naor, Zineb Oukach Suite à un attentat en Afrique du Nord, un américain d'origine égyptienne est séquestré et torturé selon les ordres de la CIA. Un scénario qui manque d'originalité, une réalisation classique, un propos convenable entre condamnation du fanatisme religieux et dénonciation des dérives sécuritaires du gouvernement américain, Détention secrète est un film qui manque de rythme et d'intensité mais qui trouve sa force dans l'interprétation convaincante de ses grands acteurs. Jake Gyllenhaal est brillant (et irrésistible), Reese Whiterspoon très digne même si un peu absente et Meryl Streep, en prototype de la salope bureaucrate implaccable, donne des sueurs froides. Pas franchement inoubliable cependant. October 02 Gens qui tirent et Gens qui mangent (et parfois gens qui tirent sur gens qui mangent)Le goût de la vie (No reservations) La Vengeance dans la Peau (The Bourne Ultimatum) 28 Semaines plus tard (28 weeks later) Réalisé par Juan Carlos Fresnadillo / Scénario de JC Fresnadillo, E. Lopez Lavigne, J. Olmo et R. Joffe Avec : Robert Carlyle, Rose Byrne, Jeremy Renner, Harold Perrineau, Catherine McCormack, Imogen Poots, Mackintosh Muggleton 28 semaines après que l'Angeleterre ait été décimée par un puissant virus qui transforme les gens en zombies, les forces armées américaines accueillent les résidents anglais alors à l'étranger au moment du drame et les regroupent dans un quartier sécurisé de Londres avec le reste des survivants. Pour ne pas être perdu devant ce nouvel opus, j'avais décidé de visionner le premier quelques heures avant d'aller voir le second. Et si 28 jours plus tard était réellement angoissant, 28 semaines plus tard l'est beaucoup moins. La faute à une réalisation qui préfère montrer que suggérer, sombrant par moment dans un bain d'hémoglobine facile. La séquence d'introduction est pourtant redoutable pour le rythme cardiaque du spectateur et certaines scènes, comme le massacre à vue des civils par les militaires, sont relativement marquantes mais le tout manque de cohésion et de fluidité. Les personnages sont mal exploités et leur sort devient finalement anecdotique. A Vif (The Brave one) Réalisé par Neil Jordan / Scénario de Cynthia Mort Avec : Jodie Foster, Terrence Howard, Naveen Andrews, Mary Steenburgen, Nicky Katt Erica est une animatrice chiante qui raconte des trucs insipides sur une radio que personne n'écoute. Elle sort avec Sayid qui après des mois reclus sur une île a oublié que le shampoing existait. Alors qu'ils se promènent la nuit dans un parc désert, le couple d'amoureux sur le point de se marier est agressé, preuve que les ballades dans les parcs la nuit c'est une mauvaise idée. Sayid meurt et Erica est traumatisée. Comme la police ne travaille pas assez vite, elle décide d'acheter un flingue et de tirer sur tous les gens qui lui font peur... Jodie est intelligente mais comme elle ne veut pas étaler plus que de raison la puissance de son intellect, elle tourne des films de merde. Je ne vois pas d'autre explication à l'ennui qui saisit le spectateur devant sa filmographie. A vif en est le parfait exemple. Un scénario insipide au propos douteux, une réalisation terne et mollassone et une interprétation monotone de Jodie, plus lesbian butch que jamais font de ce thriller introspectif un monument d'ennui. Le passage d'Erica victime en Erica tueuse est si mal amené qu'il empêche le lien de se créer entre le personnage et le spectateur qui, dès lors, n'a d'autres choix que de subir ses errances monocordes. Et si en plus Jodie nous impose son propre doublage dénué de toute émotion... September 09 Y a t'il un médecin pour sauver l'Amérique (et Kevin Costner) ?Sicko Ecrit et Réalisé par Michael Moore L'Amérique est malade, son système de santé est pourri mais Super Michael est là avec sa bonhommie habituelle et sa caméra pour dénoncer au monde les exactions des sordides compagnies d'assurance maladie. Moore, ou l'art du raccourci facile. Autant il était possible de s'enthousiasmer pour le franc parler de l'homme qui osait défier le gouvernement de Bush, autant la méthode devient à la longue légèrement agaçante. On sait depuis bien longtemps que le système de santé américain, qui contrairement au notre ne repose pas sur la couverture universelle, est pourri et laisse crever les plus pauvres à la porte des hôpitaux. Rappelez-vous des meilleurs épidodes d'Urgences. Moore dénonce une politique sanitaire centrée sur le profit des grandes compagnies, exemples larmoyants à l'appui, et loue l'efficacité des systèmes canadiens, anglais et français. Avec inexactitude et sans contrepartie, il dresse le portrait d'un pays, le notre, qui nage dans le bonheur parce qu'il ne paye rien. Et le trou de la sécu, Michael ? S'il est essentiel dans sa critique d'une politique de santé publique révoltante, Sicko, comme tous les documentaires de Moore, manque d'objectivité et frôle dans sa deuxième partie la démagogie la plus complète. Son sujet, pourtant passionnant, n'est qu'un nouveau prétexte pour taper sur le gouvernement. On ne le blâme pas mais la mauvaise foi, même avec une bonne dose d'humour noir, finit par lasser. Mr. Brooks Ecrit et réalisé par Bruce A. Evans Avec : Kevin Costner, William Hurt, Demi Moore, Dane Cook, Marg Hellgenberger, Danielle Panabaker Earl Brooks, brillant homme d'affaires récemment nommé Homme de l'année par sa ville cache un terrible secret : William Hurt habite dans sa tête. Et William Hurt est un gros sadique pervers qui prend son pied en tuant des gens. Est-ce que Demi Botox, l'inspecteur en plein divorce chargée de l'affaire, pourra-t-elle l'arrêter ? L'équation bons acteurs + bonne idée de départ ne donne pas toujours lieu à bon film. C'est le cas avec ce Mr. Brooks, thriller bavard à la construction poussive. En multipliant les intrigues annexes sans leur donner réellement d'ampleur, le réalisateur perd en tension ce qu'il gagne en longueurs. Pourtant Costner et Hurt forment un duo inquiétant, surtout lorsqu'ils tentent de jouer les formateurs pour un serial killer en goguette. Face à eux, Demi, très sexy dans son chemisier cintré, joue les utilités, courrant, jurant, buvant sans jamais acquérir de véritable identité, inspecteur cliché au secret de famille inintéressant. Un polar malhabile dont le plus grand intérêt réside dans le rôle à contre-emploi de Kevin Costner, étonnant. August 26 Crevette laquéeHairspray Réalisé par Adam Shankman / Scénario de Leslie Dixon d'après le film de John Waters Avec : Nikki Blonsky, John Travolta, Christopher Walken, Michelle Pfeiffer, Queen Latifah, James Marsden, Amanda Bynes, Elijah Kelley, Brittany Snow, Zac Efron, Allison Janney, Jerry Stiller, Paul Dooley, Taylor Parks Tracy, petit grosse pleine d'entrain, rêve de rejoindre le sémillant Link, de la troupe de jeunes danseurs du Corny Collins Show, émission phare de la chaîne locale de Baltimore dirigée par l'intransigeante Velma Von Tussle dont la fille, Amber, est la reine de l'émission. Avec son casting aux petits oignons et sa musique rythmée, Hairspray est une comédie musicale qui déborde d'énergie. De ses numéros de