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April 01 Les Gniards - Episode 10Episode 10 : Potins de Gniards
Dans la chaleur de leurs lits, les mâles sont toujours punis, aucun danger ne les impressionne, les coups durs ils les affectionnent, et la justice les passionne, les Gniards ne craignent personne. C’est en tout cas ce que dit la chanson… enfin, je crois… Quoi qu’il en soit, nous voici arrivés au terme de cette passionnante saga qui, si elle était une série, aurait les honneurs de la case horaire de Chasse et Pêche ou celle de l’Inspecteur de Cock. Vous ne savez pas à quelle heure est diffusé l’Inspecteur de Cock ? Vous venez de comprendre le sens du mot abyssal. Dans les épisodes précédents, l’auteur que je suis (et quel auteur, même Marc Lévy écrit mieux) a vainement essayé d’instaurer une tension dramatique mais soyons sérieux, nos cinq Gniards n’ont rien de héros. Ils sont stupides, agressifs, obsédés et ne comprennent rien à la mission qu’ils doivent remplir. Ca tombe bien, vous non plus. Ceux qui les entourent ne valent pas mieux entre une matrone envahissante qui beugle comme une Chimène Badi en rut, une harpie désaxée que même Britney, période chauve et défoncée, ne parviendrait pas à effrayer et un chat maléfique qui veut plonger le monde dans les ténèbres parce que c’est bien connu, les chats ça vous la trouille avec leurs petites patounnes roses et leurs petites moustaches… Bref, l’heure du verdict final a sonné. Et c’est pas trop tôt !! - Dis-moi Noodle, tu penses sincèrement que quelqu’un a suivi cette histoire ? demande Steakarella
- Non mais je ne sais pas si j’aurais une autre ligne de dialogue dans cet épisode vu que je veux coucher avec personne, alors je rentabilise mon temps de présence.
- C’est pas bête comme idée ! Viens, on s’envoie en l’air !
- Rocco, t’es lourde, on est des filles, ça intéresse personne et puis arrête de me coller, on va vraiment finir par croire que je suis lesbienne !
- Parce que tu ne l’es pas ? s’étonne Matiche
- J’ai une sexualité opportuniste basée sur l’ennui mais c’est difficile de me ranger dans une case, alors forcément vous me collez une étiquette comme ça vous êtes rassurés sur la nature même des individus que vous refusez de voir comme des êtres complexes qui ne se cataloguent pas.
- Moi j’ai deux cases : les gens qui me gonflent et les autres, interrompt Katana. Là tout de suite, tu me gonfles prodigieusement alors si tu pouvais te taire, c’est presque aussi insupportable qu’une chanson de Vitaa.
Soda Pêche, qui somnolait parce qu’il n’y a rien de tel qu’une fille qui parle sans arrêt pour vous donner envie de plonger dans le coma, s’est réveillé en sursaut.
- Une chanson ? Où ça ? Je peux avoir un micro ? Je connais une chorégraphie ! Les spots sur moi, s’il vous plaît !
Double G, qui quatre épisodes plus tôt représentait encore une menace sérieuse, sent que son heure est passée et qu’il est tout juste une source d’embarras.
- Mais allez, soyez sympa, faites comme si c’était super grave que je veuille pas sauver le monde. Je suis fourbe et pervers et super méchant.
Mais personne ne fait plus attention à lui. Chacun a les yeux fixés sur Soda Pêche dont les pas de danse sont aussi aléatoires que ceux d’une chorée de High Shool Musical coachée par Bruno Vandelli.
- C’est atroce, murmure Gikou, horrifié
- Ah, toi aussi, tu trouves que c’est injuste que personne ne me prenne au sérieux. Alors que c’est quand même ta faute si le monde va mourir. T’avais qu’à pas me quitter, je ne serais pas devenu le monstre psychopathe que je suis. Mais si tu acceptais de me redonner ma chance, alors peut-être que je voudrais bien vous aider.
- J’ai jamais vu quelqu’un danser de cette façon, c’est tellement effroyable que c’en est fascinant.
- Mais je veux qu’on m’écoute ! Je veux qu’on m’aime ! Je veux qu’on me prenne dans ses bras ! se met à geindre Double G.
Rocco se blottie alors contre Double G en serrant très fort ses petits bras autour de son torse.
- Rocco ? T’es en train de te dire que puisque t’arrives plus à te taper Noodle, tu vas essayer avec moi ?
- Je suis désespérée.
- Merci Rocco, je me sens tellement mieux maintenant.
Un coup de fusil à pompe ramène tout le monde à la raison. Katana et Steakarella, exaspérées par le comportement des Gniards, ont décidé de leur montrer que le pouvoir appartient aux vieilles.
- Je suis pas vieille !
- Ta gueule, c’est moi qui écris !
- Ecoutez les sales braillards, ce que j’ai dans les mains peut faire de gros trous dans vos petites têtes alors vous allez faire bien sagement ce que je vous dis sinon on pourra égoutter les pâtes à l’intérieur de vos crânes.
- C'est quoi ce revirement à deux balles ? Pourquoi vous bossez ensemble alors que vous pouvez pas vous supporter ? demande Noodle, pragmatique - C'est vrai, ça, pourquoi je bosse avec toi ? demande Katana en regardant Steakarella - Parce que tu crèves d'envie de diriger le monde et que tu ne peux pas le faire sans mon aide et que moi j'en ai plus qu'assez de jouer les Super Nanny du pauvre avec cinq modèles miniatures d'Eve Angeli. - On a des pouvoirs, on peut t'arrêter rétorque Noodle, décidément trop contente d’avoir autant de texte.
- C’est vrai, je peux la carboniser si je veux, remarque Soda Pêche qui n’a jamais réussi à faire griller un marshmallow.
- Ou la noyer ! Ce serait chouette ! Je pourrais créer une grosse flaque d’eau et Noodle l’assommerait avec une pierre et on la laisserait s’étouffer dans une flaque !
- Ca a tellement d’envergure comme plan ! ironise Gikou
- Ah oui, et tu crois que tu peux mieux faire, monsieur je me la pète parce que tout le monde veut coucher avec moi !
- Pas moi, s’empresse de répondre Noodle
- Moi non plus, fait Rocco toujours collée contre Double G
- Moi non plus, ajoute Soda Pêche mais si tu pouvais déclencher une mini brise pour chasser la sueur de mon front, ça m’aiderait parce que ierk beurk, ça me dégoûte.
- Bon… ok, il y a que moi qui en ai envie… mais quand même, pour le principe, vous auriez pu me soutenir fait Matiche, le rouge aux joues.
Un deuxième coup de fusil vient interrompre cet échange accablant. Cette fois, c’est Steakarella qui le tient en main.
- Je suis pas comme Katana, , je n'ai pas la neutralité de juger sans préjugé...
- Ca veut rien dire, fait remarquer Matiche. - Référence intellectuelle, tu ne peux pas saisir. Bref, je suis pas comme Katana, je vais pas vous menacer par la force parce que j’ai un cerveau et je sais m’en servir ! - Connasse ! siffle Katana entre ses dents
- A partir de maintenant, s’il y en a un qui moufle, je lui colle sa tête entre mes seins.
Les cinq Gniards se regardent, paniqués et s’alignent aussitôt dans le silence.
- Comme t’es trop forte applaudit Katana
- Bizarrement, je ne peux pas dire que ça me réconforte.
- Vous allez tous vous donnez la main… commence Katana.
- Oh oui ! Oh oui ! comme à l’école ! fait Matiche en sautillant.
- Eh la tapette géante, mollo sur les ressorts, aboie Steakarella.
- Il est tellement trognon quand il fait ça, soupire Soda Pêche, transi d’amour.
- Je peux changer de jumeau, celui-là est vraiment trop niais !
- Double G, ta tête entre mes seins ! hurle Steakarella.
- Non, promis madame, je dirais plus jamais rien, promis, s’il vous plaît, je vous en supplie, je suis à genoux, je me traîne par terre.
- Oui, bon ça va, ça devient vexant maintenant.
Rapidement les cinq Gniards ont formé un cercle et se sont donné là main, non sans avoir d’abord changé de position une bonne dizaine de fois pour que chacun tienne la main de la personne qu’il aime.
- Dites les gars, il y a pas comme un problème là ? demande Katana.
- Non, je vois pas, fait Matiche en haussant les sourcils.
- Vous avez pas l’impression d’avoir oublié quelqu’un ?
Les mains tendues, Noodle attend comme une pauvresse que quelqu’un veuille bien l’inclure dans le cercle.
- Tends pas la main, Noodle, ça fait mendiant fait Gikou en rigolant..
Steakarella lui file un coup derrière le crâne.
- Tu te crois drôle Gigi joli ?.
Les jumeaux se sont écartés pour laisser la place à Noodle.
- Maintenant vous allez tourner en chantant «il court, il court le furet».
- C’est obligé ? demande Steakarella à voix basse.
- Non, mais ça me fait rire, lui répond Katana.
Alors que le petit groupe commence à tourner mollement en chantant, la porte d'entrée s’ouvre sauvagement. Tout le monde s’arrête sauf Soda Pêche parce que quand il chante, rien ne l'arrête.
- Coquille ! lance Katana. Sale traîtresse !
- Dixit la soeur aînée qui a voulu ma mort... Je ne suis pas là pour ça de toute façon. Et ne me regardez pas comme ça, c'est pas moi le centre d'intérêt.
Chacun fait le tour de la pièce des yeux sans rien remarquer d'autre.
- Forcément, une entrée par la chatière, ça fait moins peur ! Par terre ! Youhou !
- Oh, c’est mon copain le petit chat fait Soda Pêche en brisant le cercle.
A cet instant précis, Lulu prend la forme de l’ombre encapuchonnée.
- Bande de crétins ! Il ne fallait pas rompre le cercle ! Vous êtes à ma merci !
Soda Pêche, à quatre pattes, cherche Lulu en l’appelant
- Minou, minou, où tu es ?
- Je suis là, débile !
- Pardon monsieur le moine en robe de bure, si vous pouviez vous pousser un peu.
Enervée, Lulu file un grand coup de pied dans la tête de ce pauvre Soda Pêche.
- NONNNNNN hurle Matiche.
- T’as qu’à crier plus fort ! Et après tu veux me faire croire que c’est moi qui compte le plus, constate Gikou agacé. Si c’était moi qui me prenais un coup, même pas tu pousserais un gémissement.
- Lulu, c’est pas très gentil de faire ça lui fait remarquer Coquille
- 9 épisodes à faire le chat, ça met un peu sur les nerfs.
- J’ai compris, c’est lui le dernier cylon du Battlestar Galactica ! hurle Steakarella en se tapant sur le front. Aïe.
- Hein ? Mais qu’est-ce que tu dis ? demande Katana en la regardant comme une demeurée.
- Rien, laisse tomber, vous savez pas ce qui est bon…
- L’Ombre était un chat qui nous a manipulé pour nous détruire de l’intérieur, vient de comprendre Matiche.
- C’était expliqué dans l’épisode précédent, Matiche, tu pourrais suivre…
- Je couche avec l’auteur, j’ai pas dit que je comprenais toutes les conneries qu’il écrit !
- Lulu a un message fait Coquille en levant la main.
- Merci Coquille, t’es mignonne mais tu sers plus à rien alors si tu pouvais te taire, ça éviterait de gâcher des lignes de texte pour rien.
Coquille va bouder dans un coin. Rocco la prend dans ses bras en souriant.
- Salut, Coquille, dépressive chronique, fait Coquille en se présentant.
- Salut, Rocco, sexuellement désespérée.
Lulu a ouvert les pans de sa robe, laissant apparaître sa véritable nature.
- Oh mais il est noir ! s’exclame Gikou
- Ne prends pas cet air horrifié, c’est une remarque profondément raciste lui fait remarquer Steakarella
- Non, mais je veux dire, il est noir de chez noir !
- Ca va, on a compris Gikou, ça arrive à des gens très bien ! insiste Katana
- Non mais vous êtes débiles ou quoi ? Il est noir comme un trou noir, noir comme les ténèbres, noir comme l’intérieur de l’armure d’or des Gémeaux.
- Oh oui, je m’en rappelle, après il faisait passer les chevaliers dans une autre dimension, ajoute Matiche qui en profite pour peloter le corps de Soda Pêche inconscient.
- Je suis le mal incarné, vous allez pas me faire un flan pour une histoire d’esthétisme. Pas ma faute si les standards en cours ont décrété que le noir serait la couleur du mal absolu.
- Moi, j’aurais dit rose, remarque Steakarella, mais c’est un avis tout personnel.
- Bon, écoute Lulu, t’as été un chat super marrant, tu rebondissais comme personne sur les murs, mais maintenant tu retournes faire popo dans ta litière, la vraie méchante dans l’histoire c’est moi.
- Ma pauvre Katana, tout le monde sait bien que tu te donnes des airs de guerrière antipathique prête à écraser n’importe qui alors qu’au fond t’es une grande sensible qui refuse d’extérioriser ses sentiments de peur que quelqu’un en profite pour te faire du mal.
- C’est quoi ça ? La version chat de la psychologie pour les nuls ? Tout ce que tu fais depuis que t’es arrivé, c’est miauler comme un Christophe Maé qu’on égorge ! Si t’es vraiment le mal absolu, prouve le !
D’un geste las, Lulu a envoyé une petite boule d’énergie noire en direction de Gikou. Sans comprendre ce qui lui arrive, le pauvre Gniard s’écroule par terre.
- Mais… mais tu l’as tué !
- Je vous avais dit que j’étais un méchant chat !
Noodle s’est penché sur le corps de Gikou.
- Ouaip, il est clamsé, raide de chez raide. En tout cas, il avait raison Matiche, t’as même pas crié !
Matiche, la bouche grande ouverte, essaye vainement de faire sortir un son.
- Désolé, j’ai crié trop fort tout à l’heure, extinction de voix.
- Mais comment on va faire pour sauver le monde maintenant qu’il n’y a plus que quatre Gniards demande Steakarella qui se souvient encore qu’il y a un monde à sauver.
- Ne t’en fais pas pour ton monde, Carpacciorella, je n’étais là que pour empêcher les Gniards de le sauver du chaos dans lequel il sombre depuis que l’Homme a pris le contrôle de cette terre. Ma tâche est accomplie, je vous laisse le soin de détruire votre planète. Prenez votre temps, dans les Ténèbres, on est pas super pressé...
- C’est encore un discours à la con écologiste sur l’homme qui détruit la planète et qui court à sa perte parce qu’il est un égoïste primaire qui ne cherche qu’à tuer son prochain ? demande Noodle, le sourire aux lèvres
- Euh.. ouais, fait Lulu, étonnée d’avoir été percée à jour.
- Oh, le discours ringard ! Si c’est ça le mal absolu, je m’étonne même plus de voir qu’Arthur est le roi de la télé.
- Excusez-moi d'interrompre ce formidable débat idéologique ! Je m’appelle Gewurztraminer Goyave. Il y a deux minutes vous avez tué mon ex que j’aimais toujours et pour qui j’étais prêt à sacrifier le monde s’il ne me revenait pas.
- Tu veux me remercier, petit ? sourit Lulu
- Non, juste le rejoindre.
Double G a saisi Lulu dans ses bras et a fermé les yeux. Son corps se met soudain à scintiller. Matiche s'est penché vers Soda Pêche pour le protéger. L'étreinte de Double G se renforce et son corps brille de plus en plus. Le reste de la pièce se retrouve soudain baigné d’une lumière aveuglante. Chacun se protège les yeux de la main tandis que Double G continue d’intensifier son pouvoir. Et dans un bruit vibrant de verre qui se brise, les corps de Double G et Lulu éclatent, laissant une simple trace noire sur le sol.
- Le premier qui récupère ses yeux sera gentil de nettoyer le parquet ! hurle Steakarella.
* * * * * Xanderboy : Et voilà, fin de l’histoire. C’était bien, non ?
Seikyo : Et Matiche il a fini avec Soda Pêche ?
Xanderboy : Ben oui…
Seikyo : C’est trop beau !
Nataka : Non mais faut arrêter ! Tout ça pour ça ? Mais tu te fous de ma gueule ! Je mets peut-être du temps à écrire la mienne, mais au moins ma saga ressemble à quelque chose !
Coyotus : Ah oui, ce serait pas à moi d’écrire le prochain épisode ?
Nataka : Tiens, tu te souviens de tes responsabilités de blogueuse ? Lâcheuse !
Seikyo : Moi tant qu’il y a des garçons ensemble… mais la morale de l’histoire c’est bien que l’humanité est condamnée parce que l’homme ne changera jamais ?
Lilkumo : Non, la morale de l’histoire c’est qu’il ne faut jamais laisser Xander écrire une saga. Moi, je peux, je suis brillante, mais lui, c’est du n’importe quoi !
Luluninette : Je t’aurais bien dit ce que j’en ai pensé mais là tout de suite j’ai une otite et je me bats pour la survie de mes oreilles… je me demande si à force d’écouter Jeff Buckley et Damien Rice, elles ont pas essayé de se suicider…
Xanderboy : Cécile, si ça te gêne pas, tu pourrais me défendre !
Cécile : Hein ? Quoi ? Pardon, t’as parlé de Battlestar Galactica alors je me repasse la saison dans ma tête. Mais de toute façon, je me retrouve toujours à jouer les lesbiennes qui hurlent et qui se vautrent. Et j’aimerais que t’arrête de parler de mes culottes et de mes seins, après les gens vont s’imaginer des choses…
Xanderboy : Un avis masculin peut-être… ou s’approchant… Pierre ? Rhum Raisin ? Un mot ?
Pierre : Vieux.
Xanderboy : Merci, Pierre, tu sais tellement bien réconforter les gens.
Pierre : Tu m’excuseras, j’essaye d’emballer Rhum Raisin mais si tu me parles tout le temps ça risque de ne pas être évident.
Rhum Raisin : Mais j’ai rien demandé, je veux pas qu’on me touche, vous êtes plein de microbes, c’est sale ! Et puis tu m’as tué alors je vois pas pourquoi je prendrais ta défense. Et c’est vrai que c’était n’importe quoi. Je suis pas du tout comme ça dans la vie.
Xanderboy : Vous n’êtes qu’un lectorat ingrat, j’ai sué sang et eau sur cette saga en espérant vous faire sourire un peu et vous…
Tout le monde : Ca fait longtemps que t’es pas passé sur mon blog – Tu comptes rouvrir le tien ? – J’ai bien aimé ton dernier billet – Lui, il est trop sexy – T’as quand même des musiques pourries – J’ai trop de boulot pour actualiser – C’est sympa comme principe, on rencontre des gens – Tu connais Mika ? - Je suis jamais passé chez toi – WLS c’est tellement trop naze – T’as été où à Londres ? – Mais en fait, vous avez les mêmes goûts de chiotte, faut surtout pas vous reproduire ! – Tu fais autre chose qu’aller au ciné ? – T’es franchement super désagréable comme fille – Tu connais Mika ? - Je croyais que t’étais un programme informatique – Sérieusement, t’aimes vraiment Dorothée ? - Xanderboy, il serait pas un peu… ? – Pédé ? – Non, débile, pédé, je vois bien il a un blog rose – C’était quand même nul – Tu connais Mika ? – Vous êtes tous des flans – 30 ans, tu vas bientôt mourir – Mais t’es un nain – On aurait pas oublié quelqu’un ?
March 08 Les Gniards - Episode 9Episode 9 : Beaucoup de Gniards pour rien
Le soleil vient de se lever, encore une belle journée, avec l’ami… Mais qu’est-ce que je raconte ?! Non, la journée n’est pas belle, elle est même pourrie ! Pourrie comme une tomate restée 8 mois au fond de votre frigo, pourrie comme une chanson de Bébé Lily, pourrie comme une odeur de pieds qui ne sont pas sortis de leurs chaussures depuis 10 jours, pourri comme un épisode de Julie Lescaut… Oui, pourrie à ce point ! Si vous aviez la possibilité d’éviter ce genre de journées, nul doute que vous le feriez. Vous resteriez bien au chaud au fond de votre lit, un paquet de bonbons dans une main, la télécommande dans l’autre et vous attendriez la journée suivante. Mais quand on est un sauveur du monde, ce genre de journée toute pourrie c’est la routine. C’est d’ailleurs grâce à ce genre de journée que Jack Bauer est un super héros. Mais dans cette saga, il n’y a pas de Jack Bauer. Pas assez d’arabes et de chinois à torturer. C’est pourquoi les Gniards sont restés couchés. Ouh ! La vilaine bande de fainéants qui fait rien qu’à se planquer sous la couette pour éviter d’avoir à risquer sa peau pour sauver le monde ! Bouh ! Les trouillards ! Mais c’est facile de juger quand on n’est rien d’autre qu’un pauvre quidam sans pouvoir et sans responsabilité sur le sort de la planète ! Vous devriez avoir honte de vous moquer ! Vous croyez que vous valez mieux ? Vous croyez que vos vies ont de l’importance ? Que quelqu’un se souviendra de vous une fois que vous ne serez plus ? Pardon… je me suis laissé emporter… Bref, pour l’heure, les Gniards dorment encore et vous seriez priés de faire un peu moins de bruit pour ne pas les réveiller, il n’y a rien de pire qu’un Gniard ronchon ! Du fond de son lit, Noodle se met à hurler aussi
- Mais tu vas fermer ta gueule, grosse truie !!
