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07 September C'est bon la honte...Dès que j'ai eu l'âge, il me semble avoir toujours eu un garçon en tête. Et peu importe si physiquement il ne se passait rien, mon cerveau dérangé se faisait un plaisir d'inventer une romance tragique et passionnée. J'ai longtemps été une quiche sentimentale. Il m'est parfois même arrivé, lorsque les choses n'allaient pas avec mon petit-ami, de fixer mon attention sur un autre. Comme ça pas d'infidélité et pas de mensonges, juste un bon fantasme guimauve qui sert de soupape de sécurité. Après tout, comme je craque toujours sur des hétéros, il y avait peu de risques que la situation dégénère. La plupart du temps, c'est juste embarassant puisque je me contente de jeter quelques regards tout en me disant 'arrête de regarder, surtout ne regarde pas, espèce de taré'. Parfois aussi, si je suis en forme et que je connais le garçon, je peux jouer les amoureux transi. Ou, du point du vue du garçon concerné, les serpillères sous-fiffres. C'est tout bonnement pathétique. C'est dans cette optique que j'ai décidé de me lancer et d'adresser la parole à ma nouvelle lubie et accessoirement compagnon de bus. Non, ce n'est pas Vincent, mon camarade lourdaud pour qui les mots 'je ne coucherais jamais avec toi' ne semblent avoir aucune signification. Ma nouvelle obsession s'appelle Thierry ou Pascal ou Stéphane. Peut-être Didier. Mais je préfèrerais pas. Il porte des vêtements trop larges, tire la tronche en permanence et a même porté des tongs un jour d'été. Vous comprenez bien que dans ces conditions, je ne peux rester assujetti à ce délire primaire plus longtemps. Il faut que ça cesse. Je vais donc me présenter à lui et m'excuser pour la façon très psychopathe que j'ai de le regarder. Ce à quoi il répondra un laconique 'c'est pas grave' en m'ignorant. A moins qu'il ne me mette son poing dans la figure. J'ai hâte, j'en ai jamais reçu. Franchement, de 1 à 10, je me situe où sur l'échelle des humiliations volontaires ? 27 April Vincent, un ami qui me veut du bienIl y a eu Claude, son demi-siècle, son look de bibendum à la Johnny Clegg, son amour exclusif pour Wagner et son sectarisme primaire qui lui fait dire que tout ce qui sort d'un poste de télé est forcément de la daube. Il y a eu René, son demi-siècle, son look de vieille diva des années folles, ses t.shirts côte de maille et son sarkozysme primaire qui lui fait dire que les homosexuels ne devraient pas avoir le droit de se marier, ce sont des pédés bon sang ! Il y aura désormais Vincent, ses surprenants 42 ans alors que je ne lui en donnais que 36, son look de vieil adolescent sac à dos kaki à l'épaule, sa grosse voix aux accents du sud-ouest. D'ici très peu de temps, certainement, compte tenu de mon tempérament, vous pourrez lire des petites anecdotes pas très flatteuses sur mon nouveau compagnon de bus mais pour l'instant j'aime bien Vincent. Même si sa façon de commenter les films qu'il va voir se résume à "c'est bien", "c'est bof", "c'est nul" et s'il essaye souvent de parler de films dont il n'a ni le titre, ni les interprètes ni même le début d'intrigue (c'est un mec et une fille et euh... ça avait l'air nul...). Même s'il essaye toujours de me traîner à la piscine parce qu'il en a marre de ne voir que des gosses. Même s'il me broie la main chaque matin lorsqu'il me dit bonjour. Même s'il m'envoie 4 textos par jour pour savoir si je bosse. Même si aujourd'hui il m'a gentiment et discrètement offert un dvd qu'il avait fait lui-même hier soir pour moi (dixit son sms), un dvd dont je suppose qu'il veut dire plus que ce qu'il laisse supposer. Ou alors c'est parce que je bosse à la Direction de l'Agriculture... 15 December Envie de moutarde ?Contrairement aux autres défauts, qui eux sont bien jolis, la jalousie en est un vilain. C'est du moins ce que dit sagement le dicton populaire. Et effectivement, c'est vrai. La jalousie déforme les traits du visage, accentue les rides autour des yeux et des lèvres et entraîne la chute des cheveux. Pour préserver son apparence naturelle, il est donc impératif de ne pas l'être.
