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February 11 Mon beau mec du lundi n°88 J'ai toujours refusé de croire qu'un homme ne pouvait pas faire plusieurs choses à la fois mais à en juger par ces deux semaines de silence, il semblerait que l'adage populaire soit vrai. Depuis que je fais du sport, mon blog est en pleine agonie. Il faut dire qu'entre le temps que je mets pour préparer mes affaires, me conditionner psychologiquement (chasser le geek au profit du sportif), suer sang et eau pendant une heure de cours, revenir, prendre une douche, grogner parce que ça tire, m'effondrer en jurant de ne plus jamais me relever, le temps passe vite. Mais ne faut-il pas souffrir pour être beau ? J'ai une plage qui m'attend cet été et un argentin en devenir tout prêt à me passer de la crème solaire sur le dos, il faut que j'assure. Ben quoi, on peut rêver, non ? En attendant ce miracle, et puisqu'on est lundi, un nouveau beau mec pour la semaine, suggéré par Bridget : Michael C. Hall D'ordinaire je loue la plastique avantageuse des messieurs qui illustrent cette catégorie, là, même si je le trouve vraiment très sexy, je tiens surtout à saluer l'immense talent du bonhomme. 37 ans, 1m79, en instance de divorce pour les beaux yeux de sa partenaire Jennifer Carpenter (qui incarne sa soeur à l'écran), Hall est surtout un acteur de théâtre. Découvert dans Six Feet Under où il était le fils gay mal dans sa peau, et après une apparition dans Paycheck avec Ben Affleck, il explose aujourd'hui en serial killer charmant mais sans sentiments dans la très jouissive Dexter et il fait un boulot remarquable. Allez, je vais préparer mon sac, j'ai un abdal récalcitrant qui veut pas se faire de copains... August 03 Somebody save me, please ?Mardi soir, après 10 jours durant lesquels j'ai essayé autant que possible de prolonger son existence, le drame s'est produit : j'ai fini le dernier tome de la saga Harry Potter. Et c'est triste. Parce qu'après il n'y en a plus (sauf si bien sûr JK se rend compte que les nouveaux bouquins qu'elle a prévu d'écrire ne se vendent pas et qu'elle revient sur sa parole, nul n'est à l'abri de l'appât du gain, surtout les plus fortunés dixit la Granouille). Mais je ne suis pas là pour vous spoiler la fin, ce ne serait pas aimable de ma part. Ce que je peux dire c'est que c'était bien. Très bien même (et là, j'ai comme l'impression de pomper le billet de Nataka sur le sujet). Non, si je suis là, c'est pour dire, comme Hervé, qu'Harry c'est fini.
Du coup, pour palier au manque affreux qui me ronge et aussi parce que je suis payé à rien faire, ce qui me laisse un temps libre monstrueux, je cherche des jolies illustrations avec mes copains de Poudlard. Oui des dessins chibi kawaï comme diraient les otaku. Mais pas tous, parce que sinon, après c'est pénible et vous entendez presque brailler des cars entiers de japonaises déchaînées dans votre tête.
Et quand je suis obsessionnel, ça donne ça (sauf que là, ça fait moins peur mais en vrai, vous voudriez pas voir...)
(Crédit photos : Krystèle, Art Dungeon, Snapesnogger, Rainmaker135, Makani, Jojoju, Auroreblackcat, Felis-M, Hito76, Danime Chan, IrusAbellatrix, Kyla79 )
Maintenant, si quelqu'un pouvait m'arrêter... August 19 L'ordre, il y a que ça de vrai !Depuis que ce blog est ouvert, je me rends compte que je n'ai jamais parlé des bouquins que je lisais. Pas parce que j'en lis pas, au contraire, mais parce que j'ai souvent beaucoup plus de mal à faire la critique d'un bouquin que d'un film. Cela dit, ce que j'ai pu lire au cours de l'année précédente ne m'a pas franchement emballé (à moins de vous faire un billet sur la saga The Age of Apocalypse des X-Men, l'épopée sanglante de Battle Royale ou l'avant-dernier tome d'Harry Potter... oui, c'est tout ce qui m'a plu, des comics, des mangas et une saga pour ados). Soit je choisis mal mes bouquins - et c'est une possibilité, les pitchs peuvent être parfois très mensongers - soit... non, en fait, je dois mal choisir mes bouquins... Cela dit quand je vois ceux que se tapent Cécile, ça me donne pas tellement envie non plus (des trucs de karateka esquimau, de dépression littéraire ou la nouvelle tentative d'Isabel Allende pour regagner sa gloire d'antan). Mais, parce qu'il y a un mais, sinon il n'y aurait pas de billet, il arrive que je tombe sur un livre qui m'emballe. Le dernier était un tout petit recueil de nouvelles que Cécile a très joliment chroniqué. Aujourd'hui c'est un étrange thriller psychologique : La proie des âmes de Matt Ruff.