Dans la chambre à côté, les garçons se sont bien évidemment réveillés. Enfin, presque tous.
- Mais c’est pas possible, une bombe exploserait qu’il ne se réveillerait pas constate Gikou en regardant Matiche dormir.
- Oh non, ne parle pas de bombe. Déjà que la dame dehors avec son gong me fout la trouille.
Recroquevillé sous ses draps, Soda Pêche ferme les yeux très fort en espérant chasser l’angoisse qu’il sent poindre depuis son douloureux réveil.
- Il ne faut pas t’en faire, petit bonhomme. On veillera sur toi.
Gikou s’est rapproché du lit de Soda Pêche et a soulevé les draps.
- Si je vous dérange vous n’avez qu’à le dire !
- Matiche, t’es réveillé ? C’est pas ce que tu crois. Le petit avait peur, je voulais juste le réconforter.
- En lui enlevant ses vêtements et en l’attachant aux barreaux du lit pour lui verser du miel sur le torse ?
- Yee, berk ! fait Soda Pêche en grimaçant. Le miel, ça colle partout et après ça s’accroche aux poils et ça fait mal quand on l’enlève
- Pardon, ça doit être mon rêve… Aucun de vous n’a un devoir à me rendre ?
Steakarella les interrompt en ouvrant la porte d’un coup sec. Matiche remonte instinctivement les draps tandis que Soda Pêche pousse un petit cri.
- Mais vous foutez quoi ? vous croyez que c’est le moment de jouer à cache-cache sous les couvertures ? Gikou, t’es le plus vieux…
- C’est pas vrai !!
- Ben si, quand même…
- Non, c’est pas vrai ! Je refuse !
- Si, si, je t’assure….
- Non, non, non, non, non, non, non, non…
Soda Pêche et Matiche se sont regardés, étonnés face à Gikou, les yeux fermés, les mains sur ses oreilles qui annone ses ‘non’ en dodelinant de la tête.
- Bon, quand Rain Man aura fini sa crise, vous me rejoindrez en bas. Bande de tarés, on n’est pas aidés, je vous jure… A quand un monde avec rien que des filles au pouvoir ?
De l’autre côté du mur, Noodle s’est remise à hurler.
- Mais jamais tu te la fermes, la brûleuse de soutifs !!
DING DONG (ceci est le bruit d’une sonnette entièrement fait à la main par moi-même)
- Une bombe ! se met à hurler Soda Pêche !
- Mais non, c’est juste la sonnette de la porte d’entrée, tente de le rassurer Gikou
- Mais tu vas arrêter de le peloter, espèce de pervers s’insurge Matiche
- Tu me gonfles, je le touche même pas ! Et en quoi ça te concerne d’abord ?
- Parce que c’est mon copain à moi !
- Et je suis quoi moi alors ? Il y a encore deux jours tu voulais me sauter dessus !
- Mais je veux être le copain de personne, moi. Pourquoi on me demande jamais mon avis ?
- T’es trop petit, pourquoi tu parles ? se met à crier Gikou
- Lui crie pas dessus, hurle Matiche
- MAIS VOS GUEULES ! VOS GUEULES ! VOS GUEULES ! braille Noodle en tambourinant sur le mur.
* * * * * Steakarella a ouvert la porte parce qu’on lui a appris que quand une porte fait DING DONG c’est que quelqu’un de l’autre côté veut rentrer. Et effectivement, comme la vie est bien faite, c’est le cas. Sur le perron, Katana, Sarkopette et Rocco attendent.
- Tiens, Nunchaku ! Que me vaut le plaisir ?
- Rends-moi mes Gniards !
- D’abord, ce ne sont pas tes Gniards et ensuite on dit s’il te plaît.
- Rends-moi mes Gniards ! répète Katana
- Et notre sœur Coquille aussi, demande gentiment Sarkopette.
- Mais je l’ai pas votre sœur, qu’est-ce que j’en ferais ?
- Bon, je vais pas me répèter, tu me files les Gniards ou je démonte la tête de ton assistante.
Joignant le geste à la parole, Katana a saisi Rocco, qui cueillait des fleurs, par le bras.
- Qu’est-ce que j’en ai à faire, elle m’a trahie !
- Han ! Depuis quand suivre son cœur est une trahison ? s’insurge Rocco
- Depuis que ça consiste à divulguer nos secrets à l’ennemi.
- Ah oui, on peut voir ça comme ça…
- T’as autre chose à me demander ? demande Steakarella à Katana. Parce que j’ai des tas de trucs à faire et…
- Ecoute, Tartarella, tes airs de petite cheftaine scout, ça commence à me les briser menu alors tu me files les Gniards…
- Et Coquille, l’interrompt Sarkopette.
- Mais j’en ai rien à foutre de cette gourde de Coquille, répond Katana furieuse
- Quand même, c’est notre sœur !
- Mais elle servait à rien ! Et puis arrête de m’interrompre pour des broutilles !
- Mais c’est que j’ai faim, c’est Coquille qui faisait à manger
- Si vous voulez, on allait prendre le petit déj, vous pouvez vous joindre à nous les invite Steakarella
- Oh oui ! Oh oui ! Manger ! fait Sarkopette en sautillant
- Tu passes cette porte, je te fracasse !
- Mais Kat’, je crève la dalle. On peut pas faire une pause de cinq minutes dans notre projet de conquête du monde ? Allez, moi j’y vais, tu…
Sarkopette a à peine eu le temps de poser un pied dans la maison que Katana l’a déjà agrippé par les cheveux. D’un geste brusque, elle la jette par terre, s’asseoit sur elle et d’un mouvement de poignet rapide, elle lui brise la nuque. Steakarella et Rocco, horrifiées, la regardent la bouche grande ouverte.
- Comme ça, elle arrêtera de me gonfler avec son estomac. Et puis elle voulait me piquer mon leadership.
- Mais c’était ta sœur !
- Et alors ! C’est pas comme si j’étais connue pour aimer mes proches. Et puis elle était laide et handicapée.
- Mais c’est pas politiquement correct comme raison de tuer quelqu’un !
- Bon, maintenant que t’as vu de quoi j’étais capable, file moi mes Gniards… Non, j’ai mieux, appelle moi ta patronne, la Prophète, que je m’arrange directement avec elle.
- C’est qu’elle est momentanèment décédée, bredouille Steakarella
Katana reste sans voix ce qui lui arrive trop peu souvent. Puis, soudain, elle se met à hurler
- NONNNNNNNNNN ! C’est pas possible, elle peut pas être morte, je veux la voir !
Surgissant de derrière la porte, Noodle a sauté sur Katana et l’assome à coup de poêle.
- CA SUFFIT, ARRETER DE BRAILLER !! La prochaine qui l’ouvre, je lui tatoue Tefal sur la face, j’ai été claire ?
Rocco, occupée à râcler la terre avec le crochet de Sarkopette, se jette en direction de Noodle
- KYAAAAAAAAAA !! Mon Noodle à moi, comme t’es trop beau, comme tu m’as trop…
Mais Rocco n’a pas le temps de finir sa phrase, une grosse poêle s’abat d’un coup sec sur son visage.
- J’avais prévenu !
Noodle rentre dans la maison, la poêle sur l’épaule. Steakeralla s’écarte rapidement sans dire un mot. Finalement, laisser le pouvoir aux femmes, c’est peut-être pas une bonne idée non plus…
* * * * * Réunis dans le salon, les Gniards regardent Steakarella rentrer les corps inconscients de Katana et Rocco.
- Venez surtout pas m’aider, c’est pas comme si elles étaient lourdes…
- Moi vivant, hors de question de toucher une fille ! lui répond Matiche.
- Moi, je veux bien fait Soda Pêche.
- Yocco Prune, t’es bien mignon mais tu fais 1m50 les bras levés, j’ai besoin d’un homme… non, laissez tomber, j’ai rien dit.
- Je me propose pas alors ? intervient Gikou
- Tu pourrais quand même…
- Non, t’as dit que j’étais vieux.
Steakarella a jeté un regard implorant vers Noodle mais cette dernière est trop occupée à retendre la paroi de la poêle à coups de poing pour lui prêter la moindre attention. Katana ouvre un œil et se frotte la tête.
- Qui vient de me jeter une brique dans la tronche ?
Puis se rappelant soudain la mort de la Prophète, Katana se met à pleurer.
- Mais qu’est-ce qu’elle a ? demande Matiche dégoûté
- C’est certainement le truc le plus laid que j’ai jamais vu, fait Noodle.
- Un peu de compassion, s’il vous plaît, les interrompt Steakarella. Eh la morue, pourquoi tu chouines ?
- Parce que la personne que j’aimais le plus au monde est morte, répond Katana, si bouleversée qu’elle ne songe même pas à être agressive.
- Mais t’es quiche ! C’est toi-même qui a tué ta sœur !
- Je parle pas du tromblon à crochet, je parle de Clarabelle…
Steakarella et les Gniards se regardent, perplexes.
- T’as tapé super fort, Noodle fait remarquer Steakarella.
- Mais vous ne comprenez rien, intervient Rocco qui vient de se réveiller, c’est une histoire d’amour.
- Tu feras attention, mais je crois que t’as Tefal marqué sur la tronche fait Gikou en souriant
- Les deux leaders des camps adverses qui s’aiment malgré les différences de leurs clans, c’est pas beau comme histoire ? Deux âmes que tout oppose, réunies par une passion violente et destructrice, on dirait du…
- Shakespeare ?
- Harlequin…
- Toutes ces histoires de lesbiennes alors qu’on a même pas encore commencer à manger, cà m’écoeure fait Matiche.
- Tu veux dire que Clarabelle et Katana… ? ensemble ? s’interroge Steakarella. Mais si ça avait été le cas, à elle deux, elles avaient le contrôle des Gniards et…
- T’as été longue à comprendre ! ricane Katana. C’était notre intention dès le départ. Attendre que toi et mes sœurs ayez réuni les Gniards pour ensuite vous éliminer et diriger le monde. Etablir enfin un puissant matriarcat, mettre les hommes à genoux et…
- Mais t’es même pas attirée par les filles ?! continue de s’interroger Steakarella
- Mais c’est qu’un détail, t’as jamais entendue parler de sexualité opportuniste ?
- C’est pas un truc qui se choppe quand ton système immunitaire est affaibli ?
- Clarabelle m’avait pourtant prévenu que vous étiez tous des abrutis, soupire Katana.
- En attendant, ton joli plan tombe à l’eau, sourit Steakarella Je me sens moins coupable de l’avoir butée du coup…
- C’est toi qui l’as tuée ? hurle Katana en se jettant sur Steakarella. Je te jure que…
- Felindra, sauvageonne, chacune dans votre coin. C’est quoi ces manières le filles ?
Tous les yeux se sont tournés vers le garçon qui vient de faire son apparition, puis vers Soda Pêche et à nouveau vers le nouvel arrivant.
- Trop cool ton pouvoir de te démultiplier, siffle Noodle admirative à l’attention de Soda Pêche.
- C’est pas un double, c’est mon jumeau.
- Gewurtz ? C’est toi ? demande Gikou en s’approchant de Double G. C’est pour ça que le visage du petit était identique au tien…
- Tu… tu te souviens de moi ?
- On est sorti 5 ans ensemble, évidemment que je me souviens de toi, crétin !
- Tu m’aimes encore ! Je le savais !
- Non, c’est pour ça que je t’ai l’argué.
- Han ! Tu te tapes Soda Pêche depuis le début ! J’aurais du me méfier de toi. T’es qu’un brigand ! s’emporte Matiche
- Brigand, ça fait peur quand même… sourit Noodle
- Pouni !! Je comprends rien !! hurle Rocco ! Qui fait qui ? Qui est quoi ? Qui se tape qui ? Et qu’est-ce que vous voulez ??
- Mais t’es trop stupide ! rugit Katana.
- Ben, c’est-à-dire que moi non plus je comprends pas grand-chose à cette histoire. Je sais plus qui est avec qui et pourquoi tout le monde s’agite en hurlant… elle est un peu naze cette saga quand même… même Les Feux de l’amour c’est plus facile…
- T’as vu l’épisode où Ashley a un accident de voiture ?
- Rocco, c’est pas le moment ! se fâche Steakarella. C’est bientôt la fin de l’épisode et l’intrigue est incompréhensible ! A part nous envoyer des vannes à la tronche toute la journée, quelqu’un sait pourquoi on est là ?
- J’ai cru comprendre qu’il fallait sauver le monde… se hasarde Matiche
- Et pour ça il fallait qu’on soit tous les cinq… complète Gikou
- Et qu’on utilise nos pouvoirs termine Soda Pêche.
- C’est le cas maintenant, non ? Alors on y va, j’en ai marre de votre compagnie, vous me faites pas rire et je m’ennuie marmonne Noodle.
- C’est que je ne sais pas comment faire. Seule la Prophète connaissait le moyen d’y arriver et elle est morte.
- Tartarella, t’es qu’une pauvre dinde ! Moi, je sais comment faire, elle me l’avait dit parce qu’on était des amoureuses secrètes.
- Comme c’est trop ringard comme expression ! pouffe Matiche
- Si je reprends bien, toi Steakarella tu veux sauver le monde mais tu as besoin que Katana te file un coup de main alors qu’elle, tout ce qu’elle veut, c’est asservir l’univers. Je pense qu’il y a un conflit et que ça ne va pas être facile… commente Gikou
- T’es super fort pour répéter ce qu’on vient de dire… tu sers vraiment à rien…
- Sans vouloir m’immiscer, si je suis venu jusqu’ici c’est pour une raison précise, intervient Double G. Si je suis là, c’est pour vous annoncer qu’on ne sauvera pas le monde.
- Si tout le monde continue à bavasser comme ça, il y a des chances ricane Katana
- Je refuse de le sauver.
- TA TA DA TA
- Matiche, écrase, c’est pas drôle !
* * * * * Et que fait cette pauvre Coquille pendant ce temps ? Rien d’extraordinaire en fait, elle est en train d’agoniser dans son propre sang, ce qui est toujours moins dangereux que d’agoniser dans celui de quelqu’un d’autre, on ne sait jamais, ce serait bête d’attraper quelque chose… Soudain, une ombre s’approche de la jeune femme.
- Lulu, c’est toi ?
- Oui, c’est moi lui murmure l’ombre à l’oreille en se penchant.
Coquille tourne difficilemen la tête vers la présence encapuchonnée.
- T’as une drôle de forme pour un chat, ma Lulu.
- C’est parce que je ne suis pas un chat.
- Lulu, arrête de dire des bêtises, tu vois pas que je suis en train de mourir…
- Et tu entends pas que je suis en train de parler ? Ca te paraît normal un chat qui parle ?
- Je meurs alors je me formalise pas trop…
- Je suis plus qu’un chat, je suis une entité métamorphe et je représente les ténèbres
- C’est bien, ça me fait plaisir pour toi, mais là j’ai un peu mal alors tu m’en voudras pas si je ris pas à ta blague.
L’Ombre s’est relevée. Elle applique sa main sur les blessures de Coquille qui cicatrisent en un instant.
- Tu me crois maintenant ? Je suis ici pour contrebalancer la puissance des Gniards et les empêcher d’apporter la lumière sur le monde.
- C’est pas censé être le boulot des méchants, c'est-à-dire mes sœurs et moi ?
- Trois pauvres idiotes qui se regardent le nombril ? Non. Si je te sauve, c’est parce que tu as toujours été bonne avec moi, Coquille. Maintenant, tu peux fuir loin de tes harpies de sœurs.
- Mais et toi ?
- L’heure de l’affrontement final avec les Gniards a sonné.
- TA TA DA TA
- Mais Matiche, ta gueule, t’es même pas dans cette scène !
* * * * * Et voilà, tous les élements sont en place pour l’épisode final de cette affligeante histoire, un final qui devrait voir la mort d’un des Gniards et pourquoi pas aussi d’autres gens parce que les gens qui meurrent dans les histoires, c’est toujours sympa en terme d’intensité narrative. Promis après ça, je me tiens tranquille et j’arrête de raconter des trucs stupides qui ne servent à rien et auxquels personne ne comprend rien. Mais vous n’étiez pas obligé de me lire. Je ne suis qu'un Gniard après tout et comme chacun le sait, les Gniards, quoi que vous fassiez, ça chouine. February 16 Les Gniards - Episode 8Episode 8 : Pas de vacances pour les Gniards
C'est le compte à rebours final, tu tu tu tu tu, tu tu tu tu tu tu tu. La fin du monde est en marche. Elle s'est levée un matin et elle s'est dit : "Tiens, c'est le moment" et hop ! elle a enfilé ses petites chaussures et elle est partie. Comme ça, sans prévenir. Alors, forcément, personne n'a rien vu venir et aujourd'hui la Terre vit ses derniers instants. C'est ballot. Mais peut-être que les Gniards, nommés sauveurs de la planète selon la Prophétie du 15 novembre dernier, page 3, colonne de gauche, pourront tenter quelque chose. Rien n'est moins sûr cependant. Pris dans leurs querelles stomacales, trachéales, intestinales... enfin, bref, leurs querelles de l'intérieur, les Gniards ont perdu de vue leur mission. C'est que c'est compliqué de s'y retrouver avec tous ces gens qui font n'importe quoi pour des motifs étranges. Il y a les gentils qui veulent rassembler les Gniards pour sauver le monde par pur altruisme parce que les gentils, c'est gentil. Il y a les méchants qui veulent rassembler les Gniards pour monnayer le sauvetage du monde par pure vénalité parce que les méchants, c'est méchant. Et il y a aussi un truc bizarre en capuche qui semble plus intéressé par mettre la pagaille que par le sort du monde. Mais il a une excuse, il est bizarre. Quoi qu'il en soit, maintenant que cette lamentable saga touche pratiquement à sa fin, les Gniards prennent enfin conscience de leur rôle et s'apprêtent à joindre leurs pouvoirs pour empêcher la Terre de faire boum. Encore faudrait-il qu'ils s'entendent... Dans la maison aux murs anthracites des Soeurs Sourire, on met la touche finale au plan de conquête du monde. Sarkopette, penchée sur une feuille de papier, termine d'écrire en s'appliquant, la langue tirée. - Big kisses. Signé les Soeurs Sourire.
- Tu peux pas mettre 'Big kisses'. C'est une lettre de rançon ! grogne Katana. On demande aux chefs des nations de nous filer les clés de leurs pays en échange de la survie du monde, c'est pas une lettre au père Noël !
- Ca n'empêche pas d'être polie ! Si tu râlais moins, tu saurais qu'on obtient jamais rien des autres en leur hurlant dessus et en se montrant désagréable.
- Pour ce que j'attends des autres ! Tu peux te les garders tes leçons de savoir-vivre ! Je te rappelle que t'essayes de te curer le nez avec ton moignon, c'est répugnant ! Tiens, en parlant de bouffe, je me demande ce que Coquille nous a fait ? (en hurlant) Eh ! La grosse ! Il y a quoi à grailler ce midi ?
Pas de réponse. Sarkopette se tourne vers sa soeur.
- Tu trouves pas qu'elle est bizarre en ce moment ?
- Non, elle chouine autant que d'habitude. Et puis tu m'agaces avec tes questions, j'ai autre chose à faire que de m'occuper des autres. je suis Katana Sourire, je me suffis à moi-même !
- C'est une façon déguisée de se moquer de mon moignon parce que je suis obligée de demander de l'aide quand je veux couper ma viande ?
Katana a levé les yeux au ciel, exaspérée. Est-elle donc la seule dans cette famille à avoir un cerveau ?
- Oh ! Coq' ! Je t'appelle ! Tu crois que ça m'amuse de hurler comme ça ?!
- Ben, quand même, à force, c'est ce que tout le monde se dit...
Rocco vient interrompre les deux soeurs
- Excusez-moi mais je crois qu'elle n'est pas là.
- T'es qui, toi ? aboie Katana
- La fille qui se tape le Gniard qui ressemble à un garçon mais qui en fait est une fille, répond Sarkopette. C'est un sous-fifre de Steaky.
- T'es la Coquille du camp adverse, alors... Elle est où notre débile de soeur ?
Rocco n'aime pas beaucoup quand on lui crie dessus, après elle se dandine comme la première Odette Toulemonde venue et elle a l'air d'une courge.
- Elle est partie avec son chat mais elle a laissé un mot pour vous. Ca dit : "allez voir ailleurs grosses vilaines pas belles, vous êtes que des méchantes qui font rien qu'à m'embêter."
- Elle a viré goliotte ? demande Sarkopette, interloquée par la mièvrerie des mots de sa soeur.