Mais voilà, certains inconscients, forts de leurs crèmes anti-rides, n'ont que faire d'essayer de réfréner leurs élans maladifs. Je serais psychologue, ce que heureusement je ne suis pas, je dirais que la jalousie est surtout la manifestation d'un sentiment d'insécurité. Par exemple si mon petit-ami prend du plaisir à parler avec un autre que moi, je vais être jaloux parce que quelque part, j'ai peur de le perdre, ce qui dénote un manque flagrant de confiance en soi. Et c'est mal. Même si par la suite vous vous dites que vous aviez raison de l'être puisque le petit-ami en question a fini dans le lit du dit copain qui ne devait en rester qu'un mais qui est finalement devenu plus même si ça ne veut rien dire, ça n'était qu'une seule fois, pardon, désolé, je t'aime, je ne recommencerai plus. Je vous rassure, cette histoire ne me concerne pas. Aucun garçon infidèle ne m'a assuré que ça n'avait été qu'une seule fois et qu'il ne recommencerait plus, ce qui aurait été mentir puisqu'ils l'ont fait. Mais je sens que je m'éloigne de mon sujet. La jalousie, disais-je, est souvent considérée comme la preuve de l'attachement qu'on porte à l'autre. Mes amis, plus souvent -ies que -is, savent comme personne me montrer qu'ils m'aiment à l'aide de grandes déclarations fort touchantes qui se finissent très souvent par un "tu me gonfles, t'as jamais de temps à m'accorder, je ne veux pas que tu ais d'autres amis que moi, je suis la seule" ou encore un "tu passes ton temps à excuser son comportement alors qu'elle n'a jamais été là pour toi contrairement à moi, je suis la meilleure, j'ai droit à la couronne".
Savoir extérioriser sa jalousie, c'est sain. Avec les mains, les pieds, les dents, la hache, le tractopelle. Parce que la contenir trop longtemps, ça peut aboutir à un ulcère gangréneux, ce qui est assez regrettable, moins cependant que de se prendre une gifle parce qu'on a demandé une baguette bien cuite au boulanger et que non, mais alors non, ce n'est plus possible, la situation ne peut plus durer, je suis un monstre qui ne comprend rien et ne se rend pas compte de la souffrance qu'il inflige. On ne se méfie jamais assez des baguettes bien cuites.
Cela dit, il faut savoir resté mesuré. On ne peut pas, sous prétexte qu'on voulait Barbie reine des neiges et qu'on a eu sa copine Kayla bikini, frapper la tête de sa petite soeur avec la maison victorienne Playmobil. Ca risque d'abîmer la jolie maison. La jalousie n'est finalement bénéfique que lorsqu'elle entraîne la stimulation, celle-là même qui vous pemettra de pousser dans les escaliers la grande blonde carriériste dont vous voulez le poste.