danse qui donnent une furieuse envie de se lever à ses numéros de chant qui donnent envie de brailler à tue-tête Good Morning Côte d'Azur, cette petite comédie entraîne ses spectateurs dans sa vision idéale de l'Amérique des sixties, encore ravagée par la ségrégation raciale. Mais si le film ne brille pas par ses dialogues ni même par la profondeur de sa réflexion, il n'en demeure pas moin un divertissement réjouissant, à l'humour léger et aux personnages sympathiquement clichés entre la petite grosse souriante, la vilaine pétasse blonde, le séducteur qui se remet en question et la meilleure copine un peu idiote. Tous les acteurs poussent la chansonnette avec une conviction étonnante, Amanda Bynes est totalement irrésistible une sucette dans la bouche, Allison Janney est à mourir de rire en mère ultra-catho et même si le duo Travolta/Walken est un peu poussif, la transformation énorme et si ridicule qu'elle en deviendrait presque crédible de l'ancien chanteur gominé de Grease ajoute à l'atmosphère acidulée du film. Une caricature kitsch et colorée où tout prend forme et s'arrange en chansons. Ah, si la vie pouvait être aussi simple et chatoyante... Paranoïak Réalisé par D.J. Caruso / Scénario de Carl Ellsworth et Christopher B. Landon Avec : Shia LaBeouf, Carrie-Anne Moss, David Morse, Sarah Roemer, Aaron Yoo, Viola Davis, Matt Craven Kale, ado mal dans sa peau depuis l'accident de voiture qui a coûté la vie à son père, est assigné à résidence après avoir frappé son abruti de professeur d'espagnol. Un bracelet de surveillance à la cheville qui limite ses mouvements, Kale tente de trouver de nouvelles occupations. Une paire de jumelles et une nouvelle voisine font très vite l'affaire. Sans oublier son étrange voisin qui pourrait bien être un tueur en série... Après le sympathique Transformers, le gringalet Shia LaBeouf est de retour et troque sa Camarro Jaune contre une paire de jumelles pour devenir le voyeur du quartier. Il est difficile de ne pas penser à Fenêtre sur cour, version MTVisée et joliment photographiée, entre bluette adolescente et discours sécuritaire. Si les acteurs s'en tirent bien, Shia LaBeouf, très mignon et attachant en ado lamba, en tête, on ne peut pas en dire autant du scénariste qui peine à équilibrer son récit. Après une scène d'intro violemment surprenante, Paranoïak décide de prendre son temps pour installer son atmosphère d'angoisse, plongeant ses personnages, qui font souvent preuve d'un manque flagrant de réflexion, dans une succession de situations convenues jusqu'au dénouement, abrupte et précipité. Paranoïak est un film qui manque d'unité et de constance et qui finit par sombrer dans la facilité. Dommage. August 11 Métal glissantLes 4 Fantastiques et le Surfeur d'Argent Réalisé par Tim Story / Scénario de Don Payne, Mark Frost et John Turman d'après les personnages de Stan Lee Avec : Ioan Gruffudd, Jessica Alba, Chris Evans, Michael Chiklis, Julian McMahon, Kerry Washington, Andre Braugher... C'est le grand jour pour Reed et Susan, les deux leaders du groupe de super héros, les 4 Fantastiques, ils vont enfin pouvoir se marier. Mais alors que la future Mme Richards, comme tout bonne super héroïne en collants, désespère de mener un jour une vie normale, son fiancé est contacté par l'armée, qui n'a pas réussi à joindre Toinette et n'en a décidémment rien à faire du bonheur des autres, pour mettre au point un super détecteur qui permettra de comprendre les perturbations climatiques et les cratères géants apparus ces derniers temps et qui, une fois n'est pas coutume, menace la survie de la planète. Une bizarrerie due à l'arrivée d'un bien étrange personnage, un type tout en argent qui vole sur un surf. Keanu, c'est pas bien de se déguiser... Autant le premier était un film frais et sympathique qui ne se prenait pas la tête, autant ce deuxième opus, pourtant très court (1h30), est difficile à digérer. Le scénario, si on peut appeler ça un scénario, est creux au possible, tout comme le sont les misérables dialogues dont les pointes d'humour sont aussi tordantes que les blagues de Julien Lepers. Les personnages n'ont plus aucune épaisseur (qui a dit normal pour une femme invisble et un homme chewing gum ?) et ne doivent leur salut qu'à leurs interprètes qui font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Les garçons sont charmants, Ioan avec son sourire désarmant et Chris avec... Chris... Et Jessica, qui a pris un bain de javel tant ses yeux sont ridiculement bleus et ses cheveux salement blonds, joue les héroïnes au grand coeur, prête à sortir les pompons pour un type qui kiffe la vibe avec son surf. Le tout manque singulièrement de nuances et lorsqu'on se dit que la meilleure scène du film est la sortie, totalement gratuite, de Chris Evans torse nu, on est en droit de penser que le film n'est pas loin d'être une daube... August 05 (Petit) Chef, la recette !Ratatouille Ecrit et Réalisé par Brad Bird Avec les voix originales de : Patton Oswalt, Lou Romano, Jeneane Garofalo, Brad Garrett, Peter Sohn, Peter O'Toole Et les voix française de : Guillaume Lebon, Thierry Ragueneau, Camille, Jean-Pierre Marielle, Pef, Bernard Thifaine Rémi est un gentil petit rat aux sens hyper développés qui voue un culte à la cuisine. Suite à un fâcheux incident, il est propulsé dans les égoûts de Paris, en dessous du plus célèbre restaurant de la capitale, Chez Gusteau et se lie d'amitié avec le nouveau commis aux poubelles, l'empôté Linguini... Après la pénible famille de super héros des Indestructibles et les voitures bavardes de Cars, Pixar retrouve la recette du film d'animation sympathique avec cette adorable comédie culinaire. Au menu, un scénario construit, des personnages, humains et animaux, attachants et un graphisme soigné et surprenant. Le film réussit même d'impeccables scènes de poursuite et une effrayante plongée dans les égoûts tout en gardant une fraîcheur et une poésie déconcertante. Rémi est un petit rat terriblement attendrissant, surtout lorsqu'il marche sur ses deux pattes et son idiot de compagnon humain se révèle tout aussi intéressant. La galerie de personnages secondaires est légèrement moins soignée mais bénéficie de succulents numéros, du sinistre critique culinaire à l'ignoble chef nain, sans oublier Colette, la féministe intraitable à moto. Brad Bird se sert des clichés sur la France pour dresser le tableau d'une ville amoureuse et animée, capitale du goût et de la bonne chère, avec une animation très soignée des vues de Paris by night du haut des toîts. Ratatouille est une comédie burlesque réjouissante à tous points de vue qui appelle à l'explosion des saveurs, à la découverte des sens et réussit à rendre digeste avec une finesse charmante le sacro-saint adage de l'univers Disney 'croire, c'est pouvoir'. Difficile de résister. July 30 Complots, cochon et petites voitures
Raisons d’Etat