- Non, j'ai changé les mots pour éviter la censure.
- Pas grave, sourit Katana d'un air mauvais, laisse la bouder dans son coin. Tu la connais, elle va se murger la tête, se faire un mec qu'elle connaît à peine, elle pleurera un bon coup parce qu'elle réalisera qu'elle n'est qu'une sombre bouse et elle rentrera.
- Vous manquez de compassion envers votre soeur, intervient Rocco d'une voix monocorde. C'est une gentille fille qui a de gros problèmes relationnels avec les hommes, c'est pas de sa faute.
- T'as mangé un scénariste de 7 à la maison pour sortir des idioties pareilles ?
- Non, c'est ce que Coquille a écrit en PS au bas de sa lettre : "phrase à dire à mes soeurs quand elles me traiteront de pauvre fille."
- Tant pis pour Coquille, on conquerra le monde sans elle, s'énerve Katana. Tiens, sous-fifre, va me chercher les Gniards. C'est l'heure de passer à l'action.
- Ils sont partis aussi. Même que Noodle n'a pas voulu que je le suive. Trop boulet, qu'elle a dit. Vous croyez qu'il me trouve trop grosse ?
Katana fulmine.
- Comment ça "parti" ? C'est quoi cette baraque dont tout le monde se casse sans prévenir ?
- Je t'avais dit que t'étais trop désagréable.
- Toi, la lépreuse, écrase ! Comment on va asservir l'humanité si on a plus de Gniards ?
- Et surtout, qu'est-ce qu'on va bouffer si Coquille n'est plus là !
* * * * * Introduisons ici une petite parenthèse ().
Si je fais une pause dans ce récit palpitant, vous en conviendrez, c'est qu'il me faut apporter quelques éclaircissements à une intrigue inutilement confuse. Peut-être vous souvenez vous que plus ou moins chacun des personnages a des secrets plus ou moins bien cachés et plus ou moins découverts par d'autres personnages plus ou moins cachés. Promis, je n'emploierai plus l'expression "plus ou moins". Afin de faciliter la compréhension de cet épisode et celle des épisodes à venir, à savoir le 9 et le 10, je vais lever le voile, hopla, sur les quelques mystères que contient cette navrante histoire.
Secret n°1 : Qui est l'Ombre ? Réponse : Non, pas cette question, une autre.
Secret n°2 : Qu'est-ce qu'elle veut ? Réponse : Non, pas celle-là non plus, une autre.
Secret n°3 : Qu'a-t-elle promis à Noodle et Matiche en échange de la vie d'un Gniard ? Réponse : Ca, c'est facile, il suffit de lire la scène suivante.
Secret n°4 : Laquelle des trois soeurs Sourire entretenait une liaison avec feue la Prophète Clarabelle ? Réponse : Demandez à Lulu.
Secret n°5 : Steakarella a-t-elle réellement des culottes Snoopy ? Réponse : C'est tellement mieux que des culottes jour de la semaine.
Secret n°6 : Que va faire Coquille de sa découverte de l'épisode précédent, à savoir que Double G est un Gniard fourbe qui couche avec l'Ombre, a détruit un continent et espère doubler son partenaire de chambrée, bon sang ce que cette question est longue ? Réponse : A force de pleurer, Coquille a développé une otite et n'a absolument rien entendu. Ceci est un des rebondissements les plus calamiteux de toute l'histoire des rebondissements. Et non, cette saga n'est pas sponsorisée par J.J. Abrams.
Secret n°7 : Pourquoi est-ce que l'auteur continue cette histoire pourtant très mauvaise ? Réponse : L'auteur parle de lui à la troisième personne, vous pensez sérieusement qu'il peut s'arrêter ?
* * * * * Au QG de la Prophète Clarabelle, malencontreusement décédée l'épisode précédent parce que Steakarella l'a légèrement tuée à coups de poings, la Messagère se demande comment annoncer la nouvelle à ses Gniards, comprenez ici Matiche et Gikou et non Berthe et Gisèle, Steakarella ne parle pas encore à ses seins, merci pour elle. Ce qu'elle ignore c'est que les garçons sont déjà partis. Oh, pas bien loin. Ni l'un ni l'autre n'ayant leur permis, ils ont eu tôt fait de rebrousser chemin passé le coin de la rue, Matiche ayant eu une soudaine envie de blanquette de veau. Assis sur les marches du perron, Soda Pêche attend bien sagement qu'on vienne lui ouvrir, ce qui serait certainement plus simple s'il frappait mais sait-on jamais, Matiche pourrait lui ouvrir et il ne sait pas très bien comment se comporter face à celui qui l'a tant fait souffrir mais qu'il ne peut s'empêcher d'aimer. Comme c'est bête parfois un garçon amoureux. Face à lui, adossée contre un gros arbre, la cigarette aux lèvres, Noodle regarde des fourmis lui grimper sur les chaussures en se demandant combien de temps encore le demeuré va mettre avant de sonner à la porte.
- Oh ! Bonjour Soda Pêche, murmure Matiche d'un air gêné en apercevant son ancien amant.
- Bonjour Matiche, bredouille Soda Pêche en évitant de le regarder dans les yeux.
- C'est toi, Soda Pêche ? C'est marrant, t'as la même tête qu'un de mes ex ! remarque Gikou
- Oui, c'est trop fendard. Ah, ah, ah, quelle grosse marrade ! On peut passer à autre chose ? râle Noodle
- Vous aussi vous l'avez vu ? demande Gikou
- Oui, même qu'il avait un gros bonnet rouge et une hotte mais en fait je l'ai vu que de dos dans le noir parce que j'étais caché derrière le canapé mais maman m'a juré que c'était lui ! fait Soda Pêche en hochant frénétiquement la tête.
- Eh, Oui-Oui, on parle de la disparition d'un continent, pas de ton père en travesti pour de la propagande mercantile américaine, s'insurge Noodle. Et au lieu de bouffer des yeux le type qui t'a jeté comme un vieux kleenex, tu ferais mieux de lui rentrer dans le lard. Mais je suppose que c'est ton double qui a hérité de la paire de...
- Noodle, l'interrompt promptement Gikou, tu es vraiment très agressive. Si tu continues, tu finiras comme Katana.
- Toi, la ballerine, on t'a pas sonné. De toutes façons, je m'en fous, je peux me débrouiller sans vous.
Steakarella a brusquement ouvert la porte d'entrée, heurtant Soda Pêche qui trébuche dans les bras de Matiche. Tous deux très embarrassés, les deux jeune garçons s'écartent rapidement l'un de l'autre sans se regarder.
- Ben qu'est-ce que vous fichez là ? Il y a des salles chauffées à l'intérieur, rentrez ! Tiens, Stu-Pot, Piquette Kiwi, c'est gentil de revenir nous voir.
- C'est Noodle, et je t'emmerde, la grosse !
- Bonjour, madame Steakarella la Messagère, s'excuse Soda Pêche, pardon d'être parti sans dire au-revoir, je suis désolé, je ne recommencerai plus, surtout que j'ai été maltraité, battu, torturé et j'ai beaucoup pleuré et j'ai eu très peur et...
- Oui, c'est bon Cosette, tu vas pas nous raconter ta vie pendant trois plombes.
Une fois tout le monde installé, c'est-à-dire Matiche coincé sur le canapé entre Gikou et Soda Pêche et Noodle a l'écart parce que la proximité avec les gens, ça craint, Steakarella peut enfin annoncer la mort de la Prophète.
- Bon, les gars, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Clarabelle est morte. Ce qui veut dire que plus personne ne vous pelotera les fesses.
- Il y a qu'à toi qu'elle pelotait les fesses, fait remarquer Noodle, j'ai d'ailleurs jamais compris pourquoi.
- Et la mauvaise ?
- Clarabelle est morte et elle était la seule à savoir comment utiliser vos pouvoirs pour sauver le monde.
- Techniquement tu n'avais qu'une seule nouvelle à annoncer alors.
- Techniquement, Matiche, tu es très agaçant mais oui, c'est ça.
- Et ça ne vous est pas venu à l'esprit que le moment était peut-être mal choisi pour la tuer ? demande Gikou
- Oh, ça va, je l'ai pas fait exprès ! Ca arrive à tout le monde de buter quelqu'un par accident.
- Et en attendant, on fait quoi ? On parie sur le prochain continent qui disparaît de la carte ? ironise Matiche qui a décidément la langue bien pendue.
- L'Atlantide, murmure Soda Pêche l'air grave en hochant la tête.
- Mais ça existe même pas, abruti ! lui répond Noodle
- Ils en ont fait un Disney, c'est obligé d'être vrai !
- Tu es une mise à l'épreuve de mon Dieu personnel, je ne vois pas d'autre raison à ton existence.
- Ou alors on pourrait demander de l'aide aux soeurs Souris, suggère Soda Pêche
- SouriRE, articule Steakarella. Les soeurs Sourire comme dans rire mais sans bruit de gorge.
- Ah ! C'est donc ça leur vrai nom ! Je me disais aussi qu'à part Coquille, elles couinaient pas beaucoup.
- Parce que tu trouves qu'elles sourient davantage ? demande Noodle
- De toutes façons, fait remarquer Steakarella, il est hors de question de demander quoi que ce soit à ces malfrates.
- Je ne crois pas que ce soit correct, précise Matiche mais vous pouvez utiliser "scélérates".
- Est-il utile que je rappelle que le sort du monde est en jeu et qu'il serait temps de se concentrer sur une véritable solution ? intervient Gikou.
- T'en as pas marre d'être sérieux tout le temps ? lui demande alors Matiche. T'es sinistre à force. Décoince toi un peu. Envoie toi en l'air.
- Pour ce que ça t'a réussi !
- Tiens, puisque vous abordez le sujet, intervient Noodle, non que ça m'intéresse mais juste histoire de vous voir vous crêper le chignon, entre le mioche qui chouine même quand il chante et le lèche-botte avec sa coupe de premier de la classe, c'est qui le meilleur coup ?
- J'ai jamais couché avec Matiche !
- Eh oh, ça va, Gikou, il y a pire comme expérience. Demande à Soda Pêche. Dis-lui que c'était bien.
- Avant ou après que tu m'aies humilié et que tu m'aies jeté ?
- Mais t'as pas compris que je faisais ça pour te protéger ? Parce que tu es trop petit, trop fragile pour cette vie là. Parce que je t'aimais bien et que je ne voulais pas que tu sois celui qui meurt !
- Parce que si c'est moi qui y reste, ça te gêne pas ? demande Gikou, abasourdi
- Vous me gonflez ! J'aurais du rester vierge, mon horoscope me l'avait dit ! Le sexe, c'est nul !
- On peut revenir à la partie où quelqu'un doit mourir ? Parce que je serais curieuse de savoir comment tu sais ça, demande Steakarella.
- C'est l'Ombre qui lui a dit.
Noodle a jeté cette phrase comme une évidence. Tout le monde s'est tourné vers elle.
- Il y en a qui ont fait des séjours en HP pour moins que ça.
- Tu connais l'Ombre ? demande Matiche, les sourcils froncés.
Steakarella se met à rire parce que ça fait longtemps qu'elle n'a pas rit et quand elle ne rit pas pendant un moment, ça lui manque.
- Oui, moi aussi je la connais. D'ailleurs, elle me suit tout le temps, c'est super pénible. Va t'en, vilaine, tu crois que je te vois pas planquée sur le sol dans mes pattes ? Mache !
- Z'êtes lourde, fait remarquer Matiche. A qui d'autre est-ce qu'elle est apparue ? Qu'est-ce qu'elle vous a demandé ? De tuer l'un d'entre nous ? Qu'est-ce qu'elle vous a promis ?
- Si tu veux, on peut te laisser. Tu te fais l'épisode entier tout seul en posant les questions et les réponses.
- Oh oui ! s'enthousiasme Soda Pêche, ce serait tellement drôle. Tu pourrais faire des voix, tu sais, comme quand tu fais Mickey en disant "allez, Pluto !"
Noodle, qui a pris sur elle de ne plus jamais écouter Soda Pêche, plonge son regard dans celui de Matiche.
- L'Ombre m'a dit que si j'éliminais l'un des quatre autres Gniards, le monde deviendrait un havre de paix où chacun serait enfin dôté de la capacité de comprendre et de s'interroger sur l'univers qui l'entoure. Et même qu'on pourrait faire des jeux de rôles Avatar.
- La paix dans le monde ? Comme c'est bidon comme souhait ! Tu postules pour être Miss France ou quoi ?
- Parce que t'a demandé quelque chose de plus intelligent peut-être ?
- Euh... juste un mec que j'aime et qui m'aime.
Steakarella est atterrée.
- Bon sang, les filles, vous êtes pitoyables. Vous pensiez vraiment qu'en tuant quelqu'un, vos voeux allaient s'exaucer ? La paix et l'amour par le meurtre ? Mais dans quel monde vous vivez ? Vous êtes texans ou quoi ? Si j'avais pas prévu de vivre encore 138 ans, je laisserais bien le monde sombrer dans le chaos en vous abandonnant à votre sort tous les cinq.
- D'ailleurs à ce propos, est-ce que quelqu'un sait où se trouve le dernier Gniard ?
Mais la question de Gikou reste sans réponse. Noodle vient d'envoyer son poing dans la figure de Matiche qui percute Steakarella, très occupée à hurler sur tout le monde parce que ce n'est pas humainement possible d'être aussi demeurés et Soda Pêche, effrayé par tout ce bruit et cette agitation, s'est réfugié dans sa tête pour y chanter du Mika. Mais pas du Sandi Thom, parce que Sandi Thom est une dinde.
* * * * * - Alors, comme ça, on voulait s'enfuir ? Tu pensais que je ne t'avais pas vue, cachée sous mon lit, Miss Dépressive ?
- Mais je te jure que je ne sais pas de quoi tu parles, laisse-moi partir, tu me fais mal.
- Je ne prendrai pas le risque que tu fasses capoter mon plan? Je dois me venger, c'est un impératif.
- Ca ressemble plus à du présent pour moi mais comme tu me fais super mal, je te laisse avoir tes propres règles...
Double G l'a giflée pour la faire taire. D'un bond, Lulu a surgi du sac à dos de Coquille et s'est jeté sur l'agresseur de sa maîtresse, les griffes en avant. D'un geste brutal, Double G envoie la pauvre petite chatte contre le mur où elle s'écrase dans un bruit atroce.
- LULU !!
- Ce qu'il y a de pénible avec les filles quand on les brutalise, c'est qu'elles se mettent toujours à brailler.
Double G empoigne alors Coquille et lui écrase violemment la tête contre les briques.
- Ouh ! Ca t'enlaidit vachement le nez cassé. T'as bien fait de jamais faire de boxe.
- Mais pourquoi tu fais ça ? Tu es un Gniard, gémit Coquille en pleurant, le visage en sang. Tu dois sauver le monde !
- C'est prévu ma tout laide, tu ne seras juste plus là pour en profiter.
Prenant son élan, Double G assène un grand coup de pied dans les côtes de Coquille qui hurle de douleur. Devant le corps recroquevillé de la jeune femme, Double G sourit, de son si magnifique et adorable sourire. Une larme roule sur la joue tuméfiée de Coquille. Et alors que le jeune homme s'éloigne, Coquille perd connaissance.
* * * * * J'entends bien vos plaintes face à cette nouvelle scène de violence. Sachez, si cela peut vous rassurer, qu'elle a été exécutée par de véritables professionnels. N'essayez pas de la refaire chez vous, vous risqueriez de vous faire très mal. Je dis ça surtout au cas où vous envisageriez d'utiliser votre nouveau-né dans le rôle de Lulu. Parce que 9 mois pour en avoir un autre, c'est long. Ceci étant dit, vous aurez constaté par vous-même que l'épisode était terminé, ce qui veut dire que vous êtes libre de déposer vos remarques, vos suggestions, vos compliments et même vos récriminations dans la partie commentaire qui se situe juste en dessous de ce billet. Je les lis avec beaucoup d'attention même s'il est bien évident que je n'en tiens absolument pas compte (cf réponse au secret n°7). Mais comme je le dis à chaque fois, vous n'étiez pas obligé de me lire. Je ne suis qu'un Gniard après tout et comme chacun le sait, les Gniards, quoi que vous fassiez, ça chouine. February 02 Les Gniards - Episode 7Episode 7 : Le Gniard, un ami qui vous veut du bien
Deux anciennes maisons, d'égale dignité, dans la ville des Gniards où se tient notre scène font un nouvel éclat de leur antique hargne, le sang civil salit les mains des citoyens. Or dans le sein fatal de ces deux ennemis, deux amants prennent vie sous la mauvaise étoile... Comment ça du plagiat ? Prétendriez-vous que j'ai moins de talent qu'un obscur et misérable auteur de théâtre. Soit, puisque mon génie créatif n'est pas estimé à sa juste valeur, je n'essayerai plus de me montrer brillant. ce sera dur mais rien n'est impossible. Reprenons donc avec une introduction plus classique. Lecteur, assieds-toi, faut que j'te parle, j'ai passé ma journée dans le noir, lecteur, j'le sens, j'le sais, j'me suis, je me fous de toi... quoi cette fois ? C'est toujours pas un début qui vous convient ? Je veux bien réessayer mais ce sera la dernière fois ! Si vous êtes pas content après ça, je vous fais un tableau récapitulatif ! Ne me tentez pas ! Bon, tant pis, vous l'aurez voulu. Equipe des Gentils tout plein vs Equipe des Méchants pas beaux Chef : Prophète Clarabelle vs Katana Sourire
Sous-chef : Steakarella vs Sarkopette Sourire
Quantité négligeable : Rocco vs Coquille Sourire et Lulu
Gniards sûr de sûr : Matiche et Gikou vs personne !
Gniards à voile et à vapeur : Noodle vs Soda Pêche et Double G
Truc qu'on ne sait pas ce que c'est mais brrr, ça fait peur : L'Ombre
C'est pas plus clair comme ça ? Maintenant que les bases ont été posées à nouveau, je vais pouvoir commencer mon récit. C'est que j'ai un épisode à boucler, vous me faites perdre du temps. TOC TOC fait la porte d'entrée de la maison aux murs paprika des soeurs Sourire.
- C'est qui ? répond l'une des soeurs, probablement Sarkopette parce que la porte est recouverte de postillons.
TOC TOC refait la porte d'entrée de la maison aux murs lavande des soeurs Sourire.
- C'est qui ? répond l'une des soeurs, probablement Katana vu que la porte a tremblé de terreur.
TOC TOC rerefait la porte d'entrée de la maison aux murs cerise des soeurs Sourire.
- C'est qui ? répond l'une des soeurs, probablement Coquille parce que c'est la seule qui n'a pas encore parlé.
- Sheila Lutte Finale !
Devant la porte, Rocco se met à glousser comme une Christine Bravo sous hélium. Noodle, d'un claquement de doigts, lui intime l'ordre de se taire.
- Ta blague est navrante. On ne rit pas avec le combat des justes pour la liberté.
- Désolée, c'est Matiche qui me l'a apprise, j'ai cru que c'était marrant.
La porte s'est ouverte. Sarkopette accueille les nouvelles
arrivantes. Avant même qu'elle ouvre la bouche, Noodle place Rocco
devant elle pour se protéger.
- Salut, moi c'est Sarkopette, je crache, je rote, je pète, rien ne m'arrête !
- Moi, c'est Rocco et le beau mec derrière moi c'est Noodle, répond Rocco en s'essuyant la figure.
- La vie pour les nuls, chapitre 1 : zizi = garçon, minou = fille. Ton Noodle, c'est une gonzesse ! aboie Katana.
- Et mon poing dans ta face de Fogiel, ça te tente ? Je suis le
Gniard de la Terre, j'ai entendu dire que vous recrutiez, ça vous
intéresse ?
Katana et Sarkopette se sont regardées, interloquées. Pas
Coquille. Parce que Coquille est encore occupée à rire de la blague de
Rocco. Mais il faut l'excuser, elle traverse une mauvaise passe et ses
nerfs sont à fleur de peau. C'est qu'elle en a marre de passer pour la
demeurée de service, cette pauvre Coquille. Oui, elle fume, elle boit,
elle couche. Est-ce une raison pour la rabaisser constamment ?
N'a-t-elle pas le droit d'essayer de trouver le bonheur comme elle peut
? Ses soeurs trouvent peut-être un sens à leur vie dans la vilénie -
non pas qu'elles soient laides, même si Sarkopette ressemble à s'y
méprendre à Rosy de Palma - mais elle, Coquille, préfèrerait trouver un
sens à sa vie dans les bras d'un homme. C'est anti-féministe mais elle
s'en fout. L'amour, celui qui bouge le cul des andalouses, celui qu'on
trouve en cherchant sous ta blouse, c'est important. Et Coquille n'en
peut plus d'attendre un homme qui ne viendra pas vu que tous les
personnages de cette saga sont des filles ou des garçons sensibles qui
préfèrent rester entre eux. La vie est vraiment trop mal faite.