D'ordinaire, je suis un garçon modéremment jaloux, puisque c'était là où je voulais en venir avec ce billet. Mon mec peut bien revoir ses ex ou baver devant le vendeur de Chevignon, j'ai suffisamment de recul pour ne pas en prendre ombrage. Et puis je n'ai pas de crèmes anti-rides, je suis un homme viril. Mais il arrive parfois que bêtement, pour quelques mots échangés avec un autre, au demeurant fort sympathique, je prenne la mouche. Et alors, je dois l'avouer, moi aussi je suis jaloux. 09 November Trafic d'influenceEst-ce que vous avez dans votre vie des gens qui ont le don de vous agacer ? Des gens qui ont une influence telle que dès qu'ils ressurgissent, vous vous surprenez à ressentir des choses que vous vous étiez pourtant jurer de ne plus jamais ressentir ? Des gens qui ont ce pouvoir étrange sur votre coeur au point que vous ayiez envie de hurler pour que ça s'arrête ? Si non, vous avez de la chance. Moi, j'en ai un. Un ex. Mon ex. Je dis "mon" parce que même s'il y en a eu d'autres, c'est lui que j'ai le plus aimé. C'est lui qui me sert de référence. Ce n'est pas vraiment un mauvais garçon. Il est même plutôt gentil. Juste lâche et égoïste. Et menteur aussi. Et infidèle. Et lâche. Ah, ça je l'ai déjà dit... Mais j'ai beau le savoir, dès qu'il apparaît, il y a cette voix dans ma tête qui me dit "oh, c'est le tien !". P***** de b***** de m****, non c'est pas le mien, c'est plus le mien. Je veux pas ! Je veux pas qu'il puisse avoir encore autant d'influence. Oui, ça c'est le bruit d'un Nico qui s'énerve, c'est exactement de ça dont je parlais. Il apparaît et je me remets en rogne contre moi-même. Parce que je sens bien qu'il suffirait d'un rien. Et que non, ce n'est pas le moment. Ni aujourd'hui, ni demain. M'énerve, m'énerve, m'énerve. Non, franchement, les ex c'est nul ! 16 September C'était évident !Pourquoi je suis toujours célibataire ? Non, non, ne partez pas, je ne vais pas geindre. Je pourrais... mais non. Parce que geindre c'est fatigant et que ça fait un bruit bizarre dans mes oreilles. Et après vous allez être saisi d'une irrepressible envie de me frapper et je serai obligé de répondre et de vous écraser et ce sera la fin de notre amitié bloguesque. Tout ça parce que je me serai posé une maheureuse question. Oubliez les 'tu manques de confiance en toi', 'arrête d'avoir peur de tout', 'sors davantage'... Non, si je suis célibataire c'est pour une raison très simple : l'orque. Attendez... Pierre me souffle que personne ne va comprendre et que je suis vraiment trop stupide parce que ce n'est pas une vraie raison. Il n'a pas tort. Surtout que de vraies raisons, j'en ai à la pelle !
- J'ai trop de nounours sur mon lit
- Je sautille sur place quand je suis content
- J'ai toujours les pieds glacés
- J'ai une libido qui frôle le zéro
- Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne sors pas en boîte et j'aime ma maison parce qu'elle est jolie ma maison et qu'elle est à moi
- J'aime pas qu'on me parle quand je regarde la télé
- Je peux parler avec une voix de gamin de 3 ans même dans un lieu public
- Je suis un maniaque compulsif qui range les choses alors que vous êtes encore en train de vous en servir
- J'aime le silence
- Je suis fan de Buffy au point de friser l'obsession par moments
- Je parle pas assez et j'écoute beaucoup trop
- Je rêve toujours de sauter dans les châteaux à bulles de chez Quick et McDo
- J'ai le syndrome Lorie, je veux des bisous, des câlins tous les jours
- Je dis 'garçon' et pas 'homme' et 'fille' et pas 'femme'
- J'ai toujours une fille sous le bras et les filles ça colle
- J'ai un abdal associal qui refuse de faire des efforts pour se faire des copains
- Je compte toujours tout
- Je prends toujours le personnage féminin quand je joue à un jeu vidéo
- Je dégage des phéromones qui excitent les vieux
- J'aime pas la mayo
Alors forcément avec une telle liste, il faut pas chercher bien loin une raison à mon célibat. Et puis comment voulez vous qu'un mec trouve de la place dans ma lit, je dors déjà avec Paulo. Mon traversin. Je devrais peut-être revoir mes fréquentations... 27 July Parfois, je m'en collerais bien une !Le truc bien avec mon meilleur copain, c'est que c'est un type bien. Pour des tas de raisons qui vont du très valable (il est loyal, honnête et franc) à l'anecdotique (il me laisse l'appeller 'mon chaton', ce qui est loin d'être un surnom viril et ce qui a tendance à être légèrement embarassant lorsque c'est fait en public). Puis il a un prénom super sympa porté par 6 personnes en France (qui sont bizarrement toutes condensées au même endroit). Sans oublier qu'il est un excellent père (ce qui en toute bonne foi ne me concerne pas vraiment vu qu'il n'est pas le mien mais qui ne fait qu'ajouter au respect que je lui porte). Bon, il faut bien avouer qu'en tant que prof de combat, il n'est pas très bon mais c'est parce que je suis plus doué pour encaisser les coups (bleus énormes à l'appui) que pour les rendre et qu'en tant que gay la pratique de la boxe n'est pas inscrite dans mon patrimoine génétique. Puis, il a toujours des surnoms bizarres et peu flatteurs à me donner comme 'tête de iench' ou 'petite s....e' mais les mecs hétéros ont une façon très particulière de manifester leur affection. Si j'avais pu choisir un grand frère (et je peux vous assurer que s'il y a bien une personne qui m'a manqué dans ma vie, c'est ce foutu grand frère que je n'ai jamais eu), je l'aurai choisi, lui. Bref, mon meilleur pote est quelqu'un de bien, normal c'est mon meilleur pote.