Réalisé par Robert De Niro / Scénario de Eric Roth Avec : Matt Damon, Angelina Jolie, Robert De Niro, Alec Baldwin, Billy Crudup, William Hurt, Michael Gambon, John Turturro, Oleg Stefan, Joe Pesci, Timothy Hutton, Gabriel Macht, Tammy Blanchard… Que faire lorsqu’on porte le poids du secret de la mort de son père, que l’on est riche et brillant et que l’on rêve de nobles idéaux autres que celui de se faire pisser dessus par les membres de sa fraternité ? Devenir espion pour le gouvernement. C’est en tout cas le chemin que prend le taciturne Edward Wilson. Un chemin qu’il suivra sa vie durant, sacrifiant l’homme heureux qu’il aurait pu être, son mariage et sa famille. Raisons d’Etat est un film exigeant qui nécessite une attention constante tant sa vision des méandres de l’espionnage est complexe. A travers le personnage de Wilson, De Niro dresse le portrait d’une organisation quasi omnipotente, révérée par ses membres tel un dieu, symbole d’une nation nourrie aux complots. Au sortir de la guerre, en pleine guerre froide, les agents de la CIA cède à un patriotisme qui frôle la schizophrénie. Matt Damon, imperturbable, signe là une de ses prestations les plus remarquables, petit homme terne et froid mais néanmoins inquiétant. Un film qui invite à la réflexion malgré sa mise en scène classique et sans éclat qui étouffe ses passions, à l’image de son héros, derrière une façade triste et policée. Les Simpson : le Film Réalisé par David Silverman d’après la série créée par Matt Groening A force d’y jeter tout et n’importe quoi, le lac de Springfield est en passe de devenir une véritable menace écologique. Et lorsque Homer Simpson y déverse le déchet de trop, le gouvernement décide de placer la ville en quarantaine. Rejeté par les siens, Homer doit tout faire pour reconquérir l’amour de sa famille et sa place au sein de sa communauté. Je ne suis pas un gros fan des Simpson, tout au plus n’ai-je du voir qu’une vingtaine d’épisodes sur les plus de quinze saisons diffusées. Autant dire qu’aller au ciné pour voir 1h30 des aventures de la famille la plus dysfonctionnelle d’Amérique tenait de la gageure. Et si les 30 premières minutes sont un véritable festival d’humour cynique et iconoclaste, de situations parfaitement invraisemblables et de clins d’œil hilarant, la suite l’est beaucoup moins. La thématique écolo, qu’on croirait sorti du cerveau de Michael Moore, porte rapidement sur les nerfs tout comme la tendance d’Homer a en faire toujours trop. L’humour des Simpson, parfaitement à sa place sur petit écran, perd ici de sa force dans une intrigue qui s’étire jusqu’à rendre ses personnages véritablement agaçants. Mais rien que pour le spider cochon, ça valait quand même le coup. Transformers Réalisé par Michael Bay / Scénario de Alex Kurtzman et Roberto Orci Avec : Shia LaBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel, Jon Voight, John Turturro, Tyrese Gibson, Rachael Taylor, Anthony Anderson, Michael O’Neill Une race alien mécanoïde en guerre est à la recherche d’un artefact perdu sur Terre. Alors que des soldats basés au Qatar sont attaqués par l’une de ces créatures robotiques, Sam Whitwiky découvre les joies de la conduite et de la drague à bord de sa toute nouvelle et étrange voiture, une Camaro jaune qui semble vouloir communiquer avec lui… N’y allons pas par quatre chemins, lorsque Michael Bay se met derrière une caméra, c’est généralement du lourd. The Rock, Armageddon, Pearl Harbor, The Island, autant de blockbusters un peu bourrins qui font la part belle à l’action, au détriment du scénario. Et pourtant ça marche. Transformers le confirme à nouveau avec une virtuosité dans les effets spéciaux tout simplement ahurissante. Bay, servi par un scénario minimaliste mais néanmoins bourré d’humour, enchaîne courses-poursuites, attaques aériennes et combats destructeurs à un rythme effréné. Porté par le frêle Shia Labeouf et les très sexy Megan Fox et Josh Duhamel, Transformers, malgré la présence imposante de ces robots/véhicules, n’écrasent jamais ses acteurs, parfaitement conscients d’être au service d’une grosse production qui les dépasse. Bay réussit à rendre ses autobots attachants, Bumblebee, la Camaro jaune, en tête et offre à ses spectateurs un gros divertissement, parfois un peu long, mais très réjouissant. July 12 Plus Mirouf qu'HoudiniHarry Potter et l'Ordre du Phénix Réalisé par David Yates / Scénario de Michael Goldenberg d'après le roman de J.K. Rowling Avec : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Imelda Staunton, Gary Oldman, Alan Rickman, Michael Gambon, Brendan Gleeson, David Thewlis, Maggie Smith, Emma Thompson, Robbie Coltrane, Ralph Fiennes, Helena Bonham Carter, Jason Isaacs, Tom Felton, Katie Leung, Matthew Lewis, Bonnie Wright, Evanna Lynch... Harry est de retour ! Harry est de retour ! Oui, ceci n'est pas un résumé mais plutôt un aperçu de ma joie et de mon impatience à retrouver le petit sorcier pour un cinquième film dont la bande-annonce laissait présager le meilleur. Attaqué par des détracteurs en territoire moldu, Harry utilise la magie pour se protéger et atteri devant le tribunal des sorciers où il clame haut et fort que Voldemort est de retour. Une vérité que le Ministère n'est pas prêt à entendre. Heureusement, Harry est pris en charge par une mystérieuse organisation, l'Ordre du Phénix, qui regroupe certains visages connus dont celui de Sirius. Tout à ses questions, Harry retrouve l'école de Poudlard qui accueille cette année une nouvelle prof de magie, Dolores Ombrage, à la solde du Ministère... Adapter un bouquin de plus de 900 pages en 2h15 est un pari risqué et dans le cas de Harry Potter et l'Ordre du Phénix, un pari manqué. Steve Kloves, qui a travaillé sur les 4 premiers et adaptera les 2 prochains a laissé la main pour ce cinquième opus à Michael Goldenberg et ça se sent. A trop vouloir aller à l'essentiel, le scénariste en vient à oublier que ce sont parfois les détails qui font la force d'un récit. Bien sûr, lorsqu'on a lu le livre, on peut combler les trous mais même comme ça, le film reste bancal. Les scènes s'enchaînent sans véritable lien et les ellipses sont si frustrantes qu'elle détruisent toute tension dramatique. Et c'est bien dommage parce que ce nouveau chapitre des aventures du plus célèbre des sorciers, entre critique du pouvoir et difficultés d'apprentissage, est certainement le plus introspectif de la saga et pas seulement pour Harry. Mais les personnages sont jetés pêle-mêle dans un récit confus et mal monté et perdent toute essence. Plus sombre, plus tourmenté, Daniel Radcliffe, qui vieillit décidément très bien, arrive, malgré sa partition rapetissée, à transmettre toute la compléxité du personnage. Mais la grande interrogation qui subsistait avant la projection tenait à la prestation d'Imelda Staunton dans le rôle de Dolores Ombrage. Saurait-elle être aussi jouissivement haïssable que sur le papier ? Malheureusement non. Staunton, toute de rose vêtue, en rajoute un peu trop et ridiculise son personnage. Reste quelques scènes de bravoure, notamment lors de l'affrontement final, qui perdent toutefois de leur intensité suite à la découpe maldroite du livre. Un film puzzle donc, qui se laisse tout de même voir avec intérêt, cinquième opus oblige, mais qui déçoit énormément. July 08 Le 13 fait sauter la banqueOcean's Thirteen Réalisé par