- C'est bon, c'est fini le monologue sur la vie inintéressante de
Coquille ? J'ai une réplique importante à placer, une des rares qui
font avancer l'intrigue, meugle Katana. On a trois Gniards maintenant,
le rapport de force s'est inversé.
- Euh, tu sais, soeurette, les lecteurs sont pas débiles. Si on en
avait deux l'épisode précédent et qu'on en hérite d'un de plus
aujourd'hui, ça fait trois. Ce sont des maths élémentaires. Même une
grenouille à lunettes qui se vautre en rollers pourrait faire le
calcul. Non, une réplique qui pourrait faire avancer l'intrigue ce
serait...
- Cette conne de chatte vient de pisser sur mes groles ! se met
soudain à crier Noodle. Des pompes de collection portées par Damon
Albarn lui-même ! On sent encore la sueur de ses pieds !
Lulu,
très fière d'elle, vient frotter son poil contre les jambes de Coquille
qui est passée de la crise de rire à la crise de larmes. Sans même
prêter attention à sa maîtresse. Parce que les dépressives, ça a
toujours eu le don de l'agacer. Lulu se retire, royale, en poussant un
interminable miaulement qui pourrait se traduire en gros par :
- Je ne peux peut-être pas parler mais je peux pisser partout, au moins on se souviendra de mon passage dans cet épisode.
A cet instant, Double G fait une entrée fracassante en ouvrant grand la porte à double battants de la grande pièce.
- Les filles, je voudrais pas vous inquiéter mais depuis 6
épisodes que ça tourne, personne ne s'est dit que la menace imminente
de fin du monde pouvait avoir un impact sur le reste de la planète ?
- Pas bête comme remarque, c'était pas le boulot de Coquille ?
demande Sarkopette en se tournant vers sa soeur, désormais
recroquevillée en boule et se tapant la tête contre le sol.
- Qu'est-ce qu'on s'en fout du reste du monde ! On aime pas les
gens, alors ils peuvent crever. Au pire, ça fera des esclaves en moins.
J'adore dire ce genre de phrases ! Comme c'est trop le pied d'être une
tarée psychopathe, fanfaronne Katana.
- Bon alors, ça ne choquera personne si je dis que l'Australie vient de disparaître de la carte...
Coquille relève la tête, les yeux bouffis et d'un seul coup, elle se met à hurler en pleurant.
- Non, pas Hugh !!!
* * * * *
Au QG de la Prophète Clarabelle, c'est la débandade. Non, cette phrase ne sert pas de préambule à une quelconque boutade sexuelle, elle aurait pu mais ce ne sera pas le cas parce qu'il n'y a pas que le cul dans la vie, bande de pervers ! Steakarella, tout comme Double G dans le camp adverse, vient de se rendre compte qu'un gros bout de terre a été englouti. Et tout comme Coquille dans le camp adverse, elle pleure la disparition de Hugh. Et de Nicole. Et de Naomi. Et de Russell. Et de Mel. Ah non, pas Mel, elle s'en fout. Et comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, elle doit aussi annoncer à la Prophète qu'un des Gniards s'est enfui et que leur assistante avec. Ce qui, de toutes les nouvelles, est peut-être finalement la seule qui soit bonne. Etre Messagère, c'est franchement un boulot pourri ! Si elle avait su, elle serait restée pigiste pour "La Courge en Fête Magazine". TOC TOC fait-elle à la porte en tapant dessus.
- Entrez ! hurle Clarabelle de derrière la porte sinon elle n'a aucune raison de hurler si elle n'est pas dans son bureau.
- Sheila Lutte Finale, répond Steakarella, croyant détendre
l'atmosphère. Ah non, zut, ça ne marche pas. Je comprends rien aux
blagues de Matiche. Ce garçon est vraiment trop stupide.
- Qu'est-ce qui t'arrive choupinette ? Maman te manquait ? Tu
voulais un gros câlin ? Viens là, mon caneton. Enlève cette vilaine
chemise et cet affreux soutien-gorge.
- C'est que, madame, il se passe des choses graves et je crois qu'il est temps de trouver un plan.
- Oui, oui, plus tard. Retire cet atroce pantalon et cette ignoble culotte en coton rose Snoopy.
- Le cataclysme a commencé plus tôt que prévu. Ce n'est plus qu'une question de jours.
- Raison de plus pour ne pas perdre de temps ! Désappe toi, tu veux que je te rappelle qui est la boss ici ?
- Mai j'en ai marre d'être votre boniche sexuelle ! Je suis bien
plus qu'une extraordinaire paire de seins ! J'ai un cerveau aussi ! Et
un coeur ! Et le sens du devoir et des responsabilités. Bon, pas celui
de l'équilibre mais je compense en étant super-réactive. Bon, pas quand
je dors mais quand je suis éveillée, je suis super efficace. Sauf quand
j'ai pas envie. Ou que je m'ennuie. Ou qu'il y a des chiffres partout.
Bref, je ne suis pas qu'un gode géant !
- Tu sais que tu es sex quand tu te rebelles ?
- Stop. C'est terminé. Je jette l'éponge. Lorsque vous m'avez
embauchée pour retrouver les Gniards, vous m'aviez dit à l'époque que
le sort du monde dépendrait de moi. J'ai pris ma tache très à coeur
parce que même si je râle, j'ai quand même envie que le monde reste sur
son axe sinon je n'ai plus rien contre quoi râler et ce serait nul
comme vie. Vous m'aviez dit que j'avais 10 épisodes avant la
destruction complète de cette planète. Hors, on en est au septième et
on vient déjà de perdre un continent...
Du fond du QG une voix s'est élevée.
- L'Australie n'est pas un continent. Elle fait partie de
l'Océanie qui, elle, est un continent qui comprend également d'autres
îles et archipels comme la Nouvelle Zélande ou la Tasmanie.
- Matiche, arrête de reprendre tot le monde tout le temps, c'est
agaçant ! hurle Steakarella en réponse. Ou est-ce que j'en étais moi ?
Ah oui, on en est à l'épisode 7, c'est le foutoir complet au niveau des
Gniards qui font n'importe quoi et l'équilibre planétaire est en train
de foutre le camp.
Une autre voix s'élève alors.
- C'était le cas avant avec le conflit israëlo-palestinien, la
guerre en Irak, la Tchétchénie, l'Iran, la Corée du Nord, le terrorisme
d'Al-Qaïda, celui de l'ETA, les dictatures d'Amérique du Sud sans
oublier Bush, Poutine, la drogue, la pédophilie, l'intolérance
religieuse, la traite des blanches, le massacre des animaux, les
accidents de la route, le réchauffement de la planète, le sida, le
cancer, la grippe aviaire, le chikungunya, les chansons de Diam's et
Thierry Ardisson !
- On le sait que le monde est foutu, Gikou, la ferme ! hurle de
nouveau Steakarella. Ils me fatiguent ces garçons ! Ca me donnerait
presque envie d'être lesbienne.
- C'est pour ça que je suis là, trésor. Je suis la solution à tous tes problèmes.
C'en est trop pour Steakarella. Elle ferme son poing très fort et
le lance dans le visage de la Prophète. Une fois. Deux fois. Trois fois.
- Combien de fois il va falloir que je le dise ? JE (un coup) NE
(deux coups) SUIS (trois coups) PAS (un bisou sur son poing
ensanglanté) INTERESSEE (dix-sept coups et demi parce qu'elle s'est
mangé le bureau au milieu du dix-huitième) !
Clarabelle ne bouge plus. Avachie sur son fauteuil, la Prophète ne
respire plus. Le visage tuméfié, la lèvre fendue, les yeux pochés... le
spectacle est atroce. J'aurais d'ailleurs peut-être du prévenir avant
que la scène qui allait suivre était à déconseiller aux âmes sensibles
et aux petites personnes de tout juste 21 ans. Steakarella regarde son
poing et se rend compte qu'elle a peut-être légèrement, mais alors très
légèrement, perdu le contrôle.
- Dites, madame, vous m'en voulez pas trop, hein ? On ne peut pas
toujours être d'accord sur tout, non ?... Bon, je vais vous laisser
vous reposer, vous avez l'air... morte de fatigue.
Steakarella sort du bureau qu'elle ferme délicatement. Comment
a-t-elle pu en arriver là ? Le sort du monde est en jeu et elle n'a pas
toutes les données du problème. Par exemple, elle ne sait pas quelle
est la procédure à suivre lorsque les Gniards seront tous les cinq
réunis. Il n'y avait que la Prophète qui avait la réponse à cette
question. Perdue dans ses pensées, Steakarella n'entend pas le
téléphone de Clarabelle qui sonne. Bien évidemment, la pauvre fille au
visage bouilli ne peut répondre, ce qui a le don de fortement agacer la
jeune femme qui cherche à le joindre. Une jeune femme qu'elle appelait
"mon amour". Une jeune femme qui est dans le camp adverse et qui,
contrairement à Steakarella, a la réponse à la question que la
Messagère se pose.
* * * * * Gikou est amoureux de Matiche
mais refuse de se laisser aller parce qu'il trouve que Matiche est un
pauvre type. De son côté, Matiche est aussi amoureux de Gikou même s'il
repense encore parfois avec tendresse à son petit Soda Pêche qu'il
a jeté sans ménagement pensant lui rendre service en l'éloignant des
turpitudes de la vie des Gniards. Mais Soda Pêche, derrière ses airs de
petit garçon fragile, refuse de chasser Matiche de son coeur même s'il
est fortement troublé par son jumeau, le très sexy Gewurzttraminer
Goyave. Un Gewurzttraminer Goyave qui prend décidément beaucoup de
plaisir dans les bras du si gentil Soda Pêche même s'il repense parfois
encore à son ex qui l'a plaqué sans ménagement il y a trois ans et pour
lequel il est prêt à détruire le monde. C'est si touchant tous ces
garçons qui couchent entre eux. Et c'est si dommage qu'ils n'aient pas
eu le temps de joindre leurs forces dans un bel effort commun de
satisfaction de leurs sens.
Assis devant son poste de télé, la bouche grande ouverte devant ce
laideron de Lisa, Matiche se demande si Victoria S. couche vraiment
avec le chien de Christophe D., tout en noyant son chagrin dans une
surconsommation de Savane Roll Double Chocolat. Le bulletin
d'information vient le sortir de sa catatonie gustativo-télévisuelle.
- L'Australie n'est plus, clame d'un air solennel le présentateur
télé. L'heure est grave. Le monde pleure un continent et les peuples
des quatre coins de la planète se mettent à prier. Aucune explication
n'a encore été trouvée à cette incroyable catastrophe mais on ne peut
pas exclure une nouvelle bourde de Ségol...
Matiche s'est relevé et a éteint la télé. Ses sens sont en éveil. Il sent qu'en tant que Gniard, il doit intervenir.
Les genoux repliés sur sa poitrine, un casque sur les oreilles, Soda Pêche écoute en boucle Perle Lama lui susurrer sa guimauve. Ses tympans, comme en signe de protestation, se mettent à saigner. D'un geste las, il retire son casque et surprend alors la fin du journal télévisé. - Je vous rappelle le titre principal de l'actualité. A plus
l'Australie. Pouf, elle est plus là. Il ne reste que de la flotte qui
se déverse super rapidement comme quand tu vides ta baignoire ! La
question est : qui a retiré le bouchon ?
Soda Pêche s'est redressé. Il ne peut peut-être pas répondre à la
question de ce très mauvais présentateur mais il sent qu'en tant que
Gniard, il doit faire quelque chose.
Gikou traîne sa misère dans les rues de la ville, comptant le nombre de filles qui ont un t-shirt bleu, le nombre de grand-mères qui ont une permanente et le nombre de mecs dont on voit le caleçon quand ils marchent. Ensuite, il additionne le tout puis il le divise par le nombre de vampires tués durant les sept saisons de Buffy. Et il obtient ainsi le pourcentage de chance qu'il a de sortir avec Matiche. Mais alors qu'il se demande s'il doit compter les morts de l'univers crée par le voeu de Cordelia dans la saison 3, une feuille de journal lui arrive en pleine figure. C'est une journée venteuse. Et il n'y est pour rien. La Une annonce que l'Australie a coulé à pic après s'être brisée en deux à la verticale mais qu'une certaine Rose a réussi à s'enfuir sur un morceau de bois qu'elle a refusé de partager avec quiconque comme une grosse truie égoïste qu'elle est. Gikou s'arrête de compter. Il se fout complètement de savoir si, en enlevant sa robe de 68 kilos, Rose aurait eu la place d'accueillir un deuxième passager, tout ce qu'il se dit c'est, qu'en tant que Gniard, il doit se bouger. Allongé nu sur son lit, Double G se dit qu'il a décidément un
corps sublime. Et c'est vrai. Et il se dit qu'il a énormément de chance
d'avoir un jumeau identique et de connaître le bonheur incroyable
d'être avec un garçon tel que lui. Physiquement du moins parce qu'il
est évident que Double G a plus de jugeote que ce pauvre petit oisillon
perdu de Soda Pêche. Par moment, il lui fait penser à Prociner. Surtout
quand il couine. Double G se tourne avec grâce vers son compagnon de
lit qui est en train de se re-capuchonner.
- C'était pas si difficile finalement. Quel est le prochain continent que je dois faire disparaître ?
L'Ombre enfile ses grosses bottes noires et sourit.
- Patience, mon mignon. Laissons d'abord tes petits camarades
s'entretuer joyeusement. Rien de tel que quelques murmures à leurs
oreilles pour semer le doute dans leur esprit. C'est si facile de les
manipuler. Bientôt je n'aurai plus rien à craindre de personne.
Double G acquiesce et laisse l'Ombre lui tapoter familièrement la cuisse.
- Crois donc ce que tu veux, pense Double G dans sa tête en
silence parce qu'il a vu suffisamment d'épisodes de Pas de Pitié pour
les Croissants avec Super Pat pour savoir que les types qui veulent
dominer le monde parlent toujours trop. Si j'ai pu faire ce que j'ai
fait, je peux tout aussi bien me débarrasser de toi. Double G se met à
rire, toujours dans sa tête, mais pas trop fort parce que sinon ça lui
fait mal.
Il regarde l'Ombre partir par la fenêtre et se dit qu'il prendrait
bien une douche. Il pose ses adorables pieds à terre et se dirige vers
la salle de bains sans se douter une seule seconde que, planquée sous
le lit pour cause de dépression, Coquille a tout entendu.
* * * * * Allez, plus que trois épisodes et tout ça sera terminé, foi
d'Alexandre George Maestro di Gikou. C'est que les choses vont aller
vite, j'ai du monde à liquider. Pas moi personnellement, je suis un
gentil Gniard mais d'autres le sont moins que moi. Mais si tout ça
devient trop éprouvant à lire, je comprendrais. Tous ces complots
dignes d'un mauvais soap, ces coucheries entre personnes du même sexe
et ces chats qui font partout. Il ne manquerait plus que Vitaa en fond
sonore et ce serait la pire saga que la blogosphère ait jamais connu.
Mais vous n'êtes pas obligés de me lire. Je ne suis qu'un Gniard après
tout et comme chacun le sait, les Gniards, quoi que vous fassiez, ça
chouine. January 19 Les Gniards - Episode 6Episode 6 : Vol au dessus d'un nid de Gniards
Des quatre coins de l'univers quand triomphe le mal, sans hésiter ils partent en guerre pour un monde idéal. Mais le monde des Gniards n'a rien d'idéal et contrairement à leurs homologues astrologiques, ils ne gardent pas au fond de leur coeur le courage des vainqueurs. Et tant pis si la prophétie annonce qu'ils doivent sauver le monde, ces cinq là ont autre chose en tête. Comme penser à acheter des Choco BN pour le goûter ou se faire tatouer une flèche sur le front pour avoir l'air plus cool. C'est important. Alors, forcément en comparaison, la lutte ancestrale du bien contre le mal, c'est un peu de la gnognotte. Surtout qu'ici, on ne peut pas vraiment parler de forces lumineuses et de puissances des ténèbres. Tout au plus avons-nous d'un côté les sexuellement dépravés et de l'autre les moralement dépravés, ce qui parfois est la même chose mais pas toujours. Mais qu'en est-il de ces deux camps qui se battent, mais pas trop quand même parce qu'à écrire ce n'est pas très drôle, pour le contrôle des Gniards ? A ma gauche, passive, elle est pensive, en négligé de soie, la Prophète Clarabelle, chef de l'équipe rose malabar qui totalise un score honorable de 3 Gniards : Matiche l'obsédé, Gikou le prude et Noodle, la fille blasée qui se fout complètement que tout le monde la prenne pour un garçon. A mon autre gauche, elle est spéciale, un peu célibataire, le visage pâle, les cheveux en arrière, Katana, chef de l'équipe marron moka qui est un peu à la traîne avec 2 Gniards : Soda Pêche le barde et son mystérieux jumeau dont on ne sait rien si ce n'est que c'est son jumeau parce que j'ai gaffé à la fin de l'épisode précédent et que j'ai balancé l'info, des fois, je vous jure, je suis vraiment trop blond. Le score sera-t-il toujours le même à la fin de l'épisode d'aujourd'hui ? Matiche va-t-il réussir à garder popol dans son pantalon ? Soda Pêche va-t-il poser pour la prochaine campagne de SOS Enfance Battue ? Et est-ce que quelqu'un va se rendre compte que Lulu n'est pas une chatte mais une naine à la pilosité développée ? Non, je déconne, c'est vraiment une chatte mais c'est une idée à creuser...
Allongée sur son lit, les bras croisés derrière sa tête, Noodle contemple pensive les volutes de fumée de sa cigarette qui dansent au plafond. Il faudrait qu'elle demande à ce garçon qui couche avec tout le monde et qui a un nom de peintre portugais quelle genre de relation il entretient avec l'Ombre. Parce que l'Ombre lui avait juré qu'elle était la seule. Le sommier grince et Noodle sent son bassin se soulever. C'est fou ce que cette gamine est bruyante et empressée. Mais pour ce que Noodle en a à faire, autant laisser la petite faire ce qu'elle veut. Décidément, sa vie est pourrie mais ça a peu d'importance. Un jour, elle renversera le monde et instaurera un régime semi-totalitariste basé sur l'amour des arbres. Ou des gorilles. Et tout le monde portera des pantoufles bleues en poils de sourcils d'Emmanuel Chain. Son bassin se soulève de nouveau. Un cri. Steakarella fait alors irruption dans la chambre et Noodle tourne négligemment la tête. La Messagère, en position d'attaque, une jambe raide plantée dans le sol à la Nolwenn, pointe un doigt accusateur sur elle. Ou plus précisément sur la boule informe qui gigote sur le ventre de Noodle.
- Noodle, ne bouge pas ! Une créature essaye de te dévorer les entrailles, j'ai entendu ses hurlements. Les garçons vont arriver. Rocco ! Va me chercher les deux tarlou... les deux autres Gniards !
- Vous m'avez appelé, madame ?
La voix de Rocco est étrangement étouffée.
- Rocco, je t'entends mal, t'es où ?
La tête de Rocco surgit alors de sous les draps, les cheveux ébouriffés, les joues rosies.
- Ce n'est pas le moment de faire l'andouille, Rocco, ta camarade est en train de...
Mais la grosse boule qui semblait vouloir dépecer Noodle a disparu. Serait-ce possible que...
- Oh mon Dieu, les filles, je suis désolée, vraiment, je ne pensais pas, pardon, s'excuse Steakarella
- Te bile pas, ma caille, faut bien que la petite s'amuse, ça l'occupe, lui répond Noodle en recrachant la fumée.
- C'est quoi cette agitation ?
La Prophète est entrée. Steakarella sursaute et s'écarte immédiatement.
- Mais c'est quoi ce foutoir ? Il y a des gens qui s'envoient en l'air ici ? Et ce n'est pas moi ! Rocco, tu es bonne pour le conseil disciplinaire ! Steakarella, dans mon bureau, sans vêtement, tout de suite !
- Mais, madame, vous venez de dire que c'est Rocco qui est bonne pour le...
- T'es sa supérieure, c'est toi qui prend. Et puis ça t'apprendra à ne pas m'appeler quand il y a des filles nues dans les environs. Et surtout, tu m'excites dans ton pyjama en pilou.
L'espace d'un instant, Steakarella songe à déserter son poste. Elle pourrait fuir quelque part dans le Larzac où elle élèverait des chèvres. Mais l'odeur de biquette l'indispose. Il y a bien les retraites du silence avec des moinesses qui ne s'épilent pas sous les bras mais elle ne sait pas se taire, elle a bien essayé une fois mais c'est trop fatigant de lutter contre cet afflux constant de mots qui veulent franchir sa bouche. Steakarella lève les yeux au ciel en signe d'impuissance. Evidemment, elle pourrait toujours faire semblant de se vautrer mais avec la chance qu'elle a, elle se casserait vraiment quelque chose, elle resterait alitée et Clarabelle se chargerait personnellement de veiller à son rétablissement. C'est nul de ne pas être le chef des chefs, on se fait toujours exploiter par quelqu'un.