Le truc moins bien en revanche avec mon meilleur pote, c'est qu'il est canon. Et ça, c'est super dur à gérer quand il vous parle en vous regardant et que tout ce que vous voyez c'est les muscles de ses épaules qui se contractent sous son débardeur blanc. D'un seul coup, la température monte de quelques degrés pendant qu'une petite voix dans votre tête se met à hurler 'arrête de regarder, arrête de regarder, mais putain tu vas arrêter de mâter ton meilleur copain, espèce de pervers dégénéré !'... En général, la petite voix gagne toujours mais il y a des moments où mon copain, qui est gentil mais pas stupide, est obligé de me rappeler à l'ordre un peu à l'image d'Adrianna Karembeu qui continue d'implorer pour qu'on la regarde dans les yeux. C'est gênant. Amusant aussi au bout de quelques années de pratique mais gênant quand même.
Pourquoi est-ce que je vous raconte ça ? Parce que je viens de me rendre compte de façon très inquiétante que j'ai toujours fantasmé sur les copains hétéros que j'ai pu avoir... et je ne compte pas les frères et les mecs de mes copines (ça c'est un autre problème tout aussi embarrassant). Et en y regardant de plus près, je m'aperçois que je n'ai jamais eu d'amis hétéros par lesquels je n'ai pas été attirés. Ce qui tendrait à prouver que non seulement je suis superficiel mais que je choisis mes amis en fonction d'un désir refoulé. Ce qui me place automatiquement en situation de frustration parce qu'un hétéro qui se respecte ne couche pas avec un garçon et que quand bien même, très logiquement les amis ne couchent pas entre eux. Donc je m'évertue à foncer dans le mur à chaque fois et qu'un mur en pleine face, ça fait mal. CQFD.
Conclusion de la minute instropective de Monsieur Thérapie : Je suis maso ! (oui, tout ça pour en arriver là, c'est affligeant mais j'assume) 22 June Le loup est dans la placeDans la catégorie 'Grand Naïf', je demande Nico !
Je suis toujours le dernier à voir qu'un type s'intéresse à moi et le plus souvent je me dis toujours avec une candeur agaçante pour les autres que le type en question veut juste être gentil (note pour l'avenir, les hommes ne sont pas gentils !). Ce qui fait que je me retrouve parfois dans des situations légèrement embarrassantes (note pour l'avenir apprendre à dire non).