Steven Soderbergh / Scénario de David Koppleman et David Levien Avec : George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon, Al Pacino, Ellen Barkin, Andy Garcia, Elliot Gould, Casey Affleck, Scott Caan, Don Cheadle, Bernie Mac, Eddie Jemison, Shaobo Qin, Carl Reiner, Vincent Cassel Lorsque papy Reuben se fait dépouiller comme un novice par l'infâme Willie Banks, un requin du jeu, Danny Ocean reforme sa petite troupe de gentlemen cambrioleurs pour venger l'honneur de son ami. Mais, comme toujours, sinon il n'y aurait pas de film, les choses sont plus compliquées que prévu... S'il y a une chose à retenir de ce troisième volet de la saga Ocean, c'est qu'on peut tout se permettre tant qu'on a la classe. Difficile de résister au charme désinvolte de cette bande de monte-en-l'air, robin des bois modernes et honorables qui ne prennent qu'aux riches pour leur apprendre que l'arrogance est un vilain défaut. Avec cette incroyable histoire de casse d'un des plus luxueux hôtel-casino de Vegas, Soderbergh renoue avec le style du premier opus. Exit donc Julia, restée à la maison pendant que Danny est parti jouer avec les garçons. Exit aussi Catherine dont on soupçonne qu'elle en a eu assez de voir Rusty bouffer tout le temps. Une virée entre mecs, donc, histoire de resserrer les liens. Le seul problème, et c'est un problème récurent depuis le début, c'est la complexité inutile de l'intrigue. Les 30 premières minutes du film auraient aisément pu être simplifiées tant les explications de Danny et les détails du plan à venir sont tarabiscotées. Fort heureusement, une fois en place, le gang s'en donne à coeur joie et le spectateur, qui commençait à s'ennuyer ferme, retrouve l'audace et l'humour qui sont la marque de la franchise. On peut aussi regretter le manque de personnages féminins, même si Ellen Barkin est irrésistible en femme à poigne trahie par ses hormones. Mais George, Brad, Matt et les autres s'en donnent à nouveau à coeur joie et le spectacle, s'il manque de clarté, ne manque pas de panache. June 27 Quand le chah n'est plus là...Persepolis Ecrit et Réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud d'après la bande-dessinée de Marjane Satrapi Avec les voix de : Chiara Mastroiani, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux, Simon Abkarian L'histoire vraie de Marjane, de son enfance à Téhéran à son adolescence à Vienne, en passant par la chute du régime du chah, ses premières amours, ses prises de position politique contre l'intransigeance du régime islamiste, l'exil... Lorsqu'on est habitué, comme moi, à un dessin à la Disney, les premières images de Persepolis, d'une simplicité quasi enfantine, sont déroutantes. Puis très vite on se retrouve happé par un récit tout à la fois drôle, tendre et émouvant. Tout comme la petite Marjane, on (re)découvre l'histoire d'un pays meurtri par la dictature, coincé entre son désir de liberté et le poids de ses croyances et tout comme elle on s'amuse des contradictions des adultes, on est horrifié par les atrocités d'un régime totalitaire, scandalisé par la facilité avec laquelle toute une population se retrouve voilée. Avec sensibilité et un humour ravageur, Marjane Satrapi nous raconte sa vie, sans détour, sans fausse pudeur, d'une enfance animée à une adolescence chaotique, entourée par des parents ouverts et engagés et une grand-mère au caractère bien trempé, magnifiquement doublé par Danielle Darrieux. Persepolis nous offre sa version, forcément partiale, de l'Histoire, un récit moderne, humain et digne, qui porte un regard intelligent sur un pays éternellement en conflit. June 17 Oh oh oh, géant vertShrek le troisième Réalisé par Chris Miller et Raman Hui / Scénario de J. Price, P. Seaman et C. Miller Avec les voix française de : Alain Chabat, Barbara Tissier, Mel Hondo, Boris Rehlinger Avec les voix originales de : Mike Myers, Cameron Diaz, Eddie Murphy, Antonio Banderas, Rupert Everett, Justin Timberlake Le roi Harold de Fort Fort Lointain se meurt. Logiquement c'est à Shrek, l'époux de la princesse Fiona, de monter sur le trône mais voilà Shrek est un ogre et il ne veut surtout pas de ce genre de vie. Le roi mourant lui indique alors un possible candidat, Arthur. Alors que Shrek, accompagné de l'âne et de Potté, prend la mer pour retrouver l'héritier de la couronne, Charmant, plus aigri que jamais, réunit tous les méchants de contes de fée pour prendre le contrôle du royaume... Troisième volet de la saga phare de chez Dreamworks, Shrek 3 continue ses détournements de contes de fée avec le même humour que les précédents opus. Mais si visuellement le film est à la hauteur, du côté du scénario c'est plus poussif. L'histoire se traîne, encombrée par une morale bien pensante dont on se serait volontiers passé, sombrant parfois même, notamment dans l'allocution finale d'Arthur, dans une guimauve assommante. Malgré cela, le doublage, les dialogues savoureux et les situations cocasses assurent le spectacle. On rit beaucoup, notamment lors de la mort du roi Harold, avec des gags à l'esprit corrosif et des parodies exubérantes. On regrettera toutefois les changements opérés entre la bande-annonce et la version finale. Même si ce dernier opus n'est pas le meilleur, il offre une conclusion satisfaisante à la saga Shrek. Jusqu'à ce que 2010 nous ramène l'ogre vert pour un nouveau volet, au risque d'épuiser la franchise et de lasser le public... June 06 Sur la mer comme au ciel...Pirates des Caraïbes : jusqu'au bout du monde Réalisé par Gore Verbinski / Scénario de Ted Elliott et Terry Rossio Avec : Johnny Depp, Keira Knightley, Orlando Bloom, Geoffrey Rush, Chow Yun-Fat, Bill Nighy, Stellan Skarsgard, Tom Hollander, Naomie Harris, Jack Davenport, Keith Richards... Décidés à ramener Jack Sparrow et son navire d'entre les morts, Elizabeth, Will, Barbossa et Tia Dalma cherchent le soutien du puissant Sao Feng. Chacun animé d'un but secret, les cinq compagnons ont bien du mal à offrir un front uni face à leur ennemi commun, Lord Cutler Beckett, en passe de conquérir tous les océans... Echaudé par un deuxième volet très poussif et par les près de 3 heures du film, je suis allé voir PdC 3 en traînant des pieds. Je suis ressorti avec le sourire, réconcilié avec la franchise. Plus sombre, plus violent, ce dernier opus est également plus construit. Le scénario repose tout à la fois sur les effets visuels, impressionnants et sur son intrigue, faite de conspirations, de retournements d'alliance et d'intérêts personnels. Alors que la piraterie se rassemble, chacun cherche à tirer profit du retour de Jack d'entre les morts. Un Jack moins présent, casting nombreux oblige, et donc moins agaçant si on excepte les pénibles scènes d'hallucinations qui culminent avec un ridicule affrontement cartoonesque entre un mini Jack sur l'épaule droite et un autre sur l'épaule gauche. A ses côtés, Geoffrey Rush est impeccable en tyrannique Barbossa, désabusé et retors, Orlando sort enfin de sa torpeur pour embrasser son destin, Naomie Harris a un charisme surprenant et Keira, dans son corsaire mandarin, n'est pas loin de s'accaparer le premier