Restée seule avec Rocco, qui en bonne petite ouvrière a repris ses activités comme si rien ne s'était passé, Noddle se demande si elle ne serait pas mieux ailleurs. La décadence sexuelle, c'est tellement ennuyeux.
- Je me casse, dit-elle soudain en se levant, mettant un coup de genou dans la tête de cette pauvre Rocco au passage.
- Pour aller où ? Tu ne peux pas partir comme ça, mon beau Noodle, tu es un Gniard.
- Arrête de me coller cette étiquette. Je suis plus que ça. Je suis un être unique, d'autant plus qu'il a conscience de l'uniformité avilissante de la masse.
- Pourquoi je ne comprends jamais rien quand les gens me parlent ? Après j'ai l'air d'un flan ! Peu importe, si tu pars, je pars avec toi, même dans ton truc de difformités vieillissantes de crasse. Je prendrai des douches !
Noodle ne relève pas. L'Ombre lui a dit que la liberté suprême dépendait du sacrifice qu'elle était prête à fournir. Un des Gniards doit mourir. C'est ce que l'Ombre lui a dit. Mais maintenant qu'elle l'a vue discuter avec le grand tout maigre, elle se demande si elle ne joue pas double jeu. Et quitte à sacrifier un de ces flans sans aucune personnalité, autant qu'elle les rencontre tous.
- Conduis moi dans l'autre camp demande-t-elle à Rocco en lui tendant la main. J'ai envie d'un flamby.
* * * * * Dans la maison aux murs turquoises des soeurs Sourire, désormais au nombre de trois, c'est jour de fête. Elles n'ont peut-être que deux Gniards, qui plus est deux Gniards identiques, mais elles ont le Gniard le plus puissant, au moins 8 sur l'échelle de Richter. C'est pour ça qu'il est apparu en dernier. Alors qu'elles gloussent comme trois potiches d'Arthur un soir de réveillon, le cinquième Gniard s'avance vers son jumeau, le pauvre Soda Pêche, tétanisé par la peur comme le jour où il a rêvé que son amie Lara essayait de l'étouffer entre ses seins. N'essayez pas de visualiser, c'est effrayant.
- Tu sais que t'es mignon, t'aurais pas l'air si pitoyable sur ta chaise, j'aurais presque envie de toi.
- Qui êtes-vous ? articule difficilement Soda Pêche.
- Ca se voit pas ? A l'exception de cette cicatrice sur ta joue, nous sommes en tous points identiques.
- Accident de bus, s'excuse Soda Pêche avant de se rendre compte qu'il n'a pas à se justifier.
- C'est le lot des pauvres, j'imagine. Ne prends pas ces yeux de Bambi, je ne te ferai pas de mal. On va juste s'amuser un peu tous les deux. On a le droit, après tout, nous sommes des êtres hors du commun. Surtout moi.
Il passe sa main sur le pantalon de Soda Pêche et défait d'un geste brusque sa ceinture. Soda Pêche émet un petit cri. Katana ricane.
- Regardez le, le pauvre bout de chou... Petit, t'étais du genre à sursauter quand tu croisais ton reflet dans la glace ? Tu es un Gniard et tu es à nous. Mets toi ça dans le crâne, Schnaps Cerise. Plus vite tu l'auras compris et plus vite tu apprécieras la formidable opportunité qui est la tienne. Fais comme ton gentil petit camarade, il sait s'amuser lui.
- Ce ne serait pas un peu incestueux sur les bords quand même ? s'interroge Coquille.
- T'es vraiment prête à dire toutes les conneries qui te passent par la tête pour te rendre intéressante ! Bientôt tu vas nous dire que c'est sale parce qu'ils sont de la même famille ! postillonne Sarkopette.
- Je crois que ça veut dire la même chose, se risque Soda Pêche qui devrait peut-être apprendre à la fermer. Mais je ne voudrais pas vous interrompre. Cela dit, c'est juste un hasard de la nature si on se ressemble parce que je suis fils unique, alors je ne sais pas qui vous êtes mais en tout cas, vous n'êtes pas mon frère, ce qui ne vous autorise en aucune façon à poser vos mains là où vous les mettez, surtout qu'elles sont très froides et... oh, mon Dieu, c'est trop bon, ne t'arrête pas !
- J'ai encore rien fait ! Il est demeuré votre Gniard ou quoi ?
- Lulu, arrête de jouer avec ses oreilles !
Katana jette une chaussure à la tête de la petite chatte qui prend la fuite en grinçant des dents. Et dire qu'elle pensait qu'après huit ans au service des trois greluches Halliwell, elle serait tranquille. Mais il faut croire qu'elle échoue toujours au milieu d'un trio d'hystériques. Pourvu qu'elle ne soit pas le chat des Fatal Bazooka dans sa prochaine vie !
- Dites, les filles, ça ne vous dirait pas de jouer à Tournez Manège plus loin, j'ai des trucs à dire à mon copain... entre hommes.
Sarkopette a éclaté de rire. Un rire si gras que vous pourriez en recouvrir vos tartines pour le petit déj.
- Allez, on y va. De toute façon, j'ai quelque chose d'important à dire à mes soeurs. Des trucs de sorcières et de magie noire.
- Ah non ! Je veux pas y aller se met soudain à paniquer Coquille. Ca me fout trop la trouille ! Vous faites toujours cramer des trucs bizarres et après ça sent le poulet !
- Tu crois que c'est facile de faire brûler de la graisse de porc avec un moignon ? Coquille, t'es qu'une sale égoïste ! hurle Katana. Tu devrais prendre un peu exemple sur tes soeurs aînées qui se cassent la tête tous les jours pour trouver de nouvelles façons d'entretenir la réputation de cette famille. Et toi qu'est-ce que tu fais ? T'es toujours en train de te plaindre, toujours en train de pleurnicher ! Et quand tu t'envoies pas en l'air avec le premier venu, tu te bourres la gueule avec le chat !
- Au moins, il y en a une dans la fratrie qui s'envoie en l'air, lui répond Coquille qui essaye de refouler ses larmes, visiblement touchée par les reproches de sa soeur.
- C'est quoi la prochaine étape ? Tu vas décapiter sa barbie pour te venger ? Brûler ses posters de Spike ? Les filles, j'essaye de faire connaissance avec mon double et il est déjà en train d'hyperventiler. S'il se fait dessus à cause de vos hurlements, je vous jure que ce n'est pas moi qui le change !
Coquille, humiliée, s'enfuit dans sa chambre pour y pleurer. Katana hausse les épaules et Sarkopette lève sa main et son moignon au ciel en souriant.
- T'as jamais pensé à un crochet ?
- J'en avais un mais une nuit je suis tombée du lit. J'ai mis trois jours à le décrocher du parquet. Il a fallu que je ronge les lattes avec mes dents.
* * * * * - On est seul maintenant. Alors écoute-moi bien. Ces filles n'ont rien compris. Elles n'ont pas conscience du pouvoir qui est le nôtre.
- Vous n'allez pas me violer ? demande Soda Pêche.
- N'aie pas l'air si déçu, on a tout le temps pour ça. Pour le moment, je te parle de ton avenir. Tu es le Gniard du Feu. Mais tu as tellement peur depuis qu'on te l'a annoncé que tu n'as même pas encore commencé à te servir de tes pouvoirs. Tu peux raser cette ville, si tu le désires. Tu en as la force. A nous deux, nous pourrions mettre le monde à nos genoux.
- C'est une manière détournée de me demander de vous...
- Mais arrête de ne penser qu'à ça ! Il est question d'une puissance si colossale qu'aucun homme sur terre ne pourra rivaliser.
Soda Pêche regarde son jumeau dans les yeux. C'est un très beau garçon. Si beau qu'il pourrait rester là à le contempler pendant des heures même s'il a un peu mal aux fesses ligoté sur cette chaise.
- Je m'appelle Gewurzttraminer Goyave mais tout le monde m'appelle Double G. Je suis ton frère jumeau, issu d'un embryon cryogénisé.
- C'est de très mauvais goût de faire des blagues sur des bébés congelés. Et Double G, ça fait un peu chercheur d'orgasmes.
- Tes parents m'ont légué à la science. J'ai fini dans un des tiroirs du légiste. J'y suis resté 3 jours avant que mes cris alertent quelqu'un.
- Et donc, maintenant, tu as la haine, tu vas porter un affreux jogging jaune et tuer tous les gens qui t'ont fait du mal avec un sabre, c'est ça ?
- Il y a de l'idée mais le jaune, ça me grossit. Mon plan, en tant que créature supérieure parce qu'exceptionnelle, c'est de faire profiter le monde de ma glorieuse lumière. Un dessein tout ce qu'il y a de plus altruiste, tu en conviendras et qui dépasse de loin toutes ces petites querelles intestines que se livrent les deux clans auxquels nous appartenons. Pour un peu, tu serais presque ma Cecilia Cara. Viens avec moi, Soda Pêche, aide-moi à créer un monde de beauté à notre image.
- Je ne sais pas, c'est très tentant, j'ai besoin d'y réfléchir. Parce que tu vois, cinquante millions de gens imparfaits mais pas moi, pas moi, pas moi, j'y pense et puis j'oublie, c'est la vie, c'est la vie.
- C'est quoi ça ? Un mantra du pauvre ?
- C'est beaucoup moins inquiétant de penser asservir les gens en chantant et c'est tellement plus mignon d'être un putain de canon en chanson.
- Et c'est moi qu'on a laissé dans le freezer !
* * * * * Accoudé à sa fenêtre, Gikou se demande s'il a fait le bon choix en se laissant capturer par la Messagère. Bien sûr, il a appris à développer ses capacités qui lui auraient été nettement plus utiles si la mode des jupes pour hommes s'était répandue au-delà du ranch de Mel Gibson mais il reste insatisfait. Les autres ne pensent qu'à une seule chose, comment coucher avec son voisin ou, dans le cas de Steakarella, comment y échapper. Alors que lui, tout ce qu'il cherche, c'est un peu d'attention, d'affection. Si seulement Matiche n'était pas un garçon si imbuvable. Et dire qu'il a failli se laisser avoir ! Ca le rend dingue rien que d'y penser ! - Gikou, je peux te parler deux secondes ? demande Matiche en entrebâillant la porte - T'as mis au point un nouveau baratin pour m'attirer dans ton pieu ? Qu'est-ce que tu vas me dire ? Que tu es un porc en hommage à Babe ? - Je voulais m'excuser pour la dernière fois. Ce qui s'est passé avec Soda Pêche n'a rien à voir avec toi. Et Babe est un cochon. - Tu as manipulé un pauvre gamin innocent et aujourd'hui, Dieu seul sait où il est ! Il peut tout aussi bien être devenu call-boy à Ibiza et se faire appeler Rominou Fourre Tout ! - Je ne suis pas le premier garçon à jeter le type qu'il vient de se faire ! Tu te sers de ça comme une excuse pour éviter d'affronter les sentiments que tu ressens pour moi. D'un geste brusque, Gikou a envoyé Matiche voltiger contre le mur. - Tu te donnes trop d'importance. Tu n'es rien et tu ne seras jamais rien. - Même si je te dis que tout ce que j'ai fait jusqu'à présent, je l'ai fait par amour ? lui répond Matiche, la lèvre ensanglantée - Tu me rappelleras de ne plus t'envoyer voler contre les murs. Tu es encore plus stupide après l'atterrissage. - C'est ce que l'Ombre m'a promis. Un coeur. Tout ce qu'elle me demande en échange, c'est de lui donner l'un des nôtres. - Je ne te suis pas. Et pout tout dire, je me moque de ce que tu as à me raconter. Je connais les types dans ton genre, c'est ma spécialité. Mais pas cette fois. Et peu importe ce que je peux ressentir à ton égard, il n'y aura jamais rien entre nous Matiche, quand bien même j'ai à déclencher un cyclone pour te tenir éloigné de moi. Joignant le geste à la parole, Gikou crée une violente bourrasque qui entraîne Matiche hors de la pièce. Au loin, la voix revêche de Steakarella se met à hurler. - Quel est le con qui a encore laissé la porte ouverte ? Devant la chambre fermée de Gikou, Matiche se laisse choir au sol. Il aurait du insister pour lui dire la vérité. Mais il ne fait que des erreurs avec les garçons qui croisent sa route : choisir volontairement d'en blesser un pour mieux le sauver, prendre le risque de trahir sa promesse à l'Ombre pour se faire aimer d'un autre, Matiche joue un jeu dangereux. Un frisson lui parcourt l'échine. Il est pourtant seul dans ce couloir. - Alors, Matiche, on a été un vilain petit garçon ? * * * * * Chez les soeurs Sourire, au même moment, Lulu surprend une étrange conversation téléphonique. - Ils sont au complet. Avec les trois que tu as et les deux miens, les Gniards sont tout à nous. - Tu n'as pas peur que tes soeurs découvrent la vérité ? - J'aime quand tu te fais du souci pour moi, mon amour. Bientôt, elles ne nous gêneront plus. Aucun problème de ton côté ? - Rien qui ne puisse se régler dans un bain de sang. Etrange n'est-il pas ? Quel dommage que Lulu ne soit pas une naine à la pilosité développée mais juste un chat. * * * * * Les choses s'arrêtent là. Le reste des manuscrits des aventures des Gniards s'est perdu lorsque ma maison, à moi, Alexandre George Maestro dit Gikou, a été cambriolée. J'en suis navré, vraiment. Surtout quand la suite annonçait de cruelles trahisons et de nouveaux coeurs meurtris. Pauvre Coquille. Et pauvre Matiche.. Il est regrettable que vous ne connaissiez jamais la suite de leurs tourments. Mais comme je n'ai cessé de vous le répéter, vous n'étiez pas obligé de me lire. Je ne suis qu'un Gniard après tout et comme chacun le sait, les Gniards, quoi que vous fassiez, ça chouine. Et ça dit surtout des tas de bêtises ! Vous pensiez vraiment que j'allais en rester là ?! January 05 Les Gniards - Episode 5Episode 5 : Les Gniards vont bien, ne t'en fais pas
Comme jadis les cathédrales, le temps est venu et le monde est entré dans un nouveau millénaire. Mais les Gniards, contrairement aux hommes, n'ont pas voulu monter vers les étoiles, écrire leur histoire, dans le verre ou dans la pierre. Non, les Gniards ont autre chose à faire que de se préoccuper de savoir si, malgré ses grands yeux noirs qui vous ensorcèlent, telle demoiselle est encore pucelle ou qu'est devenue cette orange du marchand volée par un romanichel, les Gniards ont un monde à sauver. Telle est la prophétie. Ils sont cinq comme les Whatfor plus un ou les 2b3 plus deux : Soda Pêche le mélomane, Matiche le pourfendeur, Gikou le sac à dos et Noodle la fille qui aurait du être un garçon. Après quatre épisodes d’une intensité telle que seuls les meilleurs épisodes de Derrick sauraient égaler, ce nouvel opus va enfin dévoiler l’identité surprenante du cinquième et dernier Gniard. Clarabelle la prophète et sa fidèle messagère Steakarella, déjà propriétaires d’un joli cheptel de 3 Gniards, 5€ tête, les trois pour 8,50€ accueilleront-elles le dernier Gniard ou bien tombera t’il aux mains des redoutables sœurs Sourire qui viennent de récupérer un malheureux Gniard, traumatisé par une première expérience sexuelle catastrophique ? Ce suspens est insoutenable, je vois bien que vos doigts ne sont plus que moignons et que vous commencez à vous attaquer à vos orteils. Alors pour vous éviter de finir pied-bots, je vais vous donner la réponse : 12. Ah, zut, j’ai du me tromper de question. - Aïe, hurle Gikou.
- Ca va, fais pas ta chochotte, c’est qu’une éraflure.
- Ca saigne quand même beaucoup, fait remarquer Gikou, le poignet quasiment sectionné.
- T’as qu’à mettre ça dessus lui répond la Messagère en lui jetant son chiffon anti-graisse à la figure.
L’impitoyable guerrière et son empoté de baluchon arrivent dans le salon du quartier général, toujours situé depuis le dernier épisode sous la maison de retraite « Le bel incontinent ». Quatre têtes se tournent vers eux. Quatre têtes reliées à quatre corps, cela va de soit, ce ne sont pas des monstres de foire même si les cheveux de Clarabelle ont une pousse inquiétante.
- C’est pas trop tôt ! s’exclame Matiche. Enfin un autre garçon ! Toutes ces femelles, ça a un effet dévastateur sur ma pilosité.
- C’est qui la vieille avec le sac ? demande négligemment Noodle.
- Qui a dit que j’étais vieille ? Qui ? se met aussitôt à brailler Steakarella en se mettant en position de combat.
- Faut pas faire attention, c’est la ménopause souffle Rocco à l’oreille de Noodle, oreille qu’elle était justement en train de mordiller.
La prophète toussote légèrement pour signaler sa présence.
- Euh… pardon, grand prophète, je ne vous avais pas vue.
Steakarella s’incline en tremblant. Si seulement il y avait un syndicat des messagères, elle pourrait se renseigner sur le harcèlement sexuel. Clarabelle s’est approchée et passe un grand coup de langue sur le nez de Steakarella.
- Ierk !!!! se met à hurler Matiche. Mais c’est dégueulasse. Je quitte cette saga.
Mais Matiche, qui vient juste de terminer sa croissance et a encore quelques problèmes de coordination avec ses membres, trébuche sur le pied de Noodle qu’elle n’avait pas jugé bon de déplacer parce qu’après tout c’est aux autres de faire attention où ils marchent et que lever le pied sans aucune raison valable est vraiment une perte de temps. Matiche s’écroule dans les bras de Gikou qui lui sourit maladroitement.
- Salut, je m’appelle Gikou. Je suis le Gniard de l’Air.
Joignant le geste à la parole, Gikou fait souffler une légère brise qui balaye les cheveux que Matiche avait dans les yeux.
- Tu as des yeux verts magnifiques.
Matiche se sent rougir et utilise son pouvoir pour s’asperger le visage d’un peu d’eau fraîche.
- Je suis Matiche, le Gniard de l’Eau.
- Putain que c’est niais ! crache Noodle, visiblement écoeurée par autant de guimauve. Est-ce que je balance des mottes de terre à la gueule des types que je veux me faire ? Vous êtes vraiment des gros nazes ici !
- T’es trop beau, ma Noodle quand t’es énervée, s’enflamme Rocco, aux anges.
- Ta gueule, la naine, tu me saoules. Contente toi de me mordiller l’oreille, c’est largement suffisant.
Clarabelle a levé le poing en l’air, à l’image d’un Yannick Noah dans les arbres, mais en gardant ses bottes parce que le sol n’est pas très propre et que c’est quand même dégoûtant de se balader pieds nus tout le temps. Les Gniards ont immédiatement fait silence. C’est beau d’être une femme.
- Gniards, maintenant que vous êtes quasiment tous réunis, il va falloir passer aux…
- Mais où est Soda Pêche ? interrompt brusquement Steakarella en se dégageant de l’étreinte de la prophète.
- Matiche l’a sauté puis l’a largué comme une sombre bouse et maintenant il s’est enfui, récite Rocco entre deux léchage de lobe.
Gikou a retiré sa langue de la bouche de Matiche qui, surpris, se met à tousser.
- Quoi ? Mais c’est abject de faire un truc pareil ! Comment t’as pu ! Et tu espérais quoi ? Faire la même chose avec moi ?
- On vient juste de se rencontrer, tu ne penses pas que tu vas un peu vite en besogne ?
- Soda Pêche aussi, tu venais juste de le rencontrer rajoute Rocco.
- Taggle ! siffle Matiche entre ses dents.
- Ca ne va pas du tout ! Il faut absolument retrouver ce Pinard Fraise. Steakarella, je ne te félicite pas. Pour la peine, tu seras punie.
- Oh, non, madame, s’il vous plaît, pas le King Kong Size, supplie Steakarella, les yeux pleins de larmes. Dites-lui que c’est pas ma faute, demande t’elle aux Gniards.
Mais les Gniards sont trop occupés. Gikou se demande quel traumatisme il a pu connaître enfant pour reproduire adulte un schéma aussi destructeur dans ses relations de couple, Matiche hésite à révéler la vérité à Gikou sur les raisons de son comportement, Noodle n’entend rien parce que Rocco a sa langue dans ses oreilles et Rocco s’en moque parce que la phrase était trop longue et les mots trop compliqués.
- Ne pleure pas, petite chose sexy, tu as encore une chance de me prouver que tu es bonne. Et si cette fois, tu t’acquittes correctement de ta mission, tu auras droit à une superbe récompense.
- Laquelle, demande Steakarella, visiblement soulagée.
- Le King Kong Size.
* * * * * Ailleurs, dans leur maison aux murs cassis, les sœurs Sourire se félicitent d’avoir enfin réussi à mettre la main sur un Gniard.