Prenons l'exemple tout simple de René. Non, je n'ai pas délibérément changer son prénom pour protéger son anonymat, il s'appelle vraiment René. Et oui, je me fiche complètement de son anonymat. René est un gentil garçon (note pour l'avenir, passé 25 ans, on ne dit plus garçon !) qui a une tendance toute particulière à idôlatrer Mireille Mathieu, à porter des tenues extravagantes et à trop se poudrer le nez. Littéralement. Il y a de cela quelques mois nos seuls échanges consistaient en un lascif geste de la main de sa part auquel je répondais invariablement par un bonjour poli mais ferme qui voulait dire en gros 'je suis associal, ne me parlez pas !'. Puis, très rapidement, le gentil René est devenu un camarade de bus (on sous-estime beaucoup le pouvoir social des transports en commun) qui avait toujours au fond de son sac Louis Vuitton un petit paquet de bonbons à m'offrir. J'ai bien tenté de refuser, me rappelant que ma maman m'avait interdit d'accepter les bonbons des inconnus, mais je me suis dit que passé 18 ans (et certainement avant), ce conseil ne me serait guère utile et malgré mes 'non, non' polis mais fermes, je me retrouvais à chaque fois avec le paquet en poches. J'aurais du y voir un signe. Mais non, pour moi gentil René était simplement gentil. Etrange et insistant mais gentil.
Puis le gentil René a voulu engager plus avant la conversation, ce à quoi je n'ai vu aucun inconvénient, vu que le trajet en bus est assez long et qu'après tout il était devenu mon fournisseur de bonbons. J'aurais du déceler dans ses questions sur ma vie privée un signe mais là encore, je me suis dit qu'il entretenait la conversation. Puis sans crier gare, le gentil René a voulu me faire la bise pour me dire bonjour ce à quoi il est difficile de dire non sans risquer de vexer la personne en face. Ce qui serait fort regrettable puisqu'après tout il est gentil mais aussi qu'il connaît beaucoup de monde. Oui, je sais, c'est mesquin mais c'est lui qui a proposé de glisser un mot pour moi au directeur. La encore, je n'y ai vu qu'un désir de camaraderie. Mais lorsque le gentil René pose gentiment sa main sur mon épaule pour me faire la bise, je commence à me demander si sa gentillesse n'est pas intéressée. Réflexion rapidement balayée par un manque caractéristique de confiance en moi qui me fait dire qu'il y a peu de chances qu'un homme, quel qu'il soit, puisse s'intéresser à moi. Et pourtant, le gentil René que je trouve de moins en moins gentil et de plus en plus pressant, n'a de cesse de m'inonder de compliments. Bien sûr, c'est plaisant, même quand ça vient de quelqu'un qui ne vous attire pas du tout mais à la longue ça devient lourd. Très lourd. Et mes sourires gênés n'ont pas l'air de freiner ses ardeurs puisque le gentil René insiste désormais pour m'inviter à passer la soirée avec lui. Là, ma naïveté a ses limites, et je comprends - enfin - que le gentil René a juste envie de se taper du petit jeune. Oui, parce qu'aux yeux du gentil René, je suis un petit jeune, vingt ans de moins oblige !
Et comme si les choses n'étaient pas assez embarrasantes, je découvre avec effroi qu'un autre vieux camarade de bus partage son goût des hommes plus jeunes. Un homme qui me dit en riant qu'il pourrait être mon père. Et c'est vrai. Pas qu'il est mon père, sinon la situation serait horriblement glauque mais qu'il a l'âge pour l'être. D'ailleurs, ils ont le même âge. Mais là où le gentil René avait mis 5 mois avant d'entamer la conversation, le vieux Claude attaque sec. Entre une proposition pour un week-end musique classique (note pour l'avenir ne jamais parler de Wagner à un homme ça lui donne de drôles d'idées) et une nuit au Negresco, je me sens un petit peu harcelé. Et les voyages en bus deviennent un véritable traquenard. Je suis flatté, là n'est pas la question, mais je me dis surtout qu'ils ne doivent pas voir passer beaucoup de chair fraîche et que par conséquent, ils sont prêts à sauter sur tout ce qui bouge, qu'il le mérite ou pas. Et pas de bol pour moi, je suis le seul nouveau gay dans le coin. Et le plus inquiétant, c'est que plus les deux énergumènes s'agitent en moulinant des poignets et en prenant des tons offusqués de vieilles divas des années 30, plus je me transforme en une version hétéro-beauf de moi-même, répondant à leur diatribe chantante par de gutturales onomatopées, les pouces glissés dans les boucles ceinture de mon jean, la démarche rugbyman et le regard bovin.