rôle. Verbinski arrive étonnament à ne pas se laisser écraser par la grosse machinerie et offre un spectacle détonnant entre la surprenante première scène de pendaison collective, les bas-fonds de Singapour et un duel sur mer âprement disputé. Une flibusterie tragique dont le final, qui mêle le désespoir romantique d'une légende maritime et un nouveau retour aux sources, laisse augurer que la franchise n'est peut-être pas tout à fait morte. Reste à savoir si c'est une bonne idée... Après lui Ecrit et Réalisé par Gaël Morel Avec : Catherine Deneuve, Thomas Dumerchez, Guy Marchand, Elodie Bouchez, Eli Meideros, Luis Rego, Adrien Jolivet Une mère qui vient de perdre son fils, incapable de faire son deuil, se rapproche du meilleur ami de ce dernier, responsable de l'accident qui a causé sa mort. Morel, pour lequel j'ai une profonde sympathie depuis Les Roseaux sauvages, est un réalisateur à l'univers étrange qui manque toujours de force et de panache dans ses films. Après lui ne fait pas exception à la règle. La faute à une brochette d'acteurs pas franchement convaincant, Deneuve en tête, qui surjoue la douleur et l'austérité. Thomas Dumerchez, s'il est très mignon, a un phrasé plus proche de la pièce de théâtre artisanale et Elodie Bouchez... fait du Elodie Bouchez. Capitonné dans une bulle de cotton, le spectateur est comme anesthésié et attend, somnolent, que cette comtemplative mise en abîme trouve enfin son point d'orgue. En vain, submergé par son amour pour Deneuve, Morel en oublie son film qui se dillue dans l'ennui... May 27 Le chat et la sourisLa faille Réalisé par Gregory Hoblit / Scénario de Glenn Gers et Daniel Pyne Avec : Anthony Hopkins, Ryan Gosling, Rosamund Pike, Billy Burke, Bob Gunton, David Strathairn, Embeth Davitz... Un homme jaloux tue sa femme et maquille sa mort. Un jeune avocat du ministère public qui vient de se voir offrir un poste dans une grande firme privée, se saisit de l'affaire. Mais face à un esprit brillant, le procureur doit rapidement revoir ses priorités... L'argument principal de La Faille réside bien entendu dans la prestation de Sir Anthony Hopkins dans un rôle qui n'est pas sans rappeler celui du terrible Hannibal Lecter du Silence des Agneaux. Du moins est-ce ce que l'on veut nous faire croire. Parce qu'à trop en faire dans le registre de la duplicité, l'acteur finit par agacer. Sa prestation entre la benoîterie et le machiavélisme manque de subtilité et c'est vers son partenaire, le très charmant Ryan Gosling, que nos yeux finissent par se tourner. Prolétaire arrogant, séducteur sans scrupule, Gosling compose un personnage auquel il est difficile de s'attacher. Plus que le mystère qui entoure cette affaire de froide et implacable vengeance, c'est l'affrontement entre ces deux personnalités qui constitue l'attrait principal du film. Et fort heureusement car le reste laisse à désirer. Lenteur du rythme, superficialité des seconds rôles, Rosamund Pike en tête dont on se demande bien à quoi elle sert, absence d'implication dans le scénario, froideur de la photographie... à trop jouer sur l'intellect de son intrigue, Hoblit en oublie de lui donner une âme. Un film intelligent qui laisse de marbre. Zodiac Réalisé par David Fincher / Scénario de James Vanderbilt d'après le roman de Robert Graysmith Avec : Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Robert Downey Jr., Anthony Edwards, Elias Koteas, John Carroll Lynch, Chloé Sevigny, Dermot Mulroney, Donal Logue, Philip Baker Hall 1969. Un tueur en série qui se baptise lui-même Le Zodiac, envoie des lettres à la rédaction du San Francisco Chronicle. Très rapidement, le journaliste criminel, le dessinateur du journal et l'inspecteur chargé de l'enquête deviennent obsédés par la quête du mystérieux tueur... Plus proche du docu-fiction que du polar, Zodiac est une plongée passionnante dans l'une des affaires criminelles les plus énigmatiques des années 70. Servi par un casting irréprochable, le film déroule son propos, soucieux du moindre détail. Robert Downey Jr. excelle comme à son accoutumé dans le rôle du journaliste alcoolique dévoré par sa quête. Jake Gyllenhaal et Mark Ruffalo sont tout aussi convaincant dans le registre de l'obession. Le problème majeur de Zodiac réside finalement dans sa durée (2h36) et dans le parti pris scénaristique de commencer l'histoire dès le deuxième meurtre du tueur en série. L'intrigue, bien que captivante du simple point de vue factuel, s'enlise dans une routine déconcertante et il faut attendra plus d'une heure avant que la quête de Robert Graysmith, le dessinateur (Gyllenhaal) soit mise au premier plan. Malgré cela, Fincher réalise une enquête visuellement sombre et inquiétante, maîtrisant avec élégance et habileté son sujet, navigant entre l'ombre et la lumière, les certitudes et les doutes, l'engouement et la frustration tout en parvenant à placer ci de là quelques notes d'humour bienvenues. Avec un tel angle d'approche, le réalisateur abandonne sciemment le thriller sensationnel à suspense pour se pencher sur un récit réalistiquement plus authentique et humain. Un parti pris intéressant qui éloigne cependant le spectateur de tout engagement affectif. May 12 Ecarts de conduitePur week-end Réalisé par Olivier Doran / Scénario de Olivier Doran et Philippe Lefebvre Avec : Kad Merad, Bruno Solo, Valérie Benguigui, François Berléand, Philippe Lefebvre, Jean-Noël Brouté, Anne Marivin, Arnaud Henriet, Alexandra Mercouroff Liés par une indéfectible amitié qui remonte à leurs années de colo, 7 copains se retrouvent chaque année pour une randonnée pèlerinage. Mais cette année est un peu particulière car David, la mascotte, sort tout juste de prison. Heureux de se retrouver, les six autres comprennent très vite que David n'est pas en permission mais bel et bien en cavale.... Ce qui marque avant tout cette comédie policière des montagnes, c'est le soin apporté aux dialogues, souvent très mordants. Car Pur Week-end est drôle : dans ses répliques, dans ses situations, dans ses personnages... Mais de bons dialogues n'assurent pas tout le spectacle et Olivier Doran montre quelques faiblesses derrière la caméra, notamment dans le rythme qu'il donne à son film et dans sa direction d'acteurs. Heureusement pour lui ses comédiens s'en donnent à coeur joie, même si certains en font parfois un petit peu trop, Berléand pour ne nommer que lui. Un film inégal donc mais réjouissant qui distille en passant un discours léger sur l'individualisme. Pur Week-end, pur bonheur, peut-être pas mais un bon moment certainement. Hitcher Réalisé par Dave Meyers / Scénario de Jake Jade Wall et Eric Bernt d'après le film de Robert Harmon Avec : Sean Bean, Sophia Bush, Zachary Knighton, Neal McDonough Sur la route pour rencontrer les amis de sa copine Grace, Jim évite de justesse de renverser un homme étrange. Quelques kilomètres plus loin, le même homme ressurgit. Se sentant coupable de ne pas l'avoir aidé, Jim accepte de le conduire en stop jusqu'au prochain motel. Une décision qu'il va forcément très vite regretter... Je me souviens parfaitement de l'original, sorti en 1986 avec Rutger Hauer, C.Thomas Howell et Jennifer Jason Leigh. Comme j'étais petit, le film avec son tueur psychopathe qui poursuit ce pauvre couple de jeune étudiants m'avait considérablement effrayé et la scène du camion reste encore aujourd'hui une image marquante. 