Andrew est un gentil garçon de 26 ans qui bosse dans une petite entreprise de création de programmes de réalité virtuelle dirigée par sa meilleure amie Julie dont il est amoureux. Andrew pourrait être un de ces timides agaçants qui mettent 320 pages à trouver le courage de se déclarer mais ce n'est pas le cas. Andrew est différent. Andrew n'est pas seul. Il cohabite avec des centaines d'âmes dans une maison en bois qui se situe... dans sa tête. Syndrome de Personnalités Multiples. Et si le corps d'Andrew a bel et bien 26 ans, ses personnalités, elles, sont toutes différentes : l'espiègle Jack, la patriarche Aaron, le turbulent Adam, Sam la rêveuse et l'inquiétant Gideon. Mais Andrew, grâce à une thérapie inventive, réussit plus ou moins bien à faire cohabiter toutes ces âmes en lui. Jusqu'à l'arrivée de Penny, une jeune femme en proie à d'effroyables trous noirs où ses personnalités successives prennent le contrôle de son corps à son insu. Andrew décide alors de venir en aide à Penny et ce faisant, va découvrir sur sa propre histoire beaucoup plus de choses qu'il ne voulait en savoir...
Le thriller est un genre qui me laisse plutôt froid d'ordinaire mais je me suis laissé séduire par l'originalité de la perspective. Et Matt Ruff réussit parfaitement à faire coexister ses différents personnages dans un seul corps sans que cela tourne au ridicule ou à un incompréhensible bazar. Andrew a quelque chose de fascinant dans sa façon d'organiser sa vie, de gérer ses âmes, leur temps d'occupation du corps et ses rapports avec le monde extérieur. Pour moi qui frôle par moment l'obession compulsive, c'en est presque séduisant. A contrario, le chaos total dans lequel se trouve Penny et l'émergence de personnalités beaucoup plus fortes et plus marquées que celles d'Andrew est retranscrit de façon si efficace que l'on ne doute pas un seul instant de l'existence réelle de ces personnages. Le propos est suffisamment analytique pour avoir une idée clinique du syndrome mais Ruff ne tombe jamais dans le descriptif médical à outrance, laissant à ses héros le soin de nous éclairer sur leur(s) comportement(s).
Thriller oblige, on a droit à son lot de mystères (souvent très glauques) et de rebondissements (dont certains sont réellement bluffants) et même si la fin traîne un peu en longueur (le bouquin fait 660 pages), l'histoire surprenante d'Andrew en vaut la peine.
Au final, La proie des âmes (titre français assez racoleur, le titre original Set this house in order est plus approprié), vendu comme un 'Stephen King au meilleur de sa forme' (ce qui est pour moi une aberration parce que même au meilleur de sa forme, Stephen King n'a pas fait mieux et surtout pas dans le même registre, la comparaison étant assez mal trouvée et je ne dis pas ça parce que je n'aime pas Stephen King) est un jeu de rôles captivant qui fascine tout autant qu'il intrigue.
La proie des âmes, Matt Ruff, Collection Points September 29 New York, New YorkHier, une fois n'est pas coutume, j'étais plutôt d'humeur choupette. Etre d'humeur choupette, c'est s'imaginer une jolie histoire d'amour toute mielleuse et dégoûlinante de tendresse et de bisous et de câlins avec plein de coeurs roses et des petits nounours trop mignons. En général, quand je suis comme ça, je reste à scruter le plafond en me disant que bientôt ce sera mon tour. Mais hier j'ai décidé de me replonger dans un de mes mangas préférés :
New York, New York
NY² est ce qu'on appelle un Shonen aï (à ne pas confondre avec du Yaoï, plus explicite d'un point de vue sexuel alors que le Shonen aï se contente de suggérer les rapports intimes entre garçons). Oui, maintenant que vous me connaissez un peu vous vous doutez bien que mon manga était gay. Ce qui ne veut pas dire que c'est mon seul critère de sélection quand j'en lis. D'ailleurs c'est le seul shonen aï que j'ai !
Pour l'histoire, Kain est un officier de police de 25 ans qui vit à New York et a du mal à assumer son homosexualité. Un soir, à Manhattan, il fait la rencontre de Mel Frederics, serveur blond de 22 ans et en tombe immédiatement amoureux. Commence alors pour eux une histoire semée d'embûches et de petits bonheurs.
Dit comme ça, ça sonne comme du Harlequin (et pour tout dire, ça y ressemble un peu par moments) pourtant il se dégage des pages de NY² une véritable tendresse et un amour extêmement touchant. Pour sa première incursion dans le milieu du shonen ai, Marimo Ragawa crée une histoire d'amour à la fois forte et poignante. Ses deux héros, bien qu'un peu stéréotypés, n'en sont pas moins des personnages construits à la psychologie intéressante (même si moins développée que dans certains autres mangas). Le message ici porte sur la difficulté à assumer qui l'on est, à apprivoiser le regard des autres en se penchant sur certains problèmes liées à l'homosexualité (coming-out, homoparentalité). Situer son action au coeur de la grosse pomme n'est pas un geste banal pour Ragawa. Son approche de la sexualité est plus ancrée dans un système de valeurs occidentales, ses héros ne sont pas des ados en pleine découverte de leurs corps mais de jeunes hommes pleinement conscients de leurs désirs.
Cependant à trop vouloir semer des obstacles sur la route de Kain et Mel, l'histoire sombre parfois dans un pathos facile et perd en crédibilité. Toutefois l'honnêteté de la démarche aide à faire passer les aspects les plus caricaturaux ou les plus invraisemblables du scénario. Son dessin, très rond, donne à l'ensemble une fraîcheur et une douceur qui s'harmonisent avec le récit. Et certaines planches laissent une empreinte indélébile dans la mémoire du lecteur.
Bien sûr on peut toujours arguer de la naïveté de cette romance mais pour peu qu'on soit d'humeur, on se laisse séduire par le charme de ces personnages terriblement attachants. |
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