Et pendant ce temps, le mec le plus craquant du service, qui a l'avantage d'avoir plus ou moins le même âge que moi, m'ignore copieusement. La vie est vraiment mal faite ! 20 February Happy Breakup Day, Nico !Depuis quelques jours, j'ai une idée de billet qui me trotte dans la tête. Oui, je sais, on est lundi, alors aujourd'hui ça devrait être le Beau Mec du Lundi mais une fois n'est pas coutume, il attendra demain. Non pas que ce que j'ai à écrire soit plus intéressant mais j'ai juste envie de le faire. Pour moi. Comme vous l'aurez remarqué (ou pas), il n'y a pas eu de billet pour la St Valentin. Parce que j'étais seul (cela dit, j'aurais été en couple, j'aurais certainement eu plus intéressant à faire qu'un billet sur la St Valentin...) et parce que de toute façon il est difficile d'être d'humeur joyeuse quand vous fêtez votre anniversaire de rupture. Je ne vais pas m'apesantir sur mon sort. Je suis pas le premier à être malheureux parce qu'on le quitte, ni le premier à avoir envie d'en crever. Donc me voilà, un an plus tard, un peu moins naïf, un peu plus méfiant avec la certitude déconcertante que malgré tout il reste l'homme de ma vie. Une évidence qui ne m'a empêché et ne m'empêchera pas de chercher quelqu'un d'autre à aimer parce que je sais bien quà aujourd'hui, il ne nous est pas possible de revenir en arrière. C'est étrange de continuer à aimer quelqu'un qui n'est plus avec vous, un peu comme ces amputés qui ressentent la présence de leur membre en moins. Et même si je n'ai ni l'envie ni la capacité de vivre une nouvelle histoire aujourd'hui, je sais qu'un jour je l'aurai. En attendant, je me contente juste d'apprécier le temps qui passe...
Voilà, c'était pas grand chose, juste un petit mot parce que la date était importante à mes yeux. Pour le reste, je suis content d'être là, un peu fatigué, mais content. Et je crois que c'est le principal. 09 June Mon fantasme du mec gentilMes copines trouvent que j’ai un drôle de goût en matière d’hommes. Pas d’un point de vue physique, même s’il arrive parfois qu’elles trouvent que j’abuse, mais du point de vue du caractère. Qu’ils soient réels ou de fictions, les garçons que j’aime bien ont tous en commun d’être gentil. Et dans ma bouche, le mot gentil n’a rien de péjoratif bien au contraire. Pour beaucoup, c’est un synonyme de brave bête, de niais insipide ou d’huître sans personnalité ni opinion. Pas pour moi. La première chose que je regarde chez un garçon, ce sont ses yeux. Ou plutôt son regard. J’aime les regards francs où je peux y lire toute la gentillesse du monde. Devant un film ou une série, c’est la même chose. Le personnage vers lequel mon cœur se porte est toujours le plus gentil du lot. Les rebelles, les forts en gueule, les casanova, très peu pour moi. Mon beau mec du lundi juste en dessous le prouve. J’aime Riley, j’aime Michael, j’aime Dean, j’aime Rick, j’aime Nick… autant de personnages qui sont de vrais gentils. Certainement parce que c’est ce que j’attends d’un homme : qu’il soit tendre, présent et sincère. Un mec gentil n’est pas un idiot, ni un incapable. Sa gentillesse ne veut pas dire qu’il n’a pas de zone d’ombre, de souffrances, de questions. Cela veut juste dire qu’il a décidé de faire attention aux gens autour de lui quitte à se sacrifier un peu. Et c’est ce que j’aime le plus chez un mec gentil, cette notion de don de soi. Et c’est certainement très naïf de ma part, je le sais, mais je ne peux pas m’empêcher de continuer à croire qu’il existe… 31 May Ma petite déprime de la nuitDéjà, j'avais qu'à aller me coucher, ça m'aurait évité de ruminer. Ensuite, me faire l'intégrale des