20 ans plus tard, le scénario reste le même et, peut-être aidé par mes souvenirs de l'époque, le film est beaucoup plus plaisant que ce à quoi je m'attendais. Rien de très original pourtant avec poursuites mouvementées, méchant increvable, flics incompétents et jolie jeune fille en détresse. Cette dernière est d'ailleurs la principale réussite de cette nouvelle version. Sophia Bush est lumineuse et s'impose avec efficacité face à un Sean Bean dont on a un peu l'impression qu'il a toujours la même expression. Malgré des rebondissements pas toujours très fin et un dernier quart d'heure un poil too much, The Hitcher sauce 2007 est un petit thriller sympathique. Rien de mémorable cependant. May 06 Bouffons dans la toileSpiderman 3 Réalisé par Sam Raimi / Scénario de Sam et Ivan Raii d'après les personnages de Stan Lee Avec : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, Topher Grace, Thomas Haden-Church, Bryce Dallas-Howard... Devenu le héros de l'Amérique, Peter Parker alias Spiderman a tout pour être heureux surtout depuis qu'il vit le parfait amour avec la très niaise et insipide Mary Jane et tant pis si son meilleur ami Harry ne lui pardonne pas d'avoir tué son père, ce qui est faux comme on le sait quand a on a vu le premier film. Mais lorsque l'assassin de son oncle s'évade de prison, Peter laisse éclater sa colère et devient une proie facile pour Vénom, symbiote maléfique venu de l'espace. J'aime les super héros, les X-Men en particulier, mais pas Spiderman. Pourtant de toutes les adaptations ciné (la trilogie X-Men mise à part), celle de Spiderman était jusqu'ici la plus réussie. Je dis bien jusqu'ici. Car ce troisième opus est décevant à plus d'un titre. - Les effets spéciaux, dont on sait qu'ils sont légion dans ce genre de productions, manquent ici cruellement de finesse surtout lors du gigantesque affrontement final avec l'homme-sable qui n'est pas sans rappeler le très mauvais Godzilla. - La réalisation manque au choix de panache, comme lors des scènes intimistes entre Peter la chiffe molle et Mary Jane la godiche ou de clarté, en témoigne le duel Peter/Harry dans les allées obscures où la caméra se prend pour un tambour de machine à laver. - Le scénario manque d'envergure avec des dialogues plats et sans relief (Vous avez des amis très gentils/Oui, ce sont les meilleurs, je donnerai ma vie pour eux), des déclarations d'amour pitoyables (Mais Mary-Jane, on s'aime, je t'aime, je voulais t'épouser) et des menaces risibles. - Les personnages sont creux, un comble pour un film dont les thèmes tournent autour du doute, de la vengeance, du pouvoir. A aucun moment on ne ressent les démons intérieurs de Peter, ni les désillusions de Mary Jane ou la solitude de Harry. Si son pire ennemi est en lui, tout ce que le monde a à craindre de Spiderman c'est qu'il se mette à boulotter des cookies et du lait ! - Les acteurs sont mauvais, Tobey Maguire en tête. Plus laid que jamais, il enchaine les contreperformances, pathétique en séducteur à la mèche grasse, misérable en amant délaissé, insupportablement niais en toutes circonstances. Face à lui Kirsten Dunst, hamster rosissant, est transparente et ennuyeuse au possible. Topher et James, eux, font ce qu'ils peuvent, les acteurs les plus brillants étant ceux qui ont le moins à dire. Malgré tout, le film n'est pas le navet du siècle, loin s'en faut. Malgré ses innombrables longueurs et son côté patriotique et moralisateur, il se laisse voir avec une facilité déconcertante, certains plans étant tout de même très réussis (Spiderman vêtu de noir perché en haut de l'église, la transformation initiale de Flint Marko en Homme-Sable). Mais avec un tel budget et un opus précédent de haut niveau, on était en droit d'attendre un spectacle de plus grande qualité. May 04 Léger et creux : les maltesers de la Comédie RomantiqueLove (et ses petits désastres) Ecrit et Réalisé par Alex Keshishian Avec : Brittany Murphy, Matthew Rhys, Santiago Cabrera, Catherine Tate Jacks, assistante de mode chez Vogue, et son meilleur ami et colocataire Peter, journaliste gay, rêvent tous deux du grand amour mais sont plutôt du genre à s'engluer dans des relations calamiteuses lorsqu'elles ne sont pas carrément fantasmées. Lorsque Jacks rencontre Paolo, assistant photographe dont elle est persuadée qu'il est gay, elle décide de le présenter à Peter sans se douter que le jeune homme a craqué pour elle. Le propos est léger, les acteurs dynamiques, les situations sont amusantes et le film se laisse suivre avec un certain plaisir. On aurait très bien pu en rester là mais habitué que je suis aux comédies romantiques à l'anglaise, tendres et acidulés, pleines de sarcasmes et de répliques qui font mouche, je reste sur ma faim. La faute à un manque flagrant de second degré, à des dialogues pas toujours très travaillés et a un rythme plutôt faiblard. Pas de quoi non plus en faire un drame, Brittany Murphy et Matthew Rhys (qui se cantonne aux rôles gays puisqu'il est le frère homo de la série Brothers & Sisters) forment un duo efficace et attachant, secondés par le très mignon Santiago Cabrera et l'excentrique Catherine Tate qui monopolise les meilleures répliques. Love est une petite comédie assez sympathique au propos forcément savoureux pour le petit homo que je suis mais qui ne me laissera pas pour autant un souvenir impérissable. Je veux pas que tu t'en ailles Ecrit et Réalisé par Bernard Jeanjean Avec : Richard Berry, Julien Boisselier, Judith Godrèche Raphaël est fou amoureux de Carla, la femme de Paul, psychanalyste dont Raphaël est le patient. Lorsque Paul découvre la relation entre sa femme et son patient, il met tout en oeuvre pour les séparer et reconquérir son épouse. Vaudeville mâtiné de pseudo psychologie, Je veux pas... est un film qui s'épuise très rapidement. Quelques minutes seulement après les premières images, les failles sont déjà apparentes : absence de rythme, dialogues navrants, réalisation académique... Seules les prestations de Richard Berry et du très sexy Julien Boisselier parviennent à nous faire redresser la tête. Malheureusement pour eux, l'objet de leur affection est incarnée par Judith Godrèche, dont on se demande comment quelqu'un peut encore la laisser jouer tellement elle est effroyablement creuse. Ses relations de couple manquent cruellement d'alchimie tout comme son regard manque d'une lueur d'intelligence, elle rit comme une dinde sans qu'on comprenne très bien pourquoi et essaye de nous faire croire qu'elle peut être prof de français en terminale. Le summum du vide. Du coup le film, déjà plombé par son scénario convenu et ses dialogues du pauvre, plonge le spectateur dans un ennui soporifique. April 15 Rêves de petit garçonSunshine (rêve n°1 : quand je serai grand, je veux être cosmonaute et faire des uv dans l'espace) Réalisé par Danny Boyle / Scénario de Alex Garland Avec : Cillian Murphy, Chris Evans, Michelle Yeoh, Rose Byrne, Cliff Curtis Le soleil est en train de mourir. Afin d'éviter la fin du genre humain, une équipe de scientifiques et astronautes est envoyée avec une charge explosive pour ranimer l'étoile mourante. Danny Boyle est un réalisateur audacieux. Son Sunshine en est la preuve. En créant une atmosphère qui oscille entre quête mystique et thriller anxiogène, il entraîne le spectateur dans un univers esthétique fascinant. Porté par les prestations sans faille de Cillian Murphy et Chris Evans, le film impressionne même si Boyle use trop souvent des arrêts sur image. Moins contemplatif que Solaris, plus réfléchi que Fusion, Sunshine enchaîne les scènes d'action, haletantes et plonge ses personnages dans une lutte sans merci pour la survie de l'humanité. Redoutablement efficace et poétique. TMNT (rêve n°2 : quand je serai grand, je veux être un super ninja - et non pas, quand je serai grand, je veux être une tortue...) Ecrit et Réalisé par Kevin Munroe d'après les personnages de Peter Laird et Kevin Eastman Depuis que Leonardo, leur leader, est parti méditer dans la jungle sud-américaine, les tortues ninja ne sont plus les mêmes : Michelangelo joue les clowns pour les anniversaires, Donnatello fait de l'assistance informatique par téléphone et seul Raphael continue à lutter contre le crime planqué sous son costume de justicier et aidé à l'occasion par Casey, le hockeyeur masqué et accessoirement petit-ami d'April, devenue chercheuse d'antiquités pour le compte du mystérieux Max Winters. Mais une menace vieille de 3000 ans permet à tout ce petit monde de se retrouver. Les Tortues Ninja, c'était davantage le truc de mon petit frère avec les jeux vidéos, les figurines, les jeux de plateaux... Mais je me souviens du dessin-animé que je trouvais plutôt sympathique. Moins des films, adaptations doûteuses et un brin ridicules. Avec ce TMNT, les tortues s'offrent une nouvelle jeunesse. Du point de vue de l'animation, c'est un excellent boulot, Leo, Raf, Mike et Donnie n'ayant jamais été aussi cool. Côté scénario en revanche c'est du léger, du très léger. Et c'est dommage parce que Munroe avait en main de quoi faire un film un peu plus consistant : une atmosphère urbaine plus sombre, des conflits entre les héros... mais le réalisateur se contente du minimum, jusque dans l'humour assez plat. En visant un public enfantin, Munroe oublie que les premiers fans ont bien grandi et étaient en droit d'attendre un peu plus. Goal II : la consécration (rêve n°3 : quand je serai grand, je veux être footballeur et me faire des masques au guacamole) Réalisé par Jaume Collet-Serra / Scénario de A. Butchart, M. Jefferies et T. Loane Avec : Kuno Becker, Anna Friel, Allessandro Nivola, Rutger Hauer, Stephen Dillane, Leonor Valera Dans le premier opus, Santiago Muñez, immigré mexicain et prodige du football, est repéré aux Etats-Unis, rencontre l'amour avec Roz, une infirmière, perd son père et est recruté par la prestigieuse équipe de Newcastle United. Aujourd'hui sur le point de se marier, Muñez est approché par les dirigeants du Real Madrid. C'est le début de la gloire et de l'argent facile... Autant le premier volet, très naïf, avait quelque chose de sympathique, autant ce deuxième numéro de la trilogie Goal croule sous le poids de son scénario cliché. C'est mélo, convenu, mal écrit, mal joué à l'occasion et les matches manquent totalement de crédibilité (Muñez le sauveur marquant à chaque fois qu'il rentre, reléguant les Beckham, Ronaldo et autres Zidane au rang de quantité négligeable). Pas autant que cette scène consternante où un gamin de 10 ans conduit une lamborghini à travers les rues de la capitale espagnole ! Le film s'apparente davantage à un croisement entre spot de pub et jeu vidéo. Sans consistance et sans saveur, Goal II se suit avec un ennui profond. April 08 Mâle dominantAlpha Dog Ecrit et Réalisé par Nick Cassavettes Avec : Justin Timberlake, Emile Hirsch, Anton Yelchin, Bruce Willis, Sharon Stone, Dominique Swain, Ben Foster, Shawn Hatosy, Amanda Seyfried... Johnny Truelove, petit trafiquant des beaux quartiers cherche à se venger d'un de ses anciens potes, Jake Mazursky, camé nazi qui lui a fait perdre un bon paquet de blé et à chié sur sa moquette blanche. Il kidnappe alors le petit frère de Jake, le gentil et très naïf Zach. Mais très vite, les choses échappent complètement à son contrôle... Inspiré de faits réels, Alpha Dog fait froid dans le dos. Il y a quelque chose de désespéré à regarder ces jeunes paumés qui comblent leur ennui et leur mal-être dans des parties sans fin, des trafics en tout genre et une surconsommation de tout ce qui leur tombe sous la main. Au milieu du troupeau des brebis galeuses, un agneau, un peu simplet, auquel on sait pertinemment qu'on ne doit pas s'attacher. Mais c'est là toute la force du film, tous comme ses ravisseurs, on prend en sympathie ce brave petit gars et on assiste, impuissant, au déroulement implacable du drame. Servi efficacement par de jeunes acteurs criant de vérité, Timberlake en tête, Alpha Dog est un jeu sordide qui prend des allures de film coup de poing. Dommage que pour étayer son propos, Cassavettes se soit cru obligé de glisser toutes les injures possibles du répertoire dans ses dialogues, appauvrissant un film pourtant détonnant. Cendrillon et le prince (pas trop) charmant Réalisé par Paul J. Bolger / Scénario de Robert Moreland Avec les voix françaises de : Laura Smet, Catherine Frot, Bruno Solomone, Dany Boon, Eric & Ramsy Et les voix originales de : Sarah Michelle Gellar, Sigourney Weaver, Freddie Prinze Jr., Patrick Warburton Les contes de fées, c'est bien connu, ont des codes bien précis et immuables. Un mage a d'ailleurs pour boulot de veiller à cet équilibre ancestral . Mais lorsqu'il part en vacances, ses deux assistants mettent une telle pagaille que la marâtre de Cendrillon en profite pour prendre le pouvoir au détriment de toutes les happy end. N'y allons pas par quatre chemins : c'est nul ! Absence d'humour, dialogues à pleurer, personnages clichés, scénario indigent fait de bouts de récup de précédents animés et doublage catastrophique (Frot est certainement la pire doubleuse de la création mais Laura Smet est bonne pour la relève), rien n'est à sauver dans cette production chiantissime qui aura réussi en 80 minutes à m'endormir à deux reprises, et c'est suffisamment rare pour que je le mentionne. Le prix à payer Ecrit et Réalisé par Alexandra Leclère Avec : Nathalie Baye, Christian Clavier, Gérard Lanvin, Géraldine Pailhas, Patrick Chesnais Jean-Pierre Ménard, riche homme d'affaire, confie à Richard, son chauffeur, qu'entre lui et madame ça fait belle lurette que le sommier n'a plus grincé. Richard, dont la compagne préfère écrire que de lui faire des gâteries, lui conseille de couper les vivres à sa moitié. Pour Odile Ménard, habituée à dépenser à tout va, c'est la fin du monde. Le propos est sordide et pourtant c'est drôle. Cruellement et pathétiquement drôle. Le prix à payer est une comédie de boulevard qui joue à fond sur la misogynie odieuse de personnages