- Il est quand même beau notre Gniard. Tu crois qu’il serait mieux sans vêtements ? demande Coquille, les yeux pétillants.
- Je me souviens du jour où maman m’a annoncé que j’allais avoir une petite sœur. Si j’avais su que tu serais aussi stupide, j’aurai frappé plus fort dans son bidon informe.
- C’est très méchant de faire ça, se risque Soda Pêche, assis la tête basse devant un bol de lait fraise. Ca peut laisser des marques très disgracieuses sur le ventre et c’est très moche ensuite quand on va à la plage.
- Tu sais ce qui serait vraiment méchant ? demande Katana en posant ses doigts sur l’épaule de Soda Pêche, c’est que j’essaye de plier ton pouce jusqu’à ce qu’il touche ton poignet. Comme ça, par exemple.
Katana a retourné le pouce de Soda Pêche dans un craquement horrible. Le pauvre garçon hurle de douleur.
- Chut, petit bonhomme, c’est fini. Mais c’est de ta faute, regarde ce que je suis obligée de faire pour t’apprendre les bonnes manières. Tu es un vilain, vilain petit garçon.
Soda Pêche s’est mis à pleurer en silence. Il aimerait bien rentrer chez lui.
- Je veux voir ma maman, renifle t’il
- Oh, comme il est trop chou, il veut voir sa maman. Allez, Kat’, sois cool, autorise le à l’appeler. J’adore les gosses qui pleurent au téléphone.
- Ok, mais pas plus d’une minute. De toute façon, la prod’ coupe si tu dépasses. C’est que c’est une saga à petit budget.
Soda Pêche a composé le numéro. Au bout de trois sonneries, sa mère décroche enfin. Katana se saisit de l’appareil.
- Madame Soda Pêche, bonjour, c’est Jean-Pierre…
- Maman, c’est moi dit Soda Pêche en reprenant le combiné
- Toi qui ? C’est pour la question à 240 000 € ?
- Non, maman, c’est ton fils, Soda Pêche. Je veux rentrer à la maison, viens me chercher, s’il te plaît, il y a des dames qui sont méchantes avec moi.
- Ah non, tu es parti, tu es parti ! Qui va à la chasse, perd sa place. C’était sympa le temps que ça a duré, maintenant passe à autre chose. Je vais pas me coltiner un gosse larmoyant dans les pattes le restant de ma vie ! Ton père et moi on aimerait bien s’envoyer en l’air sans que tu nous gênes continuellement.
- Mais tu es ma mère !
- Arrête de dire ça, des gens vont finir par t’entendre ! Bon, allez, je raccroche, tu m’ennuies. Et ne rappelle pas où je demande une ordonnance du tribunal.
Soda Pêche est anéanti. Les larmes roulent sur ses joues. Coquille et Katana se tapent dans les mains, satisfaites, jusqu’à ce que Coquille se mette en tête de jouer à Petit Pouce part en voyage avec les doigts de sa sœur.
- Il ne faut pas être si triste. Ce n’est qu’une mère après tout et les mères ne servent à rien, c’est bien connu. D’ailleurs on s’est débarrassé de la nôtre dès qu’on a pu, n’est-ce pas Coquille ?
- Oh oui, elle est dans une grande ferme avec toutes les mamans qui sont parties. Et tous les jours elles font des jeux dans les champs avec des fleurs.
- Crétine, elle est emmurée dans la cave !
- Ah oui, c’est vrai, je confonds toujours avec Monsieur Billy, mon doudou en peluche !
Le pauvre Soda Pêche a pris la petite Lulu, seule source de réconfort, dans ses bras et il enfouit son joli visage dans les poils soyeux de la petite chatte.
- Oh, comme j’ai mal, je ne verrai plus comme j’ai mal, je ne saurai plus comme j’ai mal, je serai l’eau des nuages.
Lulu lui file un grand coup de griffes dans le visage. C’en est trop pour elle. Elle veut bien être gentille cinq minutes et se laisser peloter par un gosse qui chouine mais faudrait pas, sous prétexte qu’elle est un chat, qu’on se mette à lui couiner du Mylène dans les oreilles.
- C’est pas bientôt fini ces gémissements. Je vous laisse deux secondes toutes seules et vous me traumatisez un Gniard.
La voix rocailleuse qui vient de se faire entendre est aussitôt suivie des cris hystériques des deux sœurs Sourire. Dans l’encadrement de la porte, un laideron répugnant vient d’entrer. C’est Sarkopette, la sœur aînée de Katana et Coquille.
- Oh, c’te face de rat, c’est immonde ! Tu m’as trop manqué ! s’exclame Katana en lui filant une grande bourrade dans le dos.
- J’attendrai que t’aies nettoyé les croûtes sur tes joues pour t’embrasser mais je suis trop heureuse de te voir, se réjouit Coquille.
- Et je suis pas venue la main vide ! annonce t’elle fièrement en levant son moignon en l’air. Je vous ai ramené un autre Gniard. Allez, te fais pas prier, ma raclure, viens dire bonjour à ton nouveau petit camarade.
Sarkopette s’est écartée pour laisser passer le tant attendu cinquième Gniard. Katana et Coquille, en voyant son visage, ne peuvent retenir un juron d’exclamation, heureusement censuré par le comité des insultes de bon goût.
- Mais… mais, c’est-y-pas possible, dites moi pas que c’est pas vrai !!
Oui, c’est tout, c’est la fin de la scène. Et non, je ne prends pas les réclamations.
* * * * * Alors que Steakarella a réenfourché son engin pour accomplir sa nouvelle mission, la chaleureuse petite maisonnée des Gniards reprend le cours de ses activités. Noodle tagge son nom sur tous les murs, Rocco compte ses doigts et la prophète s’est confortablement installée devant l’intégrale d’Anguun en se disant que parfois, ça doit être bien d’être un arbre, ou un mur, ou un pied de micro. Gikou est sorti sur le perron et regarde au loin des petits vieux faire la course en déambulateur. Matiche le rejoint.
- Je suis désolé, murmure Matiche.
- Il faut pas, le petit vieux en tête frappe les autres avec sa bouteille d’oxygène, c’est plutôt marrant à regarder.
- Je parlais de ce que j’ai fait à Soda Pêche.
- Il n’y a rien de pire qu’un porc qui ne s’assume pas.
- A trois semaines près, j’aurais pu être un rat ! Mais pour les aztèques, je suis un cerf, ce qui a plus de classe que le peuplier des celtes.
- Tiens, la perf d’un petit vieux vient de se prendre dans les roues du fauteuil de la grand-mère.
- J’ai peur de m’engager.
- Tu es un homme, ça n’a jamais constitué une excuse valable. Sinon tu penses bien que toutes les conneries seraient pardonnées.
- J’ai connu une grande histoire mais j’ai pris peur. Pour me punir on m’a condamné à ne jamais pouvoir me lier avec un autre. Alors, dès que je commence à m’attacher à quelqu’un, une force m’oblige à me montrer odieux.
- Oh, mon pauvre Matiche, ça doit être si douloureux.
- Mais tu gobes vraiment n’importe quoi ! Je suis juste surdosé en testostérone, j’ai besoin de sauter tout ce qui bouge.
Le bruit de la claque que Matiche vient de prendre est aussi fort que celui du petit vieux qui vient d’exploser avec sa bouteille. Gikou, furieux, est rentré. Matiche prend sa tête entre ses mains. Une ombre encapuchonnée vient se placer derrière lui.
- Tu as bien fait, lui murmure t’elle, nul ne doit jamais connaître la nature de notre arrangement.
- Mais je ne veux plus être seul. C’est trop difficile.
- Bientôt, petit homme, bientôt.
L’ombre s’est évanouie. Matiche a envie de pleurer mais comme le cahier des charges stipule qu’il ne doit y avoir qu’un seul Gniard qui chouine par épisode, il ne le fait pas. Tout juste déclenche t’il une petite pluie pour éteindre ce malheureux vieillard qui flambe avec sa bonbonne. A l’étage Noodle se demande pourquoi l’ombre n’est pas venue la saluer.
* * * * * Il y a tant de questions et si peu de réponses. Et je sais bien que vous aimeriez savoir. Moi, je m’en fiche, je sais. Je suis le narrateur omniscient, Alexandre George Maestro dit Gikou, et contrairement aux scénaristes de Lost, je sais exactement ce que je vous raconte. Mais si je vous disais tout maintenant, vous ne reviendriez pas et ce serait dommage, vous louperiez la grande réunion des Gniards et le dilemme amoureux de ce pauvre Matiche. Ce que je peux vous révéler, en revanche, c’est que la Messagère s’est vautrée avec sa moto. Je vous le dis maintenant pour que vous puissiez en rire, on ne reviendra pas dessus. Si on devait se pencher sur toutes les fois où elle se vautre, cela nuierait considérablement au rythme de l’histoire. Et dire que vos devrez attendre le prochain épisode pour apprendre que Soda Pêche a un jumeau. Oh, mince, je me suis vendu ! Tant pis, vous pouvez vous arrêter ici, vous n'êtes pas obligés de me lire. Je ne suis qu'un Gniard après tout et comme chacun le sait, les Gniards quoi que vous fassiez, ça chouine. December 21 Les Gniards - Episode 4Episode 4 : Les 4 Fantastiques Gniards
Dans la nuit noire, dans la nuit noire et obscure, obscure et sombre, Isabelle s'est cognée contre les murs, les murs. C'est très douloureux, j'en conviens, mais il n'y a pas d'Isabelle dans cette histoire. Une histoire avec une Isabelle serait pourtant beaucoup plus simple à raconter, un mur, un cri et voilà mais puisqu'il n'y en a pas, vous devrez vous contenter des cinq Gniards, personnages clés de cette saga. Tellement clés qu'ils ne sont que trois jusqu'à présent : Soda Pêche le lyrique, Matiche le sinistre et Gikou qui se prend des voitures. Mais si vous êtes de fidèles lecteurs, ce que je ne doute pas que vous soyez, vous savez forcément que cet épisode verra l'arrivée d'un quatrième Gniard. Parce que jusqu'ici, on ne peut pas dire que les évènements se soient précipités. La preuve avec le résumé qui suit : Soda Pêche et Matiche ont couché ensemble (et encore il paraît que ce n'était pas terrible). Attendez, on m'annonce que j'ai un mouvement de grève des autres personnages qui revendiquent le droit à un résumé décent. Toutes mes excuses, ça ne se reproduira plus. La preuve avec le résumé qui suit : Soda Pêche et Matiche ont couché ensemble. Pardon, j'ai recommencé, je suis faible. Mais si vous vouliez vraiment savoir ce qui s'est passé dans les épisodes précédents, vous les auriez relus au lieu d'attendre bien sagement que je vous mâche le travail. Je suis vexé que vous ne l'ayez pas fait. Pour la peine, je commence directement mon récit. Au quartier général de la Messagère, planqué sous la maison de retraite "Le Bel Incontinent", Rocco, qui s'est bavé dessus depuis l'épisode dernier, est toujours en train de chercher la circonférence du paquet de Délichocs. Matiche, ragaillardi par une partie de jambes en l'air, lui file un grand coup sur la tête.
- Elle est où La Duce ?
Rocco cligne frénétiquement des yeux. C'est encore mieux que les spotlights des boîtes de nuit.
- C'est la troisième porte à droite. Mais tu feras attention, la pression de l'eau est mauvaise ?
- Je n'ai pas entendu cette réponse affligeante. Ce qui sort de ta bouche n'est qu'une hallucination auditive due à une pratique masturbatoire intensive.
- Je ne comprends pas ce que tu dis. Mais puisque tu as l'air si intelligent, tu pourrais me dire quelle est la circonférence d'un paquet de Délichocs ?
- Il y avait des Délichocs et on ne me l'a même pas dit ?! Vous êtes vraiment des rats ici ! Quand je pense que j'ai du me taper des barquettes trois chatons à l'abricot.
Rocco est saisie par la lumière divine. C'est son moment de grâce, le choeur des vierges chantent des Hallelujah, les chérubins agitent leurs petites fesses rebondies et les trompettes se mettent à blueser. Elle vient de comprendre pourquoi il lui était impossible de trouver la circonférence d'une boîte rectangulaire de Délichocs.
- C'était des barquettes !! J'ai failli me faire avoir, elle est vraiment trop forte cette Steakarella !
Matiche la fixe intensément. Le vide l'a toujours fasciné. Peut-être que s'il souffle dans son oreille droite, sa natte gauche se soulèvera.
- Justement, en parlant d'elle, elle est où la Commandante ?
- C'est exactement la question que j'allais poser.
Rocco et Matiche se sont retournés. Ce qui est stupide puisque seul Matiche est dos à la porte. Devant eux, Terminator vient de faire son apparition. Un Terminator avec des seins. Deux. Et des bottes en cuir blanc. Deux aussi. Et un petit nombril grave sexy qu'elle exhibe fièrement. Un seul parce que ce n'est pas un monstre de foire. Sans oublier une superbe cape noire fourrée double épaisseur garantie 100% laine de lama du Larzac à ne pas mettre en machine surtout si vous ne séparez pas le blanc des couleurs.
- Ouah, j'adore votre casque ! Il est fait avec les poils de Demis Roussos ? demande Rocco, ébahie.
- Ce sont mes cheveux ! Est-ce que je te demande combien de tampons tu as essorés dans les tiens pour qu'ils soient aussi rouges ?!
- Ce n'est pas que je n'aime pas parler de poils et de menstruations, les interrompt Matiche, mais vous êtes qui ?
Rocco et la Marianne James de la gonflette ont ouvert la bouche comme si ce que venait de demander Matiche était la pire des hérésies, pire encore que d'avouer aimer Anne Roumanoff.
- Je suis la Prophète Clarabelle.
- Comme la vache dans Mickey ? s'enquiert Matiche en fronçant un sourcil parce qu'un seul, c'est plus sex.
- Comme Clarisse Sterling la plus belle, sombre crétin.
- C'est la grosse poule lesbienne dans La Bande à Picsou, souffle Rocco à l'oreille de Matiche.
- Ca c'est Mamie Baba ! Clarisse Sterling, c'est la frigide du Silence des Agneaux. Je vais devoir encore supporter longtemps ces âneries ?
Cette voix chaude et blasée n'est pas celle de la Prophète. Ni celle de Rocco. Et encore moins celle de Matiche qui, elle, est beaucoup plus aiguë. Cette voix, c'est celle du quatrième Gniard, planqué jusqu'à présent derrière l'imposante cape de la Prophète. Les cheveux longs rebelles négligemment attachés en queue de cheval, les mains enfoncées dans les poches de son jean, les écouteurs encore vissés sur les oreilles, le petit nouveau a beau ne pas être bien grand, il en jette quand même un max.
- Ohhhhhh, comme il est trop beau ! Je suis amoureuse ! murmure Rocco, les larmes aux yeux.
- Je vous présente Noodle, le Gniard de la Terre.
- Je suis pas un Gniard et est-ce que je t'ai autorisée à me présenter, face de Milka ?
Pour toute réponse, la Prophète envoie son poing dans le visage de Noodle qui se met à beugler, le nez en sang.
- Mais ça va pas, je suis une fille ! On frappe pas les filles !
Matiche, l'air dégoûté, a reculé d'un pas.
- Comment ça, t'es une fille ? Tous les Gniards ne sont pas des garçons ? je vous préviens, je ne dors pas dans la même chambre qu'elle, les filles c'est sale.
- Erreur karmique, poulette, t'aurais du être un gars. Clarabelle lui jette un mouchoir à la figure. Quoi que, quand je te regarde, t'es pas super formée.
- Tout le monde n'a pas les seins de Samantha Fox !
- C'est la petit soeur lesbienne de Mulder dans X-Files souffle Rocco à Matiche.
- Mais arrête de voir des lesbiennes partout, c'est sale toutes ces filles entre elles !
Rocco s'est alors penchée ver la pauvre Noodle qui se tient le nez, les doigts plein de sang.
- Tu peux dormir avec moi dans mon lit, si tu veux.
- C'est une fille, Rantanplan !!! lui lance Matiche
- C'est pas grave, elle est super mignonne comme garçon.
* * * * * Pendant ce temps, sur une portion de route déserte parce que sinon le bruit des autres voitures gêne la conversation, Katana et Coquille essayent de ramener Gikou, le troisième Gniard, avec elles.
- Ecoute Coq', je veux pas te faire de peine mais visiblement ce type n'a aucune envie de t'embrasser. Je crois qu'il n'aime pas trop les filles.
- Ou alors, il est super timide. C'est trop chou.
- Coq', faut être lucide, ce garçon est homo.
- Ou alors il a été traumatisé par une méchante morue qui lui a brisé le coeur. C'est trop touchant.
- Putain, Coq', t'es lourde ! Ce mec est pédé comme un sac à dos !!!
Coquille regarde alors plus attentivement Gikou qui ondule son corps en fredonnant "immortelle, immortelle, j'ai le sentiment d'être celle qui survivra à tout ce mal, je meurs de toi", les yeux fermés et les poings serrés sur sa poitrine.
- Oh mon dieu ! Mais j'ai un goût atroce en matière d'hommes !
- Des années que je te le dis ! Allez, aide-moi, on embarque la Castafiore.
Mais Gikou, qui faisait semblant d'être occupé par sa chorégraphie parce qu'aucun garçon ne peut être gay à ce point, a déjà tourné les talons... enfin, les baskets parce que Gikou est un type viril même s'il connaît du Lara Fabian.
- Grouille, Coq', passe-moi le lasso dans le coffre.
- Euh... c'est qu'il y est plus... je m'en suis servi pour attacher mon dernier copain aux barreaux du lit.
Un vrombissement énorme vient couvrir le hurlement de rage de Katana.
- C'est ça que vous cherchez, mesdames ?
Les deux soeurs n'en croient pas leurs yeux. Attaché comme un saucisson SM lors d'une orgie charcutière, Gikou essaye vainement de descendre de la moto sur laquelle il a été jeté comme un baluchon. Une main de fer plaquée sur sa bouche l'empêche de parler. C'est Steakarella, la bikeuse de la mort.
- Tartarella !
- Nunchaku, Capsule. Toujours à la traîne, à ce que je vois les filles.
- C'est pas juste, j'en ai ras moi-même, on l'avait vu les premières commence à chouiner Coquille.
- Qu'est-ce que tu veux, ma caille, je suis une bête dans ce que je fais, lance fièrement Steakarella.
- Le sexe ? Moi aussi !
Gikou, complètement paniqué à l'idée de finir dans le lit de ces sauvageonnes, s'agite désespérément.
- Coq', écrase ! vocifère Katana, encore plus hargneuse depuis l'arrivée de sa rivale.
- Toujours aussi frigide, Catogan ?
- Toujours aussi boudinée dans ton jean, Mortadella ?
- J'ai perdu du poids alors je m'en moque. De toute façon, je suis belle.
- Moi aussi je m'en moque, j'ai couché avec des tas de garçons... Coq', arrête de rire !
Coquille, les larmes aux yeux, se tient les côtes tellement elle rit. Sur la moto, ligoté comme un cochon d'inde qui va griller au micro-ondes, Gikou rigole aussi mais c'est la nervosité parce qu'il ne sait pas comment échapper à cette bande de femelles hystériques et givrées. Katana a levé son poing en l'air.
- Katano-poing-poing dans ta face, hurle-t-elle en lançant une attaque censée déstabiliser son adversaire
- K-way de protection contre les postillons, s'est empressé de répondre Steakarella, le bras en avant.
Katana fulmine de rage, d'autant plus que Coquille continue toujours de rigoler.
- Bon, les filles, c'est pas que je m'ennuie mais j'ai l'asticot qui gigote à l'arrière, je voudrais pas qu'il fasse sur mon siège en cuir après c'est super dur de chasser l'odeur. C'est toujours un plaisir de vous revoir, Tatami, Capuchon. A la prochaine.
Steakarella fait gronder sa moto et démarre en trombe, la tête de Gikou manquant de rencontrer le bitume à chaque nouvelle accélération.
- Bon sang, Coq', tu veux bien arrêter de rire ! On vient de se faire piquer notre Gniard.
Coquille, qui à force de rire a fini par se rouler par terre, se relève à grand peine.
- Il voulait pas coucher, alors je vois pas trop l'intérêt de le garder. Mais t'en fais pas le prochain sera mieux, j'en suis sûre.
* * * * * Justement en parlant de prochain, que devient Soda Pêche, le premier Gniard. Oui, je sais que mon enchaînement est très mauvais mais n'est pas Brian Joubert qui veut. Rejeté par Matiche après leur première fois, Soda Pêche, qui s'est enfui du QG, erre comme un Jean-Claude Bourret dans les couloirs de feue La 5. Mais le petit bonhomme ne pleure plus parce qu'ensuite ça lui fait les yeux bouffis et un nez aussi gros que celui de Monsieur Patate. Soda Pêche refuse d'être la victime larmoyante de cette immonde crapule de Matiche qui est pourtant si mignon avec ses yeux verts et qui sait faire des choses si étonnantes avec sa langue... non, surtout ne pas y penser. De rage, Soda Pêche jette un petit caillou au loin. Parce que même s'il est très en colère, il ne peut quand même pas soulever une caillasse.