chansons-que-rien-qu'à-les-écouter-t'as-envie-de-te-tirer-une-balle, c'était pas une très bonne idée. Maintenant, j'ai le moral dans les chaussettes (et je suis pieds nus, c'est pour dire)... Bref c'est le coup de blues, la déprime, le cafard... J'essaye de me souvenir de la sensation de s'endormir dans les bras de l'homme qu’on aime, du coeur qui bat à tout rompre lorsque le téléphone sonne, des discussions interminables qu'on voudrait ne jamais voir se terminer... J'essaye de m'accrocher à l'idée que l'amour peut être absolu, que je peux être aimé pour ce que je suis (ce qui inclut mes obsessions galopantes, ma fâcheuse manie de dire oui tout le temps à tout le monde, mon physique pas toujours sportif)… Mais tout ça me semble tellement loin que j’en viens à me demander si je l’ai jamais vraiment ressenti… Et pourtant oui. Et c’est justement pour ça qu’aujourd’hui les choses sont si difficiles, que le manque est si grand. C’est marrant, à force de se protéger de peur d’avoir mal on finit par perdre la seule chose qui pouvait nous faire du bien… Décidemment, j’aurais mieux fait de me casser une jambe le jour où j’ai décidé d’être pédé (j’ai pas décidé ? damned ! Les filles c’est encore plus compliqué ? J’ai peut-être bien fait alors…). Les mecs ne savent jamais vraiment ce qu’ils veulent (je peux le dire, j’en suis un !) ou alors leur ego est tellement grand, qu’ils préfèrent se taire plutôt que d’exprimer ce qu’ils ressentent (j’en connais une qui se reconnaît). C’est quand même bête un mec (je peux toujours le dire, j’en suis toujours un !). Et pourtant à chaque fois je m’accroche, chaque fois j’espère, chaque fois je me dis que les choses seront différentes (on dirait que je suis un baroudeur mais si je mets ‘chacune des deux fois’, ça le fait moins… surtout qu’il y en a plus que deux, enfin bref, je m’égare)… J’ai l’impression de me heurter constamment à une vitre. Tout est là, sous mes yeux, à portée de main et pourtant il y a cet obstacle que je ne vois qu’après me l’être pris en plein visage. Je suis maladroit ? Certainement. Je suis beaucoup de trop et de pas assez. J’ai trop souvent assujetti les exigences de mon cœur aux volontés d’un autre. Je me suis oublié. Aujourd’hui j’aimerais juste quelqu’un qui fasse un peu attention à moi, quelqu’un qui prenne en compte mes désirs (sans pour autant oublier les siens) et qui sache me consoler quand j’ai mal. Je suis exigent ? Peut-être ou peut-être alors que mes attentes sont irréalisables… 16 May Les mecs hétéros et moiSelon les stats officielles, nous, les homos, on représente environ 10% de la population. Bien sûr, ça ne prend pas en compte les bi, ceux qui refusent de l'admettre et ceux qui veulent juste tester. En gros on est quand même un bon paquet. Et comme on est une espèce diversifiée (contrairement au mythe populaire véhiculé chaque année par les JT lors de la Gay Pride), il devrait y en avoir pour tous les goûts. Mon problème c'est que mon genre de mecs ne jouent pas vraiment dans ma catégorie : les hétéros. J'y peux rien, je le fais pas exprès mais vous pouvez être sûrs que si un mec me plaît c'est qu'il est hétéro. Immanquablement. Ils sont gentils les mecs hétéros mais ils ont quand même un défaut (en plus de ne jamais exprimer leurs sentiments, de prendre leurs copines pour leur mère et d'avoir la trouille de s'engager) : ils couchent pas avec des garçons (c'est bien mon petit gars t'as bien compris la définition, LaPalisse serait fier de toi !). Du coup les différences de culture, de couleur, de religions... à côté c'est de la rigolade ! Essayez de construire un couple avec un type qui a pas la même sexualité que vous ! Mais dans mon malheur (je