lâches et désespérés. Nathalie Baye excelle en bourgeoise triste et fanée face à un Clavier couard et pitoyable qui ne sait plus comment faire pour retrouver l'amour de sa femme. Lanvin, fragile et odieux, cherche encore à se persuader qu'il a le contrôle de sa vie et de sa femme, Géraldine Pailhas, en quête de liberté. Le rire franc des débuts devient alors plus grinçant face au spectacle affligeant de ces deux couples dans la tourmente. Des comédiens talentueux pour une comédie de moeurs amère qui souffre malheureusement d'un manque de rythme et d'une fin bien trop abrupte. March 30 Histoires de musesLe come back Ecrit et Réalisé par Marc Lawrence Avec : Hugh Grant, Drew Barrymore, Brad Garrett, Kristen Johnson, Haley Bennett Alex Fletcher est une pop star has been qui le vit plutôt bien. Mais lorsqu'il est contacté par un clone de Britney qui veut absolument qu'il lui écrive un nouveau titre, Alex cède à la panique : la musique, pas de problème mais les paroles c'est autre chose. C'est alors qu'il reçoit l'aide inattendue de la jeune femme qui arrose ses plantes. Le truc chouette avec Hugh Grant, quand on aime Hugh Grant bien sûr, c'est qu'on sait exactement ce qu'on va voir : une comédie romantique teintée d'humour très british avec une pointe de séduction et d'autodérision. Et bingo, c'est exactement ce qu'on a avec ce come back. Evidemment si vous cherchez un film original vous frappez à la mauvaise porte mais qu'importe si cette bluette a été jouée maintes fois, le charme opère. C'est frais, c'est léger, ça se regarde le sourire aux lèvres et ça donne une furieuse envie de chanter les vieux tubes pop des chanteurs des années 80 (mais pas de se coiffer comme eux). Ecrire pour exister Ecrit et Réalisé par Richard LaGravanese d'après le recueil d'Erin Gruwell Avec : Hilary Swank, Patrick Dempsey, Imelda Staunton, April L. Hernandez, Jason Finn Erin Gruwell, jeune prof inexpérimentée pleine de bonnes intentions, débarque dans un lycée à risque, rongé par les guerres de gangs. Sur le papier ça sonne comme du Esprits Rebelles, la bande annonce sonne comme du Esprits Rebelles et lorsque le film débute, on se dit : "Hilary tu nous refait Michelle". Et puis finalement non. Bien sûr, le thème est le même, un peu naïf, un peu facile qui consiste à dire que parfois une personne peut faire la différence si elle y croit et si on la laisse faire mais ici, l'accent est mis tout à la fois sur le personnage de l'enseignante auquel Hilary prête tout son talent et sa conviction et sur les élèves dont les voix, dures et douloureuses, donnent au film un soupçon d'honnêteté supplémentaire. Hilary Swank, engagée, délivre une performance remarquable qui sauve le film des bons sentiments qui auraient pu l'étouffer. Le message pédagogique est simpliste mais la démonstration est touchante. Ensemble c'est tout Ecrit et Réalisé par Claude Berri d'après le roman d'Anna Gavalda Avec : Audrey Tautou, Guillaume Canet, Laurent Stocker, Françoise Bertin Camille, artiste fragile qui fait le ménage pour subvenir à ses besoins, sympathise avec son voisin, Philibert, aristocrate désuet qui partage son appartement avec Frank, cuisinier bourru dont la grand-mère vient tout juste d'être hospitalisée. Avec une histoire gentillette pleine de bons sentiments, Claude Berri nous offre une épopée dégoulinante de niaiserie. C'est joli, c'est facile, vas-y que je pousse la pauvre mamie dans l'hospice, vas-y que je transforme la maison familiale en hôtel du coeur. Si les seconds rôles sont étonnants (Françoise Bertin très touchante grand-mère au caractère bien trempé, Laurent Stocker attendrissant avec ses tocs) Audrey Tautou confirme une fois de plus son statut d'actrice la plus surestimée du cinéma français. Agaçante, vulgaire, elle n'incarne en rien la délicatesse supposée du personnage. Face à elle, Canet s'en sort mieux dans un rôle qui n'est pas très différent de l'image qu'il véhicule à la ville. Quoi qu'il en soit, sous couvert d'idéalisme social, le résultat est d'une mièvrerie navrante. March 24 Dis petit garçon, tu aimes les films sur les gladiateurs ?300 Réalisé par Zach Snyder / Scénario de Snyder, Johnstad et Gordon d'après le comics de Frank Miller Avec : Gérard Butler, Lena Headey, Rodrigo Santoro, Dominic West Les Spartiates sont des mâles, des vrais, la preuve ils ont du poil sur la figure et ce qu'aiment les spartiates avant toute chose c'est combattre pour la gloire. Aussi quand les vilains Perses débarquent, le roi Léonidas décide de les repousser avec juste une cape et une culotte. Mais le conseil des oracles lépreux, forcément corrompu, le lui interdit. Léonidas s'en cogne et avec 299 copains culturistes, il part à la guerre. De 300 il est facile de ne retenir que la beauté graphique, adaptation fidèle semble-t-il des planches de Miller. L'éclairage est prodigieux, les alternances de couleurs, lumineuses, métalliques confèrent au film une identité unique. Visuellement, 300 est une réussite. Face à une telle débauche d'effets, certains acteurs auraient pu facilement se laisser écraser mais Butler, Headey et les autres s'en sortent plutôt bien, Lena Headey se permettant même de voler la vedette à ses collègues masculins. Là où le film commence à montrer de gros signes de faiblesse cependant c'est dans son scénario, minimaliste et très manichéen. D'un côté nous avons les courageux Spartiates, héroïques, valeureux, patriotes et de l'autre les Perses, hideux, dépravés et lâches. Trop facile. Le film, en ne s'intéressant qu'aux motivations d'un seul camp dont il glorifie toutes les actions, s'appuie sur une idéologie de base très primaire. Les chippendales de Sparte face aux drag queens Perses, la virilité exacerbée des braves face au maniérisme des lâches. Qui mieux alors qu'une tapette géante, manucurée, piercée, épilée, les gestes doucereux, les poignets qui cassent, la voix qui traîne pour diriger en esclavagiste cruel un troupeau de monstres inhumains et de lesbiennes perverses... Je ne me pose pas en tant que défenseur d'une réalité historique, Hollywood la détourne à sa guise pour divertir et je n'y vois pas d'inconvénient dans la mesure où je n'assiste pas à un documentaire. Certes les Spartiates, tout comme les Athéniens auxquels le Léonidas du film reproche leur philosophie et leur amour des garçons, prônaient la pédérastie comme partie intégrante de l'éducation. Un fait qui n'est bien évidemment pas relayé. Mais Troie n'a-t-il pas fait de Patrocle, l'amant d'Achille, son cousin ? Le but est avant tout de divertir le plus grand nombre et une armée de mecs qui s'aiment est assez peu vendeur. Et puis soyons sérieux, j'ai beau râler, là n'est pas le propos. Bien sûr, en y regardant de plus près, il est possible d'y voir des tas de sous-entendus, c'est d'ailleurs ce que je viens de faire, mais ce serait se creuser la tête sur un film qui n'en vaut pas vraiment pas la peine. 300 est vendu comme un péplum bourrin superficiel à l'audace graphique et finalement c'est ce qu'il est, rien de plus. Le culte de l'esthétisme au service du vide. |
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