- Miaou ! se met à hurler une pauvre petite chatte aux pattes bandées de tulle rose.
- Je suis désolé, je ne l'ai pas fait exprès s'excuse Soda Pêche en se penchant vers le pauvre animal.
La petite chatte se laisse caresser et d'un coup Soda Pêche se sent moins seul. C'est agréable d'avoir une présence amicale à ses côtés. s'il s'écoutait, il lui raconterait bien ses malheurs. En chantant. Mais la chatte a du sentir venir le danger parce qu'il lève sa petite tête implorante vers son compagnon d'infortune.
- Toi aussi tu es triste, compatit Soda Pêche se mèprenant sur l'air suppliant du petit animal. Mais comme dirait une copine rousse à moi, qui n'est pas vraiment une copine, mais quand même de temps en temps, je la chante : seing the good même si tout va si...
Immédiatement la pauvre bête se met à miauler.
- Non, tu ne peux pas faire ça, ce n'est pas correct. Tu ne peux pas m'interrompre quand je chante, c'est très mal élevé. Surtout du Mylène parce qu'ensuite j'arrive jamais à récupérer la note aigrelette perchée.
La petite chatte aux bandes de tulle rose fait alors un bon en avant et s'enfuit.
- Non ! Ne me laisse pas tout seul, j'ai peur. Et quand j'ai peur, je chante n'importe quoi et c'est la honte ! J'veux que tout le monde bouge ses fesses, qu'les femmes oublient leurs complexes, façon sexe, oh ouais... Reviens le chat, tu ne te rends pas compte ! ... Oui maintenant faut que ça bouge, que tout le monde soit sans le move, façon sexe, oh ouais...
Quelques passants se sont écartés du chemin de Soda Pêche en hochant la tête, l'air navré. C'est terrible une telle déchéance, si jeune. Soda Pêche court après la petite chatte dans une ruelle obscure. Il se met à genoux pour regarder derrière une benne à ordures.
- Viens là, le chat, bouge ton boul' ma babe... oh, non, la honte, faut que ça s'arrête !
- Je suis bien d'accord, mon petit gars. Si tu veux chanter de la daube, choisis en de la vraie, de la pure, de la ringarde. Daniel Guichard par exemple.
Soda Pêche s'est relevé. Une femme au visage patibulaire, comme dans Mickey mais sans H, version terroriste d'Albator, lui fait face, les poings sur les hanches.
- T'es un Gniard, c'est ça ?
Soda Pêche, qui n'aime déjà pas être seul la nuit dehors, se met à trembler.
- Si t'as froid, tu devrais te couvrir.
- Wesh, fous ta cagoule, fous ta cagoule, fous ta cagoule ou t'auras froid, t'auras les glandes, t'auras les...
Une gifle monumentale vient heureusement mettre un terme à l'embarras grandissant dans lequel sombrait ce pauvre Soda Pêche.
- Pard... Pardon, madame. J'ai tendance à chanter quand je suis nerveux. Je m'appelle Soda Pêche, je suis le Gniard du Feu. Me faites pas de mal, s'il vous plaît, je suis encore vierge... Ah ben non, ça marche plus... faut que je trouve une autre excuse pour qu'on m'épargne !
- Cognac Blette, retiens ta couche, on te fera rien.
La petite chatte sort alors rapidement de sous la benne où elle était cachée et se jette dans les bras d'une deuxième jeune femme, légèrement en retrait, qui l'accueille en sautillant.
- Oh, ma Lulu, comme tu es toute belle en rose. Tu nous a ramené un Gniard ? Comme t'es trop forte. T'es contente que maman soit revenue ? Oh oui, qu'elle est contente.
- Fais pas attention à elle, elle est pas finie, je m'appelle Katana. On est les Soeurs Sourire et on va prendre bien soin de toi.
* * * * * Vous laisser sur une telle fin n'est pas chose aisée pour moi, Alexandre George Maestro dit Gikou, surtout lorsqu'on sait toutes les infamies que ce pauvre Soda Pêche va subir. Mais fort heureusement vous avez deux semaines pour vous y préparer. Oui, je sais, deux semaines c'est long et ça me touche beaucoup que vous soyiez si impatients ou si desesépérement inoccupés au point de n'avoir rien d'autre à faire que de lire mes inepties. Mais je suis psychorigide et une fois toutes les deux semaines, c'est une fois toutes les deux semaines. Cela dit, vous pouvez vous arrêter ici, vous n'êtes pas obligés de me lire. Je ne suis qu'un Gniard après tout et comme chacun le sait, les Gniards quoi que vous fassiez, ça chouine. December 08 Les Gniards - Episode 3Episode 3 : Rencontre du Troisième Gniard
Alors que viennent les heures sombres où tout peut enfin s'allumer, où quand les nuits ne sont plus qu'ombres, restent nos rêves à inventer, nos cinq Gniards, qui ne sont que deux pour le moment, Soda Pêche le ménestrel et Matiche le taciturne, ignorent tout du destin périlleux, tragique et funeste qui les attend. Mais il serait sage de vous éclairer sur les événements qui ont précédé ceux que je vais vous narrer. La Prophète, gardienne du Temps, immeuble victorien situé 33 avenue Kléber à Villeneuve la Poisseuse, loge ouverte de 09h07 à 11h43, n'oubliez pas ses étrennes, merci, est la récipiendaire, comme une soupière mais en moins liquide, d'une prophétie sur le sort du monde. Cette prophétie annonce que cinq insupportables gosses à l'esprit pervers et limité devront unir leurs forces pour sauver le monde, bla bla bla... Le reste n'est qu'un fatras de clichés d'Heroic Fantasy sur les quêtes mystiques et les pouvoirs des éléments tout droit sorti d'une notice de jeu Warhammer. Bref, la Prophète qui tient à maintenir l'univers à flots, sinon après il coule et ça risque de boucher l'évier, a envoyé sa Messagère récupérer la marmaille. Et l'intransigeante Messagère en a déjà deux. Oui, on pourrait dire qu'elle en a une bonne paire mais ce serait vulgaire. Mais c'est sans compter sur les Soeurs Sourire qui ne rêvent que de chaos, de conquêtes et de rideaux de douche. Pour une raison encore inconnue, elles aussi ont décidé de mettre la main sur les nains et justement, il semblerait qu'elles soient sur le point d'en aborder un. C'est en tout cas comme ça que je vais commencer mon récit. Katana, au volant de la Smileymobile, fonce comme une dingue sur la route. Coquille, sa soeur cadette, observe sur la carte l'emplacement lumineux qui indique la position du troisième Gniard.
- Franchement, je ne comprends pas pourquoi tu n'as pas voulu me laisser conduire.
- La dernière fois, tu as pété le rétro en essayant d'écraser un pochtron ! Et je te rappelle qu'un alcoolo, ça ne rapporte que 3 points. C'est moins qu'un SDF ! Redis-moi combien tu as de points sur ton permis ?
- 129...
- Et j'en ai ?
- 1312... mais j'ai jamais eu la chance d'écraser toute une classe de maternelle, moi !
- Au lieu de pleurnicher, dis-moi si on arrive bientôt.
A ce moment là, la Smileymobile heurte violemment quelque chose. Katana pile net. La tête de Coquille heurte l'habitacle.
- Un SDF 6 points, une vieille en déambulateur 68, une mère et son bébé 347 récite Katana pour se convaincre que tout va bien.
- Un élève de la Star Ac', -72.
- T'as fini de me porter la poisse !
Katana sort du véhicule. Le pare-brise laisse apparaître une large fissure, preuve d'un impact violent. A quelques mètres devant, un jeune garçon gît inconscient. Coquille, affolée et bossue du front, sort à son tour de la voiture.
- Le point ne bouge plus sur la carte ! Je crois que tu as écrasé un Gniard !
Alors sous leurs yeux ébahis, les deux soeurs voient le jeune homme se relever en flottant. Oui, en flottant.
- P***** de B***** de M****, euh... pardon, mazette ! C'est le Gniard de l'Air !
- Te tracasse pas pour les injures, elles sont floutées par le comité de censure au moment de la publication.
Katana s'approche du garçon qui se masse douloureusement la tête.
- Toi Gniard, nous Soeurs Sourire, toi venir avec nous.
- Moi pas débile et moi pas vouloir venir avec filles. Filles, nul ! lui répond le Gniard en s'époussetant les genoux.
- File lui une beigne, Kat' ! hurle Coquille qui s'approche à son tour. Oh non, non, j'ai rien dit. L'abîme pas, il est trop beau. T'as vu ses yeux ! On le garde ? Allez, dis oui !
- Mais Coq', bon sang, jamais tu sors de ta période de rut ! C'est un Gniard, évidemment qu'on le garde. Et je m'en fous qu'il soit beau ou pas. D'ailleurs, il n'est pas si terrible que ça. Allez, attrape-le, on rentre.
Coquille se tortille comme une petite fille à qui on vient d'acheter son premier Petit Poney Princesse Diamant.
- Si t'as envie, t'as des toilettes publiques au coin de la rue, lui répond le Gniard qui la regarde comme si elle était folle.
- Je m'appelle Coquille Sourire, j'aime les colliers de pierres, les tartines de Nutella et danser nue sur du Smashing Pumpkins.
- Ta copine vient d'essayer de m'écraser et tu me dragues ?
- C'est pas ma copine, c'est ma soeur. Et on voulait pas t'écraser, on voulait juste t'asservir. Tu veux bien ?
- Devenir le sex toy des Soeurs Schumacher ? Non, ça va aller mais regarde dans les pages des 3 Suisses, rubrique 'masseurs de visage', tu trouveras ton bonheur.
Alexandre George Maestro, puisque c'est lui, enfin moi mais je dis lui pour la fluidité du récit parce que 'je' c'est un peu égocentrique même si ce que je suis en train de faire l'est grandement, bref Gikou ramasse son sac à dos qui avait voltigé plus loin et se prépare à repartir.
- Tu t'en vas ? Sans même m'avoir fougueusement embrassée sous la pluie sur Medellia of the Gray Skies ? Kaaaaaaaaat', se met à hurler Coquille de façon hystérique, il veut pas m'embrasser !!!
Katana arrive comme une furie droit sur le Gniard.
- Et pourquoi tu veux pas embrasser ma soeur ? Elle est pas bien ma soeur ? regarde-moi ça, c'est du vrai, pas du silicone ! Et t'as vu ses dents ? Alors, vas-y, mange lui la bouche plus vite que ça qu'on puisse rentrer !
Katana a sorti son couteau à cran d'arrêt qu'elle place sous la gorge de Gikou. Coquille a poussé un petit gloussement ravi en tapant dans ses mains et en sautillant sur place.
- Oh oui ! Le bisou, le bisou, le bisou !
* * * * * Quelque part ailleurs, Steakarella fait son rapport à la Prophète, qui refuse qu'on dise la Prophétesse parce que ça fait trop Charmed et que Charmed ça craint.
- J'en ai récupéré deux, madame. Et Rocco vient de me signaler qu'un troisième venait d'être localisé.
- C'est très bien, ma choute, t'es belle. Soulève ton t.shirt.
Steakarella s'exécute en soufflant. C'est toujours la même chose avec la Prophète, immanquablement à chaque rapport elle se retrouvait nue.
- C'est tout ce que j'avais à dire. Je vais aller chercher le Gniard sur le champ.
- Sans même avoir enlevé ton pantalon ? Mon p'tit Steak, c'est pas très gentil, ça.
- C'est que, madame, sans vouloir vous manquer de respect, le temps joue contre nous, les Soeurs Sourire sont déjà sur place. Mais promis, dès que je l'ai ramené, je vous montre mes nouvelles culottes Snoopy.
- J'ai mieux à te proposer. Demain, je viens te voir. J'ai une surprise pour toi.
Le mot "surprise" glace d'effroi Steakarella qui se souvient encore des pinces à mamelons et des boules geisha qui brillent à l'intérieur. Elle avale difficilement sa salive.
- Bien, madame, à demain alors. J'ai hâte.
Steakarella raccroche. Ca ne va pas, mais alors pas du tout. Il faut qu'elle s'en prenne à quelqu'un. Et vite.
- Roccooooooooo !!
Rocco arrive toute guillerette. Elle a mis des noeuds orange pour se faire des couettes. Et oui, qui fait des rimes sans le savoir, vous connaissez la suite.
- Où sont les deux andouilles ? C'est l'heure de l'entraînement !
- Je crois qu'ils ont commencé sans vous, madame. Mais comme ils n'avaient pas encore leur tenue, ils font ça tout nu.
Le découragement et une vague sensation de nausée s'empare de la Messagère.
- Vous voulez que j'aille les chercher pour vous ? Quand je les ai vus tout à l'heure, Matiche apprenait à Soda Pêche la position de la Brouette Magique du Castor. Et ça avait l'air très difficile, Soda Pêche criait beaucoup. Vous voulez voir une photo ?
- Rocco, rend-moi service, calcule moi la circonférence de la boîte de Délichoc que tu t'es enfilée en douce hier sans même m'en proposer.
Steakarella sait qu'elle en a pour la journée avant que Rocco comprenne que c'est impossible parce que c'était une boîte de Barquettes 3 Chatons à l'abricot. Elle sourit en se disant que le sadisme a du bon puis, laissant la pauvre Rocco en pleine catatonie, les yeux révulsés par la panique, le front perlé de sueur, elle se saisit de son casque de moto noir zébré pour aller chercher ce foutu troisième Gniard. Quoi, vous ne pensiez pas qu'avec un nom pareil, Steakarella roulait en trotinette ?!
* * * * * Soda Pêche, le corps encore moite, est assis dans un coin de la grande salle d'entraînement et regarde amoureusement Matiche se rhabiller en fredonnant un langoureux "je ne veux qu'il, han han, je ne veux qu'il".
- Dis, Diabolo Fraise, t'aurais pas vu mes chaussettes noires ?
- Oh Matichela, la vie n'est qu'un jeu pour toi / Oh Matichela, pourtant ne croit pas / Que tu peux, oh Matichela, jouer avec l'amour / Sans risque de te brûler un jour !
- Heureusement qu'elles ne sont pas rouges et jaunes à petits pois, mes chaussettes, j'aurais eu droit aux 15 versions de La Valise ! Et non, je t'arrête tout de suite, ce n'est pas un appel pour que tu les chantes.
- Tu es toujours aussi désobligeant après l'amour ?
- Après quoi ? On s'est envoyé en l'air, c'est tout, pas la peine d'en faire une montagne.
- Mais c'était important pour moi ! C'était mon premier baiser échangé sur une plage en été, premier amour un beau jour qui vient vous emporter.
- Désolé, j'espère que ça t'a plu au moins. Tu m'excuses si j'ai pas trop le temps de faire le service après-vente. Mais c'était bien, t'as assuré. Un vrai pro.
- Mais c'était ma toute première fois, toute toute première fois, toute toute première fois, toute toute première fois oauhh.
- Bon écoute Scotch Framboise, là tu deviens lourd, non seulement tu chantes des chansons pourries mais en plus tu te traînes lamentablement à mes pieds. On a couché ensemble, c'était potable, fin de l'histoire.
Matiche quitte la salle sans attendre la réponse de Soda Pêche qui reste nu, prostré et impuissant, sur le sol, les larmes aux yeux. Je sais ce que vous pensez, que Matiche est un odieux personnage mais, comme il le dira à Gikou dans l'épisode 5, il a de bonnes raisons de se comporter ainsi. Mais pour le moment vous avez le droit de lui en vouloir. Surtout lorsqu'on observe le pauvre Soda Pêche qui tente, tant bien que mal, de contenir ses larmes en chantant "nuit tu me fais peur, nuit tu n'en finis pas, comme un voleur, tu es parti sans moi, Matiche si tu pensais un peu à moi."
* * * * * Eh oui, c'est déjà la fin. Mais je serai de retour dans deux semaines, moi, Alexandre George Maestro dit Gikou, et vous saurez alors qui est le quatrième Gniard parce qu'on sera à l'épisode 4 puisque aujourd'hui vous avez rencontré le troisième Gniard parce qu'on est à l'épisode 3, ce qui veut aussi dire que le cinquième et dernier Gniard arrivera à l'épisode 5. Non, je ne suis pas monomaniaque. Et pour ceux d'entre vous qui attendent des meurtres, de la violence envers les animaux et des perversions sexuelles, sachez, malheureusement, que cette saga en regorgera bientôt et vous regretterez le temps où vous fredonniez "tutututlute, tutulute" en regardant Rocco se vautrer lamentablement dans la prairie avec ses petites nattes au vent. Mais vous pouvez tout aussi bien vous arrêter ici, vous n'êtes pas obligés de me lire. Je ne suis qu'un Gniard après tout et comme chacun le sait, les Gniards quoi que vous fassiez, ça chouine. November 24 Les Gniards - Episode 2Episode 2 : Quand Gniar(y) rencontre Gniar(y)
Il existe une prophétie qui dit que le jour où la Laitière fera un yaourt dinde forestière, Nikos deviendra Roi de la Grèce. Mais en attendant que cette prophétie se réalise, il y en a une autre, moins farfelue, qui annonce la venue de cinq Gniards pour sauver le monde de l'arrivée des ténèbres suite à une coupure d'électricité. Ca, c'est l'introduction. Le seul problème, hormis l'incohérence de ce récit, c'est que les cinq Gniards ignorent qu'ils sont des Gniards et ne se connaissent pas, ne se trouvent pas au même endroit et, pire, ne savent même pas ce que le mot 'Gniard' veut dire. C'est quand même bête un Gniard. C'est pourquoi la Grande Prophète a envoyé sa Messagère réunir les mouflets, pardon les Gniards. mais elle n'est pas la seule à vouloir mettre la main sur les marmots, pardon les Gniards. Dans l'ombre, les Soeurs Sourire veillent - mais c'est parce que le soleil, c'est mauvais pour la peau - et espèrent bien les trouver avant la Grande Prophète pour une raison qu'on ignore encore mais qui est forcément diabolique parce qu'elles sont méchantes, il en faut bien dans toute histoire. Bref, c'était mon introduction à ce nouvel épisode qui, vous en conviendrez certainement au vu de ce que vous venez de lire, commence fort mal.
Steakarella, la Messagère, est assise au fond d'un taxi qui l'emmène à la rencontre d'un nouveau Gniard. A ses côtés, Soda Pêche agite ses petites jambes.
- Gin Groseille, arrête de remuer tout le temps, ça m'agace. Et quand je suis agacée, je suis moins aimable.
- Soda Pêche, madame. Et, c'est possible ?
- Soda Pêche ? Tes parents ne t'aimaient pas à la naissance pour te donner un nom aussi ridicule ?
- Parce que Steakarella c'est une preuve d'amour ?
- C'était le prénom de ma grand-mère, ancienne charcutière en chef chez Prisunic. Une grande dame, capable de te dépecer une vache en moins de cinq minutes. Ca a fini par la tuer.
- Creutzfeld-Jakob ?
- Hachoir électrique. Un vrai carnage. Je ne te raconte même pas...
- Non, soyez gentille, ne me racontez pas.
- Il va falloir penser à t'endurcir un peu, mon bonhomme. Etre un Gniard, c'est pas si facile.
- Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile, c'est une femme libérée. Tu sais c'est pas si facile.
- Tu me fais quoi là ?
- Désolé, je me mets toujours à chanter quand je suis nerveux. Un jour à l'école, j'ai eu un exposé à faire en Sciences Naturelles sur les fleurs sauvages. Heureusement que j'avais mis une culotte.
- Mais pourquoi, pourquoi j'ai été choisie pour vous ramener ?
* * * * *
Dans leur maison aux murs verts, les Soeurs Sourire tirent un peu la tronche. Oui, c'est étrange de faire la tête quand on porte un nom si jovial mais la blague était facile, il fallait bien que je la fasse alors autant le faire tout de suite quand vous êtes plus indulgents parce qu'on est aux débuts de la saga et que vos attentes, si tant est que vous en ayez, sont encore relativement peu élevées. Donc, comme je le disais avant d'être interrompu par moi-même, les Soeurs Sourire sont contrariées. Coquille, la cadette, chargée de repérer l'emplacement des Gniards dans l'Atlas des Gniards et Autres Espèces de Nabots, n'a pas réussi à localiser le début du commencement de la queue d'un Gniard. Et non, aucune blague ne sera faite sur le sujet, nous ne sommes pas ce genre là. L'absence de résultats de sa soeur énerve beaucoup Katana, l'aînée. Mais comme un rien l'énerve, cette précision n'a aucune importance.
- T'es une idiote. Une crétine doublée d'une idiote.