sais, tout est relatif), j'ai quand même un peu de chance parce que j'aurais pu tomber sur l'hétéro lourd, celui qui te colle un bon poing dans la figure parce que t'es un mec et que tu le regardes avec des yeux de merlan frit. Faut dire qu'ils s'offusquent pour pas grand chose. C'est vrai, une main au cul c'est affectueux (ça les fait bien rire quand ils le font à une fille qui, elle évidemment, ne rigole pas... on se demande pourquoi). Donc les hétéros sur lesquels je flashe sont des hétéros évolués (et je n'insinue pas que les homos sont plus évolués... quoi que... je plaisante, je vais me faire lyncher) : Il y a le gentil hétéro qui fait semblant de n'avoir rien vu et qui ignore ta langue pendouillante lorsqu'il te serre la main, il y a l'hétéro très gentil qui te dit 'si tu veux on peut se faire la bise pour se dire bonjour' (une attention qui prend fin dès que tu lui dis que dans ta région c'est 12 sur chaque joue), il y a l'hétéro très très gentil qui te regarde dans le blanc des yeux en te disant 'Si j'étais homo, tu serais exactement mon genre de mecs' (est-ce que ça a l'air de me remonter le moral ?) et l'hétéro très très très gentil qui vous dit 'j'ai jamais aimé un mec comme je t'aime toi. Tiens, je te présente ma copine'... Puis il y a la catégorie au-dessus, les indécis, ceux qui sentent bien qu'ils ont un petit doute et qui se demandent à quoi ça ressemble. Il y a le timide (qui fait ça dans le noir, les yeux fermés avec ses vêtements et qui est frappé d'amnésie le lendemain matin), le catégorique (je veux pas faire ça, ni ça, ni ça et ça non plus et puis ça jamais de la vie... ok, dis-moi plutôt ce que tu veux faire, comme ça dans 5 minutes on aura fini) et l'expérimenté (d'habitude, je couche qu'avec des mecs hétéros, t'es le premier homo avec qui je le fais) Et enfin il y a les bi. Et là s'ouvre un large éventail de comportements sexuels (qui est assez naïf pour croire que la sexualité humaine se divise en deux toutes petites catégories ?) : de l'hétéro à tendance homo (il couche principalement avec des filles mais un mec de temps en temps c'est pas de refus), au fifty/fifty et à l'homo à tendance hétéro (qui couche avec des mecs mais à qui se laisse volontiers séduire par une jolie fille à l'occasion)... Pour être honnête, il est parfaitement possible de faire sa vie avec un bi puisque pour beaucoup le choix du partenaire se fait en fonction des sentiments et non du sexe. Bref, une quantité de possibilités incroyable. Alors la question est simple : pourquoi je me fixe toujours sur des mecs qui ne pourront jamais rien me donner en retour ? Est-ce que je suis atteint d'une sorte de perversion sexuelle (ah, c'est toi le type qui bloque sur les hétéros, et t'as pas honte de sortir dans la rue ?) ? Parce que mine de rien mon fantasme numéro 1 c'est quand même de me taper le marié le jour de ses noces (mais quel pervers ce Nico !). Si je faisais de la psychologie de comptoir, je pourrais dire qu'inconsciemment je me fixe sur des hommes qui ne me rendront jamais heureux parce que j'estime ne pas le mériter (Loser !) ou pire, que si je me fixe toujours sur des mecs hétéros bien virils (genre brun, méditerranéen, macho) c'est que je cherche à retrouver à travers eux l'image de mon papa (qu'est-ce qu'on a pu me la faire celle-là, elle me fait toujours rire surtout lorsqu'on rajoute la mère castratrice et le père absent... mais j'ai une mère castratrice et un père absent... Mon Dieu ! Je suis un cliché !!!)... Bref, tout ça pour dire qu'ils sont bien gentils les mecs hétéros mais avec eux ma vie affective en prend un sacré coup. |
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