- Loin de moi l'idée de te mettre en rogne plus que tu ne l'es déjà mais ce ne serait pas un peu la même chose...
- Ce n'est pourtant pas compliqué de trouver quelque chose d'aussi facile à repérer qu'un Gniard ! Tu prends l'atlas, tu l'ouvres au chapitre 'Mais où sont passés les Gniards ?" et hop !, magique, t'as une carte qui t'indique où ils se trouvent. Tiens, regarde !
Coquille se penche sur la carte qui scintille légèrement.
- Oh ! Un petit point lumineux ! Regarde son emplacement, il est pile là où on est ! Tu crois qu'il est à la maison ? Petit Gniard, petit Gniard, viens là, viens voir maman Coquille, ouh oui qu'il est beau le petit Gniard, c'est un bon gniagniard à sa maman, ça.
Pour toute réponse, Lulu, la petite chatte grise des Soeurs Sourire, vient ronronner contre les jambes de Coquille.
- Oh ! Et si c'était Lulu notre premier Gniard ?
- T'as mangé Eve Angeli ce matin ? Lulu c'est un chat. Tu sais, comme une panthère mais en plus petit.
- Ou un hamster en plus gros ! Mais je me disais que, peut-être, Lulu a été ensorcelée et qu'elle est en réalité une Gniard transformée en chatte.
- T'as encore regardé Charmed ? Passe la moi !
Katana arrache Lulu des bras de Coquille et la jette de toutes ses forces contre le mur. La pauvre petite chatte se met à miauler de douleur pendant que Coquille se presse pour la ramasser.
- Miaou fait la pauvre petite Lulu, ce qui doit toujours vouloir dire quelque chose mais je n'ai pas appris à parler chat depuis l'épisode précédent.
- Comme le dit le proverbe : "Chat sans rebond, pas de Gniard à la maison !"
Katana balaye la carte de la main pour enlever les miettes de pain que Coquille a pris pour des points lumineux. Soudain, la carte se met à briller. Trois points lumineux, des vrais cette fois, viennent d'y faire leur apparition. Un rouge, un bleu et un vert. Plus qu'un et Bruno Vandelli faisait son retour.
- Eh ! Brigitte ! beugle Katana en se tournant vers sa soeur. Mais qu'est-ce que tu fais ? A moins que tu veuilles faire une épilation à ce chat, pose ce rouleau de scotch, ce n'est pas comme ça qu'on répare une patte cassée ! Ecoute donc. j'ai trouvé trois Gniards. Il y en a deux pas très loin l'un de l'autre mais le troisième est tout seul. Et tout près de nous. On peut essayer de l'intercepter avant la Messagère. Eh ! Coq', je te parle !
Katana, furieuse d'être ainsi ignorée, s'approche à grandes enjambées, quatre précisément, de sa soeur, agenouillée près de Lulu.
- Pourquoi elle bouge plus, cette andouille de chatte ?
- Elle avait l'air d'avoir mal alors je lui ai donné un mojito. Tu crois que c'est pas bon pour les chats ?
* * * * *
A quelques kilomètres de là, devant un bel hôtel particulier, le taxi qui conduit Steakarella et son jeune protégé pile net dans un crissement de pneus qui n'est pas sans rappeler les grandes prestations vocales académiques de Céline. La porte s'ouvre violemment et les deux passagers sont éjectés.
- Et je ne veux plus jamais vous revoir, bande de détraqués !
Steakarella se relève péniblement et envoie une taloche dans la tête de Soda Pêche.
- C'était plus fort que toi, il a fallu que tu chantes cette chanson pourrie !
- Je ne pouvais pas prévoir que le chauffeur s'appelait Benoît !
Une jeune fille aux cheveux rouges s'est précipitée à leur rencontre.
- Rocco au rapport, chef ! Je vous ai tout de suite reconnue à votre voix, chef ! Gniard de l'Eau retrouvé, chef !
- Moins fort tête de citrouille.
- Une citrouille, c'est orange et cette jeune fille bizarrement habillée a les cheveux rouges l'interrompt Soda Pêche.
- Eh, Valérie Damidot, tu veux m'apprendre les couleurs ?
Soda Pêche marmonne un "m'en fous, de toute façon, Ikéa c'est bien."
- Rocco, continue ton rapport. Et arrête de beugler "chef" à tout va !
- C'est que vous m'avez coupé dans mon élan et je ne sais plus où j'en étais maintenant. Rocco au rapport, ça c'est dit, Gniard retrouvé, c'est dit aussi... Ah si ! Permission de parler librement, chef ?
- Je vais la tuer elle aussi.
- Solide gaillard ce petit Gniard ! Oh ! C'est marrant ça rime !
Soda Pêche, qui chante en boucle dans sa tête "elle est posée sur l'étagère, entre un bouquin d'Eric Halder, un chandelier blanc Ikea et une carte postale de Maria", se tourne soudain vers Steakarella.
- Il y a un autre Gniard ? Un autre comme moi ?
- Oh non ! Bien plus beau ! s'empresse de rajouter Rocco ce qui vexe un peu Soda Pêche qui n'a pas l'habitude qu'on remette en cause sa plastique irréprochable.
Steakarella agite deux doigts devant la jeune fille qui sautille sur place. Ne me demandez pas la raison, Rocco aime bien sautiller, ça lui donne l'impression d'être plus grande.
- Combien j'ai de doigts ?
- Trois, chef ! Comme les trois pattes d'un canard !
- Tu vois Soda Pêche, t'as pas de raison de bouder. Elle pourrait être en présence de Bataille et Fontaine, elle les prendrait pour les frères Affleck.
A ce moment là, un grand garçon à l'air morose s'avance vers le petit groupe. Jusqu'ici, il s'était tenu en retrait sous le porche de l'hôtel, riant de bon coeur à l'éjection du taxi et à la claque que Steakarella, qu'il avait décidé très silencieusement de rebaptiser 'Général Boccolini', avait mise à Soda Pêche, renommé tout aussi silencieusement 'le petit mignon qu'il ne faudra pas trop brusquer si je veux un jour avoir une chance de me le faire' - surnom qui, vous en conviendrez autant que moi, manque de classe mais à la décharge de Matiche, les jeunes garçons innocents se font de plus en plus rare de nos jours. Matiche s'avance donc vers Steakarella et, sans lui tendre la main, se présente.
- Matiche, prétenduement Gniard de l'Eau mais assuremment irrité d'avoir été traîné hors de sa douche par une furie mal peignée.
- Tes phrases sont trop longues, je ne te comprends pas. A l'avenir, si tu ne sais pas faire court, je te prierais de te taire.
- Taggle. C'est assez court ? Ca manque peut-être un peu de finesse. Mais après tout vous aussi.
- Non mais les Gniards, faudrait songer à arrêter de me traiter de grosse ! Parce que je t'ai entendu avec ton 'Général Boccolini' !
Matiche reste sans voix. D'une part parce que jamais il n'a pensé qu'elle était grosse puisqu'elle ne l'est pas, ce qui est aussi absurde que de croire que Camille a du talent alors qu'elle sait juste prouter dans un micro mais surtout parce qu'il n'a rien formulé à haute voix. Comment diantre a t'elle pu l'entendre ? Et pourquoi est-ce que j'utilise 'diantre' ?
- Et pour ta gouverne, le petit mignon ne saurait même à quoi tu ferais allusion si tu lui faisais du rentre-dedans. La seule chose qu'il pense lorsqu'il te voit c'est : "trop cool son t.shirt !". Mais je t'en prie, fais un essai, j'adorerais te voir te ridiculiser.
Soda Pêche, trop occupé à prendre la douleur pour se rendre compte qu'on parlait de lui, s'approche de Matiche et lui tend sa petite main en souriant. Matiche est grand et Soda Pêche doit lever la tête mais il garde son sourire. Matiche aime bien son sourire et le lui rend. Ce qui ne veut pas dire qu'il attrape son sourire et le lui replaque sur la bouche, non. Ca veut dire qu'il lui sourit aussi.
- Je suis Soda Pêche. J'aime bien ton t.shirt, il fait ressortir tes yeux verts.
Matiche ne sait plus quoi dire. Oubliée sa colère contre Steakarella, oubliée son envie de décolorer la petite grue aux cheveux rouges, oubliée aussi son envie d'un grec. Pas Nikos, le kebab.
- Je suis Matiche. Je t'aime bien tout court. Ca te fait ressortir.
C'est stupide comme compliment mais le compliment est un art que Matiche maîtrise mal, surtout parce qu'il n'a trouvé personne jusqu'à présent qui méritait qu'il lui en fasse un. Mais ce petit bonhomme au sourire enfantin a vu ses yeux verts. Et c'est indéniablement la preuve d'une grande intelligence.
Rocco se penche vers Steakarella qui, de dépit et aussi un peu de peur de tomber parce que ça fait longtemps qu'elle est debout et un accident est si vite arrivé, s'est assise sur le trottoir.
- Vous croyez qu'ils vont s'embrasser ? Parce que j'ai pas mon appareil.
* * * * *
Si vous vous demandez à quel moment j'interviens, moi, Alexandre George Maestro, surnommé Gikou, narrateur et forcément héros important de l'histoire, je suis déjà là. Non, je ne suis pas le chauffeur de taxi. Je suis le point vert qui clignote sur la carte de Katana. Oui, oui, c'est moi. Et non Oui-Oui c'est moi puisque je ne suis pas Oui-Oui, je suis Gikou, suivez un peu. Et si vous faites partie de ces lecteurs dont le nom n'a pas encore été cité, ne vous en faites pas, il y a encore des rôles à pourvoir, chacun sera servi. Je ne voudrais pas prendre le risque de vous voir déserter ces pages sous prétexte que vous vous êtes sentis délaissés. Ceci n'est absolument pas un procédé racoleur et démagogue pour vous inciter à laisser des commentaires, ce n'est pas le genre de la maison. Quoi qu'il en soit, pour en revenir à cette partie du récit, sachez d'ores et déjà, comme le chanterait probablement Soda Pêche, que les histoires d'amour finissent mal en général. Cependant, pour le constater vous-mêmes, il faudra revenir. Mais vous n'êtes pas obligés de me lire. Je ne suis qu'un Gniard après tout et comme chacun le sait, les Gniards, quoi que vous fassiez, ça chouine.
November 10 Les Gniards - Episode 1Episode 1 : A la Recherche des Gniards Perdus
" Au pays de Candy, comme dans tous les payx, on s'amuse, on pleure, on rit, il y a des méchants et edes gentils... Oh, pardon mon jeune ami, je ne t'avais pas entendu cliquer sur ton mulot et je chantais devant mon miroir. Bienvenue dans cette nouvelle saga. Je m'appelle Vodka Pomme et je serai ton guide à travers cette extraordinaire aventure que tu t'apprêtes à vivre."
- Gnôle Pruneau, un appel pour toi sur la 2.
- J'ai déjà dit qu'on ne devait pas me déranger quand j'enregistre les nouveaux épisodes de Mimoune, la grosse vache blanche.
- C'est un hippopotame, monsieur.
- Ca pourrait être une sauterelle géante que ça me ferait le même effet. Ligne 2, c'est ça ?
Gnôle Pruneau a décroché le téléphone. Il sort une cigarette du paquet posé à côté du combiné et joue nerveusement avec.
- Monsieur Gnôle, vous ne me connaissez pas et ce que j'ai à vous dire va certainement vous surprendre mais je vous en prie, écoutez-moi jusqu'au bout. Vous êtes un des Gniards.
- Non, madame, je suis enfant unique. Et je ne suis pas intéressé par la Scientologie.
- Je n'appartiens pas à une secte, monsieur Gnôle. Je suis la Messagère choisie pour annoncer aux Gniards qu'il est l'heure de se réveiller.
- Je n'aime pas le fromage et je suis un avion rouge. Et non, je ne chanterai pas Le Dormeur.
- Il est l'heure de se réveiller. Allez, lève-toi, tu vas être en retard.
Soda Pêche émerge tout doucement. Arff, ce n'était qu'un rêve. Gnôle Pruneau ! Son inconscient doit trouver ça drôle de l'affubler d'un prénom aussi ridicule. Il ramène les couvertures sur sa tête et bougonne à l'attention de sa mère.
- Encore cinq minutes, s'te plaît, j'ai sommeil, je veux pas y aller.
- Tu dis la même chose tous les matins. Lève-toi rapidement ou j'arrache les points de suture de ta greffe de joue.
Soda Pêche s'est immédiatement redressé, les yeux horrifiés.
- Tu vois quand tu veux, tu peux être rapide.
Soda Pêche se frotte la joue. depuis son accident de bus qui l'avait laissé défiguré, il faisait de drôles de rêves. En hâte il enfile son t.shirt et son jean et descend à la cuisine.
- Tu ne prends pas de petit-déjeuner ? J'ai fait un cassoulet pour toi!
- J'ai des restes de poitrine de porc dans mon sac. A ce soir.
Soda Pêche n'aime pas la poitrine de porce. Ca lui rappelle les seins de Mylène Farmer. Il se dépêche sur le trajet qui le mène à l'école. Bizarrement, après chaque rêve, il continue d'entendre des bribes de dialogues. la dernière fois, c'était "tu es un tison ardent", aujourd'hui c'est "vous êtes un des Gniards". Il est quand même étrange comme garçon. Une dame en costume de cow boy de l'espace s'approche de lui.
- Ice Tea ?
- Soda Pêche, madame, pas de marque. je peux vous aider ? Il n'y a pas d'indien extraterrestre ici vous savez.
- Tu n'es pas drôle mais ce n'est pas grave, je n'aime que Florence Foresti. C'est donc toi le Gniard du Feu ? Tu n'es pas très grand.
- Vous non plus et en plus vous êtes ronde.
- Tu es très désobligeant. Je ne t'aime pas.
- Tant mieux, je suis en retard à l'école. J'ai cours de maths avec Monsieur Génie et il est très sévère quand on ne respecte pas le règlement. La dernière fois, il m'a donné un coup de règle sur les fesses quand j'étais nu, c'était très perturbant.
- Tes émois d'adolescent narcissique et refoulé ne m'intéressent pas. Je suis une femme belle et intelligente, je n'ai pas à supporter tes jérémiades rhumanesques. Et puis je suis en période d'ovulation, je suis moins compréhensive.
- C'est pour ça que vous abordez de jeunes garçons dans la rue ? Votre désespoir hormonal est si grand ?
- Vermicelle, je suis Steakarella, la Messagère. Tu es un Gniard. Selon la Prophétie, toi et les autres Gniards, vous êtes amenés à sauver l'Empire Disney du marasme dans lequel il s'enfonce.
- Ce n'est pas le boulot de Pixar ?
- Tu es un ignare. Mais je ne t'écoute pas. Ma compagnie me suffit. J'aime ma voix. Suis-moi.
- D'accord. Mais uniquement parce que j'ai encore les chiffres de la règle en fer forgée de Monsieur Génie sur les fesses.
* * * * *
A l'autre bout de la ville, dans une immense maison aux murs mauves, Coquille et Katana, les soeurs Sourire, s'essayent à la littérature à quatre mains. mais comme elles ne sont pas ambidextres, elles n'écrivent qu'avec deux.
- Coq', ce que tu écris est insipide. Même Lorie écrit mieux.
- Kat', est-ce que je t'ai déjà dit que tu manquais cruellement de tact ?
- J'ai d'autres chats à fouetter que de me soucier des états d'âme d'une neurasthénique affectivodépendante.
Joignant le geste à la parole, elle se saisit alors de Lulu, leur petite chatte grise et lui file une trempe. la pauvre petite chatte miaule de douleur.
- Miaou ! hurle Lulu. Ce qui veut certainement dire quelque chose mais je ne parle pas le langage chat.
Coquille la recueille dans ses bras et la caresse tendrement.
- Tu pourrais éviter de t'en prendre à Lulu. Je croyais que tu aimais les chats.
- C'est justement parce que je les aime que je ne me suis pas encore servi de sa peau pour m'en faire un bonnet. En parlant couture, où est-ce que tu en es de la recherche des Gniards, je rêve d'une petite jupe en peau de brailleur. Je pourrais y ajouter de jolies feuilles brodées.
- C'était à moi de les chercher ? Je suis désolée.
- Tu as encore fait ta Meredith ?
- Excuse-moi d'avoir une vie sociale trépidante. Et puis ce n'est pas comme si les Gniards allaient s'enfuir. Ils ne savent même pas qu'ils sont des Gniards.
- Tu oublies que la Messagère est déjà en route. Et c'est une sacrée tête de pioche. Elue douze dois de suite 'Meilleure Briseuse de Noisettes' par la Confrérie des Furieuses en Chaleur.
- C'est vrai, quel extraordinaire petit bout de femme.
- Coq', elle est l'ennemie ! Je suis ta soeur, tu me dois obéissance. Alors quand je dis cherche, tu cherches.
- Il faut vraiment que je retrouve les cinq Gniards aujourd'hui ?
- J'ai une tête à être patiente et compréhensive ?
* * * * *
Autre lieu, autre Gniard. Matiche se réveille dans son grand lit et cherche de la main son compagnon avant de se souvenir qu'il n'en a pas. Il aurait pourtant juré du contraire. Il se redresse difficilement. De toutes façons, les draps devaient être changés. Il sourit et se dirige vers la salle de bains. Assise sur le rebord de la baignoire, une jolie jeune femme aux cheveux rouges l'attend. matiche cherche maladroitement à protéger son impressionnante virilité de ce regard étranger.
- Oh, non, ne vous cachez pas, j'aime les hommes nus. Surtout quand ils sont plusieurs et qu'ils se touchent.
- Vous êtes une production de mon inconscient, vous êtes l'image de la honte maternelle et du regard de la société sur mon choix de vie alternatif.
- Je ne comprend pas ce que tu dis mais ça n'a aucune importance. je n'ai pas été recrutée pour ma vivavcité d'esprit mais parce que je suis belle et odorante.
- J'en suis ravi, même si ça ne se voit pas. Mais j'aimerais être nu seul dans ma salle de bains si vous n'y voyez pas d'inconvénient.
- Mais j'ai quelque chose à te dire avant. Quelque chose d'important. Je l'ai noté sur un bout de papier. C'est mon employeur qui me l'a fait écrire parce que j'ai des petis problèmes de mémorisation. Ah, voilà.
La jeune femme déplie un bout de papier froissé qu'elle vient de sortir de son imposante chevelure.
- Mon cher Quattro, tes étreintes fougueuses me manquent et mes menottes s'ennuient...
- Je m'appelle Matiche. Vous vous trompez de rasoir.
- Oh, pardon, je suis étourdie, c'est ma fan-fiction sur des hommes qui aiment se trouver nus les uns avec les autres. Je t'ai déjà dit à quel point a m'émoustillait .
- Je ne vous connais pas, j'apprécierais que vous ne me tutoyiez pas. Vous n'êtes pas véndeuses de bédés.
- Tu es très rigide pour un Gniard.
Matiche couvre davantage sa virilité. Si seulement elle pouvait arrêter de parler d'hommes nus. Il toussote un peu, comme pour signifier son embarras, regrettant aussitôt d'avoir porté la main à sa bouche pour couvrir le bruit de sa toux par politesse.
- Je m'appelle Rocco. Je dois te demander de me suivre. Tu as rendez-vous avec la Messagère. Tu es le Gniard de l'Eau.
- ce qui veut dire que j'ai le pouvoir de déclencher une mini-pluie au dessus de ma tête ? parce que sans ça, je voudrais bien prendre une douche et m'habiller.
- Vas-y, je te regarde, je n'ai rien de mieux à faire.
- Je ne suis pas exhibitionniste. Et si je devais l'être, ce ne serait certainement pas devant une fille.
- C'est bien dommage, tu es rudement mignon.
Matiche sent ses oreilles devenir rouges, ce qui a le don de profondément l'agacer.
- Tire-toi, plate courge !
- C'est un bonnet B. Je trouve ça vexant.
- Je ne suis pas une âme charitable. Et j'ai froid.
- Forcément, t'es nu ! T'as qu'à t'habiller ! C'est bête les garçons quand même !
* * * * *
Si vous vous demandez ce qu'est cette histoire de Gniards et pourquoi vous avez assisté à cette insupportable logorrhée indécente, ne vous tracassez pas, vous aurez bientôt les réponses. Mon nom est Alexandre George Maestro mais tout le monde m'appelle Gikou. Je suis un des Gniards. Au cours des épisodes de cette inutile et narcissique sage, dont le nombre reste à définir puisque comme toute bonne série il est soumis à des impératifs d'audience, en l'occurence vos commentaires, vous découvrirez comment nous, les Gniards, nous avons failli à notre mission. Comment nous avons été trahis par l'un des nôtres, comment nous avons succombé à la passion, comment l'un de nous a choisi de mourir et comment le dernier nous a été enlevé. mais vous n'êtes pas obligés de me lire. Je ne suis qu'un Gniard après tout et comme chacun le sait, les Gniards, quoi que vous fassiez, ça chouine. |
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